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Entretien exclusif
Al Faraby : "C’est la culture du clic" (2)

jeudi 21 janvier 2010, par Abu Bakr al Razi

Abu Bakr al Razi : "Revenons à vos billets quotidiens sur Al-Oufok"
Al Faraby : "Vous semblez apprécier"

"Beaucoup. Mais pourquoi avez-vous choisi ce style d’écriture ?"
"En réalité, je n’ai pas eu trop le choix. L’idée de départ était de faire passer un message en peu de mots. Je voulais aussi surprendre le lecteur, jusqu’à le choquer"

"Vous allez même au-delà"
"Oui... je ne voulais pas que mon message soit moralisateur. Je voulais surtout éviter d’imposer au lecteur ce qu’il faut qu’il pense ou qu’il ne pense pas à propos du sujet développé. Vous savez... comme font si souvent les militants d’une cause, indépendamment qu’elle soit juste ou pas"

"Même ceux de la cause palestinienne ?"
"eeeuuhh.... surtout eux. -Châtie bien qui aime bien-, dit l’adage"

"Mais encore ?"
"J’ai une anecdote à vous raconter. J’ai un ami enseignant dans une grande université du nord de la France. Un jour, il m’écrit pour me proposer un article-critique qui débouche sur une proposition de la tenue, je cite -d’assises du bon discours- concernant la Palestine.
Sans être en accord total avec lui, je trouve sa proposition très intéressante.
Effectivement, je pense que nous devrions être plus attentifs à notre discours. Ceux d’en face le sont bien, pourquoi pas nous !?
De ce point de vue, je trouve que certains artistes arabes, notamment les cinéastes d’entre eux (Elia Souleymane) réussissent à l’être... sans oublier, bien sûr, les poètes... le discours poétique se prête parfaitement à cet exercice... y a qu’à lire Mahmoud Darwiche"

"Sauf que... n’est pas poète qui veut"
"Hélas... ce que je veux dire, c’est que le discours suggestif passe très bien, surtout à notre époque"

"Qu’a-t-elle de si particulier ?"
"Nous vivons une époque de -brutes-... Alors que paradoxalement, l’opinion publique est de plus en plus intelligente ou du moins, sensible à l’artistique... il faut en tenir compte. C’est probablement, un des facteurs qui explique sa répugnance croissante au discours politique"

"Attention donc au discours"
"Totalement... ayons confiance dans la masse des gens. Encourageons le discours artistique... celui de nos écrivains, de nos poètes, de nos peintres, de nos cinéastes, de nos musiciens, de nos photographes... ils ont tous un discours qui passe mieux que celui de nos militants purs et durs lequel est plutôt répulsif"

"D’où ce style original"

"L’autre caractéristique de notre époque est le -zapping-. Les gens zappent sur le net. Ils ont un comportement identique avec les sites qu’avec les émissions de télévision. C’est la culture du -clic-. Alors, pour accrocher le lecteur, il faut faire preuve d’une grande ingéniosité, de beaucoup d’inventivité, surtout pour ce qui conerne l’écriture. Avec la culture du -clic-, l’internaute ne s’attarde pas sur une page. Il ne lit pas comme dans un livre. Il fallait donc adapter le style de mes billets... surtout que j’ai beaucoup de -choses- à raconter... qui sont en plus désagréables. Je me suis donc astreint à raconter mes histoires en très peu de lignes, voir en quelques mots. Le dialogue est de ce point de vue bien adapté. Un dialogue vif entre deux personnages comme une partie de ping-pong entre deux joueurs... ça va très vite... avant que l’internaute ne zappe.
Parler de la Palestine, dans ces conditions, tient de la prouesse ! En tout cas, le style du tract ne convient pas du tout, encore moins la langue de bois.

"De quoi inspirez-vous ?"

"D’abord de mes lectures. Je suis quelqu’un qui lit beaucoup. Je lis tout, même les écrits de ceux d’en face.
Mon autre source d’inspiration est bien évidemment le vécu. J’ai une autre anecdote à vous raconter.
Je connais de nombreuses familles Palestiniennes. Un soir, j’étais invité par l’une d’elles ayant à son bord une petite fille de cinq ans. Elle s’appelle Salma. Elle est née et grandit en France. Tous les ans, en compagnie de sa famille, Salma va passer ses vacances d’été en Palestine occupée.
Assise à mes côtés, comme à son habitude, elle s’était procuré une feuille et un crayon et m’a demandé de lui dessiner quelque chose. -Que veux-tu que je te dessine ?- lui dis-je. "-Un cheval-", me répondit-elle."

"Et alors ?"

"Cet incident m’inspira un billet que j’ai intitulé "Dessine-moi...", accessible sur http://www.aloufok.net/spip.php?article1334 "

"On dirait du St.Exupéry !"

"Bien sûr. C’est pour cette raison que c’est ridicule de construire les murs comme ils font. Rien n’arrête les cultures de se croiser et de se nourrir les unes des autres. Car, comme je le disais, c’est aussi une guerre culturelle.
Ils cherchent à lui arracher son âme au peuple Palestinien. Sans votre âme, vous êtes morts."

(à suivre...)

Entretien réalisé par Abu Bakr al Razi
du Comité de la rédaction ( Jeudi, 21 janvier 2010 )

Illustration choisie par Al Faraby, en hommage à son ami Naji al Ali.

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