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Législatives en Irak : début du vote pour les Irakiens à l’étranger

vendredi 5 mars 2010, par La Rédaction

Les Irakiens basés à l’étranger commençaient à voter vendredi, deux jours avant les élections législatives de dimanche en Irak, cruciales pour l’avenir du pays, les secondes organisées dans le pays depuis 2003. Ce vote, organisé dans plus d’une dizaine de nations, durera jusqu’à dimanche soir.
A Damas par exemple, des centaines d’Irakiens attendaient en file indienne de pouvoir voter. La Syrie est le pays qui compte le plus d’expatriés irakiens, la plupart ayant fui la violence en Irak depuis 2003. En tout, ils seraient plus de 4,2 millions d’Irakiens à avoir fui leur pays, selon les estimations du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR).
Jeudi, un vote anticipé était organisé en Irak, pour ceux qui ne pourront pas voter dimanche, comme les militaires et le personnel de sécurité, qui travailleront ou les détenus ou encore les patients hospitalisés, en tout 600.000 à 700.000 personnes, selon les estimations de la Mission d’assistance des Nations unies pour l’Irak. Dimanche, ils seront 19 millions d’électeurs irakiens à être appelés aux urnes dans 16 pays.
Les législatives se déroulent dans un climat très tendu, avec plusieurs attentats-suicides particulièrement meurtriers mercredi et jeudi. Elles ravivent les rivalités ethniques et surtout religieuses, entre la majorité chiite et la minorité sunnite, dont près de 500 candidats ont été empêchés de se présenter, alors que les troupes américaines sont en train de se retirer du pays.

Washington craint une période difficile après le vote

Le processus de formation d’un nouveau gouvernement après les élections législatives de dimanche en Irak s’annonce long, difficile et peut-être violent, préviennent des responsables américains.
Des millions d’Irakiens sont appelés aux urnes dimanche pour élire un nouveau Parlement pour un mandat de quatre ans. Il s’agit des deuxièmes élections nationales depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.
"Etant donné les enjeux et les efforts de chacun pour obtenir un avantage politique, il ne serait pas surprenant d’assister à des phénomènes violents durant cette période", a déclaré un de ces responsables sous le sceau de l’anonymat.
"Nous nous attendons à ce que l’élection et le processus de formation du gouvernement qui s’en suivra fassent l’objet d’une farouche compétition", a-t-il ajouté.
La formation du nouveau gouvernement aura lieu sur fond de retrait progressif des troupes américaines, Washington prévoyant de ramener le nombre de soldats en Irak à 50.000 d’ici la fin août, contre 96.000 actuellement.
Le responsable américain a précisé que des résultats partiels, basés sur 30% des bureaux de vote, devraient être annoncés par la commission électorale les 10 et 11 mars.
La Cour suprême irakienne devrait ensuite entériner les résultats - après examen des éventuels réclamations - dans un délai d’un mois.
"Les chances d’avoir une élection qui soit perçue comme légitime et crédible sont raisonnablement élevés", a-t-il ajouté.
"Ceci étant dit, nous nous attendons aussi à voir beaucoup de réclamations, à ce que des gens de tous bords fassent état de fraudes."
Les Etats-Unis prévoient de déployer 26 équipes de quatre observateurs à travers le pays afin de superviser les opérations de vote et mettre au jour d’éventuelles irrégularités.
Le responsable a ajouté que l’administration américaine s’attendait à ce que la formation du gouvernement prenne "des mois, pas des semaines".
Il avait fallu cinq mois aux différentes formations irakiennes pour parvenir à la constitution d’un gouvernement après les dernières élections nationales de 2005.
Les autorités redoutent aussi que les violences s’intensifient à l’approche du scrutin. Jeudi, 12 personnes ont été tuées dans des attentats suicides, dont sept soldats et policiers qui votaient par anticipation.

Les femmes tentent de s’imposer

Grâce au quota soutenu par les Américains, qui impose au moins un quart de femmes au sein du Parlement, ces dernières ont commencé à se faire une place dans le système politique irakien. Mais si elles profiteront de cette règle pour la deuxième fois lors des élections dimanche, elles ont déjà pu constater que le nombre seul ne suffit pas forcément à peser davantage.
A peine terminée la prière du vendredi, une foule d’Irakiennes dans leurs longues abayas noires entoure Maha al-Douri, la pressant de questions et de requêtes. La députée du mouvement sadriste est leur intermédiaire avec le pouvoir.
"Le quota était très important lors des élections précédentes parce que nous vivons dans une société dominée par les hommes et qu’il était nécessaire pour donner aux femmes l’occasion d’avoir un rôle politique", reconnaît-elle lors d’un entretien dans les bureaux de l’imam chiite extrémiste Moqtada al-Sadr, dans le bidonville de Sadr City à Bagdad. "Mais à l’avenir, il faudrait supprimer ce quota, et que les femmes puissent concurrencer les hommes à égalité, parce qu’elles ont prouvé leur compétence et leur fiabilité en politique", estime la députée, qui brigue un deuxième mandat sous l’étiquette sadriste.
Maysoun al-Damlouji, influente députée sunnite, prône au contraire une extension du quota aux pouvoirs exécutif et judiciaire, même si elle admet qu’il n’a pas toujours eu les effets escomptés. "Certaines femmes élues au Parlement ne croyaient pas nécessairement dans les droits des femmes ni même dans les quotas qui leur ont permis d’y entrer", dit-elle. "Aujourd’hui, les gens ont l’impression que les femmes ont servi à boucher un vide, et qu’elles n’ont pas été très efficaces".
Les élues au Parlement irakien viennent d’un large éventail de partis et de toutes les tendances idéologiques, des fondamentalistes musulmans aux laïcs libéraux, ce qui n’a guère permis de faire émerger un consensus sur la cause des femmes.
Maysoun al-Damlouji raconte qu’une tentative de regroupement des députées a échoué, car elles n’ont réussi à s’accorder que sur deux grandes questions : la nécessité de l’éducation pour les femmes et de la lutte contre les violences dont elles sont victimes. "Nous étions en désaccord sur quasiment tout le reste", admet-elle en souriant.
Le quota de femmes au Parlement a été appliqué pour la première fois lors des élections de 2005, sous la forte pression des Américains. Dans le cadre de ce système, un candidat sur quatre sur chaque liste doit être une candidate, et 25% des 325 sièges du Parlement sont ainsi réservés aux femmes. La même règle s’applique aux assemblées provinciales élues l’an dernier.
Dans les autres pays arabes, les femmes représentent environ 10,9% des parlementaires en moyenne, pour un taux qui va de zéro en Arabie saoudite et au Qatar à 27% en Tunisie, selon l’Union inter-parlementaire.
Dans tout l’Irak, les candidates s’affichent à côté de leurs rivaux. Les représentantes des partis fondamentalistes, comme Maha al-Douri, enveloppées de la tête aux pieds dans leurs abayas, parfois même les mains gantées, côtoient celles, tout aussi nombreuses, qui se montrent tête nue, maquillées et en tailleur. A Kirkouk, la police signale des embouteillages réguliers, provoqués par les affiches d’une candidate particulièrement jolie.
Dans le même temps, les violences pré-électorales ne les ont pas épargnées : Suha Jarallah, candidate sur la liste laïque de l’ancien Premier ministre chiite Ayad Allaoui, a été abattue par des hommes armés il y a trois semaines à Mossoul.
Les femmes ont aussi du mal à trouver des soutiens dans une société dominée par les hommes où la politique reste marquée par les affrontements de clans et de courants religieux.
Jenan Mubark, qui se présente en indépendante et pour la première fois, accuse les partis d’avoir exploité les quotas pour remplir le Parlement de femmes sans envergure qu’ils pouvaient contrôler. "Ils ont utilisé les quotas contre les femmes, pas en leur faveur", dit-elle. "Ce genre de partis veulent des femmes très faibles, qui se contentent de dire oui à tout".
Si elle est élue, elle compte bien essayer de faire passer des lois pour créer des opportunités d’emplois pour les femmes divorcées, non-mariées ou veuves, problème spécifique dans un pays qui a connu tant de violence.
Elle souhaite aussi se battre contre l’entrée en vigueur d’un article de la Constitution qui permettrait aux dignitaires religieux de décider dans des domaines comme la garde des enfants, le divorce et le mariage. Une disposition qui est source d’affrontements entre les élues et candidates religieuses et laïques.
Mais les femmes ont su aussi parfois faire preuve d’unité. Quand l’ancien président du Parlement Mahmoud al-Mashhadani, connu pour ses propos virulents, a eu le malheur de faire une sortie, en pleine séance, sur ces femmes irakiennes incapables, selon lui, de faire des dirigeants efficaces car trop distraites par la peur de voir leur mari prendre une nouvelle épouse, la riposte n’a pas tardé : toutes les femmes ont aussitôt quitté la salle, privant le Parlement de qorum, et bloquant de fait les travaux.
"Nous sommes parties, et avons refusé de revenir, même s’il s’est excusé ensuite. Nous avons demandé qu’il quitte la séance, ce qu’il a fait. Et c’est à ce moment-là que nous sommes revenues", raconte-t-elle. "Et je crois que cela lui a donné une petite leçon".
L’intéressé a en tous cas changé de discours. Il dit s’attendre à voir les femmes occuper des fonctions plus importantes au sein des partis à l’avenir, et à voir émerger des "Margaret Thatcher" irakiennes. "Elles en ont le talent et la capacité", assure-t-il désormais, "et elles peuvent faire beaucoup plus au Parlement".

Gordon Brown : la Grande-Bretagne a pris "les bonnes décisions" en entrant en guerre en Irak

A quelques semaines des élections en Grande-Bretagne, le Premier ministre Gordon Brown a défendu vendredi l’intervention militaire en Irak lors d’une délicate audition devant la Commission d’enquête indépendante sur le déclenchement de la guerre.
Après avoir salué le sacrifice des soldats tombés au combat, Gordon Brown a répondu d’entrée à la question cruciale : était-il d’accord avec le choix de la Grande-Bretagne de se lancer dans la guerre en Irak aux côtés des Etats-Unis ? "C’étaient des décisions difficiles" à prendre, a-t-il reconnu. "Je crois que c’étaient les bonnes décisions pour les bonnes raisons".
En tant que chancelier de l’Echiquier de 1997 à 2007, Gordon Brown avait approuvé les dépenses militaires liées à la guerre en Irak. Il a présenté ses arguments et preuves durant quatre heures devant les cinq membres de la commission d’enquête.
Un témoignage à risque pour le Premier ministre, qui devait à la fois montrer qu’il était au coeur des décisions prises pour ne pas porter atteinte à sa crédibilité en tant que dirigeant, tout en prenant ses distances avec les erreurs catastrophiques de cette guerre impopulaire dans l’opinion.
"Nous devons reconnaître que la guerre peut s’avérer nécessaire mais qu’elle est aussi tragique de par l’impact qu’elle a sur la vie des gens", a déclaré Gordon Brown.
L’enquête en cours est la troisième menée en Grande-Bretagne et la plus étendue sur le conflit qui a suscité des manifestations de protestation massive et causé la mort de 179 soldats britanniques avant que le pays ne retire ses troupes d’Irak l’an dernier. Elle ne doit pas déboucher sur des blâmes ni établir des responsabilités mais élaborer des recommandations permettant d’éviter des erreurs à l’avenir.
Fin janvier, le Premier ministre britannique de l’époque Tony Blair avait défendu farouchement la décision de Londres de participer à l’intervention américaine, arguant que le président Saddam Hussein constituait une menace pour la région et le monde.
Gordon Brown a pour sa part estimé que la guerre était justifié car l’Irak n’avait pas suivi les résolutions de l’ONU. Il a pris ses distances avec la doctrine de certains membres de l’administration américaine de George W. Bush. "Je n’ai jamais souscrit à ce qu’on pourrait appeler la proposition néo-conservatrice qui veut qu’avec un pistolet sur la tempe, la liberté et la démocratie peuvent se construire en l’espace d’une nuit".
Gordon Brown a expliqué qu’en tant que ministre, il n’avait pas participé à toutes les réunions de préparation sur l’Irak mais qu’il avait toujours disposé des informations adéquates.
"J’ai reçu les comptes-rendus complets du renseignement et reçu des informations que je pensais crédibles", a-t-il dit, admettant que les agents britanniques et un certain nombre d’autres services de renseignement avaient commis des erreurs d’appréciation de la capacité d’armement de Saddam Hussein. Il a expliqué avoir clairement dit à ses collègues au sein du gouvernement qu’il ne bloquerait pas de plans militaires pour des raisons de coût financier.
Gordon Brown a répondu aux critiques qui l’accusent d’avoir réduit le budget de l’armée, privant ainsi les soldats de l’équipement adéquat. Il a rappelé qu’en plus du budget annuel de la défense, la Grande-Bretagne avait dépensé 8 milliards de livres (9 milliards d’euros) pour la guerre en Irak. "A tout moment, les commandants pouvaient demander l’équipement dont ils avaient besoin et, à ma connaissance, ils n’ont pas une seule fois essuyé de refus".
Gordon Brown avait été accueilli par une petite poignée de manifestants anti-guerre à son arrivée à l’audition. "Gordon Brown était le financier de la plus impopulaire des guerre et le deuxième homme le plus puissant du gouvernement", a lancé John Rees, cofondateur de la coalition anti-guerre.

(Vendredi, 05 mars 2010 - Avec les agences de presse)

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