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Les femmes yéménites disent non aux mariages précoces

mercredi 24 mars 2010, par La Rédaction

Quand elle est montée dans un taxi, ce mardi matin, Nojoud Ali a fièrement dit au chauffeur : « Emmenez-moi au Parlement ! ». Accompagnée de son grand frère Mohammad, elle a rejoint, vers 9 heures, les quelques centaines de protestataires rassemblés devant le Majlis an-Nuwab, pour dire « non » au mariage des fillettes yéménites. Dans la foule, elle s’est sentie toute petite, et pourtant si fière. « Je ne veux pas que d’autres enfants souffrent comme je l’ai fait », nous confie, par téléphone, la plus jeune divorcée de ce pays de la péninsule arabique où la tradition des noces précoces suscite actuellement une vive controverse.
Deux ans, déjà, se sont écoulés depuis que cette fille au visage de poupon, mariée à un homme trois fois plus âgé qu’elle, osa se réfugier au tribunal de Sanaa, pour réclamer sa liberté volée. Elle n’avait que 10 ans. Depuis sa victoire inattendue, largement saluée par la presse locale et internationale, un tabou a été brisé. Inspirées par son courage, d’autres petites voix se sont élevées, et à ce jour deux autres épouses-enfants ont pu divorcer. Les associations yéménites se servent, elles, de l’exemple de Nojoud pour mener, village par village, une vaste campagne de sensibilisation en province. Les autorités sont également plus disertes à ce sujet. Selon un rapport du ministère des Affaires sociales publié l’année dernière, un quart des femmes yéménites se marient avant l’âge de 15 ans. Les raisons sont multiples : grande pauvreté, coutumes tribales et traditions religieuses invoquant l’exemple du prophète Mohammad, qui épousa Aïcha quand elle avait 9 ans…
À force de lobbying auprès des députés yéménites, les activistes féministes ont fini par obtenir, en février 2009, l’inimaginable : le vote, au Parlement, de l’augmentation de l’âge officiel du mariage, de 15 à 17 ans et l’imposition d’une amende d’environ 350 euros aux parents qui dérogent à la règle. Mais c’était trop beau pour durer. Sous la pression d’une minorité active, menée par d’influents députés conservateurs, une demande de réexamen de la nouvelle loi empêche sa promulgation. « La polémique, qui dure depuis un an, est soudainement revenue sur le devant de la scène alors que le Comité constitutionnel, qui a hérité du dossier, doit se prononcer le mois prochain sur la conformité de la loi avec l’islam », explique Houria Mashour, la vice-présidente du Comité national des femmes. Dimanche, ce sont d’abord les ultras du Yémen qui ont donné le ton, en organisant, devant le Parlement, un rassemblement de femmes voilées. « Ne bannissez pas ce qui a été autorisé par Allah », pouvait-on lire sur leurs pancartes. Ce mardi, c’était au tour des partisans de la réforme de riposter, à l’appel de différentes ONG militant pour les droits des femmes. « Nous sommes des enfants, nous voulons pouvoir jouer et étudier », disait l’un des slogans prononcés lors de la contre-manifestation à laquelle Nojoud s’est rendue. « Notre combat n’est pas gagné d’avance, mais l’expérience prouve que la persévérance peut finir par payer », insiste Shada Nasser, son avocate. (Avec Delphine Minoui - Le Figaro du mercredi 24 mars 2010)

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