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Quatre cent quatre-vingt passagers de la "flottille de la liberté" sont détenus en Israël, dans une prison d’Ashdod

mardi 1er juin 2010, par La Rédaction

Un nouveau bateau fait route vers la Bande de Gaza
Au lendemain de l’assaut israélien meurtrier contre la flottille pro-palestinienne, un nouveau bateau faisait route mardi vers la Bande de Gaza et un second s’apprêtait à prendre la mer. "Cette initiative ne s’arrêtera pas", lançait Greta Berlin, du mouvement Free Gaza.
Au moins neuf civils ont été tués lorsque les commandos israéliens ont intercepté les six navires lundi matin avant l’aube dans les eaux internationales. Des dizaines d’autres personnes ont été blessées, dont sept soldats.
Les embarcations transportaient environ 10.000 tonnes d’aide humanitaire pour la Bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélo-égyptien depuis la prise du pouvoir des islamistes du Hamas en 2007.
Le ministère israélien de l’Intérieur dit avoir interpellé 679 personnes qui se trouvaient à bord. Une cinquantaine d’entre elles ont accepté l’expulsion immédiate, et les autres étaient détenues à la prison de Beer Sheva, dans le Néguev. D’après la porte-parole du ministère Sabine Haddad, la plupart d’entre elles devraient être expulsées dans les tout prochains jours.
Selon elle, plus de la moitié des passagers de la flottille venaient de Turquie, les autres étant originaires d’une trentaine de pays, dont la Grande-Bretagne, l’Algérie, la Jordanie, le Koweït, l’Allemagne et les Etats-Unis. D’après la police, il y avait également quatre citoyens Arabes de 48, qui vont être traduits en justice.
Malgré la violence de l’assaut de lundi, le mouvement Free Gaza assurait vouloir poursuivre son action. Depuis sa base à Chypre, il annonçait mardi qu’un navire avait quitté les côtes italiennes en direction de la Bande de Gaza et qu’il serait prochainement rejoint par un second navire. Les deux embarcations devraient se rapprocher de leur destination en fin de semaine ou en début de semaine prochaine.
"Nous pensons qu’Israël trouvera un peu de sens commun", a déclaré Greta Berlin. "Ils vont devoir arrêter le blocus de Gaza. Et l’une des façons d’y parvenir et que nous continuions à envoyer des bateaux."
Le ministère israélien des Affaires étrangères a appelé les militants à acheminer l’aide humanitaire par les canaux autorisés, contrôlés par l’Etat hébreu. "Il n’y a pas de changement de politique", a averti son porte-parole Yigal Palmor.
L’Egypte a de son côté annoncé qu’elle ouvrait sa frontière avec la Bande de Gaza pour quelques jours. Ce geste humanitaire vise à "soulager les souffrances de nos frères palestiniens après l’attaque israélienne", a déclaré le gouverneur du Sinaï, Murad Muwafi.
Plusieurs milliers de Gazaouis se sont précipités à la frontière dans l’espoir de quitter leur territoire sous blocus. Des files de voitures avec des valises sur le toit convergeaient vers la frontière égyptienne où se dirigeaient aussi des piétons avec des sacs pleins à craquer.
Le Djihad islamique a tiré des roquettes mardi sur le sud d’Israël, sans faire de blessé, selon l’Etat hébreu. Le groupe islamiste a rapporté que trois de ses membres avaient été tués après cette action. L’armée a confirmé avoir mené une frappe aérienne contre les tireurs de roquettes et le chef des services médicaux de Gaza a confirmé les trois décès.
Par ailleurs mardi matin, des activistes gazaouis se sont infiltrés en Israël et ont échangé des tirs avec des soldats. Les services de secours israéliens rapportent que deux activistes ont été tués.
Au lendemain de l’assaut israélien contre la flottille pro-palestinienne, les réactions internationales se poursuivaient.
L’OTAN, dont la Turquie est membre, a appelé mardi à une "enquête prompte, impartiale, crédible et transparente" sur l’assaut. Son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen a également demandé la libération immédiate des civils détenus par Israël.
Un peu plus tôt, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une déclaration -non contraignante, contrairement à une résolution- demandant une enquête "impartiale" sur l’assaut israélien. Il "regrette profondément la perte de vies humaines et les blessés" et réclame la libération "immédiate" des navires et civils détenus par Israël.
La Turquie, qui a rédigé le projet initial de déclaration, les pays arabes et les Palestiniens avaient réclamé une condamnation "dans les termes les plus vifs" et une "enquête internationale indépendante". Ces formulations n’ont pas été reprises dans le document adopté.

Flottille pour Gaza : l’Algérie exige la libération de ses ressortissants par Israël
L’Algérie a exigé mardi la libération "immédiate" et "sans condition" de ses 32 ressortissants détenus en Israël à la suite de l’interception lundi au large de la Bande de Gaza des bateaux de militants pro-palestiniens qui tentaient de forcer le blocus pour amener une aide humanitaire.
"Le gouvernement algérien suit de très près la situation des 32 ressortissants algériens illégalement détenus en Israël à la suite de l’agression meurtrière contre la mission humanitaire de la ’Flottille de la liberté’ et appelle à leur libération immédiate et sans condition", déclare le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Il précise que "des contacts ont été établis avec les gouvernements de pays amis" et que "les instances internationales compétentes ont été saisies pour s’assurer de la sécurité de nos ressortissants, arrêtés dans les eaux internationales dans le cadre d’une action illégale et inacceptable organisée par Israël en violation des règles et des principes du droit international".
Le ministère insiste par ailleurs sur "l’impératif absolu de garantir leur dignité, leur intégrité physique et leur retour sains et saufs dans leur patrie".

Un des membres de la flottille parle d’une "agression" israélienne
La France a confirmé, lundi 1er juin, que huit de ses ressortissants étaient actuellement retenus en Israël après l’attaque par un commando israélien de la flottille internationale qui faisait route vers Gaza. Devant les députés, le premier ministre, François Fillon, a exigé "la libération immédiate des ressortissants français qui étaient à bord des bateaux arraisonnés et qui sont encore en Israël".
A Nice, Nicolas Sarkozy, qui a condamné "à titre personnel (...) l’usage disproportionné de la force par les Israéliens", a précisé que les huit Français sont détenus "dans un centre de rétention" à Beer-Sheva, au centre du territoire israélien et qu’"une procédure est en cours pour qu’ils puissent quitter le pays". L’Elysée a précisé que ces personnes avaient "apparemment refusé l’expulsion" et étaient suivies par les services consulaires français.
Dans la matinée, Youssef B., un autre Français détenu en Israël, a été expulsé vers la France, ce qui a créé une incertitude sur le nombre exact de ressortissants français emprisonnés. Le Quai d’Orsay en avait évoqué sept, tandis que la radio RTL parlait de dix personnes et que le Comité national pour la flottille de la liberté (CNFL) en dénombrait huit. Cette incertitude tiendrait à la double nationalité de certains membres des associations, selon le CNFL, qui fait état de la présence de Franco-Algériens et de Franco-Turcs sans pouvoir préciser le nombre de personnes concernées.
Youssef B., qui a atterri à Paris dans la matinée de mardi après avoir passé près de 24 heures aux mains des autorités israéliennes, assure pour sa part n’avoir été en contact qu’avec sept autres Français : six membres du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP, dont il est le responsable de la communication), et Thomas S., de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP). A plusieurs médias il a expliqué qu’il y avait eu "des instructions précises : aucune provocation, quand bien même les Israéliens viendraient à bord". "L’agression, ce n’est pas nous qui l’avons cherchée, nous avons été agressés", a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que "dans d’autres bateaux, la résistance a été plus rude". "Ils prennent d’assaut le bateau, puis nous rassemblent dans la salle qui nous sert de dortoir, et là on n’a plus le droit de bouger, ils nous ont conduits directement à Ashdod."
Joint par LeMonde.fr, Youssef B. ne pouvait donner aucune précision sur l’état de santé et de détention des autres détenus. "Je n’ai appris qu’à Paris qu’il y avait eu des victimes à cause de l’assaut des militaires israéliens, et que certains des humanitaires avaient été conduits à la prison de Beer-Sheva. Avant de sortir de l’avion, et à partir du moment où j’ai été fait prisonnier sur le cargo, j’ai été absolument seul : on était cloisonnés et soigneusement séparés les uns des autres."
Il explique également que les prisonniers restant avaient délibérément choisi – comme acte de résistance – d’être traduits devant les tribunaux israéliens. "Après être descendus du bateau, dans le port d’Ashdod, nous avons été interrogés un par un. On nous ont demandé notre état de santé, quelques renseignements personnels, et de choisir entre l’expulsion dans notre pays d’origine ou le passage devant la justice, avec des menaces de sanctions. Je me suis dit que je serai plus utile en France, en tant que conseiller de communication du CBSP, pour témoigner de ce qu’il s’était passé. J’ai donc refusé d’être jugé en Israël".
Il poursuit : "Si beaucoup sont encore aujourd’hui prisonniers des Israéliens, c’est parce qu’ils sont persuadés, en tant qu’humanitaires pacifistes attaqués par des soldats armés et cagoulés, de n’avoir rien à se reprocher aux yeux de la justice. Ils ont donc choisi de passer devant le tribunal pour voir jusqu’où irait Israël, et ils continuent à protester avec les moyens qu’il leur reste."
Selon Marc Hecker, chargé de recherches à l’Institut français des relations internationales, trois associations françaises pro-palestiniennes étaient représentées dans la flotille : la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (Ccippp), le Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient (CVPR) et le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), l’association de Youssef B. "Cette dernière a longtemps créé un certain trouble au sein des organisations pro-palestiniennes : contrairement à la plupart des grandes associations pro-palestiniennes qui se veulent laïques et qui sont souvent proches de l’extrême gauche, le CBSP se réclame d’une inspiration religieuse. De fait, le CBSP n’a été que tardivement intégré à la plate-forme des ONG françaises pour la Palestine".

Grande manifestation à Tunis pour dénoncer l’assaut sanglant contre la flottille humanitaire pour Gaza
Plusieurs milliers de manifestants ont participé mardi après-midi à une marche à Tunis pour dénoncer l’opération israélienne menée lundi contre une flottille d’aide à destination de Gaza.
Encadrés par un dispositif policier renforcé, militants de partis politiques et d’organisations de la société civile, syndicalistes et simples citoyens ont parcouru pendant près d’une heure l’avenue Mohamed V, l’une des principales artères de la capitale, scandant des slogans hostiles à Israël, qualifié de "pirate" par une pancarte du parti des Verts tunisiens.
"Je suis venue exprimer ma solidarité avec le peuple palestinien que les Israéliens tuent et affament par un blocus inhumain. C’est la moindre des choses que je puisse faire", a déclaré à l’Associated Press, Rafia Mlaouah, une fonctionnaire, la cinquantaine.
Brandissant des drapeaux tunisiens, palestiniens et turcs, les manifestants dont beaucoup de femmes et de jeunes arborant des keffiehs, le foulard palestinien, appelaient à la levée du blocus imposé par les Israéliens sur Gaza.
"Nous refusons l’agression et soutenons le droit et la justice", lançait une banderole du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
"Mort à Israël, Gaza symbole de dignité", affichaient d’autres pancartes de partis de l’opposition, tandis que leurs militants scandaient des slogans hostiles à l’Etat hébreu, aux Etats-Unis et aux régimes arabes. "Non aux intérêts américains et aux ambassades sionistes sur terre arabe. Honte aux régimes arabes, Gaza se meurt", criaient-ils.
La présidente du Parti démocratique progressiste (PDP/opposition), Maya Jribi, a dénoncé "le crime inqualifiable" d’Israël, en saluant "vivement les militants de la dignité et de la liberté" qui ont tenu à apporter leur aide aux habitants de Gaza.
Présent parmi la foule, l’islamiste Zied Douletli, a estimé que "l’attaque sauvage" de l’armée israélienne marque "le début de la fin de la voix d’Israël dans le monde". "Après ce forfait, les Israéliens auront du mal à faire valoir leur crédibilité auprès de l’opinion publique mondiale encore sous le choc", a-t-il analysé en espérant "un sursaut de conscience dans le monde libre".

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Des militants de la flottille livrent leur version des faits
Des militants allemands et grecs présents dans la flottille visée lundi par un raid israélien alors qu’elle tentait de forcer le blocus de Gaza sont rentrés mardi 1er juin dans leur pays d’origine, d’où ils ont dénoncé l’attitude de l’armée israélienne pendant l’assaut.
"J’ai personnellement vu deux bâtons qui ont été utilisés (...). Il n’y a rien eu de plus", a affirmé Norman Paech, 72 ans, ancien député du parti d’extrême gauche allemand Die Linke, qui était à bord du ferry turc Mavi Marmara. "Nous n’avons jamais vu de couteau utilisé comme arme. C’est avec des bâtons qu’on s’est défendu", a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse peu après son rapatriement.
"C’était une attaque contre une mission pacifique dans les eaux internationales. Les Israéliens peuvent vouloir défendre leur zone de défense militaire, mais nous étions en dehors de ces limites. Nous avions le droit de nous défendre, et même d’utiliser les armes avec lesquelles on nous attaquait", a-t-il ajouté.
Norman Paech a été rapatrié en compagnie de quatre concitoyens qui étaient également à bord du Mavi Marmara, arraisonné au petit matin lundi par des commandos de marine israéliens. Deux d’entre eux, les députés de Die Linke Inge Hoeger, 59 ans, et Annette Groth, 56 ans, ont abondé dans ce sens. "Personne n’était armé", a assuré la première.
Quatre Grecs qui se trouvaient également dans la flottille ont dénoncé à leur retour mardi à Athènes la brutalité israélienne à l’encontre des passagers. L’un d’eux, Michalis Grigoropoulos, membre de l’équipage de l’Elefthéri Mésogeio, a raconté que "des commandos israéliens avaient sauté lundi vers 5 h 30" (heure locale) de canots pneumatiques à bord de son navire. "Ils ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, deux militants ont été blessés aux jambes. Les commandos ont ensuite fait subir des électrochocs à certains des militants."
Selon le militant, "les conditions de détention au port d’Ashdod, où cinq cents personnes ont été entassées, étaient misérables". "Les policiers tournaient des vidéos, nous étions assis par terre et nous avons été menacés par leurs armes. Ils m’ont fait signer des papiers, sans que je sache ce qui figurait sur ces papiers car je n’avais pas le droit d’avoir de traducteur, d’avocat ou de communiquer avec ma famille", a-t-il déploré. Il a également affirmé que les militants "n’avaient rien mangé ni bu pendant leur détention et avaient subi plus d’une dizaine de contrôles corporels".
Un autre membre de l’équipage du même navire, Aris Papadokostopoulos, a dit que "deux Grecs détenus avaient été tabassés car ils avaient refusé de donner leurs empreintes digitales". M. Papadokostopoulos a ajouté qu’"après leur assaut sur le bateau, les commandos armés avaient coupé tout moyen de communication".
Les deux autres activistes grecs qui ont affirmé avoir subi "des brutalités" au cours de leur détention se trouvaient sur le deuxième bateau grec, le Sfendoni, que des commandos israéliens ont également pris d’assaut tôt lundi. Trente activistes grecs de la flottille sont toujours détenus en Israël.

Glaciation des relations turco-israéliennes
Longtemps alliée assumée d’Israël, la Turquie s’offusque, depuis lundi 31 mai, de l’assaut des militaires israéliens contre une flottille chargée d’aide humanitaire à destination de Gaza. Une attaque qui a fait au moins neufs morts, majoritairement des Turcs. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié mardi l’assaut de "massacre sanglant", d’"attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine et qui doit absolument être punie".
Dès lundi, Ankara annonçait l’annulation d’exercices militaires communs avec Israël. Le ministre de l’énergie, Taner Yildiz, a même évoqué à demi-mots la possibilité de remettre en cause le projet de pipeline Medstream entre les deux pays : "Une décision stratégique pourrait être prise sur instruction du premier ministre."
Dans la presse turque, les éditoriaux se succèdent pour dénoncer "l’attaque vicieuse d’Israël", "la blessure grave" infligée par Israël à la Turquie, et mettre en garde "les dirigeants politiques et militaires israéliens [qui] seront bien désolés de perdre un ami aussi précieux que la Turquie". Un éditorial du quotidien israélien Haaretz, que reprend le quotidien intellectualiste Radikal, titre même : "Deuxième guerre de Gaza : Israël a perdu en mer".
Côté israélien, la presse conservatrice voit dans le rôle majeur joué par les Turcs dans cette expédition maritime la preuve que le gouvernement turc entend faire de son pays "le leader des nations sunnites". Elle met en garde contre de futures expéditions similaires. Le Jerusalem Post publie ainsi une déclaration anonyme d’un haut gradé de la marine qui assure que "la prochaine fois, nous viendrons préparés comme si c’était la guerre".
Israël et la Turquie entretiennent malgré tout une longue et étroite relation militaire et économique. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont dépassé 2 milliards d’euros en 2009. La Turquie achète notamment de l’équipement militaire à Jérusalem. Le ministre de la défense turc a assuré que la livraison prévue à la Turquie de dix drones israéliens Heron pour un montant de 150 millions d’euros ne devrait pas être remise en cause.

L’Otan demande à Israël de libérer « immédiatement » les civils retenus
Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a demandé mardi à Israël de libérer « immédiatement » les civils et bateaux encore détenus après l’assaut militaire la veille de la flottille internationale pour Gaza, dans un communiqué.
« J’ajoute ma voix aux appels des Nations unies et de l’Union européenne en faveur d’une enquête rapide, impartiale, crédible et transparente sur l’incident », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre François Fillon avait déclaré plus tôt devant l’Assemblée nationale que la France exigeait « la libération immédiate » des neuf Français et de l’ensemble des civils qui se trouvaient à bord des bateaux arraisonnés la veille par l’armée israélienne.
Nicolas Sarkozy avait indiqué plus tôt que huit Français qui avaient trouvé place à bord de la flottille à destination de Gaza étaient retenus dans un centre de rétention israélien, précisant qu’une procédure était en cours pour qu’ils quittent le pays. Près de 500 membres de la flottille sont actuellement retenus dans la prison de Beersheva.
Quatre Grecs qui se trouvaient à bord de la flottille de militants pro-palestiniens en route vers Gaza, ont dénoncé des brutalités israéliennes à l’encontre des passagers et leurs conditions de détention après l’assaut, à leur retour mardi à Athènes.
L’un d’eux, Michalis Grigoropoulos membre de l’équipage de l’Elefthéri Mésogeio, un des bateaux de la flottille, a déclaré : « Les policiers tournaient des vidéos, nous étions assis par terre et nous avons été menacés par leurs armes. Ils m’ont fait signer des papiers, sans que je sache ce qui figurait sur ces papiers car je n’avais pas le droit d’avoir de traducteur, d’avocat ou de communiquer avec ma famille. »
Il a également affirmé que les militants « n’avaient rien mangé ni bu pendant leur détention et avaient subi plus d’une dizaine de contrôles corporels ». « Ils ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, deux militants ont été blessés aux jambes. Les commandos ont ensuite fait subir des électrochocs à certains des militants », a-t-il ajouté.
Un autre membre de l’équipage du même navire, Aris Papadokostopoulos, a dit que « deux Grecs détenus avaient été tabassés car ils avaient refusé de donner leurs empreintes digitales ».
Les forces armées israéliennes, elles, restent sur leur ligne de la « légitime défense », à propos de l’assaut du navire amiral de la flottille, le Navi Marmara.

Flottille vers Gaza : l’OTAN demande une "enquête impartiale et crédible"
L’OTAN a appelé mardi à une "enquête prompte, impartiale, crédible et transparente" sur l’assaut israélien contre la flottille vers Gaza. Son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen a demandé la libération immédiate des civils détenus par Israël.
A la demande de la Turquie, les représentants des 28 pays membres de l’Alliance atlantique ont tenu mardi une réunion consacrée à l’opération israélienne qui s’est soldée lundi matin par neuf morts.

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Moubarak ordonne l’ouverture du terminal de Rafah
Le président égyptien, Hosni Moubarak, a ordonné, mardi 1er juin, l’ouverture du terminal de Rafah, seul point de passage de la bande de Gaza non contrôlé par Israël, lequel impose un blocus strict à l’enclave depuis sa prise de contrôle par le mouvement islamiste Hamas en 2007.
Le président "a donné des instructions pour ouvrir le terminal de Rafah afin de faire entrer les aides humanitaires et médicales nécessaires pour la bande de Gaza et accueillir les cas humanitaires, les blessés et les malades qui doivent passer par l’Egypte", a indiqué l’agence égyptienne MENA.
Cette décision, qui "fait partie des efforts de l’Egypte pour alléger les souffrances du peuple palestinien", selon la MENA, a été appliquée en début d’après-midi. Aucune durée n’est précisée, alors que d’ordinaire les ouvertures de ce point de passage entre l’Egypte et la bande de Gaza sont limitées à quelques jours par mois.
Le Hamas, qui a pris de force en juin 2007 le pouvoir à Gaza après en avoir chassé les forces fidèles au président Mahmoud Abbas, exhorte les pays arabes et musulmans à faire pression sur l’Egypte pour qu’elle ouvre définitivement le terminal de Rafah et cesse de prendre pour cible les tunnels de contrebande entre le territoire égyptien et l’enclave palestinienne.
Le Caire a entrepris depuis plusieurs mois de renforcer son contrôle de la frontière, longue d’une vingtaine de kilomètres, invoquant notamment la lutte contre les trafics de toutes sortes passant par des tunnels. Cette politique a tendu les relations entre le Hamas et l’Egypte, qui reproche au mouvement islamiste de bloquer la conclusion d’un accord de réconciliation interpalestinien avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.
La décision du président Moubarak a été annoncée quelques heures avant le début d’une réunion des pays de la Ligue arabe au Caire chargée d’étudier une réponse commune à l’opération israélienne.

Les conséquences du blocus de la bande de Gaza
Il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza", a affirmé, lundi 31 mai au soir, Daniel Carmon. L’ambassadeur adjoint d’Israël défendait la politique de son pays lors d’un débat au Conseil de sécurité de l’ONU suite à l’intervention militaire israélienne contre la flottille humanitaire. En mettant le cap sur la bande de Gaza sans passer par un port israélien, l’expédition humanitaire, arraisonnée par l’armée israélienne, avait pour but de dénoncer le blocus imposé depuis juin 2007 sur cette bande de territoire.
Ce blocus se manifeste par des restrictions strictes sur l’accès des biens et des personnes. L’Etat israélien l’a mis en place après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en juin 2007. A cette époque, l’Egypte avait également fermé le poste frontière de Rafah, ne l’ouvrant qu’en de rares occasions. Mardi, le président égyptien, Hosni Moubarak, a décidé de rouvrir ce point de passage, le seul qui ne soit pas entièrement contrôlé par Israël.
En pratique, les travailleurs humanitaires désirant transiter par le poste-frontière d’Erez, principal point de passage entre Israël et la bande de Gaza, doivent posséder un permis des autorités israéliennes. Dans un rapport publié le 27 mai, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) de l’ONU dénonce les entraves à l’action humanitaire que représente ce processus et réclame une levée complète du blocus.
Selon ce rapport, les autorités accordent environ 80 % des demandes du personnel résidant à Gaza et désirant se rendre en Israël. Le permis se double d’un interrogatoire par les autorités israéliennes au moment de la sortie. Mais les restrictions sont beaucoup plus fortes pour les humanitaires désirant se rendre à Gaza depuis Israël : seule la moitié des demandes reçoivent actuellement une réponse favorable. D’après le BCAH, très peu sont aujourd’hui présentées en raison des multiples rejets.
La procédure se complique encore pour les humanitaires de nationalité étrangère, dont les demandes doivent être validées au moins 24 heures à l’avance. Enfin, les visas accordés pour les ONG non enregistrées auprès du ministère israélien des affaires sociales n’offrent aucune garantie pour le retour vers Israël après l’entrée dans la bande de Gaza.
Du côté des marchandises, la circulation n’est guère plus aisée. Le colonel Moshe Levi, qui dirige le bureau israélien de coordination du district de Gaza (DCO), déclarait récemment : "Nous ne connaissons pas de pénurie dans quelque domaine que ce soit ; nous autorisons l’entrée de différents biens et également l’exportation de produits agricoles depuis la bande de Gaza." Le bureau affirme ainsi qu’"Israël ne rationne pas la quantité de biens transportés vers Gaza, sous réserve qu’ils soient présents sur la liste des biens autorisés".
Dans les faits, les 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza souffrent bien d’une pénurie : 61 % d’entre eux seraient "en situation d’insécurité alimentaire" selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Sarah Leppert, conseillère auprès de la FAO pour les territoires palestiniens, expliquait récemment : "Il y a une variété importante de produits disponibles à Gaza mais les Palestiniens n’ont pas les moyens d’acheter la nourriture à cause de la pauvreté et du chômage." La viande, en particulier, fait défaut en raison des restrictions. L’approvisionnement en équipements agricoles est aussi problématique.
D’après un communiqué du BCAH, "les restrictions imposées par Israël sur l’importation et la circulation des personnes étouffent l’agriculture gazaouie et contribuent directement à l’insécurité alimentaire". Depuis l’opération armée, plusieurs pays ont appelé à la levée de ce blocus israélien de la bande de Gaza.

Selon des rescapés allemands, il n’y avait pas d’armes à bord du bateau turc
Des rescapés Allemands qui étaient dans la flottille visée lundi par un raid israélien meurtrier alors qu’elle tentait de forcer le blocus de Gaza ont assuré mardi à Berlin que les militants pro-palestiniens n’avaient pas d’armes à feu.
’J’ai personnellement vu deux bâtons qui ont été utilisés (...). Il n’y a rien eu de plus’, a affirmé Norman Paech, 72 ans, ancien député du parti d’extrême gauche Die Linke, qui était à bord du ferry turc Mavi Marmara. ’Nous n’avons jamais vu de couteau utilisé comme arme. C’est avec des bâtons qu’on s’est défendu’, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse peu après son rapatriement.
’C’était une attaque contre une mission pacifique dans les eaux internationales. Les Israéliens peuvent vouloir défendre leur zone de défense militaire, mais nous étions en dehors de ces limites. Nous avions le droit de nous défendre, et même d’utiliser les armes avec lesquelles on nous attaquait’, a-t-il ajouté.
Norman Paech a été rapatrié en compagnie de quatre concitoyens qui étaient également à bord du Mavi Marmara, arraisonné au petit matin lundi par des commandos de marine israéliens. Deux d’entre eux, les députés de Die Linke Inge Hoeger, 59 ans, et Annette Groth, 56, ans, ont abondé dans ce sens. ’Personne n’était armé’, a assuré la première.
Le Mavi Marmara, qui transportait six cents personnes, faisait partie d’une flottille de six bateaux acheminant des centaines de militants pro-palestiniens et des tonnes d’aides qui voulait forcer le blocus israélien imposé à Gaza depuis 2007. Selon l’armée israélienne, neuf passagers ont été tués et sept soldats blessés à bord du Mavi Marmara.

Fillon : la France demande au gouvernement israélien de "reconnaître la faute qui a été commise"
La France demande au gouvernement israélien de "reconnaître la faute qui a été commise" lors de l’opération menée contre une flottille humanitaire pro-palestinienne à destination de la Bande de Gaza, a déclaré mardi François Fillon. Le Premier ministre a exigé la libération "immédiate" des civils qui se trouvaient à bord, notamment les Français.
Le gouvernement français "condamne l’opération israélienne", a répété M. Fillon lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale. Il a déploré "un acte qui n’est pas justifié", "contraire au droit international", et "qui fait reculer l’espoir déjà si tenu de la reprise (...) d’un dialogue direct entre les Israéliens et les Palestiniens".
"Aujourd’hui la France exige la libération immédiate des neuf ressortissants français qui étaient à bord des bateaux arraisonnés et qui sont encore détenus en Israël", a déclaré le Premier ministre. La France "exige la libération immédiate des bateaux et de l’ensemble des civils qui se trouvaient à bord" et "l’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante et impartiale" sur l’opération", a-t-il ajouté.
Enfin, la France "exige que désormais l’aide humanitaire parvienne sans restrictions et sans contraintes à l’ensemble des Palestiniens, et en particulier à ceux qui vivent sur ce territoire" de la Bande de Gaza, a martelé M. Fillon.
"C’est parce que la France est l’amie d’Israël qu’elle peut et qu’elle doit demander au gouvernement israélien de reconnaître la faute qui a été commise hier, et de trouver le courage et la force de reprendre le chemin de la paix", a conclu le Premier ministre.

L’UE et la Russie réclament la fin du blocus de Gaza
L’Union européenne et la Russie ont conjointement condamné mardi l’assaut meurtrier mené la veille par des commandos israéliens contre une flottille à destination de la bande de Gaza et réclamé l’ouverture du territoire palestinien.
Dans une déclaration commune adoptée lors du sommet annuel entre les deux puissances, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le Haut Représentant de l’Union européenne, Catherine Ashton, exigent par ailleurs une "enquête complète et impartiale" sur le déroulement des événements.
"Les pertes en vie humaine sont irréparables et absolument injustifiées", a dit le président russe Dmitri Medvedev lors de la conférence de presse de clôture.
Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a estimé pour sa part que ces décès, neuf selon l’armée israélienne, étaient "inexplicables".
"Nous déplorons la perte de vies humaines, condamnons l’usage de la violence et réclamons une enquête immédiate, complète et impartiale", a-t-il dit.
"Je demande qu’une solution durable soit trouvé pour la situation dans Gaza", a-t-il ajouté.
La déclaration commune adoptée par la Russie et l’Union européenne va plus loin, qui réclame "l’ouverture immédiate des points de passage à la circulation de l’aide humanitaire, des marchandises et des personnes en provenance et à destination de Gaza".
La bande de Gaza, que les islamistes du Hamas contrôlent depuis juin 2007, est soumise à un blocus de l’Etat hébreu, qui administre les points de passage permettant l’accès au territoire côtier.
Dans la nuit, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les "actes" qui ont conduit à la mort de civils durant cette opération et réclamé une enquête "rapide, impartiale, crédible et transparente" sur l’incident.

Assaut israélien : la Turquie confirme la mort de quatre de ses ressortissants
ANKARA — Le ministère turc des Affaires étrangère a confirmé mardi la mort de quatre de ses ressortissants dans l’assaut israélien contre la flottille pour Gaza, ajoutant que cinq autres personnes tuées dans le raid étaient aussi probablement des citoyens turcs.
Selon le ministère, les autorités israéliennes tentaient toujours de confirmer la nationalité de ces cinq personnes, tuées lors de l’assaut de lundi.
Selon les autorités israéliennes, le raid a fait neuf morts et près de 40 blessés.

La marine israélienne prête à intercepter un autre navire
Des militants pro-palestiniens à bord d’un autre navire qui fait route vers la bande de Gaza se sont jurés mardi de briser le blocus du territoire palestinien, malgré les avertissements de la marine israélienne et l’assaut sanglant de la veille.
Le MV Rachel Corrie, un navire de commerce reconverti qui porte le nom d’une Américaine tuée dans la bande de Gaza en 2003, a appareillé lundi de Malte avec 15 militants à son bord, dont l’Irlandaise Maired Corrigan-Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix 1976.
"Notre initiative vise à briser le blocus israélien imposé aux 1,5 million de Gazaouis. Notre mission n’a pas changé et ce ne sera pas la dernière flottille", a déclaré à Reuters Greta Berlin, membre du mouvement Gaza libre, basé à Chypre.
La marine israélienne est prête à intercepter le navire, a assuré un officier, signalant que l’assaut de lundi, qui a fait neuf morts parmi des militants pro-palestiniens, selon Israël, n’aurait pas d’incidence immédiate sur les décisions militaires.
"Notre unité est en train d’examiner (l’incident) et nous mènerons des enquêtes professionnelles pour en tirer des conclusions. Et nous serons aussi prêts pour le Rachel Corrie", a-t-il dit au micro de la radio militaire israélienne.
Selon la radio, le bateau est attendu mercredi dans les eaux de la bande de Gaza. Greta Berlin a toutefois indiqué qu’il pourrait ne pas arriver à destination avant le début de la semaine prochaine.
Le Rachel Corrie transporte 1.200 tonnes de matériel médical, de chaises roulantes, de fournitures scolaires et de ciment, matériau dont les autorités israéliennes interdisent la livraison dans la bande de Gaza, selon les organisateurs.
Outre Maired Corrigan-Maguire, l’ancien diplomate irlandais Denis Hallyday, qui a officié aux Nations unies, fait partie de l’équipage.
Le bateau appartenait à la flottille arraisonnée lundi, mais sa faible vitesse l’a laissé loin derrière les autres, a expliqué Mark Daly, un parlementaire irlandais qui devait être du voyage mais n’a pas obtenu l’autorisation de quitter Chypre.
"Après une discussion entre eux sur la marche à suivre, ils ont décidé de continuer et le dernier contact (...) remonte à hier soir 18h00", a dit l’élu, interrogé par Reuters à Dublin.

Cinq Palestiniens de Gaza tués par l’armée israélienne
Cinq activistes de la bande de Gaza ont été tués mardi par l’armée israélienne, rapportent les secouristes palestiniens.
Trois ont été touchés par un missile, vraisemblablement après un tir de roquette en direction du territoire israélien, précisent-ils.
Tsahal a confirmé la mort de deux hommes, tués par les militaires après avoir franchi la clôture de sécurité séparant Israël de la bande de Gaza.
Le Djihad islamique a fait savoir que les deux hommes étaient issus de ses rangs.
Citant des sources palestiniennes, Radio Israël fait état d’une fusillade après le tir d’une roquette en direction du sud de l’Etat hébreu, qui n’a apparemment pas fait de victimes.

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L’attaque israélienne contre la flottille pour Gaza était "un massacre" pour Erdogan
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié mardi l’opération de l’armée israélienne contre une flottille humanitaire à destination de la Bande de Gaza "de massacre sanglant", qui a fait au mois neuf morts.
Le Premier ministre turc, qui avait une réunion de sécurité d’urgence sur Israël, a déclaré que "ce massacre sanglant par Israël contre des bateaux qui apportaient de l’aide humanitaire à Gaza mérite toute sorte de malédiction".
Cette attaque contre la flottille, dont le principal bateau était turc, "était contre le droit international, la conscience de l’humanité et la paix mondiale".
Il a également appelé l’Etat hébreu à cesser immédiatement le blocus "inhumain" contre Gaza, lors d’un discours devant les parlementaires turcs.
La Turquie a envoyé trois avions pour rapatrier une vingtaine de citoyens turcs blessés lors de l’assaut des commandos israéliens lundi matin.

La plupart des passagers de la flottille pour Gaza encore emprisonnés en Israël
Plus de 24 heures après l’assaut meurtrier des commandos marines de l’armée israélienne contre la flottille Free Gaza, la plupart des 686 passagers sont encore entre les mains des autorités israéliennes. 480 personnes sont ainsi détenues dans la prison de Beersheva, dans le sud d’Israël, et d’autres sont en train d’y être transférées.
D’après Yossi Edelstein, un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, « une partie de ces détenus ont refusé de décliner leur identité. Ils ont protesté en s’allongeant par terre, continuant ainsi à se conduire de façon provocatrice. » Leur expulsion devrait se dérouler au compte-gouttes, dans les 72 heures après avoir été présentés devant un juge.
Aucune information ne filtre sur l’identité des personnes retenues, sur leur état de santé, et sur les faits précis qui leur sont reprochés. Sur son compte Twitter, l’organisation Free Gaza indique que les autorités israéliennes ont refusé à leurs avocats tout contact avec les passagers.
Parmi les détenus figure Kamal Khatib, président du Haut comité de suivi des citoyens Arabes de 48, la plus importante organisation de cette communauté de 1,3 millions de personnes. Un des chefs islamistes arabes israéliens, Raëd Salah, dirigeant du Mouvement islamique en Israël, qui se trouvait à bord du convoi, est pour sa part détenu dans un commissariat de police à Ashdod.
Le quotidien britannique « The Guardian » détaille la présence de passagers connus à bord de la flottille, comme la prix Nobel de la paix 1976, l’Irlandaise Mairead Corrigan Maguire, ou encore l’auteur de polars Henning Mankel.
Les autres - « ceux qui ont accepté d’être expulsés sans problème » - « ont été conduits vers l’aéroport Ben Gourion ». Pour l’instant, selon le ministère de l’Intérieur israélien, 45 personnes sont en voie d’expulsion. Six Grecs, sur un total de 36, sont par exemple rentrés ce mardi matin à Athènes.
Par ailleurs, 45 autres passagers, pour la plupart d’origine turque, sont hospitalisés dans différents établissements. Istanbul a annoncé mardi l’envoi de trois avions médicalisés pour rapatrier 20 de ses ressortissants blessés. La compagnie Turkish Airlines a également trois avions en attente, prêts à venir chercher les ressortissants turcs restants.
Alors que la radio militaire a précisé que les passagers étaient originaires de 38 pays, Yossi Edelstein a évoqué la présence de ressortissants « de Malaisie, d’Indonésie, du Maroc, d’Algérie, du Pakistan, du Kosovo, du Yémen et de nombreux Turcs ». La plupart des pays cités n’entretiennent pas de relations diplomatique avec Israël, à l’exception de la Turquie. Sept Français faisaient aussi partie de la flotte Free Gaza, dont un jeune homme originaire de Colomiers.

Israël doute de l’"objectivité" d’une éventuelle enquête internationale
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a douté mardi de l’"objectivité" d’une enquête internationale, qui pourrait être menée sur l’opération meurtrière de l’armée israélienne contre une flottille humanitaire à destination de la Bande de Gaza.
Yigal Palmor a estimé, après que le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé une enquête impartiale sur cet assaut lancé lundi, qu’"au vu des pays qui soutiennent cette option, on a tout lieu de craindre pour son indépendance".
Refusant de "réagir à ce genre d’idée", il a affirmé sur France Inter lors d’un entretien en français que "dans les circonstances où cette proposition est soulevée, il est impossible de s’attendre à ce que les conditions d’objectivité et d’indépendance soient réunies".
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, qui a fait état d’un bilan officiel de "neuf morts" et "un peu moins de 40 blessés", a répété que les commandos avaient "rencontré une violence inouïe" sur un des bateaux accostés et qu’ils avaient "dû se défendre", certains militants ayant "ouvert le feu".
"Nous avons deux soldats blessés par balles, et six autres blessés à divers degrés" par des "coups de barres de fer" et "à l’arme blanche", a-t-il également souligné.
Interrogé sur la légalité de l’intervention des commandos dans les eaux internationales, il a affirmé que "le droit international autorise de prévenir, d’avertir des bateaux qui se dirigent vers une zone interdite".

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L’ONU demande une enquête "impartiale" sur l’attaque de la flottille par Israël
Après plusieurs heures de négociations, le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé une enquête impartiale sur l’opération meurtrière de l’armée israélienne contre une flottille humanitaire à destination de la Bande de Gaza, et condamné ces "actes" qui ont coûté la vie à dix personnes.
Après la réunion d’urgence et des négociations marathon, les 15 membres du Conseil de Sécurité ont diffusé mardi un communiqué plus nuancé que la demande initiale de la Turquie, des pays arabes et des Palestiniens qui avaient demandé une condamnation dans "les termes les plus forts" et "une enquête indépendante internationale".
Dans le communiqué présidentiel lu lors d’une réunion formelle, le mot "indépendante" a été remplacé par "une enquête rapide, impartiale, crédible et transparente, en conformité avec les règles internationales". La condamnation ne mentionne pas Israël.
Les Palestiniens et les pays arabes, soutenus par certains membres du Conseil de sécurité comme la Turquie, avaient également appelé Israël à lever le blocus de la Bande de Gaza, à libérer immédiatement les militants interpellés, et permettre d’acheminer l’aide jusqu’à Gaza.
Le secrétaire-général adjoint Oscar Fernandez-Taranco a déclaré lors de son discours devant le Conseil de sécurité que l’assaut de l’armée israélienne lundi matin aurait pu être évité "si les appels répétés lancés à Israël pour mettre un terme à ce blocus contreproductif et inacceptable de Gaza avaient été pris en compte".
Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, allié de longue date de l’Etat hébreu, a qualifié cette opération de "banditisme et de piraterie" en haute mer et de "meurtre perpétré par un Etat". La majorité des militants à bord des bateaux étaient apparemment turcs.
Dans le projet de texte obtenu par l’Associated Press, il était demandé de condamner l’attaque dans "les termes les plus forts", en tant que violation du droit international. Il appelait le secrétaire-général Ban Ki-moon à diligenter "une enquête indépendante internationale (...) afin de déterminer comment ce bain de sang a pu se produire et de s’assurer que les responsables soient reconnus".
Un peu plus tôt, Ban Ki-Moon s’était déclaré "choqué par ces morts". "Il est vital qu’une enquête complète soit menée pour déterminer exactement comment ce bain de sang s’est produit".
Des consultations ont été menées en parallèle entre les Etats-Unis, la Turquie et le Liban, qui assure la présidence tournante du Conseil.

Le risque d’une contagion de la colère chez les Palestiniens
La police israélienne a été mise lundi en état d’alerte par crainte de troubles en Cisjordanie et parmi les citoyens arabes de 1948. Le Haut Comité de suivi des Arabes, la plus importante organisation de cette communauté, a appelé à une journée de grève générale mardi et à des manifestations en Israël pour protester contre le raid de la marine israélienne.
Une rumeur selon laquelle cheikh Raed Salah, citoyen Arabe de 48 et chef de la branche nord du Mouvement islamique, présent à bord d’un des navires arraisonnés, aurait été blessé ou tué pendant l’assaut, faisait craindre aussi des réactions.
Cheikh Raed Salah est connu pour ses violentes diatribes contre la politique israélienne et dénonce régulièrement des menaces contre la mosquée al-Aqsa de Jérusalem. Il a été arrêté à plusieurs reprises par la police israélienne et interdit d’approcher de Jérusalem. Les rumeurs n’ont pas été confirmées, même s’il semble que le cheikh se trouvait bien à bord de la flottille.
Plusieurs centaines de citoyens Arabes de 48 n’ont pas attendu l’appel à la grève, et des manifestations ont eu lieu dès lundi à Nazareth, la première ville arabe d’Israël. La police israélienne a suspendu les permissions et a été déployée à Jérusalem, à Jaffa et en Galilée.
Les pourparlers indirects entre Israël et l’Autorité palestinienne, organisés à grand-peine par les Américains depuis le 9 mai dernier, pourraient aussi souffrir de la sanglante opération navale israélienne. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a qualifié l’intervention de « massacre » et a décrété trois jours de deuil national. La direction palestinienne s’est réunie lundi soir à Ramallah pour exiger que les responsables « du crime de piraterie barbare » israéliens soient traduits devant la justice internationale en tant que « criminels de guerre ». Mahmoud Abbas a toutefois fait savoir à cette occasion qu’il ne souhaitait pas mettre un terme aux pourparlers indirects, puisque les Palestiniens discutent avec les Etats-Unis et non avec Israël, a expliqué un de ses conseillers. Le chef du Hamas à Gaza Ismaël Haniyeh a en revanche exhorté lundi « l’Autorité palestinienne à cesser les négociations, directes et indirectes, avec Israël, en raison de ce crime ».
En replaçant sur le devant de la scène le Hamas, mouvement rival de l’Autorité palestinienne, l’action israélienne contre la flottille internationale place une nouvelle fois Mahmoud Abbas dans une situation difficile, comme lors de l’opération « Plomb durci » de janvier 2009 dans la bande de Gaza.
Le président palestinien, soumis à de fortes pressions américaines pour reprendre les négociations avec Israël, court le risque de voir son crédit parmi les Palestiniens s’éroder s’il s’engage dans de tels pourparlers. À l’inverse, son audience internationale pâtirait d’un éventuel refus de négocier.
Haniyeh, qui avait annoncé avant même l’assaut que la flottille représenterait un succès, qu’elle parvienne ou non à rallier Gaza, engrange les bénéfices de l’opération. Le blocus de Gaza est de nouveau au centre de l’attention internationale, alors que les concessions faites par l’Autorité palestinienne - reprendre les pourparlers indirects avec Israël, en dépit de la poursuite de la colonisation à Jérusalem - affaiblissent son image dans l’opinion palestinienne.

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Assaut de la flottille : les discussions s’éternisent à l’ONU
Les discussions s’éternisaient mardi matin à l’ONU sur les termes d’une déclaration sur l’abordage sanglant par l’armée israélienne lundi d’une flottille pro-palestinienne chargée d’aide humanitaire pour Gaza, les Etats-Unis s’efforçant de l’édulcorer selon des diplomates. Une séance-marathon du Conseil de sécurité, commencée lundi peu après 13 heures, heure locale (19 heures, heure française), était toujours en cours après minuit (6 heures, heure française mardi).
Selon des diplomates, un désaccord entre la Turquie, rédactrice du projet de texte, et les Etats-Unis, traditionnels protecteurs d’Israël à l’ONU, empêchait l’adoption de cette déclaration qui vise à appeler au lancement d’une enquête sur les circonstances de l’assaut de la flottille par les militaires israéliens qui a fait au moins neuf morts civils. Depuis le début de la séance, la présidence tournante du Conseil a changé de mains, passant du Liban au Mexique, à la faveur du changement de mois. Chaque Etat membre assure à son tour cette présidence pendant un mois, la rotation se faisant par ordre alphabétique du nom des pays en anglais.
Les négociations sur le texte ont fait suite à un débat public au Conseil, lors duquel Israël a été mis sur la sellette, la majorité des Etats appelant à une enquête internationale et à la levée du blocus de la bande de Gaza. Le raid israélien contre la flottille a suscité un tollé international, de nombreux pays l’ayant jugé "disproportionné" et ayant convoqué les ambassadeurs de l’Etat hébreu.
Quatre cent quatre-vingt passagers, qui étaient à bord de la flottille pour Gaza, étaient détenus mardi en Israël, dans une prison d’Ashdod, tandis que 48 autres, conduits à l’aéroport Ben Gourion, étaient en voie d’expulsion vers leur pays d’origine, a annoncé la radio publique israélienne. Par ailleurs, 45 autres passagers, pour la plupart d’origine turque, étaient hospitalisés dans différents établissements. Six soldats israéliens blessés au cours de l’opération étaient également hospitalisés, a ajouté la radio.
Les passagers détenus vont être interrogés dans la journée et les autorités décideront au cas par cas ceux qui seront libérés et ceux contre lesquels des poursuites judiciaires vont être engagées. Parmi les détenus figure Kamal Khatib, président du Haut Comité de suivi des Arabes israéliens, la plus importante organisation de cette communauté de 1,3 million de personnes, qui a appelé mardi à une journée de grève et de manifestations en Israël. Un des chefs islamistes arabes israéliens, Raëd Salah, dirigeant de l’aile radicale du Mouvement islamique en Israël, qui se trouvait à bord du convoi, est pour sa part détenu dans un commissariat de police d’Ashdod.

Les pays arabes demandent à l’ONU une enquête indépendante sur l’attaque de la flottille par Israël
Lors de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité, les pays arabes et les représentants palestiniens ont demandé lundi soir une condamnation et une enquête indépendante sur l’intervention de l’armée israélienne. Cette attaque des commandos contre une flottille humanitaire de militants pro-palestiniens, qui voulaient forcer le blocus de la Bande de Gaza, a causé la mort d’au moins neuf civils.
Les Palestiniens et les pays arabes, soutenus par certains membres du Conseil de sécurité comme la Turquie, ont également appelé Israël à lever le blocus de la Bande de Gaza, à libérer immédiatement les militants interpellés, et permettre d’acheminer l’aide jusqu’à Gaza.
Le secrétaire-général adjoint Oscar Fernandez-Taranco a déclaré lors de son discours devant le Conseil de sécurité que l’assaut de l’armée israélienne lundi matin aurait pu être évité "si les appels répétés lancés à Israël pour mettre un terme à ce blocus contreproductif et inacceptable de Gaza avaient été pris en compte".
Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, allié de longue date de l’Etat hébreu, a qualifié cette opération de "banditisme et de piraterie" en haute mer et de "meurtre perpétré par un Etat". La majorité des militants à bord des bateaux étaient apparemment turcs.
Dans le projet de texte obtenu par l’Associated Press, le Conseil de sécurité condamnerait l’attaque dans "des termes sévères", en tant que violation du droit international, et exprimerait ses profonds regrets pour la perte de vie humaine. Il appellerait le secrétaire-général Ban Ki-moon de diligenter "une enquête indépendante internationale (...) afin de déterminer comment ce bain de sang a pu se produire et de s’assurer que les responsables soient reconnus".
Un peu plus tôt, Ban Ki-Moon s’était déclaré "choqué par ces morts". "Il est vital qu’une enquête complète soit menée pour déterminer exactement comment ce bain de sang s’est produit".
Des consultations ont été menées entre les Etats-Unis, la Turquie et le Liban, qui assure la présidence tournante du Conseil.

Mahmoud Abbas : "pas nécessaire de mettre un terme aux pourparlers indirects"
Le président palestinien Mahmoud Abbas a estimé qu’il n’était pas nécessaire de mettre un terme aux pourparlers indirects pour la reprise du processus de paix, après la mort d’au moins neuf personnes dans l’assaut de l’armée israélienne contre une flottille humanitaire de militants pro-palestiniens qui voulaient forcer le blocus de la Bande de Gaza, a annoncé mardi un de ses conseillers.
Mahmoud Abbas a rencontré lundi soir de hauts responsables de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et leur a expliqué qu’il n’était pas nécessaire de quitter les négociations car les Palestiniens dialoguent avec les Etats-Unis mais pas Israël, a rapporté le conseiller de M. Abbas Mohammed Ishtayeh.

(Mardi, 1er juin 2010 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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