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"Cette attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine doit absolument être punie."

mercredi 2 juin 2010, par La Rédaction

Benyamin Nétanyahou défend le blocus de la Bande de Gaza
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a rejeté mercredi les critiques internationales, après l’assaut israélien sur une flottille vers Gaza, affirmant que le blocus du territoire palestinien était justifié.
Dans une déclaration retransmise à la télévision depuis son bureau, M. Nétanyahou a estimé que l’objectif de la flottille interceptée lundi était de briser le blocus de Gaza, pas d’acheminer de l’aide humanitaire.
"Israël fait face à une attaque d’hypocrisie internationale", a-t-il déclaré. "Si le blocus avait été brisé, cela aurait été suivi de dizaines, de centaines de bateaux", a-t-il ajouté. "Chaque bateau pourrait transporter des dizaines de missiles".
M. Nétanyahou a noté que l’arraisonnement de cinq des bateaux s’était passé de manière relativement calme, mais que, sur le sixième, "nous avons assisté à une action dirigée par des terroristes liés au Hamas".
"Ce n’était pas ’La Croisière s’amuse’", a poursuivi le premier ministre israélien. "Il y a eu une tentative de lyncher des soldats israéliens", a-t-il ajouté, estimant que les occupants du sixième bateau étaient des "partisans du terrorisme, des extrémistes".

Israël expulse tous les militants de la flottille pour Gaza
Israël a finalement décidé mercredi d’expulser la totalité des quelque 700 militants pro-palestiniens interpellés par son armée lundi sur six navires au large de la Bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont visiblement préféré ne pas dégrader davantage les relations avec la Turquie, dont au moins quatre ressortissants ont été tués lors du raid, vivement condamné par la communauté internationale.
En fin de journée, le ministère israélien de l’Intérieur comptabilisait 165 militants déjà expulsés et 505 autres en attente à l’aéroport Ben-Gourion. Trois autres, dont deux Turcs, blessés lors de l’opération, se trouvent dans un état grave et resteront pour l’heure dans des hôpitaux israéliens.
En Turquie, Yavuz Dede, vice-président de la Fondation pour les droits et libertés humains et l’aide humanitaire (IHH), a accusé Israël de retarder les vols pour cacher qu’il manquait des personnes qui se trouvaient à bord des six navires de la flottille. Le ministère israélien de l’Intérieur assurait de son côté qu’aucun de ceux qui participaient au convoi ne manquait à l’appel.
Avant l’aube, 124 militants issus d’une dizaine de pays musulmans sans relations diplomatiques avec Israël avaient par ailleurs été expulsés vers la Jordanie. Plusieurs d’entre eux ont affirmé à l’Associated Press qu’ils avaient été privés de nourriture, d’eau, de sommeil et d’accès à des toilettes lors de leur détention en Israël.
Dans la journée, le conseiller juridique du gouvernement d’Israël a ordonné mercredi l’expulsion de tous les militants interpellés. Les autorités israéliennes avaient d’abord dit envisager des poursuites contre une cinquantaine de militants soupçonnés de violence, mais Yehuda Weinstein a considéré que "les garder ici causerait plus de dommages aux intérêts vitaux du pays que de bien". Des responsables israéliens précisaient sous couvert de l’anonymat qu’il s’agissait de tenter de limiter les dégâts causés à la relation avec Ankara.
Environ 400 Turcs se trouvaient à bord du convoi de six navires à destination de Gaza visés lundi par l’opération des commandos israéliens alors qu’ils naviguaient dans les eaux internationales. Neuf militants pro-palestiniens ont été tués au total.
Israël assure que ses soldats n’ont ouvert le feu qu’après avoir été attaqués par les militants. Ces derniers disent qu’ils tentaient d’acheminer de l’aide pour la Bande de Gaza en rompant le blocus imposé par Israël depuis la prise du pouvoir du mouvement islamiste du Hamas dans le territoire palestinien en 2007.
La Turquie avait menacé mercredi de réexaminer ses liens avec Israël si tous ses ressortissants n’étaient pas libérés avant la fin de la journée. Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu a également réclamé une commission d’enquête internationale sur les morts. Le gouvernement turc a aussi fait savoir que 15 Turcs blessés seraient rapatriés à Ankara où ils seront entendus par des procureurs d’Etat qui pourraient lancer des poursuites contre les responsables de leurs blessures, selon l’agence turque Anatolie.
Dans la journée, le Parlement turc a débattu d’éventuelles sanctions militaires et économiques contre Israël. Mais les parlementaires du parti de la Justice et du Développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan se sont opposés à de telles mesures, voulant apparemment éviter une escalade.
Néanmoins, dans une déclaration approuvée par un vote à mains levées, les parlementaires turcs ont réclamé qu’Israël présente des excuses officielles, verse des compensations aux victimes et traduise en justice les responsables. "Le Parlement attend que le gouvernement turc revoie les relations politiques, militaires et économiques avec Israël et prenne des mesures efficaces", ajoute la déclaration.
Mercredi, des centaines de Turcs ont manifesté, pour la troisième journée consécutive, pour protester contre le raid israélien, et un grand rassemblement était prévu à Istanbul pour saluer le retour des militants turcs. De leur côté, les familles des diplomates israéliens en poste en Turquie s’apprêtaient à quitter le pays sur ordre du gouvernement israélien.
Le ministre turc de l’Intérieur Besir Atalay a par ailleurs annoncé un renforcement du dispositif de sécurité pour protéger la communauté juive ainsi que les missions diplomatiques israéliennes.
Par ailleurs, l’Egypte a assoupli de son côté son propre bouclage de Gaza, ouvrant le point de passage de la ville de Rafah, d’où environ 300 Palestiniens ont pu gagner l’Egypte. Un petit nombre est entré dans le territoire palestinien, ainsi que de l’aide humanitaire.

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU condamne le raid israélien contre la flottille vers Gaza
Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a condamné mercredi "l’attaque scandaleuse" d’Israël contre la flottille à destination de Gaza lundi.
Les 47 membres du Conseil ont adopté une résolution établissant une commission d’enquête chargée de déterminer si le droit international avait été violé lors du raid de l’armée israélienne qui a fait neuf morts dans les eaux internationales lundi matin.
La résolution, proposée par les pays arabes, a été adoptée par 32 voix. Il y a eu neuf abstentions. Les Etats-Unis, l’Italie et les Pays-Bas ont voté contre, tandis que les pays africains n’ont pas participé au vote.
Israël a refusé de participer aux précédentes enquêtes ordonnées par le Conseil, notamment celle diligentée après l’opération militaire lancée fin 2009 dans la Bande de Gaza.

La Turquie, championne de la cause palestinienne, soigne son leadership au Proche-Orient
La "flottille de la liberté", qui transportait environ 10 000 tonnes d’aide humanitaire et de matériaux de construction, avait d’abord un but politique : tenter de forcer le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza depuis 2007. Les activistes embarqués à bord des six bateaux étaient originaires de 42 pays, mais la majorité d’entre eux étaient des citoyens turcs, mobilisés par l’IHH, une ONG islamiste aux discours radicaux, proche du Hamas. L’opération a été largement pilotée par la Turquie.
Le convoi vers Gaza a recueilli d’importants soutiens politiques, notamment de la part du parti islamo-conservateur au pouvoir, l’AKP. Ankara a facilité l’expédition, les formalités douanières et le transit par la partie nord de Chypre, qu’elle contrôle. Avant le départ des navires, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que "la levée de l’embargo sur Gaza figurait en haut des priorités du gouvernement turc".
Plusieurs députés de l’AKP, dont le président de la commission des affaires étrangères au Parlement, Murat Mercan, devaient même prendre place à bord du Mavi Marmara, l’un des navires de la flottille, mais y ont finalement renoncé à la dernière minute.
Depuis trois jours, du Caire à Sanaa, les manifestations anti-israéliennes se couvrent de drapeaux turcs. Les "héros" du Mavi Marmara sont fêtés sur la place Taksim d’Istanbul. Les neuf "martyrs" sont acclamés. "La Turquie a obtenu ce qu’elle voulait", estime l’éditorialiste Mehmet Ali Birand. "Grâce à cet incident, l’équilibre des alliances va changer au Moyen-Orient", poursuit-il.
A la faveur de cette médiatique flottille, la Turquie a pris la tête de la fronde contre l’Etat hébreu et s’est imposée comme la championne de la cause palestinienne, supplantant les puissances arabes et l’Iran. Le retournement est spectaculaire pour Ankara, qui était jusqu’ici le plus fidèle allié d’Israël et des Etats-Unis au Proche-Orient.
Mais depuis deux ans, le divorce est dans l’air. A l’origine, l’opération "Plomb durci", menée par Tsahal à Gaza en décembre 2008, a été ressentie comme un affront personnel par M. Erdogan. Une semaine avant le début de ces bombardements, la Turquie avait en effet reçu le premier ministre Ehoud Olmert à Ankara, sans que celui-ci l’informe des projets d’attaque. Une humiliation pour les "néo-ottomans" de l’AKP.
Dès lors, le premier ministre turc a multiplié les déclarations fracassantes contre Israël, qualifiant les opérations de "crime contre l’humanité". Au Forum économique de Davos, en janvier 2009, il s’en est pris violemment à Shimon Pérès et a claqué la porte.
En avril, au cours d’une visite en France, il a estimé qu’Israël était "la menace la plus sérieuse pour la paix dans la région". Et depuis deux mois, critiqué pour son indulgence vis-à-vis du programme nucléaire iranien, il répète à chaque occasion qu’Israël, également soupçonné de détenir l’arme atomique, doit être soumis au même régime que l’Iran.
"Nous ne voulons pas d’arme nucléaire dans notre région", martèle le ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Sous la pression turque, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a évoqué la question pour la première fois en mai. Tout en s’opposant à Israël, la Turquie s’est également rapprochée de la Syrie et a accueilli les dirigeants du Hamas.
M. Davutoglu, le stratège du gouvernement turc, connaît trop bien les ressorts de la diplomatie régionale pour avoir été entraîné malgré lui dans cette spirale. Mercredi 2 juin, il a estimé qu’après le temps de la colère, celui de l’apaisement était venu et que si les activistes turcs étaient libérés rapidement et que le blocus de Gaza était levé, les relations redeviendraient normales.
Mais le Parlement a déjà réclamé une révision profonde des liens avec Israël, et un gel de la coopération, notamment militaire. La veille, M. Erdogan avait lancé devant ses députés qu’il fallait "faire payer Israël par tous les moyens".
A moyen terme, cette crise permet au gouvernement turc de renforcer sa popularité. En Turquie où des élections législatives l’attendent dans un an. Dans tout le Proche-Orient où M. Erdogan, le nouveau sultan, est déjà comparé à Nasser. Ankara s’impose tranquillement comme la nouvelle puissance régionale, à la porte d’une Europe qui brille par son silence. M. Erdogan espère désormais parvenir à faire plier Israël et à faire lever le blocus contre Gaza.

Abbas rencontre Mitchell, demande la fin du blocus de Gaza
L’intervention de la marine israélienne lundi contre un convoi d’aide destiné à la bande de Gaza a dominé les discussions mercredi à Ramallah entre le président palestinien Mahmoud Abbas et l’émissaire du président américain Barack Obama, George Mitchell.
Lors de cette rencontre de deux heures, Mahmoud Abbas a réclamé la fin du blocus de la bande de Gaza par Israël, a précisé le négociateur palestinien Saëb Erekat.
Les discussions entre les deux hommes devaient à l’origine être consacrées aux questions de sécurité et aux frontières d’un futur Etat palestinien mais Erekat n’a fait aucune référence à ces dossiers à l’issue de l’entretien.
Il a indiqué qu’Abbas avait exigé une enquête internationale sur l’opération menée lundi matin par la marine israélienne contre la flottille des militants pro-palestiniens qui tentait de gagner la bande de Gaza. L’attaque a fait neuf morts parmi les militants qui se trouvaient à bord d’un navire turc pris d’assaut par les fusiliers-marins israéliens.
George Mitchell, comme à son habitude, n’a fait aucune déclaration à l’issue de son entretien avec le président de l’Autorité palestinienne, qui doit être reçu le 9 juin à Washington par Barack Obama.
Par l’entremise de l’émissaire américain, Israël et l’Autorité palestinienne ont entamé début mai des négociations indirectes, dites "pourparlers de proximité", pour tenter de relancer le processus de paix en panne depuis la fin 2008 et l’offensive de Tsahal contre la bande de Gaza.

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se prononce pour une enquête internationale
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté mercredi 2 juin une résolution approuvant la mise en place d’une "mission d’enquête internationale" sur l’intervention militaire israélienne contre la flottille pro-palestinienne pour Gaza.
La décision a été approuvée par 32 des 47 membres du Conseil. Trois pays se sont prononcés contre, dont les Etats-Unis. L’Union européenne a, quant à elle, voté en ordre dispersé, la France et le Royaume-Uni ayant choisi de s’abstenir.
Une session extraordinaire du Conseil sur le raid israélien qui a fait neuf morts et des dizaines de blessés avait été convoquée mardi sur l’initiative du représentant palestinien, du Soudan, du Pakistan, au nom de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
Les débats animés des deux derniers jours ont fait apparaître des dissensions entre pays occidentaux et arabes sur la nature de l’enquête, approuvée sur le principe par la majorité des pays du Conseil. Du côté de l’Union européenne, "on a estimé qu’il fallait s’en tenir à la décision du Conseil de sécurité de l’ONU à New York qui a demandé mardi le lancement sans retard une enquête impartiale, crédible et transparente conforme aux critères internationaux", a expliqué un diplomate occidental. "La différence est le caractère international ou non du mécanisme", a-t-il poursuivi.
"La résolution (adoptée par le Conseil des droits de l’homme,) crée une mission internationale avant de donner la possibilité à un gouvernement responsable d’enquêter lui-même sur cet incident et en conséquence risque de politiser encore plus une situation sensible et fragile", a mis en garde l’ambassadrice américaine, Eileen Donahoe, avant le vote.
La décision prévoit notamment que les membres chargés de l’enquête soient désignés par le président du Conseil des droits de l’homme où le rapport de force est notoirement en faveur des pays musulmans.
Malgré ces dissensions, les pays ont unanimement condamné l’abordage israélien lundi dans les eaux internationales, d’une flottille internationale transportant à Gaza des militants pro-palestiniens et des tonnes d’aide. Ils ont également appelé à la levée du blocus de la bande de Gaza imposé par Israël depuis 2007.
L’ambassadeur israélien, présent lors de la session du Conseil des droits de l’homme, a défendu l’attitude de son pays. "Je voudrais rappeler au Conseil que la bande de Gaza est de facto contrôlée par le groupe terroriste du Hamas", a expliqué Aharon Leshno Yaar. "Cette flottille, soi-disant d’aide humanitaire, était politique et provocatrice par nature", a-t-il assuré, insistant : "La menace sur la sécurité israélienne est constante et réelle".

"Comme dans une guerre"
Ce sera donc récit contre récit. Les autorités israéliennes ont disposé de vingt-quatre heures pour développer leur version de l’assaut meurtrier des commandos de marine contre la flottille internationale pour Gaza, lundi matin 31 mai. La parole est désormais aux militants arrêtés à bord des navires et qui, expulsés par Israël, ont commencé à regagner leurs pays respectifs mardi 1er juin.
Sur un point au moins, les déclarations de l’armée israélienne sont recoupées par celles des passagers : l’arraisonnement de la majorité des bateaux de la flottille s’est déroulé sans violences physiques excessives. L’assaut n’a tourné au drame que sur le Mavi-Marmara, navire turc qui transportait plusieurs centaines de passagers.
Renvoyée mardi à Istanbul, Nilüfer Cetin, qui était à bord avec son enfant de 1 an, Kaan, a été la première à pouvoir s’exprimer. Quand le Mavi-Marmara est passé outre les ordres israéliens de stopper, "ils ont lancé l’attaque. Ils ont utilisé des grenades lacrymogènes et du gaz, avant de descendre sur le pont du navire", a-t-elle raconté. "Le bateau a été transformé en lac de sang", a-t-elle assuré, évoquant des affrontements "très durs et violents".
La jeune femme a dit s’être réfugiée avec son enfant dans la salle de bains de sa cabine. Elle n’a pas donné de détails sur le déroulement des affrontements qui se sont achevés par la mort de neuf passagers, tués par balles.
"Nous nous sommes sentis comme dans une guerre", a témoigné mardi la députée allemande Annette Groth (Die Linke, gauche). "Les personnes à bord ne s’attendaient pas à autant de violence et de brutalité de la part du commando", a déclaré Inge Höger, une autre députée de Die Linke. "Les gens à bord n’ont pas recouru à la violence, ils n’auraient eu aucune chance contre les soldats israéliens", a ajouté l’ancien député Norman Paech.
Le capitaine turc d’un autre bateau, Huseyin Tokalak, a assuré pour sa part mardi soir que les commandos israéliens "ont commencé à tirer directement sur le Mavi-Marmara. Ils n’ont pas cherché à savoir si c’était l’avant ou l’arrière du bateau". D’autres témoignages sur ce point crucial et controversé de l’assaut, notamment ceux des blessés, étaient attendus mercredi 2 juin.
"C’était comme dans un film de guerre, avec des hélicoptères et des canots gonflables débarquant des commandos, on entendait des explosions, des tirs, des grenades assourdissantes", a raconté mardi, à Athènes, Aris Papadokostopoulos, un Grec qui se trouvait sur un autre navire. "On voyait bien ce qui se passait (sur le Mavi-Marmara), car le bateau était très éclairé et l’équipage se servait de projecteurs pour tenter de parer l’attaque. Mais on s’y attendait, et on a juste cru à une démonstration de force."
Sur les cinq autres navires arraisonnés, les commandos israéliens sont rapidement venus à bout de la résistance passive opposée par les passagers.
"Nous avions prévu de nous mettre les uns sur les autres pour les empêcher d’accéder à la salle des machines, et de protéger la cabine du capitaine de nos corps, sans armes", a raconté à Paris, mardi, Youcef Benderbal, porte-parole du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) dont sont membres la plupart des Français arrêtés lundi. Il s’est porté au-devant d’un soldat israélien en criant en anglais "nous sommes des pacifistes" avant d’être arrêté. Il a rapporté qu’un autre militant, Ahmed Oumimoun, aurait reçu "un coup violent sur la mâchoire" et aurait été "menacé d’un fusil sous la gorge".
"Nous avons fait rempart de nos corps sur le pont, de la résistance passive, a raconté mardi un autre Grec, Dimitrios Gelalis, qui se trouvait à bord d’une vedette grecque.
Nous étions préparés mais ils ont vite pris le contrôle, en tirant avec des balles plastiques et des pistolets à électrochoc, et en touchant deux Grecs aux jambes. Ils étaient une vingtaine, nous ont dit de nous asseoir et nous ont ensuite maintenus pendant une dizaine d’heures assis, sous la menace d’armes. Nous pouvions aller aux toilettes, manger et boire mais toujours sous contrôle et la menace d’armes. Il y avait une très forte violence psychologique, ils nous filmaient aussi régulièrement." Ce récit du mode opératoire des commandos est corroboré par d’autres témoignages, notamment suédois, tout comme l’absence d’armes à bord.
Une fois placés sous le contrôle des soldats israéliens, les passagers ont tous été conduits vers le port israélien d’Ashdod, situé au nord de la bande de Gaza.
"A Ashdod, ils nous ont tout pris, appareils photo, ordinateurs, papiers, téléphones portables...", a raconté Dimitrios Gelalis. "A moi, ils ne m’ont laissé que mon argent, a-t-il ajouté, et je n’ai pu récupérer mes médicaments que peu avant mon départ et mon passeport qu’à ma descente de l’avion. Il y avait une violence physique et psychologique permanente, c’était une sorte de confusion organisée, ils essayaient de nous faire signer un papier disant qu’on était entrés illégalement. Nous avions été séparés, ils nous faisaient passer de bureau en bureau, sans rien dire, sans répondre à nos questions, j’ai subi plus de dix fouilles corporelles. On m’a laissé sans que je ne signe rien, je ne parle que grec et apparemment à ce moment-là ils n’avaient personne sous la main pour moi."
Rentré mardi à Göteborg, le député Vert suédois Mehmet Kaplan qui se trouvait sur un bateau suédois a assuré qu’une fois à terre, le président d’une association Les Juifs pour la paix israélo-palestinienne, Dror Feiler, "a été jeté à terre brutalement, avec une utilisation exagérée de la violence. Ils se sont assis sur lui et lui ont maintenu la tête à terre. Il a eu des égratignures au visage par deux soldats lourdement armés qui l’ont attaché et emmené".
"C’était de la piraterie, a résumé mardi l’écrivain suédois Henning Mankell. Israël a transformé ses marins en pirates. Et à partir du moment où ils nous ont emmenés vers Israël, nous avons aussi été kidnappés. C’est aussi simple que ça."

L’isolement international d’Israël renforcé
Condamné par de nombreux pays, l’assaut meurtrier de l’armée israélienne contre la flottille pour Gaza complique les efforts de paix au Proche-Orient, accentue l’isolement international d’Israël et porte un nouveau coup à ses relations avec la Turquie, un acteur clé de la région.
Destiné à défendre le blocus strict imposé par Israël à la Bande de Gaza depuis 2007, le raid pourrait en fait accélérer sa levée en raison du tollé international suscité par l’opération. Au moins neuf civils ont été tués lorsque les commandos israéliens ont intercepté les six navires lundi dans les eaux internationales, et des dizaines d’autres personnes ont été blessées.
Le raid devrait également renforcer le Hamas, dont la prise de pouvoir dans la Bande de Gaza en 2007 est à l’origine du blocus, aux dépens des alliés des Etats-Unis dans la région : le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, l’Egypte et la Jordanie. "L’attaque contre une mission humanitaire (...) ne fera qu’aliéner un peu plus la communauté internationale (à Israël) et isoler" l’Etat hébreu, affirme Scott Atran, analyste à l’université du Michigan.
L’affaire porte un nouveau coup aux efforts des Etats-Unis pour relancer le processus de paix. Et elle soulève des interrogations sur l’un des fondements de la stratégie américaine dans la région : ignorer le Hamas alors que Washington s’efforce de jouer les médiateurs de la paix entre Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
L’intervention de lundi a mis sous pression des relations israélo-américaines, qui ne se sont pas encore complètement remises de la plus sérieuse dispute depuis des décennies entre les deux pays, provoquée par la volonté d’Israël de poursuivre la construction de logements pour les juifs à Jérusalem-Est.
Le blocus de Gaza n’a pas permis de déloger le Hamas, a aggravé la pauvreté des habitants de la bande côtière et est devenu une source de frictions et d’instabilité. Après l’offensive israélienne "Plomb durci" à Gaza durant l’hiver 2008-2009, la communauté internationale n’a pas poussé à la levée du blocus, de crainte qu’elle ne prolonge le règne du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) dans le petit territoire.
Mais après l’assaut contre la flottille humanitaire, Israël pourrait se retrouver sous une pression accrue pour au moins alléger le bouclage. Des diplomates européens ont réclamé lundi une réouverture rapide de la frontière. Et Washington a laissé entendre qu’il souhaitait voir les Gazaouis recevoir davantage d’aide.
L’incertitude plane sur les pourparlers de paix indirects menés sous l’égide des Etats-Unis. Benyamin Nétanyahou a remis à plus tard une visite prévue mardi aux Etats-Unis, où il devait discuter avec le président Barack Obama de la relance du processus de paix. De son côté, Mahmoud Abbas a qualifié le raid israélien de "massacre inique", mais a indiqué qu’il poursuivrait les discussions indirectes.
Malgré ses mauvaises relations avec le Hamas, Mahmoud Abbas doit agir de manière crédible pour tenter de rouvrir les frontières de Gaza, estime l’analyste palestinien Hani al-Masri. "Autrement, il sera considéré comme faible ou (soutenant) le siège et perdra le soutien de son peuple", selon M. Al-Masri.
L’assaut contre la flottille affecte également la relation d’Israël avec son allié turc, qui s’était déjà détériorée depuis l’offensive israélienne dans la Bande de Gaza. Ankara a décidé de supprimer trois exercices militaires avec Israël et de rappeler son ambassadeur, en exigeant par ailleurs une enquête internationale sur les événements.
"Militairement, nous pouvons nous sentir tout à fait en sécurité, mais pas concernant notre situation politique internationale", juge Alon Liel, ancien diplomate israélien en poste en Turquie.

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Israël assure que tous les détenus de la flottille ont été libérés
Tous les activistes arrêtés après l’assaut meurtrier des commandos israéliens contre la flottille internationale humanitaire pour Gaza auraient été libérés et devraient être expulsés avant mercredi soir, selon les déclarations d’un porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, mercredi 2 juin, peu après 15 heures. 682 personnes étaient à bord des six bateaux de la flottille, originaires de 42 pays, dont 380 Turcs, 38 Grecs, 31 Britanniques, 30 Jordaniens, 28 Algériens, 11 Suédois, 9 Français, 7 Irlandais, 6 Italiens et 3 Canadiens). 45 passagers ont déjà été expulsés depuis lundi.
126 militants pro-palestiniens, en majorité des Arabes, ont été transférés par bus en Jordanie via le poste-frontière du pont d’Allenby, selon l’agence officielle jordanienne Petra, dont 30 Jordaniens et des ressortissants de Bahreïn, du Koweït, du Maroc, de Syrie, d’Algérie, d’Oman, du Yémen, de Mauritanie, ainsi que d’Indonésie, du Pakistan, de Malaisie et d’Azerbaïdjan. Près de 130 ressortissants turcs étaient également en route pour l’aéroport international de Tel-Aviv.
Le ministre des affaires étrangères italien, Franco Frattini, a par ailleurs annoncé à la télévision que les six Italiens arrêtés lors du raid israélien avaient été libérés. En fin de matinée mercredi, ils étaient en route pour l’aéroport. "La situation s’est dénouée de façon positive, comme je l’avais demandé au ministre Lieberman [ministre des affaires étrangères israélien]. J’espère que la libération des autres activistes se poursuivra", a déclaré M. Frattini. Enfin, selon une information transmise par le Quai d’Orsay aux familles des militants français interpellés (qui n’a pas été officialisée), ces derniers ont également été libérés et emmenés par bus à l’aéroport et pourraient être de retour à Paris en fin de journée.
Mais le doute subsistait mercredi après-midi quand au sort de quatre citoyens arabes israéliens. Le mouvement Free Gaza qui a organisé l’opération affirme sur son site qu’ils ont été accusés mardi de plusieurs crimes pour avoir participé à l’opération visant à briser le blocus de Gaza et qu’ils ont été placés en détention provisoire jusqu’au 8 juin.
Il s’agirait de quatre passagers du Mavi Marmara : Lubna Masarwa (membre du conseil d’administration du Free Gaza Movement), Sheik Raed Salah (dirigeant de la branche nord du Mouvement islamique en Israël), Mohammed Zeidan (président du Projet international de soutien pour l’Association arabe des droits humains) et Hamed Abu Dabis (dirigeant de la branche sud du Mouvement islamique en Israël).
Parmi les militants arabes expulsés vers la Jordanie, certains ont accusé les commandos israéliens d’avoir tué des passagers de sang froid et tiré sans sommation lors de leur assaut. "Ce qui s’est passé est incroyable. La façon avec laquelle les soldats israéliens criminels nous ont frappés et ont tué des militants turcs de sang froid ressemblait à un film d’horreur. Ils auraient pu les arrêter", a ainsi affirmé à l’AFP le député marocain Abdelqader Amara, de son hôtel à Amman. Le député se trouvait à bord du Mavi Marmara, le bateau turc de la flottille visé lundi par l’assaut israélien dans les eaux internationales qui a coûté la vie à neuf passagers.
Najwa Sultan, une Algérienne de 48 ans, a accusé Israël "d’avoir traité les militants comme s’ils étaient des terroristes. Ils nous ont menottés après le raid et nous ont fait attendre sous le soleil pendant plusieurs heures".
L’écrivain suédois Henning Mankell, qui se trouvait à bord d’un des bateaux, a atterri mardi soir à Göteborg. Il a aussitôt dénoncé la disproportion de l’assaut israélien contre la flottille."Que se passera-t-il l’an prochain lorsque nous viendrons avec des centaines de bateaux ? Tireront-ils une bombe atomique ?" s’est interrogé l’auteur de romans policiers à succès. "Aujourd’hui, nous savons qu’Israël est sur les genoux. Personne n’aurait pu s’attendre à ce que le reste du monde réagisse de cette façon. Ils sont complètement isolés. Les gens en ont tellement assez de cette brutalité et de cette violence que ce pouvoir [israélien] a sur la conscience", a-t-il ajouté.
Les 32 ressortissants algériens arrêtés ont quant à eux été libérés mercredi matin, a confirmé le ministère des affaires étrangères algérien. Ces Algériens, qui sont "en bonne santé, mis à part un blessé léger dont le cas ne présente pas de gravité", ont été accueillis par l’ambassadeur de leur pays en Jordanie, au poste frontalier de King Hussein Bridge, précise le ministère. Ils seront rapatriés "le plus tôt possible".
La plupart des gouvernements de pays ayant des ressortissants à bord des navires avaient appelé à leur libération immédiate. 48 ressortissants de pays étrangers ont par ailleurs été hospitalisés en Israël, selon la radio israélienne. L’assaut a fait neuf morts parmi les militants, dont au moins quatre Turcs.

Turquie : les députés demandent le réexamen des liens avec Israël
Le Parlement turc a demandé mercredi au gouvernement le réexamen des liens politiques, militaires et économiques du pays avec Israël.
Dans une déclaration approuvée à main levée, les députés ont également estimé qu’Israël devait présenter des excuses officielles pour l’assaut de lundi contre la flottille pour Gaza, qui a fait neuf morts, verser des compensations aux familles des victimes et poursuivre les responsables en justice.
"Cette attaque est une violation ouverte des règles des Nations unies et du droit international", a affirmé le vice-président du Parlement, Guldal Mumcu, en lisant une déclaration. "La Turquie devrait rechercher la justice contre Israël via les autorités nationales et internationales légales."

Israël expulse les militants à bord de la flottille
Israël a commencé mercredi à expulser une grande partie des 670 militants pro-palestiniens interpellés sur six navires au large de la Bande de Gaza lundi lors de l’opération meurtrière de l’armée israélienne. La Turquie a réclamé une enquête internationale et menacé de revoir ses relations avec l’Etat hébreu si tous ses ressortissants n’étaient pas relâchés avant la fin de la journée.
L’opération des soldats israéliens contre la flottille d’aide humanitaire qui tentait de rompre le blocus de la Bande de Gaza a suscité de vives condamnations internationales et fortement entamé en particulier les relations d’Israël avec la Turquie. Au moins quatre des neuf militants tués étaient de nationalité turque et le navire cible de l’opération battait pavillon turc. L’Etat hébreu a ordonné aux familles de ses diplomates en poste à Ankara de quitter le pays.
Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu a précisé que 210 ressortissants turcs avaient été remis en liberté et attendaient dans un aéroport israélien d’être rapatriés à bord d’avions turcs dans la journée.
Environ 400 Turcs se trouvaient à bord du convoi de six navires à destination de Gaza visé lundi par l’opération des commandos israéliens alors qu’il naviguait dans les eaux internationales. Le chef de la diplomatie turque a demandé une commission d’enquête internationale sur les morts survenus dans l’opération.
Israël assure que ses soldats n’ont ouvert le feu qu’après avoir été attaqués par les militants, affirmant que ces derniers se sont servis de couteaux, de barres de fer, de matraques et de deux armes à feu arrachées aux militaires. Les militants disent qu’ils tentaient d’acheminer de l’aide pour la Bande de Gaza en rompant le blocus imposé par Israël depuis la prise du pouvoir du mouvement islamiste du Hamas dans le territoire palestinien en 2007.
Selon un responsable pénitentiaire israélien, le pays comptait expulser tous les militants étrangers d’ici la fin de la journée. Mais il reste possible que certains puissent être maintenus en détention pour des soupçons de violence envers les troupes israéliennes.
Mercredi à la mi-journée, quelque 400 militants, pour la plupart des ressortissants turcs, avaient été acheminés en car jusqu’à l’aéroport international. Le porte-parole du département des prisons Yaron Zamir, les militants turcs devaient embarquer à bord d’avions envoyés par Ankara pour les chercher. La Grèce avait également un avion en attente pour aller chercher ses ressortissants.
Avant l’aube, 124 autres militants issus d’une dizaine de pays musulmans sans relations diplomatiques avec Israël avaient été expulsés vers la Jordanie.
Une centaine de ressortissants étrangers demeuraient incarcérés dans une prison du sud d’Israël à la mi-journée, selon Yaron Zamir.
Plusieurs des militants expulsés en Jordanie ont raconté à l’Associated Press qu’ils avaient été privés de nourriture, d’eau, de sommeil et d’accès à des toilettes lors de leur détention en Israël.
"Les Israéliens nous ont tous malmenés et humiliés, hommes, femmes et enfants", a accusé le député koweïtien Walid al-Tabtabai, qui avait embarqué à bord de l’un des navires de la flottille avec d’autres militants venant de pays musulmans. "Ils étaient brutaux et arrogants, mais nous avons fait passer aux quatre coins du monde le message que le blocus de la Bande de Gaza est injuste et doit être levé immédiatement", a-t-il ajouté. Il a affirmé par ailleurs que "pas une seule arme n’était en possession des passagers à bord des navires".
Dix Indonésiens figuraient parmi ces militants expulsés en Jordanie. Le président indonésien Susilo Bambang a précisé que deux de ses ressortissants grièvement blessés par balle lors de l’opération étaient soignés dans un hôpital israélien.
Après l’opération des commandos israéliens, l’Egypte a assoupli de son côté son propre bouclage de Gaza, ouvrant le point de passage de la ville de Rafah, d’où environ 300 Palestiniens ont pu gagner l’Egypte. Un petit nombre est entré dans le territoire palestinien, ainsi que de l’aide humanitaire, comprenant des couvertures, des tentes et 13 générateurs électriques donnés par la Russie et le sultanat d’Oman. Le gouvernement égyptien n’a pas dit combien de temps la frontière resterait ouverte.

Les Français interpellés sur la "Folttille de la liberté" devraient être libérés "dans les heures qui viennent"
"Nous attendons la libération des ressortissants Français dans les heures qui viennent", a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, après l’opération israélienne contre la flottille pro-palestinienne au large de Gaza. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a également affirmé qu’ils allaient "sortir très vite".
Nicolas Sarkozy a précisé mardi que neuf Français avaient été identifiés parmi les passagers de la flottille, dont l’un qui est déjà rentré en France. Le président a rappelé la position de la France, notamment son souhait d’une "enquête impartiale, transparente et conforme aux normes internationales".
M. Chatel, qui s’exprimait lors du compte-rendu du conseil des ministres, n’a pas donné de précisions sur la date du retour des Français.
"Nous les avons visités, ils sont dans des conditions très acceptables, le consul de France a déjeuné avec eux hier, ils vont sortir très vite", a dit de son côté M. Kouchner sur RTL.
Il a souhaité par ailleurs que la déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU, demandant une enquête "impartiale" sur cet assaut qui a fait neuf morts parmi les militants, "soit complètement appliquée". "On a demandé qu’une enquête crédible soit menée", a-t-il rappelé, en ajoutant qu’il revenait "au secrétaire général des Nations unies (Ban Ki-moon) de choisir les formes" de cette enquête.
Pour Bernard Kouchner, cette affaire est "extrêmement dommageable pour l’image même d’Israël". "Je pense que c’est une très grave erreur, sinon une faute aussi bien pour l’idée qu’on a de l’humanitaire, même si l’humanitaire était discutable en cette occasion, mais surtout l’idée qu’on a de la nécessaire poursuite du processus de paix", a-t-il souligné. "Je déplore tout ça et nous l’avons condamné", a répété le chef de la diplomatie française.

Le blocus de Gaza, « punition collective » de la population
Pourquoi le blocus a-t-il été mis en place ?
Il a été décrété en juin 2007, lors de l’arrivée au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Pour affaiblir le mouvement islamiste, le gouvernement israélien a ordonné la fermeture de tous les points de passage entre Gaza et Israël et a limité le nombre de produits autorisés à entrer sur le territoire.
Quels produits sont concernés par le blocus ?
Arguant de sa sécurité, Israël refuse de publier la liste des produits autorisés ou interdits. Les critères de classification, qui fluctuent, sont donc laissés à l’arbitraire des autorités israéliennes. Environ 40 produits seraient désormais autorisés, avance le journal israélien Haaretz, contre 4.000 avant le blocus. En compilant les informations de plusieurs organisations internationales, la BBC a établi de son côté une liste de 80 produits.
Le blocus vise d’abord à empêcher le Hamas de s’armer.
Il empêche donc l’importation de produits pouvant servir à la fabrication de roquettes, comme l’acier, ou d’explosifs, comme les engrais. Mais les interdictions portent également sur ce qu’Israël considère comme des produits de luxe. Ainsi par exemple du coriandre, du chocolat et du café soluble. « Ils ne seront pas consommés par le public mais seulement par les dirigeants du Hamas riches et corrompus », expliquait récemment un commandant de l’armée israélienne.
Quelles conséquences pour la population palestinienne ?
Alors que le blocus vise officiellement le Hamas, nombre de responsables onusiens et d’organisations humanitaires constatent que c’est l’économie gazaouie qui se retrouve « asphyxiée » par ces mesures. Du fait de la limitation des importations de bétail, de matériel d’irrigation ou encore d’engrais, le secteur agricole est sinistré, indique la FAO, de même que celui de la pêche. Si l’on ne peut pas parler de famine à Gaza, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) de l’ONU signale tout de même que 61% de la population souffre d’insécurité alimentaire.
Par conséquent, 80% des 1,5 million des habitants de Gaza se retrouvent dépendants de l’aide internationale. Or le blocus, qui « a accru le besoin d’assistance humanitaire », a dans le même temps « limité la capacité des agences humanitaires à la délivrer », constate le BCAH. Une situation que des responsables onusiens ont qualifiée de « punition collective ». Par exemple, « les restrictions sur l’importation de ciment rendent impossible la reconstruction de 12.000 habitations abîmées ou détruites » lors de l’opération « Plomb durci » en décembre 2008.
Israël rejette ces accusations, assurant qu’il n’y a aucune pénurie pour les biens de première nécessité. « Il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza », a de nouveau affirmé lundi l’ambassadeur adjoint d’Israël à l’ONU, Daniel Carmon. Pour contrer ce qu’il qualifie de « propagande », le Bureau de presse du gouvernement israélien a même publié la semaine dernière un communiqué de presse ironique sur le sujet. Celui-ci invitait les sceptiques à vérifier par eux-mêmes en allant dînant au Roots Club, l’un des quelques restaurants chics de Gaza, qui propose des plats cuisinés à partir de biens importés légalement et par les tunnels de contrebande mis en place depuis l’Egypte. « Nous nous sommes laissé dire que le boeuf strogonoff et le velouté d’épinards sont vivement conseillés », peut-on lire dans le communiqué, auquel est joint une copie du menu du Roots Club.

Flottille pour Gaza : le pape appelle au dialogue
Le pape Benoît XVI a appelé mercredi au dialogue après l’assaut meurtrier israélien contre la flottille humanitaire pour Gaza et s’est dit préoccupé par les conséquences de ces violences sur les perspectives de paix au Proche-Orient.
Dans sa première déclaration sur l’affaire, le pape a appelé les autorités au Proche-Orient à dialoguer et à garantir de meilleures conditions de vie pour les Palestiniens de la bande de Gaza, soumise à un strict blocus israélien et égyptien depuis 2007.
Le raid israélien de lundi contre la flottille humanitaire à destination de Gaza a fait neuf morts. "Je ressens le besoin d’exprimer mes condoléances sincères pour les victimes de cet événement très triste, qui préoccupe tous ceux qui ont la paix de la région à coeur", a déclaré Benoît XVI. "La violence ne résout pas les controverses, mais (...) génère davantage de violence."
Le souverain pontife demande aux autorités politiques de rechercher des "solutions justes par le dialogue, pour garantir de meilleures conditions de vie, dans l’harmonie et la sérénité, pour la population de la zone".
Il a exhorté les fidèles à le rejoindre dans la prière pour les victimes de la flottille et leurs familles.

Flottille pour Gaza : les 32 Algériens interpellés vont rentrer par avion spécial via la Jordanie
Un avion spécial de la compagnie Air Algérie s’est envolé mercredi vers la capitale jordanienne d’Amman sur instruction du président Abdelaziz Bouteflika, pour rapatrier les 32 ressortissants algériens interpellés par les autorités israéliennes lors de l’interception de la "Flottille pour la paix" à destination de Gaza lundi, selon l’agence de presse officielle APS.
Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a précisé que les intéressés, libérés vers 4h du matin, étaient arrivés "sains et saufs" en Jordanie. Il a souligné au passage "les efforts déployés par l’Algérie auprès des gouvernements de certains pays amis, dont les gouvernements jordanien, turc et égyptien".
Les ressortissants algériens, qui sont "en bonne santé (mis à part un blessé léger dont le cas ne présente pas de gravité), ont été accueillis par l’ambassadeur d’Algérie en Jordanie au niveau du poste frontalier du pont du roi Hussein", selon un communiqué du ministère. "Les dispositions nécessaires sont prises en vue de leur rapatriement, le plus tôt possible, vers l’Algérie."

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Ultimatum de la Turquie à Israël
Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a prévenu mercredi Israël que si l’ensemble des militants pro-palestiniens turcs n’étaient pas libérés d’ici à la fin de la journée, Ankara reverrait la nature de ses liens avec l’Etat hébreu.
Le ministre des Affaires étrangères turc a précisé que 210 ressortissants turcs ont été libérés jusqu’à présent, et qu’ils attendaient d’être rapatriés par des avions turcs dans un aéroport israélien. Environ 400 Turcs avaient pris place dans les six bateaux constituant la flottille d’aide humanitaire à destination de la Bande de Gaza. Neuf personnes dont au moins quatre Turcs ont été tuées lors de l’assaut par les commandos israéliens.
M. Davutoglu a appelé à la formation d’une commission internationale chargée d’enquêter sur l’attaque meurtrière.

Le "Rachel-Corrie" vient défier le blocus naval de Gaza
L’opération sanglante de l’armée israélienne contre la flottille se rendant à Gaza ne les a pas dissuadés : les militants pro-palestiniens à bord du Rachel-Corrie qui se sont jurés de briser le blocus de la bande de Gaza, malgré les avertissements de la marine israélienne et l’assaut de lundi, approchent du territoire palestinien. Le navire devrait arriver devant Gaza mercredi 2 juin vers 15 heures. Le Rachel-Corrie, navire de commerce qui porte le nom d’une Américaine tuée dans la bande de Gaza en 2003, a appareillé lundi de Malte avec quinze militants à son bord, dont l’Irlandaise Maired Corrigan-Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix en 1976.
Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, a indiqué que le navire était propriété irlandaise et estimé qu’il devait être autorisé à terminer sa mission. "Le gouvernement a formellement demandé au gouvernement israélien de permettre au navire, de propriété irlandaise, d’être autorisé à terminer son trajet sans obstacle et à décharger sa cargaison à Gaza", a dit le chef du gouvernement devant les parlementaires. "Notre initiative vise à briser le blocus israélien imposé aux 1,5 million de Gazaouis. Notre mission n’a pas changé et ce ne sera pas la dernière flottille", a déclaré Greta Berlin, membre du mouvement Gaza libre, situé à Chypre.
A New York, les Nations unies ont invité mardi toutes les parties concernées à la prudence au large de Gaza. "Nous suivons de près les événements. Et au vu de ce qui s’est passé [hier], nous réitérons notre appel à toutes les parties concernées pour qu’elles agissent avec prudence et responsabilité, en vue d’une solution satisfaisante", a déclaré Marie Okabe, porte-parole de l’ONU. "Toutes les parties doivent agir en conformité avec le droit international et éviter les provocations, à ce stade délicat de la situation", a-t-elle continué.
La marine israélienne est prête à intercepter le navire, a assuré un officier, signalant que l’assaut de lundi, dans lequel neuf militants pro-palestiniens ont été tués, n’aurait pas d’incidence immédiate sur les décisions militaires. "Nous serons (...) prêts pour le Rachel-Corrie", a-t-il prévenu. La radio a confirmé que le bateau était attendu mercredi dans les eaux de la bande de Gaza. Greta Berlin a toutefois indiqué qu’il pourrait ne pas arriver à destination avant le début de la semaine prochaine.
Le bateau appartient à la flottille arraisonnée lundi, mais sa faible vitesse l’a laissé loin derrière les autres, explique Mark Daly, un parlementaire irlandais qui devait être du voyage mais n’a pas obtenu l’autorisation de quitter Chypre. "Après une discussion entre eux sur la marche à suivre, ils ont décidé de continuer, et le dernier contact (...) remonte à hier soir 18 heures", a dit l’élu. Le Rachel-Corrie transporte 1 200 tonnes de matériel médical, de chaises roulantes, de fournitures scolaires et de ciment, matériau dont les autorités israéliennes interdisent la livraison dans la bande de Gaza, selon les organisateurs. Outre Maired Corrigan-Maguire, l’ancien diplomate irlandais Denis Hallyday, qui a officié aux Nations unies, fait partie de l’équipage.

Israël : un député travailliste demande à Ehoud Barak "de quitter son poste" de ministre de la Défense
Daniel Bensimon, député travailliste israélien, a demandé mercredi au ministre de la Défense de son pays, Ehoud Barak, "de quitter son poste" après le "fiasco" de l’assaut mené lundi contre la flottille pro-palestinienne au large de Gaza.
"J’ai demandé au chef de mon parti, au ministre de la Défense, l’architecte de cette opération, de quitter son poste" pour "tirer les conclusions" de cette affaire, a déclaré M. Bensimon, interrogé sur France-2 en duplex depuis Tel Aviv.
Il lui a reproché d’être l’"architecte de cette opération qui est considérée comme un fiasco militaire". "Mais je pense que c’est surtout un fiasco politique", a-t-il précisé.
Pour M. Bensimon, qui s’exprimait en français, "les renseignements militaires" qui ont précédé l’opération "n’étaient pas très bons".
"La conception politique de garder Gaza enfermé à tous prix a mené à l’assaut, et c’est ce qui va mener peut-être aux prochains assauts parce qu’il y a des bateaux qui font route vers Gaza encore", a-t-il ajouté. "La question de Gaza devient le centre de la polémique."
"Pour le moment, il y a une solidarité" en Israël après cette opération, mais "la classe politique, dans quelques jours, sera mise en examen par les Israéliens, la presse israélienne", a assuré M. Bensimon.
Il a également affirmé qu’il y aura "une commission d’enquête, bien sûr, pour tirer les conclusions envers les politiciens, ceux qui étaient derrière cette opération, et la conception".

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La Maison Blanche soutient l’enquête sur l’intervention israélienne
La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a apporté son soutien à la demande d’enquête impartiale du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a condamné les "actes" qui ont coûté la vie à neuf militants pro-palestiniens au large de la Bande de Gaza. Mais les responsables américains ont refusé de désigner des responsables de ce bain de sang.
A l’adresse de son allié historique, la cheffe de la diplomatie américaine a qualifié la vie dans la Bande de Gaza soumise à un blocus israélien et égyptien "inacceptable et non viable". Elle a appelé Israël à autoriser davantage aide humanitaire, "notamment du matériel de reconstruction et de construction".
S’exprimant devant la presse après un entretien avec son homologue turc Ahmet Davutoglu, Mme Clinton a rappelé que la sécurité légitime de l’Etat hébreu devait être prise en compte, la seule solution au conflit étant un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Les Français interpellés "vont sortir très vite", selon Kouchner
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a affirmé mercredi que les ressortissants français interpellés lundi par les forces israéliennes lors de l’assaut contre la flottille pro-palestinienne au large de Gaza allaient "sortir très vite".
"Nous les avons visités, ils sont dans des conditions très acceptables, le consul de France a déjeuné avec eux hier, ils vont sortir très vite", a-t-il précisé sur RTL, sans donner le nombre de Français interpellés.
Il a souhaité par ailleurs que la déclaration du Conseil de sécurité, demandant une enquête "impartiale" sur cet assaut, "soit complètement appliquée". "On a demandé qu’une enquête crédible soit menée", a-t-il rappelé, en ajoutant qu’il revenait "au secrétaire général des Nations unies (Ban Ki-moon) de choisir les formes" de cette enquête.
Pour Bernard Kouchner, cette affaire est "extrêmement dommageable pour l’image même d’Israël". "Je pense que c’est une très grave erreur, sinon une faute aussi bien pour l’idée qu’on a de l’humanitaire, même si l’humanitaire était discutable en cette occasion, mais surtout l’idée qu’on a de la nécessaire poursuite du processus de paix", a-t-il souligné.
"Je déplore tout ça et nous l’avons condamné", a répété le chef de la diplomatie française.

Israël rappelle les familles de diplomates en poste en Turquie
Le ministre des Affaires étrangères israélien a demandé aux familles de diplomates en poste en Turquie de quitter le pays, rapportent les médias israéliens, face à la réprobation provoquée par l’intervention de l’armée israélienne contre une flottille de militants pro-palestiniens au large de la Bande de Gaza.
La mission diplomatique devrait cependant rester, selon la radio publique et les quotidiens.
Au quatre militants turcs figurent parmi les neufs victimes de l’opération commando menée lundi matin dans les eaux internationales au large de Gaza. Les relations diplomatiques entre Ankara et l’Etat hébreu se sont dégradées depuis, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ayant qualifié de "massacre sanglant" l’assaut israélien.

124 militants expulsés en Jordanie
Israël a commencé à expulser mercredi matin certains des 670 militants pro-palestiniens interpellés sur les six navires au large de la Bande de Gaza, lors d’une opération de l’armée ayant causé la mort de neuf personnes.
Mardi soir, le gouvernement israélien avait annoncé qu’il expulserait la plupart des militants dans les 48h, mais une cinquantaine d’entre eux resteront détenus et soumis à enquête après les violences supposées contre les commandos israéliens.
Un groupe de 124 militants originaires de pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ont été expulsés en Jordanie mercredi à l’aube, ont précisé des responsables israéliens.
Ces 124 personne de pays musulmans ont franchi à l’aube la frontière au pont Allenby, sur le Jordain, où cinq bus les attendaient.
Le porte-parole du gouvernement jordanien Nabil Al-Sharif a indiqué que 30 Jordaniens figuraient dans le groupe.

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Israël libère les étrangers parmi les centaines de civils en détention
Tous les ressortissants de nationalité turque arrêtés pendant l’arraisonnement de la flottille humanitaire internationale qui faisait route vers Gaza seront expulsés, a annoncé mardi 1er juin au soir un communiqué du bureau du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Cette décision a été prise par le cabinet de sécurité (restreint à sept ministres) présidé par M. Nétanyahou, a ajouté le communiqué. Selon la radio militaire israélienne, les dernières expulsions auront lieu jeudi.
Après l’assaut de la flottille internationale qui faisait route vers Gaza, les six bateaux avaient été escortés par la marine israélienne vers le port d’Ashdod, à mi-chemin entre Tel-Aviv et Gaza. Une fois débarqués, les blessés avaient été transférés vers des hôpitaux et la plupart des passagers, placés en détention. Parmi les passagers de la flottille, figurent 380 Turcs, 38 Grecs, 31 Britanniques, 30 Jordaniens, 28 Algériens, 9 Français, 6 Italiens et 7 Irlandais.
Sur les 682 personnes qui se trouvaient à bord des bateaux, 45 ont accepté d’être expulsées et ont pris l’avion lundi et mardi, selon la porte-parole de la police d’immigration israélienne. Les autres militants ont été emmenés à la prison de Beer-Sheva dans le sud d’Israël. "Il y a plus de 500 détenus et entre cinq et huit avocats, donc cela va prendre du temps pour les voir tous", a indiqué Gaby Rubin de l’organisation de défense des droits de l’homme Adalah.

Les militants pro-palestiniens livrent leur version de faits
De retour dans leur pays d’origine, mardi 1er juin, plusieurs militants allemands et grecs présents au moment de l’assaut ont donné des conférences de presse pour témoigner de ce qui s’était passé sur les bateaux.
Selon Michalis Grigoropoulos, membre de l’équipage de l’Elefthéri Mesogeio, les soldats israéliens "ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, et deux militants ont été blessés aux jambes. Les commandos ont ensuite fait subir des électrochocs à certains des militants".
"Nous avions des instructions précises : aucune provocation, quand bien même les Israéliens viendraient à bord", a raconté Youssef Benderbal, un Français expulsé mardi. "Nous n’avons jamais vu de couteau utilisé comme arme. C’est avec des bâtons qu’on s’est défendus", a affirmé de son côté Norman Paech, 72 ans, ancien député du parti allemand Die Linke, qui était à bord du ferry turc Mavi Marmara.

L’ONU demande une enquête "impartiale"
Réuni lundi soir en urgence, le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé une enquête sur l’intervention militaire israélienne ainsi que la libération immédiate des navires et des civils détenus. Le Conseil a appelé "à lancer sans retard une enquête impartiale, crédible et transparente conforme aux critères internationaux", dans une déclaration lue en son nom mardi matin. Selon des diplomates, les Etats-Unis, traditionnels protecteurs d’Israël à l’ONU, ont bataillé ferme avec la Turquie, rédactrice du texte, pendant des discussions qui ont duré plus de douze heures, pour éviter une déclaration plus dure à l’égard de l’Etat hébreu.

Les Etats-Unis soutiennent la décision de l’ONU
De son côté, la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, s’est prononcée pour une enquête israélienne sur le raid israélien contre la flottille humanitaire pour Gaza, insistant sur la nécessaire crédibilité d’une telle démarche. "Nous soutenons dans les termes les plus clairs l’appel du Conseil de sécurité" de l’ONU "à une enquête rapide, impartiale, crédible et transparente", a-t-elle déclaré. "Nous demandons instamment à Israël d’autoriser un plein accès consulaire aux personnes impliquées, et de permettre aux pays concernés de récupérer immédiatement leurs morts et leurs blessés", a également déclaré Mme Clinton. Washington "continuera de discuter ces idées" avec Israël et ses autres "partenaires internationaux" dans les prochains jours, a-t-elle indiqué. Mme Clinton s’est notamment entretenue pendant plus de deux heures mardi matin avec son homologue turc, Ahmet Davutoglu.

La presse israélienne crie au "fiasco"
L’ensemble des journaux israéliens s’accordaient mardi pour considérer l’opération de l’armée contre la flottille comme un fiasco. "Un désastre pour l’image d’Israël, encore un", se désole Yediot Aharonot. "L’armée a attendu bien trop longtemps" avant de réagir officiellement, regrette également Gil Hoffman dans le Jerusalem Post, et Israël va passer "un moment pénible" après avoir failli dans "ce conflit qui se joue sur le champ de bataille de l’opinion publique internationale"."Quelle que soit la façon dont on la considère, l’opération elle-même est un échec", résume l’éditorialiste Reuven Pedatzur dans Haaretz.

La Turquie dénonce un "massacre sanglant"
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s’en est vivement pris à Israël mardi pour son opération militaire, exhortant la communauté internationale à "punir" l’Etat hébreu. "Je condamne de la manière la plus forte ce massacre sanglant", a-t-il lancé devant le groupe parlementaire de son parti. "Cette attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine doit absolument être punie."
Les relations entre la Turquie et Israël, jadis alliés stratégiques depuis la signature d’un accord de coopération militaire en 1996, sont désormais au plus bas. Ankara a dénoncé lundi un acte de "terrorisme d’Etat" et rappelé son ambassadeur en Israël. Tel-Aviv, de son côté, a appelé ses ressortissants à ne plus aller en Turquie.

L’Egypte a annoncé l’ouverture du terminal de Rafah
Le président égyptien, Hosni Moubarak, a ordonné, mardi 1er juin, l’ouverture pour une durée indéterminée du terminal de Rafah, seul point de passage de la bande de Gaza non contrôlé par Israël. Cette mesure "fait partie des efforts de l’Egypte pour alléger les souffrances du peuple palestinien", a précisé l’agence égyptienne Mena, sans faire état de l’opération militaire israélienne.
"L’Egypte devrait ouvrir Rafah complètement et en permanence, et afin de lever le blocus de Gaza, et non pas à titre de réaction ou d’ouverture temporaire", a commenté Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Deux autres bateaux en route vers Gaza
Les responsables de la "flottille de la liberté" ont annoncé que deux autres navires, l’un se trouvant au large de l’Italie et l’autre en réparation, étaient en route pour Gaza. Mais l’une des organisatrices, Greta Berlin, a précisé qu’ils n’arriveraient pas avant plusieurs jours. L’Etat hébreu a d’ores et déjà averti qu’il empêcherait tout navire humanitaire de forcer le blocus imposé à l’enclave palestinienne depuis 2007 (Lire le chat avec le correspondant du Monde à Jérusalem, Laurent Zecchini : "Israël privilégiera toujours ses intérêts de sécurité sur les condamnations internationales").

( Mercredi, 02 juin 2010 - Avec les agences de presse )

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2