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Un crime de guerre ne peut rester impuni !

mercredi 2 juin 2010, par Jean-Claude Lefort

L’assaut violent par l’armée israélienne d’un navire battant pavillon turc se trouvant dans les eaux internationales faisant plusieurs morts et de nombreux blessés civils constitue, en droit, un crime de guerre.

Tout le monde a vu les images choquantes de cet acte insensé qui s’est déroulé à 4 heures du matin. Il y a bien eu un agresseur et un agressé. Au moins 9 sont civils sont morts qui se trouvaient à bord d’un bateau clairement présent dans les eaux internationales. A l’arrêt. Et voici maintenant que les dirigeants israéliens expliquent que ce sont leurs soldats qui ont été agressés ! Et voilà qu’à l’ONU « on » se contente d’exiger une enquête sur des faits pourtant incontestables connus de tous et qualifiables, encore une fois, de « crimes de guerre ».

Après l’offensive israélienne contre Gaza qui s’est déroulée fin 2008, le juge Goldstone a produit un rapport au nom de l’ONU. Les conclusions étaient claires : la nécessité d’enquêtes pour que les parties en cause s’expliquent, dans un délai de six mois. Il dénonçait, pour sa part, l’existence de « crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité » et la nécessité de juger les responsables devant la Cour pénale internationale.

Aucune des parties en cause n’a mené une enquête sérieuse. Et l’ONU a … prolongé le délai de réalisation de celles-ci. Mais toujours aucune poursuite n’a encore eu lieu devant un tribunal pénal international ou un tribunal ad hoc pour ces crimes suprêmes.

Va-t-on recommencer aujourd’hui cette « farce » tragique ?

L’ONU et son Conseil de sécurité, dont la France fait partie, vont-ils se dérober à leurs obligations ? Le monde va-t-il connaître une véritable régression de civilisation en ne prenant aucune mesure pour que « plus jamais » des crimes de guerre ou contre l’humanité restent impunis sur cette planète ?

C’est notre première exigence expresse : assez de tergiversations ! Assez d’impunité ! La justice universelle doit passer par principe, faute de quoi l’ONU serait disqualifiée.

Notre seconde exigence est toute aussi claire : tout cela n’aurait pas eu lieu si le blocus de Gaza, illégal et inhumain, avait été levé comme les Nations unies et les grandes puissances s’étaient formellement engagées à le faire.

La résolution 1860 appelait à des efforts en ce sens et affirmait « accueillir favorablement les initiatives visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires, et les mécanismes pour la distribution suivie de l’aide humanitaire. » La « Flottille de la liberté » pour Gaza était dans ce registre.

Les opinions publiques mondiales n’en peuvent plus de l’inaction de la « communauté internationale », qui parle mais n’agit pas. Elles s’étaient déjà manifestées en fin d’année dernière dans la « Marche pour la liberté » de Gaza en Egypte.

Cette internationalisation croissante de l’action des opinions publiques est une bonne chose. Elle pallie à l’incroyable inertie du Conseil de sécurité lequel dispose pourtant, avec le chapitre VII de la Charte, de moyens multiples d’action dont il fait usage partout. Sauf au Proche-Orient. Et tant qu’il ne le fera pour cette région du monde, qui connaît une guerre depuis plus de quarante ans alors qu’il a édicté les termes de la solution, le relais de l’action sera utilement pris par les peuples. C’est une évidence. Mais il faut que ce mouvement trouve à s’accomplir au niveau politique et lève les freins de l’inaction, de l’impunité et de la violation du droit international que constitue le blocus de Gaza, qui constitue une « punition collective » infligée à 1.500.000 personnes.

C’est pourquoi nous demandons avec force qu’il soit mis un terme au blocus de Gaza et que l’ONU prenne à cet effet les mesures nécessaires qui sont à sa portée.

Dans cet esprit, il convient – et sans attendre – d’obtenir, sans conditions, des autorités israéliennes qu’elles libèrent les pacifistes arrêtés hier, dont 9 Français, et qu’elle achemine à Gaza l’aide humanitaire présente à bord des navires de la « Flottille de la liberté ».

La situation que nous vivons aujourd’hui est très sérieuse. Elle peut constituer, malgré sa gravité, un tournant au Proche-Orient pour, qu’enfin, la paix et la justice triomphent. Par l’application et l’imposition du droit.

En France, l’opinion publique a un rôle majeur à jouer, qui se manifeste déjà clairement dans les initiatives nombreuses prises partout dans le pays. Le mouvement peut et doit se développer. Dans l’union la plus large et la clarté des plus affirmées auxquelles nous tenons.

Dans cet esprit, notre association renouvelle avec force son plein engagement au sein du « Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens ». Celui-ci a un rôle majeur à jouer aujourd’hui pour aller dans ce sens. Il est constitué d’associations et d’organisations diverses dont l’unité et l’action résultent du respect de chacun et de la prise de décision démocratique. C’est un atout. Précieux.

L’AFPS fera tout et sur tous les plans pour que le mouvement populaire connaisse un regain de force et d’unité. C’est le seul chemin qui vaille, car c’est celui du succès pour aller vers la paix et la justice !

Jean-Claude Lefort

Président de l’AFPS
Le 2 juin 2010

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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