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Bulent Yildirim, président de l’IHH : "Les soldats ont abattu un médecin qui voulait se rendre"

jeudi 3 juin 2010, par La Rédaction

Flottille : trois nouveaux Français arrivent à Paris
Trois passagers français qui se trouvaient à bord des bateaux arraisonnés par l’armée israélienne au large de Gaza sont arrivés jeudi 3 juin dans après-midi à l’aéroport de Roissy-CDG. Les trois ressortissants français ont débarqué vers 16 h 45, au terminal 1 de Roissy-Charles-de-Gaulle, d’un vol de la compagnie Turkish Airlines, en provenance d’Istanbul.
Selon les représentants français de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien, d’autres Français doivent atterrir ce soir en provenance d’Athènes. Neuf Français qui faisaient partie de la flottille ’ont pu quitter’ ce pays mercredi soir en direction de la Turquie et de la Grèce, avait déclaré le Quai d’Orsay plus tôt dans la journée.
Un dixième militant français pro-palestinien, aussi membre de la flottille, avait regagné Paris dès mardi. Il s’agit de Youssef Benderbal, membre du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP).

Lieberman propose la mise en place d’une enquête israélienne sur l’assaut
Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a proposé jeudi 3 juin l’ouverture d’une enquête israélienne avec la participation d’observateurs étrangers sur l’assaut opéré lundi contre un bateau turc qui cherchait à forcer le blocus de la bande de Gaza. ’Je propose que nous faisions appel à la Corée du Sud, par exemple’, a-t-il ajouté en référence à l’investigation lancée par Séoul avec des experts des Etats-Unis, d’Australie, de Grande-Bretagne et de Suède suite au torpillage d’un de ses navires de guerre en mars.
Rejetant une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève, qui approuvait une enquête internationale, l’Etat hébreu a plus tôt dans la journée estimé que cette instance n’avait aucune ’autorité morale’. ’L’autorité de ce conseil qui s’acharne une fois de plus de façon obsessionnelle contre Israël a atteint le zéro absolu’, a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Ygal Palmor, à Jérusalem.
’Aux appels lancés pour la création d’une commission d’enquête internationale, il faut répondre sans hésitation qu’Israël est un Etat démocratique indépendant et pas une république bananière’, a renchéri le premier ministre suppléant chargé des affaires stratégiques, Moshé Yaalon. ’Nous sommes capables d’enquêter, d’en tirer les leçons puis de les appliquer. Mais il ne faut pas que durant tout ce processus nous nous livrions à l’autoflagellation’, a ajouté cet ancien chef d’état-major, membre du cabinet gouvernemental de sécurité.
Les Etats-Unis, moins virulents que la plupart des adversaires et des amis de l’Etat juif depuis l’opération qui s’est soldée par neuf morts lundi, se sont ralliés à l’idée d’une enquête internationale sous une forme ou une autre prônée par l’Union européenne, la Turquie et les Nations unies.

L’ONU appelle à la levée immédiate du blocus de Gaza
Le blocus de Gaza par Israël doit être "levé immédiatement", a déclaré mercredi à la presse le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Le grave incident constitué par l’abordage sanglant dans les eaux internationales par l’armée israélienne d’une flottille pro-palestinienne apportant de l’aide humanitaire à Gaza "met en lumière le blocus du territoire qui dure depuis longtemps", a dit M. Ban.
Ce blocus est "contre-productif, intenable et immoral. Il punit des civils innocents. Il doit être levé immédiatement", a-t-il ajouté. "Tout doit être fait pour éviter un autre incident de ce type. Toutes les parties concernées doivent agir avec responsabilité et en conformité avec le droit international", a-t-il dit.
M. Ban venait de s’entretenir tour à tour avec les ambassadeurs d’Israël, de Turquie, des pays arabes et des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) des suites de cet incident lors duquel au moins neuf civils ont été tués. Le chef de l’ONU a déclaré que les autorités israéliennes devaient fournir "un compte-rendu complet et détaillé" de l’opération menée par les commandos israéliens.
Par ailleurs, les ministres des affaires étrangères arabes ont décidé au terme d’une réunion extraordinaire mercredi soir au Caire de "briser et de défier" le blocus israélien imposé à la bande de Gaza "par tous les moyens", a annoncé le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Les ministres "ont salué" la décision égyptienne annoncée mardi d’ouvrir le terminal de Rafah pour une durée indéterminée.
Cette réunion extraordinaire avait été convoquée pour définir une réponse "collective" après l’attaque meurtrière menée par Israël contre une flottille pro-palestinienne. M. Moussa a affirmé que les ministres ont chargé le groupe arabe à l’ONU de "demander en coordination avec la Turquie une réunion du Conseil de sécurité pour adopter a résolution contraignant Israël à lever immédiatement le blocus de Gaza". Dans leur résolution, les chefs de diplomatie arabes ont également décidé une série de démarches auprès des instances judiciaires internationales pour poursuivre les responsables israéliens qui assument la responsabilté de cette attaque, selon le sécrétaire général de la Ligue.

Selon un militant espagnol, l’assaut israélien a fait plus de 9 morts
Un des trois militants espagnols ayant embarqué sur la flottille pro-palestinienne attaquée lundi par l’armée israélienne a estimé jeudi 3 juin que le nombre de victimes devait osciller entre 16 et 20, et non neuf comme officiellement annoncé par les autorités israéliennes.
Les militaires israéliens "sont arrivés en tuant. D’abord avec des Zodiac, tirant des fumigènes, des bombes assourdissantes, des bombes à fragmentation", a déclaré à la radio privée Cadena Ser Manuel Tapial, depuis la Turquie où il se trouvait.
Il a également affirmé qu’au moment où le premier soldat israélien a été attaqué par les hommes à bord lorsqu’il a posé le pied sur le bateau en descendant d’un hélicoptère, "il y avait déjà deux ou trois morts à cause des tirs depuis les Zodiac".
On savait depuis lundi soir que neuf membres de la flottille qui voulait briser le blocus de Gaza avait été tués lors de l’assaut du Mavi-Marmara par l’armée israélienne, mais sans plus de détails. L’agence de presse turque Anatolie révèle jeudi 3 juin que huit des victimes étaient turques. La neuvième est un Américain d’origine turque. Tous les passagers ont été tués par balles, selon l’agence, qui cite les rapports des médecins légistes.
Les nationalités ont été déterminées après des examens à l’institut de médecine légale d’Istanbul, où les corps ont été transférés d’Israël tôt dans la matinée. Les médecins légistes ont trouvé des impacts de balles sur les corps de toutes les victimes et ont établi que l’une d’entre elles a été tuée par un tir à bout portant. Ils ont précisé que les circonstances exactes des décès seraient mieux connues une fois réalisés des examens balistiques, qui devraient prendre environ un mois.
De retour à Istanbul après trois jours de détention et d’interrogatoires en Israël, le président de l’ONG turque IHH, qui était à bord du Mavi-Marmara, a reconnu que des militants pro-palestiniens de la flottille s’étaient bien emparés des armes d’une dizaine de soldats israéliens, mais affirme que c’était pour les jeter à la mer : "Oui, nous avons pris leurs armes. Cela aurait été de la légitime défense y compris si nous en avions fait usage", a affirmé Bulent Yildirim. "Nous avons dit à nos amis à bord : nous allons mourir, devenons des martyrs, mais ne soyons pas de ceux qui ont eu recours aux armes à feu. Par cette décision, nos amis ont accepté la mort et nous avons jeté toutes les armes que nous leur avions prises à la mer", a-t-il poursuivi, ajoutant que les passagers avaient imploré les soldats de ne pas tirer.
Invoquant elles aussi la légitime défense, les autorités israéliennes affirment au contraire que les militaires ont été attaqués à coups de barres de fer et de couteaux, et que des occupants du navire ont ouvert le feu avec deux pistolets pris aux membres du commando. Selon Bulent Yildirim les soldats israéliens ont d’abord fait usage de balles en caoutchouc avant de passer aux balles réelles lorsque des passagers les ont pris à partie à coup de bâtons et de chaises.
Une passagère belge du Mavi-Marmara a également affirmé que les passagers n’étaient pas armés. "Les passagers du bateau avaient une attitude non violente, pacifique. Il n’y avait pas d’armes. Il n’y avait aucune attitude de provocation ou l’intention de se mêler à la violence, pas du tout", a déclaré Kenza Isnani. "On a vu des choses horribles, des choses qu’on n’aurait jamais pu penser vivre un moment dans notre vie... Le monde entier doit savoir ce qui s’est passé sur ce bateau."

Quand la marine française surveillait les côtes de Gaza
La France "n’a jamais approuvé ni l’intrusion de l’armée israélienne dans Gaza ni le blocus". Pour Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, la position française sur le sujet est sans ambiguïté, comme il l’a rappelé, mercredi 2 juin, au micro de RTL. Pourtant, à l’issue de la guerre de Gaza, en janvier 2009, une frégate française, le Germinal, a bel et bien pris part aux opérations de surveillance israélienne des côtes gazaouies.
Cette mission, commencée le 24 janvier à la demande de Nicolas Sarkozy, a duré deux semaines. Frégate porte-hélicoptères servie par un équipage d’une centaine d’hommes et armée de plusieurs missiles, le Germinal était auparavant affecté à la surveillance des côtes libanaises dans le cadre de la mission de l’ONU dans le pays, la Finul. Sur demande de l’Elysée, elle est temporairement repassée sous commandement français puis envoyée au large de Gaza.
Officiellement, le navire avait pour seul objectif de "lutter contre la contrebande d’armes", selon le site de l’état-major des armées. Equipé de radars, le Germinal est en effet en mesure de détecter tous les mouvements de navires croisant à proximité. Pour le site de l’Elysée, cette opération, limitée à "des actions de surveillance et de partage d’informations dans les eaux internationales au large de Gaza", a eu lieu "en pleine collaboration avec l’Egypte et Israël".
Parallèlement, Nicolas Sarkozy avait exigé que cette participation française s’accompagne d’"une réouverture totale et permanente des points de passage vers Gaza". Après deux semaines au large de Gaza, alors que les points de passage n’ont pas été rouverts, l’Elysée annonce la fin de la mission sans en expliquer les raisons.
Interrogé sur le contenu précis des missions réalisées par le navire, le ministère de la défense se contente de répondre que "le Germinal a passé une dizaine de jours sur place, pour réaliser uniquement des missions de surveillance sans aucune intervention". Lors de l’arraisonnement d’un bateau chargé d’aide humanitaire par la flotte israélienne, le 4 février 2009, le porte-parole du ministère des affaires étrangères avait déjà exclu toute participation de la frégate à cette intervention.
Malgré cela, cette opération avait soulevé les critiques des militants pro-palestiniens. Un attentat survenu au Caire le 22 février 2009, dans lequel une adolescente française est décédée, aurait même été directement lié à cette mission, selon Le Canard enchaîné publié trois jours plus tard. Une note de la Direction générale de la sécurité extérieure aurait ainsi affirmé que le groupe de Français avait délibérément été visé en représailles de la participation du Germinal à la surveillance des côtes gazaouies. Une affirmation qui a toujours été fermement démentie par le gouvernement et les services de sécurité égyptiens.

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Le "MV Rachel Corrie" poursuit sa route vers Gaza
Un navire irlandais retardataire, qui faisait partie de la "flottille de la liberté" contre laquelle Israël a donné l’assaut lundi , poursuit sa route vers la bande de Gaza. Les militants pro-palestiniens qui se trouvent à bord de ce cargo chargé d’aide sont décidés à atteindre leur destination, a déclaré l’un d’eux mercredi. Le gouvernement irlandais a exhorté, ce même jour, le gouvernement israélien à laisser passer le navire. "Nous sommes en liaison constante avec le gouvernement israélien sur ce sujet, conseillant la retenue absolue en ce qui concerne ce navire en particulier", a déclaré le Premier ministre Brian Cowen au Parlement.
Le ministre des Affaires étrangères, Michael Martin, avait peu auparavant "répété (son) appel urgent au gouvernement israélien pour qu’il autorise le passage en sécurité du navire irlandais, le MV Rachel Corrie ". "Il est impératif qu’il n’y ait pas d’autres confrontations ou effusions de sang pour ce qui a toujours été une mission purement humanitaire", a-t-il déclaré. "Le gouvernement restera en contact étroit avec le gouvernement israélien à ce sujet dans les prochains jours", a-t-il averti.
Le navire, un cargo baptisé MV Rachel Corrie, du nom d’une Américaine tuée dans la bande de Gaza en 2003, fait partie de la flottille internationale acheminant les militants pro-palestiniens et des tonnes d’aide, dont six navires ont été pris d’assaut lundi par des commandos de marine israéliens.
Le MV Rachel Corrie devait initialement arriver ce mercredi à Gaza, mais il a modifié son programme et devrait y être lundi prochain, selon Niamh Moloughney, de Free Gaza Ireland, branche irlandaise du Free Gaza Movement (Libérez Gaza). Le bateau "se trouve en mer Méditerranée et va se rendre à Gaza. Nous cherchons à obtenir des assurances que nous pourrons y aller en toute sécurité", a-t-elle déclaré à l’AFP. Le MV Rachel Corrie se situe "entre la Crête et la côte de l’Afrique du Nord", a précisé Mme Moloughney, ajoutant que de nouveaux passagers pourraient monter à bord lors d’escales à venir. La militante n’a pas précisé le nombre de personnes à bord, qui seraient quinze selon la presse irlandaise. Selon l’organisation Ireland Palestine Solidarity Campaign, cinq sont de nationalité irlandaise, dont la Prix Nobel de la paix Mairead Maguire, 66 ans, et l’ancien haut responsable de l’ONU Denis Halliday.
Mardi, Brian Cowen a mis en garde Israël : "S’il arrive quoi que ce soit à un de nos ressortissants, cela entraînera les conséquences les plus graves", a-t-il assuré devant le Parlement. Le gouvernement a exigé d’Israël que le Rachel Corrie soit autorisé à "terminer son voyage sans entrave et à décharger sa cargaison humanitaire à Gaza", a-t-il précisé. Neuf personnes ont trouvé la mort lundi dans l’intervention des commandos israéliens contre le navire de tête de la flottille, affrété par des organisations turques, ce qui a soulevé une vague d’indignation à travers le monde. La marine israélienne assure pourtant avoir agi en état de légitime défense.
"Notre devoir est d’inspecter tous les bateaux qui arrivent. Si nous ne le faisions pas, Gaza deviendrait un port iranien, ce qui constituerait une menace réelle pour la Méditerranée et l’Europe", a affirmé Benyamin Netanyahou lors d’une brève allocution télévisée. "L’État d’Israël continuera à exercer son droit à l’autodéfense. La sécurité est au-dessus de tout", a-t-il prévenu.
"Nous avons eu une réunion après ce qui s’est produit lundi matin et nous sommes plus décidés que jamais à poursuivre notre mission", a déclaré, sur le Rachel Corrie , l’activiste Derek Graham, interrogé mercredi par la chaîne de télévision irlandaise RTE. Les autorités israéliennes seront, selon lui, informées de la position exacte du bateau et de ses occupants. "Je vais conseiller aux passagers et aux membres d’équipage de rester calmement assis avec les mains visibles, pour qu’ils ne puissent pas faire comme lundi et prétendre que nous les avons attaqués. Notre mission est pacifique", a-t-il ajouté.
Le gouvernement israélien a proposé d’escorter le Rachel Corrie et de distribuer l’aide qu’il transporte. L’Égypte a également proposé ses services. Derek Graham a dit craindre que la cargaison ne soit pas livrée intégralement si elle transite par un intermédiaire. Il s’agit de 1.200 tonnes de matériel médical, de fournitures scolaires et de ciment, matériau qui fait cruellement défaut dans la bande de Gaza, mais dont les autorités israéliennes interdisent le passage dans le territoire contrôlé par le Hamas. Le bateau appartenait à la flottille arraisonnée lundi, mais sa faible vitesse l’a laissé loin derrière les autres, a expliqué Mark Daly, un parlementaire irlandais qui devait être du voyage, mais n’a pas obtenu l’autorisation de quitter Chypre.

Le CRIF : "La ’Flotille de la liberté’, c’était une opération médiatique"
Sur RMC, le président du conseil représentatif des institutions juives de France, Richard Prasquier, revient sur les conséquences de l’assaut sanglant mené contre la "Flotille de la liberté" (dont plusieurs membres sont soupçonnés d’avoir partie liée avec des islamistes).
"La décision d’Israël d’imposer un blocus à Gaza relève de la souveraineté israélienne. Israël s’est déclaré en état de guerre avec l’enclave de Gaza. L’état de guerre autorise la mise en place d’un blocus. Le jour où le blocus sera levé, c’est quand Israël sera certain qu’il n’y aura pas de matériel militaire acheminé vers Gaza. Sinon Gaza deviendra une enclave iranienne."
"Il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza à ma connaissance. Chaque année, 1 milliion de tonnes de matériel alimentaire passe par voie terrestre. Les 10.000 tonnes que transportaient la "Flotille de la liberté" sont aussi arrivés à Gaza. 10.000 tonnes, c’est 2 jours de survie pour la bande de Gaza, c’était donc une opération médiatique."

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Les membres de la flottille accueillis en héros en Turquie
Des centaines de militants issus de la flottille contre laquelle la marine israélienne a donné l’assaut lundi sont arrivés jeudi en Turquie, où des milliers de personnes leur ont réservé un accueil triomphal.
Trois avions turcs en provenance de Tel-Aviv ont atterri à l’aéroport d’Istanbul au petit matin, transportant également à leur bord de simples cercueils de bois où reposent les neuf militants pro-palestiniens tués dans l’incident.
Les blessés ont été rapatriés à bord de vols médicaux jusqu’à l’aéroport militaire d’Ankara.
Beaucoup de ceux venus attendre le retour des militants brandissaient des drapeaux palestiniens et clamaient "Israël meurtrier", tandis qu’un groupe brûlaient un drapeau israélien. Des heures auparavant, une manifestation dans le centre d’Istanbul avait réuni des milliers de personnes.
"Nous avons été apeurés, effrayés, enlevés et attaqués avec des navires de guerre pendant que nous apportions de l’aide au peuple dans le besoin de Gaza", a dit Mustafa Ahmet, un citoyen britannique d’origine turque, en descendant d’avion.
La marine israélienne a donné l’assaut lundi matin sur la flottille de six navires qui transportaient du matériel et de l’aide humanitaire à destination de la bande de Gaza.
Les autorités israéliennes ont affirmé que les soldats avaient été attaqués dès leur abordage sur le "navire-amiral" du convoi, le Mavi Marmara, et avaient dû se servir de leurs armes pour sauver leur vie.
A leur descente d’avion à l’aéroport Atatürk d’Istanbul, des militants ont levé les bras en signe de défi, mais rapidement, beaucoup d’entre eux ont été submergés par l’émotion et se sont mis à pleurer.
La majorité des 466 passagers des trois avions étaient des Turcs, mais on y trouvait des Britanniques, des Norvégiens, des Néerlandais et des Espagnols. Le convoi à destination de Gaza était organisé et soutenu par des organisations turques.
Plusieurs militants ont suggéré que le bilan était supérieur aux neuf morts annoncés officiellement par Israël et ont accusé les autorités de l’Etat juif d’avoir dissimulé des corps et détruit des preuves.
"Les soldats ont abattu un médecin qui voulait se rendre et ont jeté des corps sans vie dans la mer. Nous ne savons toujours pas ce qui leur est arrivé", a déclaré Bulent Yildirim, président de la Fondation pour les droits et libertés humaines et le secours humanitaire (IHH), ONG pro-palestinienne basée à Istanbul, organisatrice de cette flottille.
Les commandos israéliens ont obligé les occupants des navires à s’agenouiller avec les mains dans le dos après avoir pris le contrôle de la flottille, tandis que des hélicoptères larguaient de l’eau froide sur eux, a-t-il ajouté.
Kevin Ovenden, un Britannique, a dit avoir vu un homme recevoir une balle en pleine tête après avoir pointé son appareil photographique sur les soldats israéliens.
La mort de ressortissants turcs a provoqué la colère du gouvernement d’Ankara. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a rappelé son ambassadeur et a souhaité que les actes d’Israël soient punis.
Mercredi soir, son homologue israélien Benjamin Netanyahu a justifié l’intervention des forces armées, affirmant que des "membres d’un groupe extrémiste qui soutiennent une organisation terroriste appelée Hamas" se trouvaient à bord des navires.

L’ONU appelle à la levée immédiate du blocus de Gaza
Le blocus de Gaza par Israël doit être ’levé immédiatement’, a déclaré mercredi à la presse le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Le grave incident constitué par l’abordage sanglant dans les eaux internationales par l’armée israélienne d’une flottille pro-palestinienne apportant de l’aide humanitaire à Gaza ’met en lumière le blocus du territoire qui dure depuis longtemps’, a dit M. Ban.
Ce blocus est ’contre-productif, intenable et immoral. Il punit des civils innocents. Il doit être levé immédiatement’, a-t-il ajouté. ’Tout doit être fait pour éviter un autre incident de ce type. Toutes les parties concernées doivent agir avec responsabilité et en conformité avec le droit international’, a-t-il dit.
M. Ban venait de s’entretenir tour à tour avec les ambassadeurs d’Israël, de Turquie, des pays arabes et des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) des suites de cet incident lors duquel au moins neuf civils ont été tués. Le chef de l’ONU a déclaré que les autorités israéliennes devaient fournir ’un compte-rendu complet et détaillé’ de l’opération menée par les commandos israéliens.
Par ailleurs, les ministres des affaires étrangères arabes ont décidé au terme d’une réunion extraordinaire mercredi soir au Caire de ’briser et de défier’ le blocus israélien imposé à la bande de Gaza ’par tous les moyens’, a annoncé le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Les ministres ’ont salué’ la décision égyptienne annoncée mardi d’ouvrir le terminal de Rafah pour une durée indéterminée.
Cette réunion extraordinaire avait été convoquée pour définir une réponse ’collective’ après l’attaque meurtrière menée par Israël contre une flottille pro-palestinienne. M. Moussa a affirmé que les ministres ont chargé le groupe arabe à l’ONU de ’demander en coordination avec la Turquie une réunion du Conseil de sécurité pour adopter a résolution contraignant Israël à lever immédiatement le blocus de Gaza’. Dans leur résolution, les chefs de diplomatie arabes ont également décidé une série de démarches auprès des instances judiciaires internationales pour poursuivre les responsables israéliens qui assument la responsabilté de cette attaque, selon le sécrétaire général de la Ligue.

Tony Blair appelle à la levée de l’embargo sur Gaza
L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du "quartet" sur le Proche-Orient, a appelé mercredi Israël à mettre fin à son embargo sur la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.
"La politique de Gaza est contre-productive. Israël devrait laisser passer le matériel destiné à reconstruire les maisons, le système sanitaire, le système de distribution d’eau et d’électricité et permettre à l’activité de s’épanouir", a déclaré Tony Blair dans un entretien accordé à Reuters.
L’émissaire international a noté que le blocus n’avait pas aidé par exemple Israël à récupérer le soldat Gilad Shalit détenu par le Hamas depuis 2006 ou à affaiblir la position du Mouvement de résistance islamique.
Les Nations unies jugent que l’embargo, imposé par Israël lorsque le Hamas s’est emparé par la force du territoire côtier en 2007, a provoqué une crise humanitaire pour les 1,5 million de Palestiniens qui vivent dans la bande de Gaza.
La question d’une levée du blocus est revenue au premier plan de l’actualité depuis l’assaut meurtrier mené lundi par la marine israélienne contre une flottille de militants pro-palestiniens qui tentait de livrer du matériel dans l’enclave.
Dans une allocution télévisée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a cependant promis de maintenir le blocus. Le supprimer, a-t-il dit, reviendrait à faire de la bande de Gaza une base de lancement pour les missiles iraniens qui menaceraient à la fois Israël et l’Europe.
Pour Tony Blair, qui représente le "quartet" de médiateurs sur le Proche-orient composé des Nations unies, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Russie, "il n’est pas sensé de mettre en oeuvre une politique qui nuit souvent à la population de Gaza et n’a rien à voir avec le Hamas".
L’Etat juif nie l’existence d’une crise humanitaire à Gaza, assurant qu’il autorise l’entrée de nourriture et de médicaments dans l’enclave côtière tout en interdisant des matériaux comme le béton ou l’acier qui pourraient servir au Hamas en cas de confrontation armée.
Selon Tony Blair, interrogé à Bethléem où il participait à une conférence sur l’investissement, la situation à Gaza est depuis longtemps un sujet de préoccupation. "La qualité de l’eau est médiocre, il y a des coupures d’électricité huit heures par jour et le système sanitaire est un vrai problème. Il ne fait aucun doute que le problème existe et qu’il est grave."

( Jeudi, 03 juin 2010 - Avec les agences de presse )

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2