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Alexandrie (2)
En novembre 641, la ville est livrée aux troupes du général arabe ’Amr ibn al-’As

lundi 12 juillet 2010, par La Rédaction

En -47, les troupes de Jules César incendient la flotte d'Alexandrie ; le feu se propage aux entrepôts et selon différentes interprétations, celui-ci détruit une partie de la grande bibliothèque ou l'épargne. Octave Auguste met fin, après la bataille navale d'Actium (1) en -30, non seulement aux guerres civiles romaines (liquidation de Marc Antoine), mais aussi à l'indépendance égyptienne (jusqu'au XIXe siècle). La province est gouvernée par un préfet. Après les premiers temps de l'annexion, la ville semble avoir regagné de la prospérité du fait de la domination directe par le pouvoir impérial car le blé d'Égypte est essentiel pour les distributions à la plèbe romaine. C'est un important port militaire. En 215, Caracalla (2) visite la cité, et suite à des satires, commande à ses troupes de tuer tous les hommes en âge de porter une arme. Cet ordre ne sera pas exécuté ; il aurait été matériellement difficile pour sa garde, certainement moins de 5 000 hommes, d'éliminer environ 200 000 adultes physiquement capables de se défendre.
Se place alors une énigme : en 215, l'empereur romain Caracalla, comme beaucoup de gens, visite le tombeau d'Alexandre, l'un des principaux monuments de la cité ; il essaye même sa cuirasse ! Mais en l'an 300, un auteur déclare que plus personne ne sait où est le tombeau d'Alexandre ! Comment une ville de 500 000 habitants, grand centre culturel, a-t-elle pu ainsi oublier en deux générations où se trouvait son plus célèbre monument ? Il ne semble pourtant pas que de très grands événements aient eu lieu à Alexandrie dans cette période (mais le IIIe siècle est mal connu). Le mystère reste entier, archéologues et historiens cherchent encore.
En ce même IIIe siècle, l'ancienne écriture hiéroglyphique cesse d'être enseignée et comprise. L'usage de la momification disparaît également. Le christianisme semble donc avoir complètement effacé la mémoire égyptienne.
À la division de l'Empire romain, la ville fait partie de l'Empire byzantin. Alexandrie reste le centre administratif de la province. Le blé d'Égypte va alors à Constantinople et Rome devra s'approvisionner en Afrique du Nord (Carthage).
Avec la christianisation de l'Égypte, Alexandrie devient un centre culturel et religieux important. Arius (3), prêtre d'Alexandrie et formulateur de l'Arianisme (4), et Athanase d'Alexandrie (5), proche du pouvoir de Constantin Ier (6), s'opposent sur la nature du Christ. De plus en plus, au cours du IIIe siècle, la ville se rapproche du reste de l'Égypte et peu à peu, décline en population et en splendeur. Dans toute la province les impôts sont écrasants et bien des contribuables abandonnent leurs biens et se font ermites dans le désert ou entrent dans des monastères pour échapper au percepteur.
Au IVe siècle, les persécutions des païens atteignent un nouveau niveau d'intensité. Temples et statues sont détruits dans tout l'Empire, les rites païens (7) sont interdits et punissables de mort, les bibliothèques sont fermées. En 391, Théodose Ier (8) donne l'ordre de détruire tous les temples. Le patriarche Théophile d'Alexandrie (9) s'attèle à cette tache dans la ville. Certains prétendent que la grande bibliothèque et le Sérapéum (10) auraient été détruits à cette époque, d'autres affirment que ce sont les arabes qui détruisirent le fonds antique de la bibliothèque. La mathématicienne et philosophe néoplatonicienne Hypatie (11) est assassinée en 415 par les chrétiens. Ces évènements marquent le déclin de l'école d'Alexandrie, dont le savoir migrera progressivement vers Byzance, mais en subissant des pertes considérables.
Les quartiers Brucheum et juif sont détruits au Ve siècle et leurs monuments centraux, le sépum et le Mouseîon (12), tombent en ruine. La vie s'organise alors autour du Sérapéum et du Césaréum transformés en église. Les quartiers du Pharos et de l'Heptastade regagnent de la population et restent intacts.
Alexandrie est conquise par les Perses en 616 par Khosro II, roi de Perse. La ville est récupérée par l'empire vers 630. En 640, le général arabe 'Amr ibn al-'As (13) entreprend un siège d'une quarantaine de mois. La cité n'obtient aucune aide de Constantinople: l'empereur Héraclius meurt et le nouvel empereur Constantin III qui ne règne que quatre mois, laisse le pouvoir à son fils de onze ans. En novembre 641, Alexandrie, évacuée par les Grecs, est livrée par le patriarche Cyrus aux troupes de ‘Amr; malgré une vaine tentative de reconquête byzantine en 645, la ville restera désormais sous domination arabe. Les Grecs qui partent d’Égypte étant surtout des commerçants, le régime de la propriété du sol n’est pas modifié, et les Arabes reçoivent une solde surtout en nature. Ils assurent une garde par rotation à Alexandrie face à la mer et à Khirbeta face au désert. 'Amr écrit au Calife Omar ibn al-Khattab qu'il a pris une cité contenant :
4 000 palais,
4 000 bains publics,
12 000 vendeurs d'huile fraîche,
12 000 jardiniers,
40 000 juifs qui paient tribut,
400 théâtres ou lieu de divertissement.
Avec les Arabes disparaît pratiquement l'ancienne langue égyptienne ainsi que le savoir antique amassé dans la cité. Néanmoins, plusieurs historiens imputent la destruction de la culture et du savoir gréco-romain ainsi que de la Bibliothèque d'Alexandrie, aux affrontements entre païens et chrétiens lors de la christianisation de la ville au IVe siècle sous le patriarchat de Cyrille.
La période médiévale d'Alexandrie reste, jusqu'à ce jour, peu étudiée. La ville a été décrite par les auteurs contemporains arabes. Le grand Maïmonide (14) y fit une apparition avant de se rendre au Caire et Saladin (15) y fonda un waqf, une fondation de main morte, au XIIe siècle : le document de fondation, l'un des plus anciens de son genre, fut retrouvé il y a peu de temps dans des archives de la ville, qui se trouvent désormais au Caire. Alexandrie fut investie par les forces de la cinquième croisade (1217–1221) (16) et fut pillée lors de la Croisade d'Alexandrie (1365) (17).
À son apogée, la ville antique est peuplée de plus d’un million d’habitants : Grecs, Égyptien, Syriens, plus tard Italiens. Les Juifs (-319) forment les deux cinquièmes de la population. Leur rivalité avec les Grecs amène souvent des troubles graves.
La ville s’administre en apparence elle-même (boulè, ecclèsia organisées selon le modèle athénien). Le magistrat le plus important semble le gymnasiarque (18), qui apparaît comme le représentant des citoyens.
Elle est la seule véritable cité (polis) d’Égypte. Centre politique du royaume lagide, elle abrite l’énorme bureaucratie qui administre l’Égypte. Elle est aussi le centre d’une activité économique intense (vases de terre cuite ou de métal, étoffes, papyrus, parfums, articles de luxes). Seul vrai port de l’Égypte sur la Méditerranée, elle importe du bois, des métaux, du marbre, du vin, de l’huile d’olive et exporte du blé, du papyrus, des toiles et mousselines de lin, des parfums et d'autres produits de luxe. Elle réexpédie des marchandises d’Afrique noire (ivoire, or, plumes d’autruche, esclaves, animaux sauvages), d’Arabie et d’Inde (épices, aromates, parfums, soie).
L'ouverture du canal de Suez (19), en 1869, a marqué une nouvelle ère pour Alexandrie : elle devient la principale place de commerce du pays et son port, le premier du pays. Une société brillante et cosmopolite s'installe : Grecs, Italiens, Français, « Levantins », mais aussi minorités égyptiennes, comme les coptes et les juifs forment cette riche société, qui disparait en grande partie sous Nasser. La ville se prolétarise alors, avec l'afflux d'immigrés provenant de Suez (20) et de Port-Saïd (21), dès 1967.
Au début du XXIe siècle, l'économie de la ville est fondée sur son port, son industrie et, malgré une dégradation certaine, le tourisme.
Le port d'Alexandrie (20,6 millions de tonnes en 1991) a un « hinterland » vaste et large. Il a le quasi-monopole des exportations égyptiennes, notamment du coton et importe les trois-quarts des produits étrangers.
Alexandrie est aussi une ville industrielle : raffineries, cimenteries, constructions navales, textiles, cuir, papier, industries alimentaires, chimiques et mécaniques.
Enfin, malgré la rareté des vestiges des périodes antique et islamique, Alexandrie est une grande place touristique. Station balnéaire au climat plus agréable que dans l'arrière-pays, elle attire chaque été les classes moyennes et aisées du Caire.
Alexandrie possède un aéroport (El Nouzha).
À noter enfin, une université égyptienne reconnue, ainsi que la présence de l'Université Senghor d'Alexandrie (22), université francophone internationale créée en 1990.
 
(à suivre...)
 
Photo : Fort Qaytbay
 
Notes
 
(1) Actium (aujourd'hui Punta) est le nom latin antique d'un promontoire au nord de l'Acarnanie (Grèce) à l'embouchure du Sinus Ambracius (golfe d'Arta) à l'ouest d'Anactorion, où se trouvait un ancien temple d'Apollon Actius, ou actiaque, ainsi qu'un village du nom d'Actium.
Actium reste célèbre par la bataille d'Actium, victoire navale qu'Octave y remporta sur Antoine, le 2 septembre -31 (723 de Rome), et qui mit fin à la république romaine. En mémoire de cette bataille, Octave bâtit la ville de Nicopolis (du grec Nikè, la Victoire) en face d'Actium, releva le temple d'Apollon actiaque et renouvela les Jeux actiaques (Ludi Actiaci), en les transférant à Rome : ces jeux, composés d'exercices gymnastiques, de combats équestres et de concerts, se célébraient tous les cinq ans. La victoire d'Actium devint le point de départ d'une ère particulière, dite Ère actiaque (Actiaca Aera).
 
(2) Caracalla (4 avril 188 - 8 avril 217), né Septimius Bassianus puis appelé Marcus Aurelius Severus Antoninus Augustus, est un empereur romain, qui régna de 211 à 217. Il est l'auteur de l'édit de Caracalla qui étendit la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'Empire.
 
(3) Arius (forme latinisée du grec Areios, 256 - 336) était un prêtre, théologien et ascète chrétien alexandrin. Selon Épiphane de Salamine, il passait pour être d'origine libyenne. Il est à l'origine de la doctrine qui porte son nom : l'arianisme.
 
(4) L’arianisme est un courant de pensée des débuts du christianisme, dû au théologien alexandrin, de l'École théologique d'Antioche, de langue grecque Arius (256-336) dont le point central est la nature de la trinité chrétienne et des positions respectives des concepts de « Dieu le père et de son fils Jésus ». L'arianisme défend la position selon laquelle la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme.
Il y a aujourd'hui consensus pour réserver le mot d'« arianisme » à Arius lui-même et à ceux qui ont partagé sa position doctrinale, et pour parler plutôt d'« homéisme » (et d'« homéens ») quand il s'agit du courant ultérieur qui a eu une grande influence dans l'Antiquité tardive et au début du Moyen Âge.
 
(5) Athanase d'Alexandrie (vers 298 - 2 mai 373) était un patriarche d'Alexandrie au IVe siècle. L'Église copte orthodoxe le considère comme l'un de ses « papes » et, dans sa liturgie, l'appelle l'« apostolique », « phare de l'Orient » et « colonne de la foi ». Les autres Églises orthodoxes (qui le fêtent le 18 janvier) le comptent parmi les quatre grands docteurs de l'Église. Les Catholiques (qui le fêtent le 2 mai), ont fait de lui un des 33 Docteurs et un des Pères de l'Église.
À l'époque de la Réforme, Calvin le tenait en haute estime, tandis que Marguerite de Navarre, Rabelais, les protestants non trinitaires comme Kepler et Isaac Newton le rendaient responsable des premiers dévoiements du christianisme primitif.
 
(6) Constantin le Grand,ou Constantin Ier, de son nom complet Flauius Valerius Aurelius Constantinus, né à Naissus (aujourd'hui Niš en Serbie) le 27 février 272[1], proclamé 34e empereur romain en 306 par les légions de Bretagne et mort le 22 mai 337 après 31 ans de règne, est une figure prépondérante du IVe siècle.
En rupture avec le règne de Dioclétien, il est le premier empereur romain à se convertir au christianisme ; non seulement il marque la fin d'une ère de persécution des chrétiens, mais il aide l'Église chrétienne à prendre son essor, en établissant la liberté de culte par le biais de l'édit de Milan, et en plaçant le Dieu chrétien au-dessus de son rôle d'Empereur à l'instar du Sol Invictus. Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe, de même que sa mère Hélène. Par la promotion du christianisme, il favorise l'extinction du culte de Mithra.
 
(7) La religion de l'Égypte antique, une des grandes religions polythéistes de l'espace méditerranéen antique, date d'au moins du IVe millénaire av. J.-C. et ne disparait qu'avec son interdiction par les empereurs romains chrétiens au IVe siècle. Durant les cinq mille ans de l'histoire de l'Égypte pharaonique, la religion, très présente dans la vie des égyptiens, n'a que peu évolué. Cependant, selon les périodes, certains dieux sont devenus prédominants alors que d'autres passaient au second plan. De plus, chaque culte étant originaire d'une région différente, la place de chaque dieu variait aussi selon la région.
C'est une religion théanthropique qui instaure le pharaon comme un dieu.
 
(8) Théodose Ier, en latin Flavius Theodosius, aussi nommé Théodose le Grand, né en 347 et mort le 17 janvier 395, fut empereur romain de 379 à 395. Il était le fils de Théodose l'Ancien.
Il fut le dernier à régner sur l'empire Romain unifié.
 
(9) Théophile d'Alexandrie (mort en 412) fut patriarche d'Alexandrie en Égypte, de 385 à 412. Il était un ardent défenseur de la foi définie par le symbole de Nicée.
Il s'opposa à Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, dans l'affaire des Longs Frères des moines origénistes qui avaient demandé l'arbitrage du siège de Constantinople, ce qui fut une des causes de sa déposition.
Il est aussi connu comme étant le responsable de la destruction de la bibliothèque du Sérapéum, faisant suite au décret de Théodose Ier, visant à éliminer toute trace de paganisme en Égypte.
Son neveu, Cyrille lui succéda à la tête de l’Église d'Alexandrie.
 
(10) Sérapéum est le nom donné par les Grecs aux temples de Sérapis et aux sépultures des taureaux sacrés, incarnations du dieu Apis.
Sarapis ou Sérapis est une divinité syncrétique créée à l'époque hellénistique par Ptolémée Ier, premier pharaon de la dynastie lagide, afin d'unifier les différentes cultures présentes en Égypte.
Apis est le nom grec d'un taureau sacré de la mythologie égyptienne vénéré dès l'époque préhistorique. Les premières traces de son culte sont représentées sur des gravures rupestres, il est ensuite mentionné dans les Textes des Pyramides de l'Ancien Empire et son culte perdura jusqu'à l'époque romaine. Apis est symbole de fertilité, de puissance sexuelle et de force physique.
 
(11) Hypatie d'Alexandrie est une mathématicienne et une philosophe grecque.
Son père Théon d'Alexandrie, dernier directeur du Musée d'Alexandrie, est éditeur et commentateur de textes mathématiques. Il éduque sa fille en l'initiant à la mathématique et à la philosophie. Elle a peut-être dirigé l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.
 
(12) Le Mouseîon était un temple consacré aux Muses, divinités des arts, à Alexandrie en Égypte. Il faisait partie de la bibliothèque antique et de l'université d'Alexandrie, une des premières de l'histoire de l'humanité, ainsi que d'une Académie où se donnaient rendez-vous les poètes, scientifiques et artistes invités par les Ptolémées. Le Mouseîon fut fondé par cette dynastie de rois grecs en -280. Après avoir survécu à un incendie qui le détruisit partiellement en -47 il fut définitivement fermé par le patriarche Théophile d'Alexandrie en 391, alors sous les ordres de l'empereur Théodose.
Le mot grec mouseîon est à la source du terme moderne musée. Il fut importé en France au cours du XVIIIe siècle sous sa forme latine museum. À cette époque le mot dénotait autant la communauté d'érudits assemblés sous un même toit que les collections qui y étaient conservées, qu'on appelait cabinet de curiosités.
 
(13) ‘Amr ibn al-‘As ou ʿAmrū ibn al-ʿāṣ ibn Wāʾil ibn Hāšim ibn Saʿīd ibn Sahm est un compagnon de Mahomet et fut nommé par celui-ci comme général, il mourut en 664.
Pendant la période l'hégire (vers 629), `Amr faisait du commerce avec l'Abyssinie, il fait partie des opposants à Mahomet. Il chercha à inciter le Négus à soutenir le combat contre les musulmans. Le Négus l'aurait convaincu de se convertir à l'islam. Il rejoignit alors Médine et se convertit.
Il fut ensuite envoyé par Mahomet comme ambassadeur en `Oman. Cette ambassade est un échec et à son retour à Médine, Mahomet le charge d'une expédition au puits de Dsât al-Salâsil. La tribu qui s'était réunie près de ce puits était celle de sa mère. Il les convainquit de se convertir et rentra à Médine sans avoir eu besoin de combattre.
Il participe à la bataille d'Adjnadaïn contre les Byzantins avec l’omeyyade Yazid (30 juillet 634). En 639, il entre en Égypte et s’empare de Péluse, puis de Babylone d'Égypte, non loin de l'antique Memphis, que les Grecs quittent précipitamment pour Alexandrie. Après la première prise d'Alexandrie (fin 641), il conquiert la Basse-Égypte, puis occupe la Nubie.
En 643, Alexandrie, évacuée par les Grecs, est livrée par le patriarche Cyrus aux troupes arabes de ‘Amr qui prend la Cyrénaïque et fonde le camp de Fostat (qui deviendra Le Caire), au nord de Babylone d’Égypte. Les Grecs qui partent d’Égypte étant surtout des commerçants; le régime de la propriété du sol n’est pas modifié, et les Arabes reçoivent une solde surtout en nature. Ils assurent une garde par rotation à Alexandrie face à la mer et à Khirbeta face au désert.
‘Amr marche alors sur Tripoli en Libye. Le calife Umar lui refuse la conquête du Maghreb et ‘Amr retourne en Égypte.
En 643, ‘Amr est nommé gouverneur (wali) d’Égypte. Il fait restaurer le canal du Nil à la mer Rouge pour transporter en Arabie le blé d’Égypte. Il prend le nom de « canal de l’émir des croyants » en hommage au calife Umar.
‘Amr administre l’Égypte avec sagesse. Le montant de l’impôt, qui touche les non musulmans (capitation), est fixé en fonction de la crue du Nil. ‘Amr fait construire des nilomètres à Assouan et Dendérah pour enregistrer la montée des eaux. L’État doit pourvoir à l’entretien des digues et des canaux, qui emploie 120 000 ouvriers et nécessite le tiers du montant de l’impôt. Le calife Umar reproche au gouverneur de ne pas envoyer un tribut suffisant et son successeur Uthman le déposera en 644 pour la même raison.
Après la déposition de ‘Amr, le nouveau gouverneur Abd Allah ibn Saad parvient à lever un tribut de deux millions de dinars de plus, bien que l’Égypte souffre alors d’une terrible disette.
Il se range du côté de Mu`awîya. En 657, il participe à la bataille de Siffin contre `Alî. Il est ensuite désigné pour arbitrer la conciliation entre les deux adversaires. Cela lui vaudra la haine des kharidjites qui organisèrent un attentat dont il réchappa (661).
 
(14) Moïse Maïmonide Moussa ibn Maimoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Israili « Moïse fils de Maïmoun fils d'Abdallah le cordouan juif » est un rabbin andalou du XIIe siècle (Cordoue, 30 mars 1138 - Fostat, 13 décembre 1204 à Fostat), considéré comme l'une des figures les plus importantes du judaïsme, toutes époques et tendances confondues, au point d'être comparé, dans son épitaphe, à Moïse : (De Moïse à Moïse, il ne s'en leva aucun comme Moïse).
Médecin, philosophe juif, commentateur de la Mishna, jurisconsulte en matière de Loi juive et dirigeant de la communauté juive d'Égypte, il excelle dans tous ces domaines, et influence également le monde non-juif, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme « l'Aigle de la Synagogue. »
 
(15) Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, ou Saladin (Tikrit, 1138 ; Damas, 4 mars 1193) est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260. Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nâsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.
 
(16) La cinquième croisade (1217–1221) est une campagne militaire dont le but était d’envahir et de conquérir une partie du sultanat ayyoubide d’Égypte afin de pouvoir échanger les territoires conquis contre les anciens territoires du royaume de Jérusalem se trouvant sous contrôle ayyoubides. Malgré la prise de Damiette, cette croisade est un échec, à cause de l’intransigeance du légat Pélage et de sa méconnaissance de la politique locale, ce qui le conduisit à refuser les négociations au bon moment.
 
(17) La croisade d'Alexandrie (parfois appelée croisade alexandrine) est une expédition menée en octobre 1365 par le roi Pierre Ier de Chypre contre la ville d'Alexandrie d'Égypte.
 
(18) En Grèce antique, la gymnasiarchie est une magistrature ou une liturgie (service public assumé par un riche particulier). Son contenu varie selon les cités : les textes anciens présentent en général le gymnasiarque comme le responsable du gymnase, mais à Athènes il est le simple organisateur des lampadédromies (courses de flambeaux) pendant les fêtes religieuses. Il faut également distinguer le gymnasiarque de l'époque classique de celui de l'époque hellénistique et romaine.
 
(19) Le Canal de Suez est un ouvrage d'art situé en Égypte, long de 190,25 km, large de 280 m à 345 m et profond de 22,5 m, qui relie, via trois lacs naturels, la ville portuaire de Port-Saïd sur la mer Méditerranée et la ville de Suez sur le Golfe de Suez (partie septentrionale de la mer Rouge), permettant ainsi de relier les deux mers.
Percé entre 1859 et 1869, sous la direction du diplomate et ingénieur français Ferdinand de Lesseps, il permet aux navires d'aller d'Europe en Asie sans devoir contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Avant son ouverture en 1869, les marchandises devaient être transportées par terre entre la Méditerranée et la mer Rouge.
Avec l'augmentation du trafic, le canal est devenu la 3e source en devises de l'Égypte. Un accident ou blocage du canal entraînerait des pertes d'environ sept millions USD par jour.
Le canal est la propriété de la Suez Canal Authority, qui est aussi responsable de son administration et de sa gérance.
 
(20) Suez est un port d'Égypte, situé à l'embouchure du canal de Suez sur la mer Rouge. La population est d'environ 500 000 habitants.
La ville a été complètement détruite et désertée après la guerre des Six Jours en 1967. Elle a été reconstruite après la réouverture du canal de Suez en 1975 qui est le lien entre la mer Rouge et la mer Méditerranée.
 
(21) Port-Saïd est une ville portuaire du nord-est de l'Égypte au débouché du Canal de Suez dans la mer Méditerranée, avec une population de plus de 500 000 personnes.
La base de l'économie de Port-Saïd est la pêche et les industries chimiques, alimentaires et tabatières. En plus d'être une station de ravitaillement pour les navires qui traversent le canal, c'est de Port-Saïd que s'exporte une bonne partie de la production égyptienne, comme le coton et le riz. Mais Port-Saïd est aussi une zone franche et un lieu de villégiature d'été pour de nombreux égyptiens.
C'est une des plus belles villes d'Égypte. Il y a de nombreuses maisons anciennes avec des grands balcons à chaque étage. Sur la rive orientale du canal se trouve Port-Fouad, accessible par ferry gratuit. Au sud, le pont d'El Qantara permet le passage d'une rive à l'autre.
 
(22) L'Université Senghor d'Alexandrie (officiellement dénommée Université internationale de langue française au service du développement africain, ou UILFDA) a été créée à Alexandrie (Égypte) en 1990.
Son nom rend hommage à Léopold Sédar Senghor, poète, grand promoteur de la francophonie et ancien Président de la République du Sénégal. Outre Sédar Senghor, les pères fondateurs de l'université sont Maurice Druon, Boutros Boutros-Ghali et René-Jean Dupuy.