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Palmyre (1)
Oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique est Tadmor.

vendredi 16 juillet 2010, par La Rédaction

Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari (XVIIIe siècle av. J.-C.) est Tadmor. C’est toujours son nom actuel.
L’histoire de Palmyre à l’Âge du bronze (1) est mal connue : la ville se développa sur un tell (2) qui fut au Ier siècle recouvert par la terrasse du Sanctuaire de Bel. C’est au Ier siècle av. J.-C. que la cité est mentionnée dans les sources gréco-romaines. Elle faisait partie d’un réseau marchand reliant la Syrie à la Mésopotamie et à la côte méditerranéenne.
La Bible attribue la construction de Palmyre au roi Salomon (3) (« Et il bâtit Tadmor dans le désert » (II Chr VIII:4)).
Quand les Séleucides (4) prirent le contrôle de la Syrie en 323 av. J.-C., la ville devint indépendante. En 41 av. J.-C., les Romains, conduits par Marc Antoine (5), essayèrent de piller Palmyre mais ils échouèrent, les habitants de la ville s’étant réfugiés avec leurs biens de l’autre côté de l’Euphrate (6). On en déduit que les Palmyréniens de cette époque étaient encore pour l’essentiel des nomades, vivant de l’élevage et du commerce caravanier.
Intégrée à l’Empire romain sous Tibère (7), dans le cadre de la province romaine de Syrie, Palmyre atteignit son apogée sous Hadrien (8), qui lui donna le statut de cité libre en 129 apr. J.-C. C’était alors une ville splendide, qui se développa jusque sous les Sévères. En 212 apr. J.-C., l’empereur Caracalla (9) promut Palmyre et sa voisine Émèse (10) au statut de colonie romaine. L’armée romaine y entretenait une garnison de soldats auxiliaires dans un camp au nord de la ville.
Au cours de la crise du IIIe siècle, Palmyre échappa aux invasions perses qui ravagèrent la Syrie en 252 apr. J.-C. et 260 apr. J.-C.. Après 260 apr. J.-C., ce fut un notable de Palmyre, Odénat (11), qui fut chargé par l’empereur Gallien (12) de coordonner la défense de l’Orient. Quand sa veuve Zénobie (13) tenta de prendre le pouvoir comme impératrice avec son fils Wahballat (14), Palmyre se retrouva impliquée un peu malgré elle dans une guerre civile romaine. En 273 apr. J.-C., vaincue par Aurélien (15) à Antioche (16) puis à Émèse, Zénobie se replia avec ses troupes sur Palmyre, où Aurélien vint la poursuivre. Dans un premier temps les notables de Palmyre se rallièrent à Aurélien et chassèrent Zénobie, qui fut arrêtée. Aurélien laissa à Palmyre une petite garnison et rentra en Italie. À ce moment éclata dans la cité une révolte qui tenta de remettre le pouvoir à Antiochos, le père de Zénobie. Aurélien revint sur ces pas, mata la révolte et exerça des représailles sur la ville. Ses principaux sanctuaires furent pillés, et l’empereur réquisitionna tout le quartier ouest de la ville pour y installer à demeure la Ière Légion Illyrienne.
Au IVe siècle et par la suite, Palmyre ne fut plus la prospère cité caravanière d’autrefois. C’est une ville de garnison, occupée par la Ière Légion Illyrienne, étape d’une route militaire reliant la région de Damas à l’Euphrate (la Strata Diocletiana). La partie monumentale de la ville fut protégée par un rempart qui laissait en dehors tout le quartier sud (entre le wadi et la source Efqa), quartier peut-être abandonné à cette date. Sous Constantin Ier (17) les forts de la Strata Diocletiana furent pour la plupart abandonnés mais Palmyre demeura jusqu’au VIe siècle une ville romaine occupée par l’armée, tandis que la steppe tout autour était occupée par des communautés de moines monophysites (18), et contrôlée par les tribus arabes Ghassanides (19), chrétiennes et alliées de l’Empire. Des églises furent construites, tandis que d’anciens temples païens comme la cella de Baalshamin ou encore celle du sanctuaire de Bel furent convertis en églises et décorés de peintures murales.
Sous Justinien (20) au VIe siècle l’enceinte fut renforcée de tours, et les adductions d’eau furent restaurées. La ville qui, selon Procope de Césarée (21), « était devenue depuis longtemps un désert », reçut une nouvelle garnison qui constituait le poste avancé de la Syrie contre les invasions des Perses et surtout contre les arabes palmyriens qui essayeraient de reconquérir leur Empire.
Au temps de son apogée au début du IIIe siècle, la ville de Palmyre était beaucoup plus étendue que l’actuel site archéologique, pourtant très vaste. La plupart des maisons étaient faites de briques crues, qui n’ont guère laissé de vestiges visibles. Ce que l’on voit aujourd’hui c’est le squelette de pierre de la ville, c’est-à-dire les monuments publics, ou parfois simplement les colonnes qui entouraient l’atrium des demeures les plus riches, tandis que le reste a disparu.
La ville se développa d’abord à l’emplacement du sanctuaire de Bel puis, quand le grand parvis fut construit au Ier siècle, elle s’étendit entre le sanctuaire de Bel et la source Efqa au sud-ouest (là où aujourd’hui il n’y a plus que les jardins de l’oasis). Autour de la ville furent venues se fixer des familles arabes d’origine nomade, chacune autour de son sanctuaire tribal, comme celui de Baalshamin (22) ou, tout à l’ouest sur la route d’Émèse, celui d’Allat (23). Au cours du IIe siècle ces banlieues furent intégrées au tissu urbain avec la construction du quartier monumental structuré autour de la grande colonnade.
Pendant cette période prospère, Palmyre était une ville ouverte, dépourvue de remparts. Il existait un mur (traditionnellement appelé « mur de la douane ») entourant un très vaste secteur tout autour de la ville, mais ce mur de pierres ou de briques crues selon les secteurs n’avait aucune fonction militaire ou de prestige, c’était, semble-t-il, une simple limite administrative pour le paiement des taxes fixées par le « tarif de Palmyre », datant de l’empereur Hadrien. À la fin du IIIe siècle, un rempart défensif fut construit à la hâte en remployant des pierres prélevées sur des monuments funéraires, et ne protégeant que le quartier monumental, tandis que le reste de la ville était sans doute abandonné.
 
(à suivre...)
 
 
Notes
 
(1) L’âge du bronze est une période de la Protohistoire caractérisée par l’usage de la métallurgie du bronze, nom générique des alliages de cuivre et d’étain. Aujourd’hui, il est admis que cette période succède à l’âge du cuivre ou Chalcolithique et précède l’âge du fer, dans les régions du monde où ces catégories sont pertinentes. En effet, comme pour les autres périodes de la Préhistoire, les limites chronologiques de l’âge du bronze varient considérablement selon l’aire culturelle et selon l’aire géographique considérées.
 
(2) Un tel ou tell est un terme archéologique qui désigne un site en forme de monticule qui résulte de l'accumulation de matières et de leur érosion sur une longue période, sur un lieu anciennement occupé par les hommes. Il s'agit d'une colline artificielle formée par les différentes couches d'habitations humaines, ceci est caractéristique du Néolithique ancien.
 
(3) Salomon, fils de David et de Bethsabée, est un roi d'Israël (de 970 à 931 avant Jésus-Christ selon la chronologie biblique usuelle). Sa sagesse et sa justice firent de lui le roi le plus sage et juste de l'Ancien Testament. Il fait construire le premier Temple de Jérusalem. Son histoire est contée dans le Premier livre des Rois.
 
(4) Les Séleucides sont une dynastie hellénistique issue de Séleucos, l'un des diadoques d'Alexandre le Grand, qui constitue un empire syro-iranien formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre, allant de la Syrie à l'Indus. Le cœur politique de l'empire se situe en Syrie antique, même si les Séleucides règnent jusqu'au IIe siècle av. J.-C. sur la Babylonie et la Mésopotamie, dans la continuité des Perses achéménides. La dynastie séleucide a régné de 305 à 64 av. J.-C.
 
(5) Marc Antoine (Marcus Antonius), né en -83et mort en -30, est un homme politique et un général romain. Il est le fils de Marcus Antonius Creticus et le petit-fils du consul Marcus Antonius Orator.
 
(6) L'Euphrate est un fleuve d'Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie, l'un des berceaux de la civilisation.
De type pluvio-nival, son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s'écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m³/s contre un débit moyen de 830 m³/s (à l'entrée en Syrie). En période de crue, il peut atteindre 5 200 m³/s pouvant provoquer de graves inondations. D'une année à l'autre, le volume d'eau varie fortement passant de 15 km³ lors de la sécheresse de 1958-1962 à 58 km³ en 1969.
Autre caractéristique, le débit diminue en traversant les zones sèches en raison de la forte évaporation, en particulier dans les lacs artificiels, et du pompage pour l'irrigation. Ainsi, alors que le volume moyen d'eau entrant en Syrie est de 28 km³ , il tombe à 26[1] à la frontière irakienne malgré l'apport de trois affluents (1,75 km³) et n'est plus que de 14 à Nassiriya au sud de l'Irak.
L'Euphrate est un sujet de friction entre l'Irak, la Syrie et la Turquie, cette dernière voulant réduire son débit par la construction de nouveaux barrages.
 
(7) Tibère, né à Rome le 16 novembre 42 av. J.-C. et mort à Misène le 16 mars 37 ap. J.-C., est le deuxième empereur romain de 14 à 37. Il appartient à la dynastie Julio-Claudienne.
C'est un descendant de la gens Claudia et il porte à la naissance le nom de Tiberius Claudius Nero. Durant sa jeunesse, Tibère se distingue par son talent militaire conduisant brillamment de nombreuses campagnes militaires le long de la frontière septentrionale de l'Empire et en Illyrie, souvent aux côtés de son frère Drusus I, qui meurt en Germanie. Après une période d'exil volontaire dans l'île de Rhodes, il retourne à Rome en 4 ap. J.-C. où il est adopté par Auguste et devient le dernier des successeurs potentiels de l'empereur, se nommant dorénavant Tiberius Iulius Caesar. Il mène alors d'autres expéditions en Illyrie et en Germanie afin de remédier aux conséquences de la bataille de Teutobourg.
À la mort de son père adoptif, le 19 août 14, il obtient le nom de Tiberius Iulius Caesar Augustus et il peut lui succéder officiellement dans la fonction de princeps senatus car il est depuis 12 associé au gouvernement de l'Empire romain, détenant aussi l'imperium proconsulaire et la puissance tribunicienne, les deux pouvoirs majeurs des empereurs du Principat. Il met en place d'importantes réformes dans les domaines économiques et politiques, met un terme à la politique d'expansion militaire, se limitant à sécuriser les frontières grâce à l'action de son neveu Germanicus. Après la mort de ce dernier et de celle de son fils Drusus II, Tibère favorise la montée du préfet du prétoire Séjan. Il s'éloigne de Rome et se retire sur l'île de Capri. Lorsque le préfet essaie de prendre possession du pouvoir, Tibère le fait destituer et assassiner. L'empereur ne retourne plus dans la capitale où il est haï jusqu'à sa mort en 37. Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée, lui succède.
Tibère a été durement critiqué par les historiens antiques tels que Tacite et Suétone, mais sa personnalité a été réévaluée par les historiens modernes comme étant celle d'un politicien habile et prudent.
 
(8) Hadrien, né le 24 janvier 76 à Italica et mort le 10 juillet 138 à Baïes, est un empereur romain de la dynastie des Antonins. Il succède en 117 à Trajan et règne jusqu'à sa mort. Empereur humaniste, lettré, poète, philosophe à la réputation pacifique, il rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières.
Les principales sources sur sa vie et son règne sont les Vies des Césars du sénateur Marius Maximus et l’Histoire de Rome de Dion Cassius. Tous deux écrivent au début du IIIe siècle. La première œuvre, rédigée à la suite de la Vie des douze Césars de Suétone, est aujourd'hui disparue ; elle est abondamment reprise, sous une forme très condensée, par la Vie d'Hadrien qui ouvre l’Histoire Auguste. Le livre 69 de la seconde œuvre, qui traite du règne d'Hadrien, n'a survécu que par fragments et un abrégé byzantin.
 
(9) Caracalla (4 avril 188 - 8 avril 217), né Septimius Bassianus puis appelé Marcus Aurelius Severus Antoninus Augustus, est un empereur romain, qui régna de 211 à 217. Il est l'auteur de l'édit de Caracalla qui étendit la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'Empire.
 
(10) Homs est une ville et un centre industriel et économique syrien de haute importance. Sa situation géographique au centre du pays ainsi que les frontières de son district qui touchent le Liban et l'Irak expliquent cette importance. La ville compte actuellement 1 500 000 d'habitants. Il s'agit d'un centre qui était, il y a quelques années encore, sans aucune importance touristique, à l'exception des chefs lieux comme Palmyre ou le Krak des Chevaliers. Mais les découvertes archéologiques extraordinaires de la ville antique de Qatna (IIe millénaire av. J.-C.) pourraient redonner à la ville de Homs une situation touristique plus intéressante.
 
(11) Odénat fut le plus célèbre des princes de Palmyre avec sa femme, Zénobie. Il naquit vers 220 apr. J.-C. et mourut assassiné à Emèse en 267 apr. J.-C. D’origine Nabatéenne, il fit partie de la dynastie de Hairainides, qui acquit la citoyenneté romaine sous Septime Sévère.
Odénat fut membre d’une famille ayant le droit de cité, mais restée très arabe dans ses traditions. Il acquit le statut de sénateur sans doute sous Valérien et devint vir consularis (statut d’ancien consul) en 258. C’est sous Gallien qu’il acquit, de fait, le pouvoir quasi absolu sur les provinces d’Orient à l’exception du Pont-Bithynie: Il fut dans un premier temps Dux Romanorum (commandeur des Romains) et vainquit Macrien et ses fils et Ballista, usurpateurs contre Gallien. Il fut alors nommé par ce dernier « correcteur de tout l’Orient » et eut le commandement de ce qui restait des onze légions romaines de cette partie de l’Empire et de toutes les forces disponibles. Il eut aussi droit de regard sur l’administration civile et fiscale de toute l’Asie Mineure, la Syrie, la Mésopotamie et l’Arabie Pétrée. Il lança deux grandes campagnes militaires contre les Perses en 263, puis en 266-267 où il les écrasa et les poursuivit jusqu’à Ctésiphon, qu’il ne prendrait toutefois pas, mais il contrôla alors la majeure partie des terres perses occidentales, avec Nisibe et Carrhae.
Il se fit appeler « roi des rois » à la manière perse ainsi que son héritier, Herodes (dont l’Histoire Auguste fait le fils aîné d’un premier lit), mais ne prit pas le titre d’« Auguste », sa biographie est malgré tout dans La vie des Trente Tyrans. Le rédacteur de l’Histoire Auguste lui prête beaucoup de qualités, comme à sa femme, et le décrit comme un bon général et un excellent chasseur.
En 267, Odénat et Herodes furent assassinés à Emèse par un parent proche, que le rédacteur appelle Maeonius, et qui fut sans doute le neveu du prince selon Mansour Rahbani. Ce meurtre fut peut être commis à l’instigation de Zénobie, qui souhaitait voir hériter son propre fils, ou de Gallien, inquiet du pouvoir d’Odénat en orient. Maeonius fut alors tué par les soldats peu après s’être proclamé empereur et Waballath, deuxième fils d’Odénat (avec Zénobie, sa seconde épouse) lui succéda à la tête de Palmyre. Zénobie profita de cette situation pour prendre le contrôle des armées d’Orient et pour conquérir des terres comme l’Égypte, à l’aide de son général, Zabdas, et rompit définitivement avec Rome.
 
(12) Gallien (218 - 268) est empereur romain d'octobre 253 à septembre 268. Jusqu'en 260, il partage le pouvoir avec son père Valérien. Il est le dernier membre de l'ordre sénatorial à devenir empereur. Après lui, ses successeurs ne sont plus que des militaires. On considère habituellement son règne comme l'une des périodes les plus critiques pour l'Empire romain.
 
(13) Septimia Bathzabbai plus connue sous le nom de Zénobie était l’épouse de Odénat à qui elle succèda à la tête de Palmyre après l’assassinat de ce dernier, vers 267.
 
(14) Vaballath ou Wahballat est un roi du royaume de Palmyre. Son nom latin complet était Lucius Julius Aurelius Septimius Vaballathus Athenodorus, en palmyrénien [Wahballat] (la déesse arabe Allat était assimilée à la déesse grecque Athéna. En palmyrénien, Wahballat signifie « don d'Allat », alors qu'en grec Athénodoros signifie « don d'Athéna »). Il était fils du Palmyrénien Odénath et de son épouse Zénobie.
Après l'assassinat de son père en 267, c'est sa mère Zénobie qui assume l'autorité d'Odénath, et fait reconnaître après 270 par l'empereur Aurélien son fils Vaballath comme héritier de son père. Malgré son jeune âge, Vaballath se trouve ainsi placé à la tête de l'Orient comme « Roi, Consul, Imperator et Dux Romanorum », ainsi que l'attestent les monnaies et les inscriptions officielles. Bien entendu, c'est Zénobie qui assume le pouvoir.
Après la rupture avec Aurélien en 271, Zénobie proclame Vaballath Auguste et prend elle-même le titre d'Augusta. Défaite par Aurélien l'année suivante, Zénobie est jugée à Émèse et sera condamnée à l'exil à Rome. Il ne paraît pas que Vaballath, trop jeune, ait été jugé lui aussi. il accompagna probablement sa mère à Rome et y fit souche.
 
(15) Aurélien, né vers 207 et décédé en 275, est empereur romain de l'été 270 à septembre 275. Il refait l’unité de l’Empire romain, continue sa consolidation face aux barbares, et entame des réformes religieuses et monétaires qui annoncent celles de la tétrarchie, dix ans plus tard.
 
(16) Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle compte 139 000 habitants (2001), les Antiochiens.
Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la Route de la soie.
 
(17) Constantin le Grand,ou Constantin Ier, de son nom complet Flauius Valerius Aurelius Constantinus, né à Naissus  le 27 février 272, proclamé 34e empereur romain en 306 par les légions de Bretagne et mort le 22 mai 337 après 31 ans de règne, est une figure prépondérante du IVe siècle.
En rupture avec le règne de Dioclétien, il est le premier empereur romain à se convertir au christianisme ; non seulement il marque la fin d'une ère de persécution des chrétiens, mais il aide l'Église chrétienne à prendre son essor, en établissant la liberté de culte par le biais de l'édit de Milan, et en plaçant le Dieu chrétien au-dessus de son rôle d'Empereur à l'instar du Sol Invictus. Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe, de même que sa mère Hélène. Par la promotion du christianisme, il favorise l'extinction du culte de Mithra.
 
(18) Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au Ve siècle dans l'empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d'Alexandrie.
Cette approche tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s'est construite à l'origine autour du symbole de Nicée, c'est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. En cela le monophysisme s'oppose au nestorianisme.
Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, tout comme la doctrine opposée. Selon ce concile, Jésus-Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme en « une seule personne et deux natures, sans confusion ». Malgré cela, sous l'impulsion de personnages tels que Sévère d'Antioche, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d'Égypte auprès des populations coptes tout au long du VIe siècle, jusqu'aux invasions perses puis arabes au tout début du VIIe siècle. Il fut également responsable du premier schisme entre Rome et Constantinople en 484.
Le monophysisme est encore professé aujourd'hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes (arménienne, syro-jacobite, copte, etc.).
On appelle parfois « monophysites » les Églises qui ont été rejetées par celles qui ont accepté le concile de Chalcédoine. D'un point de vue aconfessionnel, il est préférable de les appeler « nonchalcédoniennes » ou « préchalcédoniennes ».
 
(19) Les Ghassanides sont une tribu arabe chrétienne monophysite qui a fondé un royaume arabe pré-islamique dans la Jordanie actuelle. Ils adoptèrent le christianisme monophysite probablement sous l'influence de leur environnement araméen (Ils faisaient partie de l'Église syriaque orthodoxe). Ils furent longtemps des vassaux de l'empire byzantin et contribuèrent à contenir les Perses sassanides hors des frontières de l'empire. Un autre royaume arabe rival, vassal de la Perse, s'était établi dans le sud de l'Irak (le royaume des Lakhmides).
Les Ghassanides seraient venus du sud de l'Arabie vers la fin du IIIe siècle. Comme les Lakhmides, ils seraient une branche de la tribu Azd qui fait elle-même partie des tribus Qahtanites (les Arabes « aborigènes » du Sud) qui habitaient le Yémen et seraient à l'origine du royaume de Saba. Ils habitaient la ville de Ma'rib qui était irrigué par un grand barrage. Lorsque le barrage de Ma'rib s'est écroulé, les Azd auraient immigré un peu partout dans la péninsule arabique.
Les Ghassanides sont plus une confédération de tribus qu'une tribu proprement dite. Ils commencent à jouer un rôle central dans la région à partir du VIe siècle.
À son apogée, le royaume ghassanide s'étendait du sud de la Syrie jusqu'à la ville de Yathrib (aujourd'hui Médine en Arabie saoudite). Sa capitale était Jabaliya dans le Golan actuel. Vassaux de l'empire byzantin, dont ils forment un phylarcat, les Ghassanides vont protéger la frontière sud-ouest de l'empire des incursions bédouines et perses. Ils vont connaître une prospérité économique importante et se lanceront dans la construction d'édifices publics et religieux. Ils patronnent aussi certains arts, notamment la poésie et installent des poètes comme Nabighah adh-Dhubyani et Hassan ibn Thabit à leur cour.
Toutefois, la persécution de la foi monophysite jugée hérétique par Byzance va mettre à mal les relations avec les Byzantins. Ces tensions vont avoir des conséquences importantes lors de la conquête de la région par l'empire musulman naissant. En 636, en pleine bataille de Yarmouk opposant les Byzantins aux musulmans, 12 000 guerriers ghassanides qui n'avaient pas été payés depuis plusieurs mois font défection après que les musulmans leur ont offert de payer leurs arriérés. Ils contribuent largement à la défaite byzantine en faisant passer le nombre de Byzantins de 40 000 à 28 000 hommes et les armées arabes de 20 000 à 32 000 hommes. Cette bataille conduira au démantèlement du royaume de Ghassan, le pouvoir réel leur échappait depuis l'invasion perse de 614. Même si certains se convertirent à l'islam, la plus grande partie des Ghassanides conservèrent la foi chrétienne.
Le prénom de Ghassan est toujours en usage parmi les arabes (chrétiens et musulmans) jusqu'à aujourd'hui. Il signifie « force » en arabe et en syriaque. Des familles comme Chemor, Gharios, Maalouf, Khazen et Jabara (ou Gebara) descendent aussi des Ghassanides.
 
(20) Justinien Ier (né le 11 mai 482 en Illyrie - mort le 13 novembre 565) ou Justinien le Grand, est empereur byzantin de 527 à sa mort en 565. Il est l’un des plus importants dirigeants de l’Antiquité tardive. Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l’expansion des frontières de l’Empire ou de la politique religieuse, il laisse une œuvre et une vision considérables.
Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe et fêté le 2 août ou le 14 novembre ou le 15 novembre avec son épouse Théodora
 
(21) Procope de Césarée, en Palestine, est un historien byzantin du VIe siècle (vers 500-560), dont l'œuvre constitue un récit détaillé du règne de l'empereur Justinien.
 
(22) Baalshamin (ou Baal Shamen en araméen) est le Dieu des cieux phénicien, chef des déités de la plupart des peuples sémitiques occupant l'est méditerranéen, et vénéré même en Égypte et à Rome. Baalshamin est le roi des dieux, après avoir conquis la royauté d'un autre Dieu, Yam, le dieu des mers.
Il est le prince et maître de la terre, la pluie et la rosée, qui a combattu contre Mot, dieu de la mort, stérilité et sécheresse. Selon les résultats de ce combat, un cycle de sept ans de fertilité et d'abondance ou de sécheresse et de famine suivront.
 
(23) Allat était une déesse de la fécondité et de la féminité vénérée en Arabie à l'époque préislamique. Son nom serait une contraction de al ilahat, déesse. Elle avait sa statue dans la Kaaba où elle était censée résider. Hérodote cite Allat comme étant l'équivalent d'Ourania (L'Aphrodite céleste).
Allat, Manat et Uzza semblent avoir été les trois divinités objets du culte le plus intense à La Mecque. Ces trois déesses sont citées dans le Coran dans la sourate L'étoile, cette citation est à l'origine de l'épisode des versets sataniques, les mecquois ayant cru que Mahomet leur recommandait d'adorer ces trois divinités. Il est dit dans le Livre des idoles que les Arabes les considéraient comme les "filles du dieu" (Allah dans le texte). On peut supposer que ce dieu était Houbal, divinité principale de la Kaaba
Elle est mentionnée sous le nom de han-'Ilat dans les inscriptions safaïtiques. Les Nabatéens lui rendaient également un culte et l'identifiaient à Athéna ou Minerve, mais en faisaient, selon Julius Wellhausen, la mère d'Houbal.
À l'ère islamique, Allat est mentionnée dans le Coran (sourate 53:20), et le Livre des Idoles (Kitab al-Asnām) de Hicham ibn al-Kalbi selon qui Banū ʿAttāb ibn Mālik du clan des Thaqīf en avait la charge et lui avait fait construire un édifice. Elle était vénérée par tous les Arabes, y compris la tribu des Quraysh. Des enfants étaient prénommés Zayd-Allāt ou Taym-Allāt. Son temple fut détruit et brûlé par al-Mughīrah ibn Shuʿbah sur l'ordre de Mahomet.