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Le Fatah et le Hamas en pourparlers de réconciliation

mercredi 25 février 2009, par La Rédaction

Après plusieurs reports et tentatives, Hamas et Fatah ont entamé mercredi un nouveau round de pourparlers. Jamais les islamistes qui tiennent la Bande de Gaza et les modérés à la tête de la Cisjordanie et de l'Autorité palestinienne n'auront autant eu besoin de se réconcilier, leurs divisions repoussant le rêve de la naissance d'un Etat.
Le Hamas a besoin de la légitimité internationale du Fatah pour obtenir l'aide étrangère à la reconstruction du territoire, dévasté par la récente offensive militaire israélienne qui a pris fin le mois dernier.
De son côté, Mahmoud Abbas a besoin d'une alliance avec le Hamas alors que le virage à droite opéré lors des élections israéliennes du 10 février vient affaiblir la position des modérés palestiniens en faveur de pourparlers de paix avec Israël.
Mais la méfiance est profonde entre les deux organisations rivales, après trois années de lutte pour le pouvoir, et la prise de la Bande de Gaza par le Hamas en juin 2007, le Fatah ne contrôlant plus que la Cisjordanie.
Cette semaine, avant même le début des pourparlers, les reproches ont fusé dans les deux sens: le Hamas a accusé le gouvernement de Mahmoud Abbas d'avoir espionné Gaza et donné à Israël des informations sur les cibles du Hamas durant l'offensive. De son côté, le Fatah a affirmé que le Hamas avait tué ou blessé des dizaines de ses membres sous couvert de la guerre.
Le 2 mars, à peine cinq jours après le début des pourparlers de réconciliation en Egypte, les représentants d'environ 80 pays donateurs, dont la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, doivent se rencontrer à Charm-el-Sheikh en Egypte pour s'engager sur les fonds destinés à la reconstruction de la Bande de Gaza.
Mercredi, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a annoncé qu'il allait demander 2,8 milliards de dollars lors de cette conférence. Les précédentes estimations faisaient état de deux milliards de dollars de dégâts.
Les participants à la conférence observeront à la loupe les pourparlers de réconciliation, en particulier les progrès effectués en vue de la formation d'un nouveau gouvernement palestinien, qui serait constitué soit de personnes n'étant affiliées à aucune des deux organisations, soit d'une coalition Fatah-Hamas susceptible de gérer la Bande de Gaza et la Cisjordanie jusqu'à l'organisation d'élections générales.
La communauté internationale ne donnera pas d'argent destiné à la reconstruction directement au Hamas, mais pourrait le confier à une coalition assurant l'intérim, à condition qu'Abbas soit impliqué. Pour être reconnu, un tel gouvernement devrait renoncer à la violence et reconnaître le droit à l'existence d'Israël, conditions que le Hamas a rejeté par le passé.
Toutefois, le Mouvement de résistance islamique pourrait adoucir ses positions s'il obtenait en échange la possibilité de renforcer son pouvoir dans la Bande de Gaza, en choisissant comment répartir l'aide internationale, et en s'assurant que le blocus qui isole le territoire depuis 20 mois soit levé.
Mahmoud Abbas, lui, pourrait encore plus avoir besoin de cette réconciliation. Son mandat en tant que président a expiré en janvier et les sondages montrent que l'opinion n'adhère pas à ses arguments pour le prolonger.
Et sa principale promesse, celle d'obtenir la création d'un Etat palestinien via des négociations avec les Israéliens, apparaît difficile à tenir: le chef du Likoud Benjamin Nétanyahou, appelé à devenir le prochain Premier ministre d'Israël, considère de telles discussions comme un perte de temps.
Sur certains sujets, le fossé entre les deux mouvements palestiniens est si large que tout compromis semble impossible. Par exemple, le Hamas réclame son intégration au sein de l'OLP, dont il n'est actuellement pas membre. Abbas avait rejeté cette demande parce que cela reviendrait à redéfinir le mouvement national palestinien, l'Organisation de libération de la Palestine, dirigée par le Fatah, ayant signé un accord de reconnaissance mutuelle avec Israël en 1993. Le Hamas lui garde pour credo la destruction d'Israël.
D'autres sujets semblent tout aussi délicats, comme la restructuration des forces de sécurité: dans le cadre d'une réconciliation, les troupes du Hamas et celles du Fatah devrait accepter d'être unifiées et de se dépolitiser.
 
Le négociateur israélien chargé de discuter de la trêve avec le Hamas réintégré dans ses fonctions
 
Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, ont annoncé mercredi des responsables de son cabinet, a réintégré dans ses fonctions le négociateur israélien Amos Gilad chargé de discuter d'une trêve avec le Hamas. M. Olmert l'avait limogé au début de la semaine pour l'avoir critiqué publiquement dans ce dossier.
Les contacts avec le Mouvement de la résistance islamique, au pouvoir dans la Bande de Gaza, sont déjà très fragiles, et ce renvoi intervenait à un moment critique. Ehoud Olmert, qui assure l'intérim en attendant que Benyamin Nétanyahou forme le futur gouvernement, espérait en effet arracher une trêve avec le Hamas et obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit avant de passer le relais.
Amos Gilad, un haut responsable du ministère de la Défense, a ouvertement critiqué l'attitude d'Ehoud Olmert, dans un entretien publié la semaine dernière par "Maariv". Le Premier ministre israélien exige que Gilad Shalit, prisonnier depuis juin 2006 dans la Bande de Gaza, soit libéré avant que l'Etat hébreu ne signe une trêve avec le Hamas. Amos Gilad, lui, souhaitait conclure un accord avant d'obtenir la libération du soldat Shalit dans le cadre d'un échange de prisonniers.
En définitive, Amos Gilad a écrit à Ehoud Olmert pour s'excuser de ses propos dans "Maariv". L'affaire est "close", lui a répondu Ehoud Olmert, ont expliqué des membres de son cabinet.
 
Gaza: les Palestiniens vont demander 2,8 milliards de dollars
 
Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a annoncé mercredi que l'Autorité palestinienne solliciterait 2,8 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza lors d'une conférence des donateurs prévue lundi en Egypte.
"Nous avons préparé un document sur la base duquel les donateurs vont faire leurs promesses d'aides. Il prévoit un montant total de 2,8 milliards de dollars pour tous les secteurs", a affirmé M. Fayyad à Ramallah, lors de la signature d'un accord d'aide au secteur privé de la bande de Gaza.
"Ce document a été préparé par l'Autorité palestinienne avec la participation de toutes les parties concernées. Il comporte, outre l'estimation de l'aide, des mécanismes permettant aux donateurs d'entamer la reconstruction", a-t-il ajouté.
Selon lui, ce plan "couvre tous les besoins de la reconstruction et la réactivation de l'économie de la bande de Gaza".
"L'objectif de ce plan qui sera soumis aux donateurs n'est pas seulement de ramener la situation à ce qu'elle était avant l'agression israélienne mais aussi de relever le niveau de l'économie palestinienne et améliorer ses capacités, y compris dans le secteur privé", a ajouté M. Fayyad.
"Nous nous attendons à ce que la conférence des donateurs réponde à nos besoins et qu'on puisse commencer immédiatement à appliquer ce plan", a-t-il ajouté.
M. Fayyad a insisté sur le fait que la mise en oeuvre du plan ne saurait se faire "sans la levée du blocus (israélien) imposé à la bande de Gaza et la réouverture des points de passage".
Il n'a pas fourni de précision sur "les mécanismes" envisagés pour faire parvenir l'aide à Gaza, où l'Autorité palestinienne n'exerce aucun contrôle depuis la violente prise de contrôle dans le territoire par les islamistes du Hamas, avec lequel la plupart des donateurs refusent de traiter.
"Nous essayons de parvenir à une formule qui ne pourrait échouer ou être entravée, sauf si Israël pose des obstacles", a-t-il dit, en formulant le souhait de voir couronner de succès le dialogue de réconciliation interpalestinien cette semaine au Caire.
Israël a mené à Gaza (27 décembre-18 janvier) une vaste offensive qui a fait 1.330 morts palestiniens et provoqué d'importantes destructions. Son objectif affiché était de réduire au minimum les tirs de roquettes palestiniennes sur le territoire israélien.
L'Egypte a annoncé fin janvier qu'elle organiserait une conférence des donateurs pour Gaza le 2 mars, soulignant que plus de 70 pays y seront représentés.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a annoncé qu'elle participerait à cette rencontre. La France devrait être représentée par le président Nicolas Sarkozy.
Le Hamas, pour qui la reconstruction représente aussi une bataille politique majeure, refuse de laisser le chantier aux mains de l'Autorité palestinienne, arguant qu'il doit gérer lui-même l'aide car il dirige un gouvernement dans ce territoire.
Le Premier ministre israélien sortant Ehud Olmert avait affirmé le 20 janvier qu'il ne fallait pas permettre au Hamas de diriger le processus de reconstruction de Gaza.
"Israël fera en sorte que le processus de reconstruction soit mené par des organisations internationales en coopération avec l'ONU, l'Egypte, et l'Autorité palestinienne", avait-il ajouté. "Ce n'est qu'à ces conditions qu'Israël collaborera totalement à ce processus destiné à aider une population innocente".
 
Israël: vers un gouvernement restreint fortement ancré à droite
 
Le Premier ministre pressenti Benjamin Netanyahu procédait mercredi à des consultations en Israël en vue de la formation d'un gouvernement "faucon" restreint sur fond d'impasse dans les négociations pour une coalition élargie.
Ce gouvernement s'appuierait sur une majorité de 65 députés sur 120, élus de la droite, de l'extrême droite et de partis religieux, bien qu'une majorité d'Israéliens (52%) soit favorable à une coalition gouvernementale élargie, selon un sondage réalisé par l'université de Tel-Aviv.
La délégation du Likoud de M. Netanyahu a rencontré les représentants du parti d'extrême droite laïc, Israël Beiteinou, qui avec 15 sièges sur 120 est la troisième formation du Parlement.
"Des progrès ont été enregistrés sur les questions de la lutte contre le terrorisme et de l'aide aux nouveaux immigrants mais pas sur le contrat d'alliance", a déclaré le député Stas Meseznikov, d'Israël Beiteinou.
Cette formation exige la création d'un "contrat d'alliance", ersatz de mariage civil qui n'existe pas en Israël. Sont concernés par cette question 350.000 Israéliens, pour la plupart originaires des républiques de l'ex-URSS. Non reconnus comme juifs par les autorités rabbiniques, ils sont contraints de se marier à l'étranger.
La délégation du Likoud s'est entretenue ensuite avec les représentants de deux partis ultra-orthodoxes, le Shass (sépharade), qui a obtenu 11 sièges, et la Liste Unifiée de la Torah (ashkénaze), qui en a obtenu 5.
Le chef d'Israël Beiteinou, Avigdor Lieberman, a d'ores et déjà postulé pour l'un de deux ministères clés: Affaires Etrangères ou Trésor.
"J'ai rencontré de nombreux ministres des Affaires étrangères. Il est vrai qu'ils ne sont pas coutumiers de mon style, mais en fin de compte tout pays sera content de ma désignation aux Affaires étrangères", a-t-il déclaré au quotidien Yediot Aharonot.
Lieberman, originaire d'ex-URSS, qui s'est taillé une réputation d'"homme fort" prêt à expulser les Arabes qui ne prêteraient pas allégeance à Israël, a pourtant préconisé par le passé qu'Israël bombarde les installations nucléaires en Iran et, en cas de conflit avec l'Egypte, le barrage d'Assouan, sur le Nil.
Récemment, il a affirmé qu'Israël confrontée au Hamas islamiste qui contrôle la bande de Gaza devait s'inspirer de l'exemple de la Russie en Tchétchénie ou des Etats-Unis contre le Japon durant la Seconde guerre mondiale.
Un dirigeant du Likoud qui a requis l'annymat a jugé auprès de l'AFP "peu vraisemblable" sa nomination à un poste aussi sensible.
En revanche, il n'a pas exclu sa désignation au Trésor bien qu'Avigdor Lieberman soit l'objet d'une enquête policière pour corruption et blanchiment d'argent.
Ces consultations se déroulent après le refus du parti Kadima (centre-droit, 28 sièges) dirigé par la ministre des Affaires étrangères sortante Tzipi Livni de participer à un gouvernement d'union nationale.
Netanyahu souhaite un cabinet élargi mais n'est pas parvenu à trouver un compromis avec Mme Livni sur la question d'un règlement de paix, le Likoud rejetant foncièrement la création d'un Etat palestinien alors que Mme Livni y est favorable.
Mme Livni a cependant accepté de le rencontrer à nouveau vendredi.
Le chef du Likoud (27 sièges) a été officiellement chargé par le président Shimon Peres de former le prochain cabinet au plus tard d'ici le 3 avril, pour obtenir l'investiture au Parlement.
 
Raid aérien israélien à Gaza après deux tirs de roquettes
 
L'aviation israélienne a bombardé des tunnels utilisés pour la contrebande entre l'Egypte et la bande de Gaza après le tir de deux roquettes sur le sud d'Israël, annonce Tsahal. On ne fait état d'aucune victime de part et d'autre.
 
Gaza: la Syrie participera à la conférence sur la reconstruction
 
La Syrie a annoncé mercredi sa participation le 2 mars à une conférence internationale sur la reconstruction de Gaza en Egypte où elle sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem.
"Je représenterai mon pays à la conférence de Charm el-Cheikh. La Syrie ne s'absentera jamais d'une réunion sur la reconstruction de Gaza", a déclaré M. Mouallem lors d'une conférence de presse avec le haut représentant de la diplomatie de l'Union européenne Javier Solana qui a achevé une visite à Damas.
"Je m'attends à des engagements d'aide importants pour la reconstruction de Gaza. L'Union européenne sera sans aucun doute l'un des plus importants contributeurs", a indiqué de son côté M. Solana, en tournée régionale qui doit le mener encore au Liban et en Egypte.
Il a souligné que des pays comme l'Arabie saoudite et le Qatar s'étaient engagés à verser plus d'un milliard de dollars.
M. Solana a dit espérer que la conférence qui se tiendra à Char el-Cheikh "donne aussi des signaux politiques d'espoir".
"Charm el-Cheikh sera très important pour l'économie et la reconstruction. Mais il est également très important que les négociations pour une réconciliation interpalestinienne aboutissent", a-t-il poursuivi.
Un conflit oppose le mouvement islamiste Hamas qui a pris de force le pouvoir à Gaza au Fatah du président Mahmoud Abbas, qui ne contrôle plus que la Cisjordanie.
La conférence de Charm el-Cheikh vise à réunir des dons et à lancer un processus de reconstruction de la bande de Gaza, dévastée par une offensive militaire israélienne (27 décembre-18 janvier) qui a en outre coûté la vie à 1.330 Palestiniens.
Plus de 70 pays devraient être représentés à la conférence, selon le ministère égyptien des Affaires étrangères. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a annoncé sa participation.
 
( Mercredi, 25 février 2009 - Avec les agences de presse )
 
 
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