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Koufa
Sur une décision du calife `Omar, elle a été construite pour être un pôle d’immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie.

mardi 20 juillet 2010, par La Rédaction

Koufa ou Kûfa est une ville d'Irak, environ 170 km au sud de Bagdad, et à 10 km au Nord-est de Nadjaf (1). Elle est située sur les rives du fleuve Euphrate (2). La population en 2003 était estimée à 110 000 habitants. C'est la deuxième ville de la province de Nadjaf.
Avec Kerbala (3), et Nadjaf, Koufa est une des trois villes irakiennes de grande importance pour les musulmans chiites (4).
Sur une décision du calife `Omar (5), Koufa a été construite pour être un pôle d'immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie, et de devenir la capitale. Les Arabes recherchaient un endroit où ils ne souffriraient pas de maladies. À l'emplacement de Koufa, il y avait une ville Sassanide (6) qui faisait partie d'une province perse.
Les quartiers arabes de la ville ont été construits en 638, à peu près au même moment qu'à Bassora (7), quand les armées arabes combattaient les Sassanides. La ville fut construite en briques cuites. On commença par construire la mosquée au centre de la ville à 1,5 km de l'Euphrate. On creusa un réservoir d'eau prévu pour 20 000 habitants. La population de Koufa était formée d'immigrants arabes venant soit de la région de La Mecque, soit du sud de l'Arabie, Yémen et Hadramaout (8), certains d'entre eux étaient chrétiens ou juifs.
En 655, les habitants de Koufa soutiennent `Alî contre le calife `Uthman (9).
Lorsque `Alî est devenu calife, il a déplacé son quartier général à Koufa pendant qu'il se préparait à la bataille avec Mu`âwîya (10) qui menait une révolte à partir de la Syrie. `Alî fit creuser un puits dans la ville (656).
`Alî a été tué dans à Koufa (661), et enterré dans la ville voisine de Nadjaf. Après l'accession de Mu`âwîya au califat, Koufa est devenue la base des partisans d'`Alî et des kharijites. Plus tard ses habitants abritèrent son fils Husayn (11).
Vers 670, Une digue fut construite pour protéger la ville des crues du fleuve.
En 685, Koufa fut le théâtre de la révolte Kharijite (12) de al-Mukhtâr.
C'est de Koufa que partit la révolution abbasside (13) qui allait renverser les Omeyyades (14) (750).
En 754, le calife abbasside al-Mansûr (15) fit construire la forteresse et creuser un fossé pour entourer la ville. Mais il quitta Koufa pour Bagdad dont il fit sa capitale.
Vers 877, Hamdan Qarmat ben al-Acha`th (16) (???-891) déployait une intense activité dans la région de Koufa. En 917, sous le règne de son fils Abû Tahir (???-932), les Qarmates (17) ont pillé Koufa et Bassora..
Au début du Xe siècle, les Bouyides (18) construisirent non loin de Koufa la nouvelle ville de Nadjaf dont il firent leur capitale. Nadjaf contenait le mausolée d'`Alî. Koufa déclina. La grande mosquée qui existait encore au XIIe siècle est maintenant un chantier de fouilles archéologiques.
Au milieu du VIIIe siècle, la ville devint provisoirement la capitale de Abbassides en attendant la construction de Bagdad. Actuellement, Koufa reste un centre important d'étude, c'est là que s'est développée la calligraphie arabe et le premier style d'écriture arabe : le style coufique (19). Ce style d'écriture, connu plus tard comme le style coufique a commencé un siècle avant la fondation de la ville de Koufa. Le style dérive de l'un des quatre styles arabes préislamiques qui a alors atteint son niveau de perfection décorative.
 
Photo: En haut, calligraphie coufique en jaune. En bas, coufique fleuri.
 
Notes
 
(1) Nadjaf est une ville d'Irak et la capitale de la province de Nadjaf. Elle est située à environ 160 km au sud de Bagdad. Sa population était estimée à 900 600 habitants en 2008.
La ville est un haut lieu de l'islam chiite et le centre du pouvoir politique chiite en Irak. Elle abrite notamment le mausolée d'Ali. Nadjaf est le troisième lieu saint chiite, derrière La Mecque, Médine et devant Kerbala. Sa hawza est la plus importante avec celle de Qom.
Le traité de Amasya, en 1555, transfère Nadjaf de la domination séfévide à celle des Ottomans.
Elle possède la plus importante nécropole du monde qui s'étend sur des kilomètres.
 
(2) L'Euphrate est un fleuve d'Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie, l'un des berceaux de la civilisation.
De type pluvio-nival, son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s'écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m³/s contre un débit moyen de 830 m³/s (à l'entrée en Syrie). En période de crue, il peut atteindre 5 200 m³/s pouvant provoquer de graves inondations. D'une année à l'autre, le volume d'eau varie fortement passant de 15 km³ lors de la sécheresse de 1958-1962 à 58 km³ en 1969.
Autre caractéristique, le débit diminue en traversant les zones sèches en raison de la forte évaporation, en particulier dans les lacs artificiels, et du pompage pour l'irrigation. Ainsi, alors que le volume moyen d'eau entrant en Syrie est de 28 km³ , il tombe à 26 à la frontière irakienne malgré l'apport de trois affluents (1,75 km³) et n'est plus que de 14 à Nassiriya au sud de l'Irak.
L'Euphrate est un sujet de friction entre l'Irak, la Syrie et la Turquie, cette dernière voulant réduire son débit par la construction de nouveaux barrages.
 
(3) Kerbala est une ville d'Irak, située à 100 km au sud-ouest de Bagdad. Sa population en 2003 était de 572 300 habitants. C'est la capitale de la province de Karbala.
Les chiites la considèrent comme leur quatrième lieu saint après La Mecque, Médine et Nadjaf. En 680, lors de la bataille de Kerbala, l'imam Hussein ben Ali a été décapité par les soldats de Yazid Ier parce qu'il venait de refuser de le reconnaître comme calife légitime. Les hommes de Yazid ont montré et fait voltiger sa tête avec joie.
Les célébrations de l'Achoura et de l'Arbaïn commémorant la mort et la décapitation d'Hussein, s'y déroulent chaque année. Achoura est aussi un jour de jeûne qui commémore le jour où Dieu a sauvé Moïse et les enfants d'Israël du pharaon d'Égypte. Les chiites déposent leur front à l'endroit même où Hussein a été décapité.
 
(4) Le chiisme, ou chî`isme, constitue l'une des trois principales branches de l’islam avec le sunnisme et le kharidjisme; il regroupe environ 15 % des musulmans. Les chiites sont souvent appelés péjorativement râfidhites dans les textes du Moyen Âge.
Les figures importantes du chiisme imamite (majoritaire) sont les différents auteurs de référence tels que Al-Kouleini, Al-Majlissi, et plus récemment, Al-Khu'i, Sistani, Khoumeini, etc ...
 
(5) Abû Hafs 'Omar ibn al-Khattab ibn Nufayl al-Qurachî al-'Adawî, Omar ibn al-Khattâb Omar ou Omar Ier surnommé Al-Fârûq fut un compagnon du prophète de l'islam, Mahomet. Il devint le deuxième calife de l'islam en succédant à Abu Bakr en 634. Il faisait partie du clan Banu `Ad de la tribu Quraych. Il est mort assassiné le 4 novembre 644, `Uthman lui a succédé.
 
(6) Les Sassanides règnent sur l'Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que politique et religieux.
Ce fut l'une des deux grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de 400 ans. Fondée par Ardashir qui mit en déroute le dernier roi parthe (arsacide), Artaban IV, elle prit fin lors de la défaite du dernier Roi des Rois Shahanshah, Yazdgard III (632-651). Ce dernier, après 14 ans de lutte, ne parvient pas à repousser le califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l'Empire Sassanide englobait la totalité de l'Iran, Irak, Arménie, Caucase sud (y compris le Daghestan du sud), l'Asie Centrale du sud ouest, l'Afghanistan occidental, des fragments de Turquie, de Syrie, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du Golfe Persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelèrent leur empire Eranshahr, « l'Empire Iranien ».
On considère l'ère sassanide comme l'une des périodes les plus importantes de l'histoire de l'Iran. Sous bien des aspects, elle représente l'accomplissement au plus haut degré de la civilisation perse et fut le dernier grand empire iranien avant la conquête musulmane de la Perse et l'adoption de la religion musulmane. La Perse sassanide eut un impact certain sur la civilisation romaine et les Romains considéraient les Perses sassanides comme leurs égaux ; en témoignent les lettres de l'empereur romain au Shahanshah : « A mon frère... » Leur influence culturelle s'étendit bien au-delà des frontières de l'empire pour atteindre l'Europe de l'Ouest, l'Afrique, la Chine et l'Inde, et joua un rôle dans la formation de l'art médiéval européen et asiatique. Cette influence se perçoit aussi dès l'apparition du monde islamique et lors de la conquête de l'Iran par les musulmans. La culture aristocratique et unique de la dynastie en est la preuve. Abdolhossein Zarrinkoob va même jusqu'à affirmer que ce que l'on appellera ensuite la culture, l'architecture, l'écriture islamique devra beaucoup aux Perses sassanides, pour se propager ensuite dans les autres pays islamisés.
 
(7) Bassorah est la seconde ville d’Irak, après Bagdad, la capitale, avec une population estimée en 2008 à environ 2 300 000 habitants. C'est la capitale de la province d'Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du Golfe Persique et à 550 km de Bagdad.
Le secteur entourant Bassorah jouit de ressources substantielles de pétrole. De nombreux puits pétroliers recouvrent le secteur, et la raffinerie de la ville a une capacité de production de 140 000 Barils/jour. La ville a également un aéroport international.
Un réseau de canaux a traversé la ville, lui donnant le surnom de « Venise du Moyen-Orient ».
Bassora est une région fertile, avec une production importante de riz, de maïs, d’orge, de millet, de blé, de dattes, et de bétail. Pendant longtemps Bassora produisait les dattes les plus succulentes au monde.
Les musulmans de cette région sont principalement membres du chiisme duodécimain. Un grand nombre de sunnites et un nombre restreint de chrétiens vivent également à Bassora. Vivent aussi parmi eux les restes de la secte gnostique préislamique des Mandéens.
 
(8) Le Hadramaout est la région orientale désertique du Yémen.
Située au sud de la péninsule Arabique, elle s'ouvre sur le golfe d'Aden. Elle est frontalière de la région de Dhofar (Oman).
Les sultanats du Hadramaout faisaient partie du protectorat d'Aden, puis du protectorat d'Arabie du Sud jusqu'à leur dissolution dans la nouvelle République populaire du Yémen du Sud en 1967. Cette dernière est intégrée dans la République unitaire du Yémen en 1990.
Véritable plaque tournante du commerce (nous sommes sur la « route de l'encens ») entre l'Arabie, l'Afrique et l'Inde, on retrouve le témoignage de ces influences en architecture dans les oasis de la région. Ces oasis, Shibam (classée au patrimoine mondial de l'UNESCO), Tarim, Seyoun, sont encaissées dans le lit de l'oued éponyme (le wadî hadramawt, le plus long de la péninsule, avec de nombreux affluents) et héberge une agriculture oasienne originale qui s'abreuve de l'infiltration des eaux des inondations rares mais régulières de l'oued.
La capitale de la région et sa plus grande ville est aussi son port : Al Mukalla.
 
(9) `Othman, `Othmân ben `Affân ben al-`Âs ben Amîa ou, plus fréquemment Uthman ibn Affan (579-656), est le troisième calife de l'islam. Il succéda à Abû Bakr puis Omar et régna de 644 à 656.
Selon la tradition, il est le premier Mecquois converti à l'islam. Il s'est converti avant l'hégire et il a participé au premier exil des musulmans en Abyssinie en 620. Ses relations avec Mahomet sont excellentes. Deux des filles de Mahomet et de Khadija , Rukayya et Umm Kulthum avaient épousé deux des fils d'Abû Lahab oncle du Prophète mais opposant à l'islam. Après l'hégire les quraychites demandèrent aux fils d'Abou Lahab de répudier leurs épouses. Rukayya et Umm Kulthum rejoignirent leur père à Médine. `Othman désira Rukayya et Mahomet la lui donna en mariage. Au moment de la grande bataille de Badr, Rukayya était malade et Mahomet permit à `Othman de rester à son côté. Abou Lahab fut tué lors de cette défaite des quraychites. Rukayya décéda brutalement le lendemain. Un peu plus tard `Othmân épousa Umm Kulthum.
Choisi comme calife de préférence à Ali, il suscita des mécontentements autour de lui : d'abord par la confiscation au profit de son clan d'une partie du butin ramené des conquêtes d'Afrique, d'Asie Mineure et de Perse, ensuite en fixant officiellement le texte du Coran.
Sous le califat de 'Othmân, le territoire musulman s'accrut considérablement, notamment en l'an 27 de l'Hégire (649) où de nombreux territoires africains et espagnols furent conquis, mais Othmân se rendit impopulaire dans certaines régions soumises à son autorité notamment à Koufa en Irak en bannissant des habitants et en changeant souvent les gouverneurs de ces régions.
De nouveaux problèmes surgirent : quatre types de divergences apparurent à propos du texte du Coran. 'Othmân décida alors d'officialiser un exemplaire du texte coranique et établit une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres. C'est à cette fin qu'en l'an 25 de l'Hégire (+647), (quinze ans après la mort de Mahomet), il chargea une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran. Ces copies préparées, 'Othmân les fit envoyer en différents points importants du territoire musulman.
Les copies du Coran écrites de nos jours suivent toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette compilation des copies dOthmân, écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-une de ces copies existeraient encore aujourd'hui : l'une se trouverait à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres.
Le matériel qui aurait servi a la compilation a été complètement détruit sur la demande dOthmân. De pieux musulmans et, plus récemment, des scientifiques, s'interrogent sur cette décision, qui rend la reconstitution chronologique de la Révélation très difficile et incertaine.
L'animosité que 'Othmân s'attire se concrétisa par l'envoi d'une délégation égyptienne afin de lui demander un changement de politique. Dans un premier temps 'Othmân accepta, mais, lorsque la délégation retourna à Fustat, elle intercepta le courrier demandant au gouverneur égyptien de les emprisonner à leur retour. La délégation retourna alors à Médine et demanda à 'Othmân d'abdiquer. 'Othmân était le premier calife à considérer son califat comme étant un "sacerdoce", auquel il était impossible de renoncer. Ceci lui coutera la vie.
Il fut assassiné à Médine par une foule de musulmans en colère le 17 juin 656. La population médinoise choisit Ali comme successeur.
 
(10) Muawiya Ier ou Mu`âwiya ibn Abî Sufyân est né en 603. Il est le fils de celui qui a été auparavant l'un des plus farouches adversaires du prophète de l'islam, Mahomet : Abû Sufyân ibn Harb, qui s'est converti à l'islam par la suite et est devenu compagnon du prophète et un valeureux soldat. Il est le premier omeyyade à porter le titre de calife en 661. Il prend ce titre après la mort du cinquième calife, al-Hassan le fils de `Alî. Il meurt en 680, son fils Yazid Ier lui succède. Son nom est parfois orthographie Moabia, Mohabiah, Mauia, Maula ou meme Manua.
 
(11) Abû `Abd Allah al-Husayn ben `Alî Sayyd ach-Chuhâdâ' ou Husayn, Hussein surnommé Sayyd ach-Chuhâdâ (né en 626 - mort en 680 lors de la bataille de Kerbala) est le petit-fils de Mahomet, fils d'Ali et de Fâtima. À la mort de son aîné Hasan en 670, il lui succéda comme troisième imam chiite.
Il épousa Shahr Banû[3] une des filles du dernier empereur sassanide de Perse Yazdgard III.
Les formes équivalentes sont Hossein en persan, Hüseyin en turc et Ousseynou pour l'Afrique noire.
 
(12) Le kharidjisme ou kharijisme est avec le sunnisme et le chiisme l'une des trois principales branches de l'islam. Il se divise à son tour en diverses communautés et tendances.
Cette branche est née du refus de l'arbitrage entre Ali et Mu`âwîya à l'issue de la bataille de Siffin qui les avaient opposés en 657. Cette bataille entre musulmans avait été meurtrière et Ali accepta l'idée d'un arbitrage pour arrêter le bain de sang. En principe partisans d'Ali, les kharidjites se sont retirés et ont condamné les deux camps. Ils ont reproché à Ali de s'être soumis à un arbitrage car « L'arbitrage n'appartient qu'à Dieu ». Cette formule vaut un autre nom au kharidjisme celui de la muhakkima ce qui désigne la communauté de ceux qui prononcent la formule « L'arbitrage n'appartient qu'à Dieu ». Selon eux, une fois accepté par Dieu, le calife n'avait pas le droit de se laisser remettre en question par des humains.
Le clan rebelle était, du point de vue kharidjite, celui de Mu`âwîya qui aurait dû s'incliner devant Ali.
Alors que son intention était de se diriger vers la Syrie pour combattre de nouveau Mu`âwîya, Ali dû combattre les kharidjites à la bataille de Nahrawân près de la ville de Bagdad actuelle en 658. Les kharidjites furent mis en déroute, et beaucoup furent tués, mais après cette victoire son armée refusa de repartir au combat contre Mu`âwîya. Ali retourna à Koufa.
Trois ans plus tard des kharidjites organisèrent le triple meurtre des protagonistes de cet arbitrage. Mu`âwîya à Damas, Ali à Koufa et l'arbitre du conflit `Amrû en Égypte devaient être assassinés le même jour. Ali est mort de ses blessures, Mu`âwîya fut blessé et survécut et `Amrû échappa complètement à l'attentat (661).
Le kharidjisme berbère au début du Moyen Âge était une forme d'opposition aux Arabes (Omeyades, Abbassides et Fatimides).
 
(13) Les Abbassides sont une dynastie de califes sunnites arabes qui gouvernèrent le monde musulman de 750 à 1258. Cette dynastie, fondée par Abû al-`Abbâs As-Saffah, arrive au pouvoir à l'issue d'une véritable révolution menée contre les Omeyyades. Quand les Abbassides triomphent des Omeyyades, ils déplacent le pouvoir de la Syrie vers l'Irak en fondant leur nouvelle capitale, Bagdad (762).
Les Abbassides tirent leur nom de Al-Abbâs, oncle de Mahomet, dont ils sont les descendants, alors que les Omeyyades avaient un lien familial plus lointain avec le prophète de l'islam. Ils veulent un État plus profondément musulman, où les Iraniens convertis à l'islam auront une part égale à celle des Arabes. Au cours de la révolution contre les Omeyyades, leur chef Abû Muslim réunit autour de lui, en plus des Arabes hostiles à la dynastie régnante, des indigènes iraniens, de petites gens, des esclaves enfuis. Il triomphe en 750 à la bataille du Grand Zab, après plus de trois ans de guerre.
 
(14) Les Omeyyades ou Umayyades sont une dynastie de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayya, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque au temps de Mahomet.
Succédant au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, ils prennent Damas comme capitale et fondent le Califat omeyyade, qui devient le plus grand État musulman de l'Histoire. Renversés par les Abbassides, ils fuient en Andalousie et fondent un nouvel État à Cordoue.
 
(15) Al-Mansour (Al-Mansur, Al-Mansûr ou Al-Manzor) est un surnom honorifique (laqab) donné à plusieurs souverains de dynasties musulmanes.
Abû Ja`far al-Mansûr `Abd Allah ben Muhammad al-Imâm surnommé Al-Mansûr est né en 714. Il devint le second calife abbasside en 754 en succédant à son frère Abû al-`Abbâs as-Saffah. Il est mort à La Mecque au cours du pèlerinage le 7 octobre 775. Il y est enterré.
 
(16) Hamdan Qarmat Ibn al-Ach'ath (???- entre 891 et 906) est le fondateur de la secte des Qarmates, un courant dissident de l’ismaélisme, auquel il a donné son nom.
Son surnom Qarmat pourrait venir du terme karmitha (ou karmutha), « villageois », propre à la région et est peut-être d’origine non-arabe. L’interprétation arabophone le rapproche du verbe qarmata « marcher avec des pas rapprochés » ; il a aussi été envisagé qu’il pourrait s’agir d’un surnom araméen (« jambes courtes » ou « yeux rouges »).
Selon la tradition, il était originaire de Koufa dans l’actuel Iraq. Laboureur révolté contre les injustices sociales de l’empire abbasside, il aurait été converti à l’ismaélisme en 874 par le dai (missionnaire) Hussain al-Ahwazi. À la mort de ce dernier, il reprend sa mission avec pour assistants son beau-frère Abdan bin al-Rabit, qui rédigera leurs premiers textes, et Zikrawayh bin Muhrawayh. Il prêche avec un succès certain dans la région de Koufa. Entre 886 et 994, il envoie Abû sa`yid al-Jannabi (???-913) en mission vers le Yémen et Bahreïn, futur siège de l’État qarmate.
Communiquant avec le centre du mouvement ismaélien uniquement par lettres, et du fait de la culture du secret entretenue par la crainte de la répression abbasside, c'est vers 890 seulement qu’il a connaissance des prétentions du fatimide al-Mahdi au califat, qu’il refuse d’accepter : de là date la rupture du mouvement avec les fatimides ismaéliens.
Il disparait peu après lors d’un voyage vers Kalwadha près de Bagdad dont il ne revient pas. Son beau-frère Abdan lui succéda à la tête du mouvement quarmate.
 
(17) Les Qarmates ou (rarement) Karmates sont un courant dissident de l’ismaélisme refusant de reconnaître le fatimide Ubayd Allah al-Mahdî comme imam, actifs surtout au Xe siècle en Iraq, Syrie, Palestine et dans la région de Bahreïn où ils fondèrent un état (~903-1077) aux prétentions égalitaires - mais néanmoins esclavagiste - parfois qualifié de communiste, qui contrôla pendant un siècle la côte d’Oman. Il y eut des Qarmates dans toutes les régions atteintes par les missions ismaélites : Yémen, Sind, Khorasan, Transoxiane, Afrique. Ils entreprirent contre les Abbassides, puis contre les Fatimides, des excursions militaires (dont le sac de la Mecque et Médine en 930) qui leur valurent une réputation de guerriers redoutables.
L’ismaélisme des Qarmates, probablement influencé par le mazdakisme, se distingue par son messianisme, son millénarisme et le radicalisme de sa contestation de l’inégalité sociale entre les hommes libres et de l’ordre religieux exotérique. Louis Massignon voit dans la propagande qarmate la source première du thème des trois imposteurs. Le terme de Qarmate a été appliqué avec une connotation péjorative à l’ensemble des ismaéliens par certains auteurs opposés à ce courant.
 
(18) Bouyides ou Buwayhides ou Buyide ou Bouides.
Nom donné à une dynastie musulmane qui régna en Perse et dans l'Irak-Adjémi (Jibâl) aux Xe et XIe siècles, de (945–1055).
 
(19) Le kufi ou coufique est un style de calligraphie arabe, développé dans la ville de Koufa en Irak. Il s'agit de la plus ancienne forme calligraphique de l'arabe, provenant d'une modification du syriaque ancien. Les premiers exemplaires du Coran sont calligraphiés suivant cette norme. Sous une forme modifiée, plus carrée, on le retrouve sur de nombreux monuments musulmans.