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Kerbala
Quatrième lieu saint pour les chiites, après La Mecque, Médine et Nadjaf

mercredi 21 juillet 2010, par La Rédaction

Kerbala est une ville d'Irak, située à 100 km au sud-ouest de Bagdad. Sa population en 2003 était de 572 300 habitants. C'est la capitale de la province de Karbala.
Les chiites la considèrent comme leur quatrième lieu saint après La Mecque, Médine et Nadjaf. En 680, lors de la bataille de Kerbala (1), l'imam Hussein ben Ali (2) a été décapité par les soldats de Yazid Ier (3) parce qu'il venait de refuser de le reconnaître comme calife légitime. Les hommes de Yazid ont montré et fait voltiger sa tête avec joie.
Les célébrations de l'Achoura (4) et de l'Arbaïn (5) commémorant la mort et la décapitation d'Hussein, s'y déroulent chaque année. Achoura est aussi un jour de jeûne qui commémore le jour où Dieu a sauvé Moïse et les enfants d'Israël du pharaon d'Égypte. Les chiites déposent leur front à l'endroit même où Hussein a été décapité.
Une grande bataille a eu lieu en 680.
Le traité de Amasya, en 1555, transfère Kerbala, ainsi que Nadjaf, de la domination séfévide (6) à celle des Ottomans (7).
Le 21 avril 1802, Abdelaziz ben Saoud à la tête des wahhabites (8) envahit l'Irak, prend et pille Kerbala. Iconoclastes, ils y détruisent des sanctuaires, dont celui de l'imam Hussein ainsi que son tombeau. Entre 2 000 et 3 000 habitants sont tués.
 
Notes
 
(1) La Bataille de Kerbala eu lieu le 10 octobre 680 en Irak. Dans le calendrier musulman c'est le 10 de muharram 61 A.H.. La commémoration de cette bataille est le deuil chiite d'`Achoura. Cette commémoration se célèbre tous les 10 muharram, c’est-à-dire en suivant le calendrier lunaire et non pas le calendrier julien.
La bataille opposa la puissante armée du calife omeyyade Yazîd Ier contre l'armée des partisans de l'imam Husayn, petit-fils de Mahomet, qui se réduisait à 72 hommes et enfants.
En 680, à la mort de Mu`âwiya, le nouveau calife omeyyade Yazid Ier s'est vu refuser le serment d'allégeance de la part de quatre personnes : Husayn fils d'Ali, Abd Allah ben az-Zubayr, `Abd Allah fils d'Umar et `Abd ar-Rahman fils d'Abu Bakr.
Husayn est à La Mecque, les habitants de Koufa l'invitent à venir les rejoindre, par prudence il y envoie en éclaireur son cousin aveugle Muslim dont le père, Aqil, frère d'Ali, avait rallié le camp des Omeyyades. Les habitants de Koufa viennent en nombre faire allégeance à Husayn auprès de Muslim ben Aqil. les habitants de Koufa insistent pour que Husayn vienne les rejoindre. Le calife intime l'ordre à `Ubayd Allah ben Ziyâd de réprimer l'agitation chiite provoquée par la popularité grandissante de Husayn à Koufa. `Ubayd Allah qui est à Bassora confie la ville à son frère `Uthman et part pour Koufa. Il arrête Muslim ben Aqil et le fait décapiter en public.
Husayn ignore les évènements qui se déroulent à Koufa. Il part de la Mecque pour Koufa. En chemin il croise une caravane qui transporte les impôts du Yémen vers Damas. Husayn s'en empare. `Ubayd Allah est prévenu du départ d’Husayn et part à sa rencontre. Husayn campe près d'Al-Qâdisiyya, des habitants de Koufa le mettent en garde en lui apprenant les évènements qui viennent de se passer. Husayn continue sa route jusqu'à Kerbala
L'armée conduite par `Ubayd Allah rencontre le groupe mené par Husayn à Kerbala. `Ubayd Allah exige que Husayn prête serment d'allégeance à Yazîd. Husayn obtient le sursis d'un jour pour donner sa réponse. Pendant cette journée Husayn prépare ses armes pour le combat.
Le premier tué fut Qâsim âgé de dix ans fils de Hasan. Il fut coupé en deux d'un coup de sabre. Le cheval de Husayn tomba touché par une flèche. Husayn s'assit par terre mais les soldats ennemis n'osèrent pas le tuer, ne voulant pas être responsable de la mort du petit-fils du Prophète. Abdallah, un des fils de Husayn âgé d'un an, pleurait. Husayn le prit dans ses bras, mais une flèche atteignit l'enfant à l'oreille et celui-ci fut tué sur le coup. Affaibli par la soif, Husayn voulut boire dans l'Euphrate, une flèche l'atteignit à la bouche. Sept ou huit hommes se jetèrent sur lui. L'un d'entre eux le transperça de sa lance dans le dos. Un autre le décapita lorsqu'il fut à terre. D'autres lui enlevèrent ses vêtements et ses armes. On pilla la tente d'Husayn, on déchira les vêtements des femmes, mais on fit grâce à `Alî Zayn al-Abidin le fils de Husayn qui était resté dans la tente parce qu'il était malade.
Le crâne de Husayn fut envoyé par `Ubayd Allah à Yazîd. Ce crâne fut conservé un temps dans une annexe de la mosquée de Damas. Il fut emporté à Ascalon au moment des croisades, puis au Caire.
La bataille de Kerbala est le lieu du martyr de Husayn et de sa famille. Le divorce entre les chiites et les Omeyyades est consommé. Certains Omeyyades ne sont pas aussi honni que l'est Yazid, comme par exemple Umar ben Abd al-Aziz. S'ils ne peuvent pas prétendre représenter l'orthodoxie religieuse à cette époque, pour s'opposer à leurs prétentions, il n'y a encore aucune des grandes écoles juridiques qui n'apparaissent qu'après la prise du pouvoir par les Abbassides. Les fidèles subissent leur dictature, elle sera renversée en 750 par les Abbassides.
La théologie chiite va développer un martyrologe complètement étranger au sunnisme. Durant le mois de Mouharram, une forme de mortification va s’installer dans le chiisme qui peut être rapprochée de certaines formes d’ascèse catholique : auto-flagellation, souffrances auto-infligées. Voir Festival du Mouharram
Une forme théâtrale originale, le tazieh, va se développer aussi autour du « massacre » de Kerbala. Ce théâtre peut être comparé aux passions qui se jouaient sur les parvis des églises au moment de Pâques au Moyen Âge.
 
(2) Abû `Abd Allah al-Husayn ben `Alî Sayyd ach-Chuhâdâ' ou Husayn, Hussein surnommé Sayyd ach-Chuhâdâ (né en 626 - mort en 680 lors de la bataille de Kerbala) est le petit-fils de Mahomet, fils d'Ali et de Fâtima. À la mort de son aîné Hasan en 670, il lui succéda comme troisième imam chiite.
Il épousa Shahr Banû une des filles du dernier empereur sassanide de Perse Yazdgard III.
Les formes équivalentes sont Hossein en persan, Hüseyin en turc et Ousseynou pour l'Afrique noire.
 
(3) Abû Khalid Yazid ben Muawiya ou Yazid Ier (645 - 683) fut le second calife omeyyade. Il succéda à son père Muawiya Ier en 680.
L'événement le plus important de son règne fut la bataille de Kerbala, au cours de laquelle Hussein, fils d'Ali et petit fils de Mahomet fut tué par l'armée de Yazid. Les chiites haïssent Yazid et le considèrent comme responsable direct de la mort de Hussein. Les sunnites sont partagés à son sujet. Certains contestent l'authenticité des faits qui lui sont attribués.
 
(4) L'Achoura est un évènement religieux des pays musulmans. Il est appelé Tamkharit au Sénégal.
Instituée par Mahomet, avant l'introduction du jeûne du ramadan, il s'agit d'une période de jeûne de deux jours, dont le second, le 10 de mouharram, a donné le nom à l'événement : le nombre 10 se disant ʿašara. Ce jeûne était calqué sur le jeûne juif de Yom Kippour, institué au dixième jour du septième mois et Mahomet l'a étendu également au 9 pour éviter que soient confondues les fêtes musulmane et juive.
Voyant les juifs s'adonner à un jour de jeûne, Mahomet, leur en demanda la signification (selon la version la plus répandue du hadith) ; ceux-ci répondirent qu'ils commémoraient ainsi la sortie d'Égypte des Hébreux sous la conduite de Moïse ; se réclamant des anciens prophètes bibliques Mahomet affirma être plus en droit de jeûner ce jour.
Ce que commémore l'Achoura est variable, selon les hadiths pris en compte : l'accostage de l'Arche de Noé, Adam quittant le paradis céleste. Depuis l'introduction du jeûne du ramadan, quelques années après, ce jeûne est devenu facultatif et l'évènement est aujourd'hui l'occasion de deux jours de jeûne purificateurs dans le monde musulman.
À cette signification initiale, le chiisme ajoute la commémoration du massacre de l'imam Husayn et de 72 membres de sa famille et partisans par le califat omeyyade à Kerbala en Irak. Elle a lieu le 10e jour du mois musulman de mouharram et le deuil se poursuit pendant 40 jours jusqu'à l'Arbaïn.
C'est à Kerbala en Irak qu'a lieu le pèlerinage principal.
En Iran, l'Achoura est commémorée par le Tazieh (ta’azīyah), un genre théâtral qui rejoue le massacre de l'imam Husayn.
 
(5) L'Arbaïn est un deuil religieux chiite. Elle marque la fin du deuil de l'assassinat à Kerbala Irak de l'imam Hussein ben Ali. La commémoration de la mort de celui-ci a lieu le 10e jour du mois musulman de mouharram, lors du jour de Achoura.
L'Arbaïn a lieu 40 jours après l'Achoura, le 20 du mois musulman de safar. La ville de Kerbala en Irak, troisième lieu saint du chiisme, est le lieu où se trouve la tombe de l'imam Hussein assassiné par le calife omeyyade Yazid ben Muawiya.
 
(6) La dynastie des Séfévides ou Safavides régna sur l'Iran de 1501 à 1736. Succédant aux Timourides, ils sont la première dynastie iranienne totalement indépendante à régner sur l'Iran depuis près de 1000 ans. Les Safavides sont à l'origine membres d'un ordre religieux soufi militant, les Qizilbash, mais ils se convertissent au chiisme duodécimain sous l'autorité de leur premier souverain, Ismaïl Ier (1487-1524). À partir de 1508, Ismaïl règne sur l'ensemble des territoires auparavant dominés par les Aq Qoyunlu, des turcophones. À partir de 1510, les Séfévides, dont la montée en puissance va de pair avec la création d'une théocratie dirigée par le shah, s'opposent à l'est aux Ouzbeks dirigés par Mohamed Shaybani, et à l'ouest aux Ottomans, défenseurs du sunnisme. La dynastie atteint son apogée sous Abbas Ier le Grand, chah de 1588 à 1629, qui sépare les fonctions religieuses et politiques de l'empire, et met en place une garde personnelle composée d'esclaves islamisés, les ghulams, afin de contrer la puissance des tribus qizilbashs. Avec l'Empire ottoman et l'Empire moghol, les Séfévides sont alors l'une des trois grandes puissances du monde musulman, qui entretient des contacts avec les souverains européens, désireux d'établir une alliance contre la Sublime Porte.
 
(7) L’Empire ottoman est un empire qui a existé de 1299 à 1922 (soit 623 ans). Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie. Fondé par un clan turcique oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait au faîte de sa puissance sur trois continents : toute l'Anatolie, le haut-plateau arménien, les Balkans, le pourtour de la mer Noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la péninsule Arabique et l'Afrique du Nord (à l'exception du Maroc).
 
(8) Le wahhabisme est une doctrine islamique issue du hanbalisme et fondée vers 1745 par Mohammed ibn Abd el-Wahhâb (1703 - 1792). L'intention de ce dernier était de ramener l'islam à sa pureté d'origine. Ses fidèles rejettent toute tradition extérieure au Coran et à la sunna et refusent le culte des saints.