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Baalbek
« Ville du Soleil »

lundi 26 juillet 2010, par La Rédaction

Baalbek est l’ancienne Héliopolis des Romains. Aujourd’hui, la ville moderne, chef-lieu du district de Baalbek, au Liban, compte environ 80 000 habitants.
La ville antique, située dans le nord de la plaine de la Békaa (1), est composée de ruines de l’époque gréco-romaine, avec des traces plus anciennes de l’époque sémitique. Le site figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Le complexe de trois temples géants laissé par les Romains comprend :
Le temple de Bacchus (2), un des temples les mieux conservés du monde gréco-romain, le temple de Jupiter (3) dont il reste six colonnes de granite et le temple de Vénus (4).
L’histoire de Baalbek remonte au moins à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Baalbek était une ville phénicienne florissante où était célébré le culte de Baal (5), le dieu de l'orage et de la pluie chez les [Phéniciens - cananeens]. À cette époque, le culte s’adressait donc à cette divinité orientale : Baal, dieu de la foudre qui donnait aussi les pluies bienfaisantes,et qui formait avec Astarte (6), sa paredre feminine le couple divin le plus populaire dans la zone phenico-cananeene.
La ville fut ensuite appelée Héliopolis, « Ville du Soleil ». Selon certaines hypothèses, ce nom fut donné au Baalbek de l’époque hellénistique, car les Grecs identifiaient Hélios (7), dieu du Soleil, à Hadad. D’autres affirment que la ville antique reçut ce nom à l’époque romaine, lorsque Marc-Antoine (8) la concéda à Cléopâtre (9). Les vestiges visibles remontent surtout à l’époque romaine.
La ville fut conçue sur un plan classique. Les rues s’y organisèrent en damier sur la base de deux grandes artères, le decumanus et le cardo. Le site comporte trois sanctuaires principaux : ceux de Jupiter, de Bacchus et de Vénus, bâtis par les empereurs Néron (10), Trajan (11), Hadrien (12) et Antonin le Pieux (13).
C’est pour montrer la toute puissance de l’Empire romain (14) qu’Auguste (15) décida la construction d’un grand sanctuaire à Héliopolis. Les travaux commencés sous son règne, vers 14 av. J.-C., se prolongèrent pourtant jusqu’à la fin du IIe siècle. Le sanctuaire fut bâti en conformité avec les principes caractérisant l’architecture religieuse romaine, et les éléments du décor furent empruntés au répertoire ornemental gréco-romain, mais l’organisation tint compte des usages religieux de l’Orient. À titre d’exemple, les autels de Baalbek étaient beaucoup plus importants que ceux des sanctuaires romains. De même, les temples comportent des escaliers, à côté de leur entrée principale, qui permettent d’accéder au toit. Ceci servait sans doute à des activités culturelles orientales. Or, ce genre d’escaliers n’existe pas dans les temples romains.
À l’époque romaine donc, les cultes orientaux originaux se transformèrent en cultes mystiques destinés à consacrer la renaissance après la mort. Dans ce contexte, le sanctuaire de Bacchus commença à connaître un grand succès, notamment dans les cités de la côte phénicienne. Puis, les mystères de Bacchus conquirent Rome. Cette évolution fit donc qu’Adonis fut assimilé à Bacchus, et non à Hermès (16), et amena à lui dédier un grand temple dont la décoration intérieure comporte maintes allusions à sa personnalité divine.
Plusieurs tremblements de terre, destructions et autres constructions médiévales firent perdre à Baalbek une partie de sa splendeur ancienne. Le dernier grand tremblement de terre date de 1759, et fit s’effondrer trois des neuf colonnes du temple de Jupiter. Le festival d’été de Baalbek, qui a commencé en 1955, a pourtant fait revivre la Ville du Soleil.
Le site archéologique fut transformé en citadelle arabe. Une mosquée fut construite sur le site à l’aide de pierres trouvées sur place; les murs du temple de Jupiter furent déplacés de quelques mètres pour en faire une formidable muraille.
Le sanctuaire de Bacchus, construit au IIe siècle, est le mieux conservé. On y pénètre par un escalier à trois volées, comme dans le temple de Jupiter. Le temple lui-même est périptère. Bien que de dimensions inférieures à celles du temple de Jupiter (69 mètres de long sur 36 de large avec des colonnes hautes de 22 mètres), il figure, lui aussi, parmi les plus grands temples du monde romain. Il se composait d’un pronaos (17) précédé de huit colonnes et d’une cella (18), entourée de demi-colonnes, comportant au fond un escalier menant à un adyton (19) où trônait la statue du dieu. Ses 42 colonnes hautes de 8 mètres supportent un entablement relié au mur de la cella par d’énormes dalles. Sur l’un d’entre eux qui est à terre, on voit un serpent mordre Cléopâtre. Ce portail très fin est classé parmi les plus beaux du monde romain. À l’angle sud-est du temple, se dresse une tour mamelouke (20) datant du XVe siècle. Elle servait de résidence au gouverneur de la citadelle. Derrière le mur fortifié et le temple, se trouve encore une mosquée remontant au temps des Ayyoubides (21).
La grande cour ou la cour des sacrifices, très étendue (134 et 112 mètres), était entourée d’un élégant portique dans lequel s’ouvraient quatre exèdres semi-circulaires et huit rectangulaires. Au centre de ce vaste espace, s’élevaient un autel pour les sacrifices et une tour flanquée de deux colonnes de granit rouge et gris dont il ne reste que de rares vestiges. La tour servait probablement de lieu utilisé par les pèlerins pour suivre les cérémonies. Elle fut détruite vers la fin du IVe siècle pour donner place à une basilique chrétienne qui fut, elle aussi, détruite à une époque ultérieure. Il ne reste de la basilique (22) que quelques parcelles de l’autel, notamment des parties en bois qui abritaient les fidèles ainsi que de grandes parties du portique et de ses éléments décoratifs.
À côté de la cour des sacrifices, la cour hexagonale de50 mètres de long, à ciel ouvert, construite dans la première moitié du IIIe siècle, était entourée à l’origine d'un portique de 30 colonnes et de quatre exèdres rectangulaires richement décorés.
Cette cour fut également transformée en église dédiée à la Sainte Vierge entre la fin du IVe et le début du Ve siècle. La ville est un ancien évêché.
Le temple de Jupiter, le plus ancien, fut construit en plusieurs étapes. Le temple était déjà bien avancé sous Néron, mais l’ensemble ne fut achevé et inauguré qu’au IIIe siècle. On y accède par un propylée (23) : un escalier monumental conduit à un portique à douze colonnes encadré de deux tours. Selon une inscription latine, un légionnaire aurait fait recouvrir d’or l’un des deux chapiteaux des colonnes. Par un escalier monumental à trois volées, les prêtres atteignaient le temple de Jupiter dont ne subsistent que 6 colonnes, hautes de vingt-deux mètres, avec une base de 2 mètres 20 de diamètre. Ce temple est le plus grand (88 mètres sur 48) de tout le monde romain. Il était probablement périptère, avec dix colonnes en façade et dix-neuf sur les longs côtés. Si son plan intérieur était similaire à celui du temple de Bacchus, il comportait un pronaos précédé de huit colonnes et d’une cella.
Le temple de Vénus se caractérise par l’originalité de son plan circulaire ainsi que par l’harmonie de ses formes, dans une cité dont les autres sanctuaires sont marqués par le gigantisme. Dans une carrière située près de la cité, on peut d’ailleurs découvrir la plus grande pierre taillée au monde : 21 m de long, 4,5 m en hauteur et largeur pour une masse d’environ 1 200 tonnes.
La zone verte de Baalbek est connue sous le nom de Ras El Ayn; il s’agit d’une grande zone verte formée d’un boulevard ovale.
Le Festival international de Baalbek, est un grand événement culturel, organisé en été.
Des activités culturelles ont organisées dans les ruines romaines à partir de 1955. En 1956, gérée par des bénévoles, l’association prend le nom officiel de « Festival international de Baalbek ». Cette institution, soutenue par le président de la République de l’époque, Camille Chamoun, devient alors une des institutions officielles du gouvernement dont la mission est de promouvoir la vie culturelle et touristique du pays. En 1966, le festival fonde une école d’art dramatique dans le but de promouvoir le théâtre libanais.
En vingt ans, le Festival international de Baalbek a acquis une renommée internationale et les artistes du monde entier viennent s'y produire.
Les activités du Festival international de Baalbek ont été interrompues en 1975, durant la guerre civile, jusqu'à la reprise, en 1997.
 
Notes
 
(1) La plaine de la Bekaa est un plateau situé dans la partie orientale du Liban, entre les chaînes du Mont-Liban et de l'anti-Liban, à une altitude moyenne d'environ 900 mètres. Elle couvre 4 000 kilomètres carrés, soit plus du tiers de la surface du Liban.
Baalbek marque la séparation entre, au nord, le bassin de l'Oronte (Nahr al-Assi en arabe), et au sud le bassin du Litani.
Le nord (vallée de l'Oronte) est une région semi-aride à aride menacée de désertification. Le centre et le sud bénéficient de ressources en eau plus abondantes. La plaine s'étend sur 120 km sur une largeur de 8 à 14 km.
Elle produit des céréales, de la vigne, de la betterave, de la pomme de terre, du coton, du chanvre et des fruits dans les régions irriguées.
(2) Bacchus est un Dieu romain correspondant à Dionysos dans la mythologie grecque, beaucoup plus ancien. Les Romains l'ont adopté, comme beaucoup d'autres divinités étrangères dans la mythologie romaine, en l'assimilant avec le vieux dieu italique Liber Pater.
C'est le dieu du vin, de l'ivresse, des débordements, notamment sexuels, ainsi que de la nature.
Priape est un de ses compagnons favoris. Les fêtes de Bacchus s'appellent les bacchanales.
 
(3) Jupiter, en latin Juppiter, est le dieu romain du Ciel. Il est aussi le père des dieux. Il a pour attributs l'aigle et le foudre (nom masculin dans ce cas). Il est assimilé à Zeus chez les Grecs et à Dyaus Pitar chez les Hindous.
 
(4) Vénus est la déesse de l'amour, de la séduction et de la beauté dans la mythologie romaine. Elle est équivalente à la grecque Aphrodite et à l'étrusque Turan. Elle semble dériver de la déesse appelée Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Akkadiens et Babyloniens, Astarté ou Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, et Ashtart en langue punico-phénicienne.
Les autres figures pouvant correspondre à Vénus sont : Tlahuizcalpantecuhtli dans la mythologie aztèque, Kukulcan dans la mythologie maya et Freyja dans la mythologie nordique.
Elle est la déesse de la beauté, est la mère de Eros, dieu de l'amour, et d 'Enée. C'est la femme de Vulcain ( dieu de la métalurgie, dieu forgeron ... ) , mais elle le trompe avec son frère, Mars, ( dieu de la guerre.)
Assimilée à l'Aphrodite grecque à partir du IIe siècle av. J.-C., elle était célébrée sous de multiples formes dans la Rome impériale.
 
(5) Baal ou Ba'al est un dieu phénicien qui, sous les dynasties des Ramsès, est assimilé dans la mythologie égyptienne à Seth et à Montou.
 
(6) Astarté est une divinité de la mythologie Cananéenne.
 
(7) Dans la mythologie grecque, Hélios est le fils du Titan Hypérion et de sa sœur Théia, ou selon l’Hymne homérique qui lui est consacré, d'Euryphaessa, également sa sœur. Il est le frère de Séléné et d'Éos.
Personnification du Soleil, Hélios est progressivement assimilé à Apollon, dieu de la musique et des arts. Dans la mythologie romaine, il correspond à Sol.
 
(8) Marc Antoine (Marcus Antonius), né en -83 et mort en -30, est un homme politique et un général romain. Il est le fils de Marcus Antonius Creticus et le petit-fils du consul Marcus Antonius Orator.
 
(9) Cléopâtre VII Théa Philopator  est une reine d'Égypte antique de la famille des Lagides qui gouverne son pays entre -51 et -30, successivement avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV puis avec le général romain Marc Antoine. Elle est connue pour ses relations avec Jules César et Marc Antoine.
Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même, et le tragique de sa mort n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, sans doute la femme la plus célèbre de l'Antiquité.
 
(10) NéronLucius Domitius Ahenobarbus le 15 décembre 37 et mort le 9 juin 68, est le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne ; il règna de 54 à 68.
Néron accède au trône le 13 octobre 54, à la mort de son grand-oncle et père adoptif Claude (Claudius), Empereur de Rome. En 66, il ajouta le titre Imperator à son nom. Il fut dépossédé de son pouvoir en 68 et se suicida assisté de son scribe Epaphroditos.
Certains historiens débattent encore aujourd'hui de la folie, réelle ou mise en scène, de Néron.
 
(11) Trajan est un empereur romain né probablement le 18 septembre 53 à Italica en Bétique (Espagne actuelle), mort entre le 7 août 117 et le 9 août 117 à Seliki (Cilicie). Il régna de janvier 98 jusqu'à sa mort. Son règne (98-117) marque l'apogée de l'Empire romain.
Trajan est le premier empereur romain originaire d'une province et non de Rome même ou de l'Italie ; il est considéré traditionnellement par l'historiographie des sénateurs romains comme le meilleur des empereurs. Après le récent règne de Domitien marqué par les persécutions et exécutions de sénateurs romains, et la fin de la dynastie des Flaviens, le court règne de Nerva et surtout celui de Trajan marquent le fondement de la dynastie des Antonins. Avec la conquête de l'Arménie, de la Mésopotamie et surtout de la Dacie, l'empire romain a connu, sous son règne, sa plus grande extension. De plus il étend sa domination sur la plus grande surface territoriale jamais atteinte par l'empire romain. Sur le plan intérieur, Trajan s'attache à renforcer la romanisation des provinces de l'empire.
 
(12) Hadrien né le 24 janvier 76 à Italica et mort le 10 juillet 138 à Baïes, est un empereur romain de la dynastie des Antonins. Il succède en 117 à Trajan et règne jusqu'à sa mort. Empereur humaniste, lettré, poète, philosophe à la réputation pacifique, il rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières.
Les principales sources sur sa vie et son règne sont les Vies des Césars du sénateur Marius Maximus et l’Histoire de Rome de Dion Cassius. Tous deux écrivent au début du IIIe siècle. La première œuvre, rédigée à la suite de la Vie des douze Césars de Suétone, est aujourd'hui disparue ; elle est abondamment reprise, sous une forme très condensée, par la Vie d'Hadrien qui ouvre l’Histoire Auguste. Le livre 69 de la seconde œuvre, qui traite du règne d'Hadrien, n'a survécu que par fragments et un abrégé byzantin.
 
(13) Antonin le Pieux (19 septembre 86 à Lanuvium, Latium – 7 mars 161) est un empereur romain, qui régna de 138 à 161. Par son père (Titus Aurelius Fulvus, consul en 89) et son grand-père (Titus Aurelius Fulvus, consul en 85), il est originaire de Nemausus (Nîmes).
 
(14) L’Empire romain est la période post-républicaine de la civilisation de la Rome antique, caractérisée par une forme autocratique du gouvernement et une grande exploitation territoriale en Europe et tout autour de la Méditerranée. L’expression est utilisée pour décrire l’État romain pendant et après l’époque du premier empereur, Auguste. L'Empire romain succède à la République romaine, vieille de 500 ans (509 av. J.-C. – 27 av. J.-C.) et affaiblie par la guerre civile. En effet, elle fut affaiblie par le conflit entre Marius et Sylla ainsi que par la guerre civile opposant Jules César à Pompée et Octave à Antoine. Durant ces troubles des centaines de sénateurs sont assassinés ou bien, morts de vieillesse. Le Sénat romain sera repeuplé de partisans du premier triumvirat puis par ceux du second triumvirat. Plusieurs évènements sont communément proposés pour marquer la transition entre la République et l’Empire. L’accession de Caïus Iulius Caesar au poste de dictateur perpétuel en 44 av. J.-C; la victoire d'Octave (ou Octavien) à la bataille d'Actium le 2 septembre 31 av. J.-C. ; ou encore lorsque le Sénat gratifie Octave du titre d'Auguste (empereur) le 16 janvier 27 av. J.-C.
Le terme latin d’Imperium Romanum (Empire romain) est probablement le plus connu quand le mot imperium dénote un territoire, toutes les parties du monde alors connu étant sous la loi romaine. L’expansion romaine commence à l’époque de la République, mais atteint son apogée sous l’empereur Trajan. À ce pic territorial, l’Empire romain contrôlait approximativement 6.500.000 km² de territoire. Parce que l’Empire romain fut vaste et durable, l’influence de Rome sur les langues, la religion, l’architecture, la philosophie, la loi et le mode de gouvernement à travers le monde continue jusqu’à ce jour.
À la fin du IIIe siècle de notre ère, Dioclétien établit la pratique de la division de l’autorité entre deux empereurs, un dans la partie occidentale de l’Empire (la partie occidentale décline et disparaît durant le Ve et le VIe siècle siècles) et l’autre dans sa partie orientale, afin de mieux gérer le vaste territoire. Durant les siècles suivants, la pratique continua, avec à quelques occasions, la présence d’un seul empereur assumant un contrôle complet de l’Empire. Cependant, après la mort de Théodose en 395, jamais plus aucun empereur unique n'eut la suprématie sur l’Empire. L’Empire romain d'Occident disparut le 4 septembre 476, étant donné que c'est la date à laquelle Romulus Augustule fut contraint à abdiquer par Odoacre. L’Empire romain d’Orient ou Empire byzantin continua d’exister jusqu’en 1453 avec la prise de Constantinople par les Turcs ottomans de Mehmed II. C’est la raison pour laquelle il est difficile de donner une date exacte pour la fin de l’Empire.
 
(15) Auguste d'abord appelé Octave puis Octavien, né le 23 septembre 63 av. J.-C. et mort le 19 août 14 ap. J.-C. est le premier empereur romain.
 
(16) Dans la mythologie grecque, Hermès  est une des divinités de l'Olympe. Il est le dieu du commerce, le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, des voleurs, qui guide les héros, de la chance, le conducteur des âmes aux Enfers, le messager des dieux (plus particulièrement de Zeus), et l'inventeur des poids et des mesures. Il correspond au Mercure des Romains.
 
(17) Le pronaos (du grec ancien τὸ προνάον), littéralement « l'espace situé devant le temple », désigne le vestibule ou l'entrée d'un temple. Il possède normalement la même largeur que le naos qu'il prolonge dans le même axe. Ses parois latérales peuvent être soit des murs soit des supports isolés (piliers, colonnes). Son ouverture peut prendre toute la largeur de l'édifice ou une partie seulement (porte). Elle est le plus souvent constituée d'une colonnade soit in antis soit prostyle, de deux à huit colonnes.
 
(18) La cella (mot dérivé du latin celare, cacher et qui désigne un local fermé) est la partie close du temple étrusque puis du temple romain, généralement de forme rectangulaire, parfois ronde (par exemple le temple de Vesta ou le Panthéon de Rome). Elle s’ouvre sur l’avant du temple par une porte à deux battants.
La cella d’un temple romain abrite généralement la statue de la divinité à laquelle le temple est consacré et éventuellement d’autres dieux ou déesses liés à la précédente. Seuls les prêtres ont accès à l’intérieur de la cella qui reste invisible du public. Toutefois, durant certaines cérémonies, les portes du temple sont ouvertes, pour que la divinité puisse voir et exercer son pouvoir protecteur sur l’extérieur.
 
(19) L'adyton (en grec ancien τὸ ἄδυτον, littéralement « lieu dans lequel on ne peut entrer ») est un terme d'architecture qui désigne dans un temple grec antique un espace réservé à certaines fonctions, la plupart du temps religieuses. Il s'agit en général une pièce située soit en arrière du naos, soit emboîtée dans le naos lui-même, mais qui peut aussi être souterraine (on parlera alors de crypte) ou au contraire surélevée sur podium.
 
(20) Les mamelouks sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, qui, à de nombreuses reprises, a occupé le pouvoir par elle-même.
En Égypte, ils sont issus de la garde servile du sultan ayyoubide qu'ils renversèrent en 1250 à l'occasion de la septième croisade. L'histoire de cette dynastie non héréditaire se divise en deux lignées, les Bahrites (1250-1382) et les Burjites (1382-1517). Ils régnèrent sur l'Égypte, la Syrie et le Hedjaz, vainquirent les Mongols à Aïn Jalut (1260), devinrent les protecteurs des Abbassides rescapés, dont ils recueillirent un descendant à qui ils donnèrent le titre de calife. Ils conquirent les dernières possessions des Francs au Levant. Les Ottomans mirent fin à cette dynastie en 1517.
 
(21) La dynastie musulmane des Ayyoubides ou Ayyubides est une famille d’origine kurde et descendante d’Ayyoub. A l’origine ce sont des officiers des émirs Zengi puis Nur ad-Din. Ensuite, Saladin prend le pouvoir en Égypte en 1170, puis unifie la Syrie contre les Francs, avant de conquérir la plus grande partie des états latins d’Orient. Après lui, les sultans Al-Adel et Al-Kamil règnent en Egypte jusqu’en 1250, tandis que d’autres princes ayyoubides se succèdent en Syrie jusqu’en 1260 et au Yémen jusqu’en 1229.
 
(22) Dans l'Église catholique, une basilique est une église privilégiée.
On distingue les basiliques majeures (quatre églises de Rome) et les basiliques mineures. Les basiliques majeures et certaines basiliques mineures possèdent le titre de basilique et les privilèges qui y sont attachés depuis des temps immémoriaux. Les autres les doivent à une décision du pape.
Par extension, d'autres églises remarquables sont également appelées basiliques (par exemple Sainte-Sophie à Constantinople).
Le prêtre qui exerce son ministère dans une basilique porte le titre de recteur ou recteur-archiprêtre si celle-ci est également une cathédrale.
 
(23) Un propylée est à l'origine un vestibule conduisant à un sanctuaire. Aujourd'hui on l'emploie au pluriel, il désigne un accès monumental. C'est la porte d'entrée d'un sanctuaire, la séparation entre un lieu profane (la cité) et un monde divin (le sanctuaire).
Le plus célèbre exemple de propylée est celui de l'Acropole d'Athènes, réalisé par Mnésiclès de 437 à 432 av. J.-C., dans le cadre des grands travaux de Périclès après les guerres médiques. Il est composé d'un vestibule central et de deux ailes de chaque côté. À l'Est et à l'Ouest, il est flanqué de deux portiques avec six colonnes doriques. L'aile nord se nomme la pinacothèque et était une salle de banquet et d'exposition d'œuvres d'art.