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Al-Rhazi
Il fut le premier à diagnostiquer la rougeole et la variole, à en décrire exactement les symptômes et à en établir les traitements.

lundi 23 août 2010, par La Rédaction

D’origine perse, Abu Bakr Mohammed ibn Zakaria al Rhazi naquit à Ray près de Téhéran vraisemblablement autour de l’an 864 et travailla principalement à Ray et Bagdad. Il était à la fois mathématicien, physicien, (al)chimiste, philosophe, juriste et lettré. Ce ne fut qu’à 40 ans qu’il commença à étudier la Médecine auprès d’Ishaq ibn Hunain.
 
Particulièrement influencé par les travaux et les méthodes d’Hippocrate, il allait bientôt devenir un des meilleurs cliniciens de l’époque. Ses compétences lui vaudront d’être nommé chef de l’hôpital de Ray puis chef de l’hôpital de Bagdad construit sous le califat d’al Muqtadir.
Sa renommée était telle que l’on venait de très loin pour le consulter ou suivre ses cours.
On lui doit aussi de nombreux travaux dans les domaines de la gynécologie, de l’obstétrique et de l’ophtalmologie chirurgicale.
Il préconisait une observation clinique minutieuse de l’évolution de la maladie en fonction des traitements appliqués. Mais il insistait aussi pour que dans le même temps, on étudie parallèlement l’évolution physique et psychologique du malade. En effet, il serait peut être le premier à avoir mis en évidence ce que l’on qualifie maintenant de maladies psychosomatiques.
Il insistait aussi sur l’importance de noter soigneusement tous les résultats des traitements appliqués.
Il fut le premier à diagnostiquer la rougeole et la variole, à en décrire exactement les symptômes et à en établir les traitements.
Dans son étude de la variole, al-Rhazi fut le premier à faire la distinction entre cette maladie spécifique et les nombreuses autres fièvres éruptives dont l’homme pouvait être victime. En découvrant les symptômes cliniques de la variole, il permit aux praticiens d’en faire le diagnostic et de prévoir le cours de la maladie. Il a également indiqué un traitement pour les indispositions légères, qui a subi peu de changement depuis son époque.
Il préconisait une thérapeutique douce, nourriture saine et soins attentifs qui avait alors à peu près le même sens qu’aujourd'hui : repos, hygiène et calme.
Bien qu’al-Razi ne sût rien de l’existence des microbes, il avait eu l’intuition de principes d’hygiène très en avance sur son temps. Pour apprécier sa perspicacité en ce domaine, il convient de se souvenir qu’il vivait en un monde où la contagion était si grande et la malpropreté si répandue qu’elles passaient presque inaperçues, et les maladies infectieuses décimaient des millions d’hommes. Dans des conditions d’hygiène aussi déplorables, le Calife lui demanda un jour de choisir dans Bagdad le meilleur emplacement pour un nouvel hôpital. Il utilisa alors une méthode dont l’élégance et la simplicité ne peuvent que forcer l’admiration. Avant de se décider, il suspendit des morceaux de viande en divers endroits de la ville, puis choisit le lieu où la viande s’était putréfiée le moins rapidement.
Autre démarche beaucoup plus remarquable, il conseillait de tester les médicaments sur les animaux avant de les appliquer aux hommes.
Il fut le premier à diagnostiquer la paralysie faciale et surtout à en distinguer les deux grandes causes : d’une part celle due à un traumatisme provoqué au cerveau et d’autre part celle due à des causes purement locales.
Dans le domaine de l’anatomie, on lui doit une excellente description des ramifications des nerfs dans la cage thoracique… ce qui laisserait supposer qu’il ait pu pratiquer des dissections, bien que ces dernières aient été rigoureusement interdites.
Parmi tous les ouvrages de médecine qu’il écrivit, il convient de citer :
Le " Kitab al Hawi ", une énorme encyclopédie comportant de nombreux extraits des travaux des Grecs et des Hindous mais aussi beaucoup de recherches personnelles. Malheureusement cet ouvrage ne fut jamais publié et seuls quelques extraits manuscrits en subsistent.
Plus étonnant peut être son " Kitab al Fuqaraa " qui était le livre de la médecine des pauvres. Il y décrivait simplement les maladies et leurs symptômes et indiquait des traitements à base de régimes alimentaires peu coûteux plutôt que par des médications très onéreuses, voire ruineuses. Il y avait là une véritable innovation en la matière.
Le " Kitab al Judari Wal Hassaba ", une monographie remarquable sur la rougeole et la variole et qui constitue une des pièces maîtresse de la Médecine arabe à cette époque.
On lui attribue enfin quelques écrits sur la peste.
Ce fut aussi sans conteste un chimiste de génie. Véritable précurseur, il jeta les bases de la Chimie expérimentale. On lui doit la description précise de 25 instruments de base pour travailler dans ce domaine ainsi que la manière de les utiliser. Il s’était fait une spécialité de la préparation des acides, en particulier l’acide sulfurique qu’il appelait " huile de vitriol ". Il parvenait à obtenir de l’alcool par distillation, alcool qu’il utilisait dans ses médications car il tenta toujours d’appliquer à la Médecine ses découvertes en Chimie. Toutes ces connaissances en ce domaine sont rapportées dans le " Al Asrar fil Kimiyae " (Les Secrets de la Chimie).
C’est à lui que l’on doit la classification des éléments de la nature en trois règnes : minéral, végétal et animal. Cette classification parfaite et incontestable a d’ailleurs toujours cours de nos jours. Il s’essaya aussi à une tentative de classification des substances minérales.
Il était aussi un physicien qui se livra à des études sur la gravité au moyen de balances hydrostatiques (al Mizan al Tabi’i).
Comme beaucoup, il s’intéressa aussi à l’Astronomie et dans son " Kitab Hayatul Aalam " (Aspects de l’Univers), il exprima des opinions assez révolutionnaires pour son temps, affirmant entre autres que la Terre tournait sur elle-même autour de deux axes, que le Soleil était bien plus grand que la Terre et qu’au contraire la Lune était bien plus petite.
Encore convient-il d’ajouter à tous ces écrits des ouvrages de Pharmacie et de Jurisprudence.
Outre les nombreux ouvrages déjà cités, il rédigea une véritable encyclopédie, le " Kitab al Mansuri ", une compilation en dix livres de la Science grecque.
Il serait mort à Bagdad en 932.
Il restera avant tout le plus grand clinicien arabe de son temps.