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Béchir au Darfour après la décision de la CPI et l’expulsion d’ONG

samedi 7 mars 2009, par La Rédaction

Le président soudanais Omar el-Béchir se rend au Darfour dimanche quatre jours à peine après le mandat d’arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale (CPI) et l’expulsion d’une dizaine d’ONG offrant une aide essentielle à plus d’un million de personnes.
Les autorités ont confirmé samedi la visite du président à El-Facher et Nyala, deux plus grandes villes du Darfour de l’ouest soudanais en proie à la guerre civile depuis 2003 qui a fait 300.000 morts selon l’ONU, mais 10.000 selon Khartoum, en plus de 2,7 millions de déplacés.
La CPI a délivré le 4 mars un mandat d’arrêt contre M. Béchir pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour, mais ce dernier y a répondu avec force en décidant d’expulser 13 des plus importantes ONG actives au Darfour.
"Si quelqu’un veut nous combattre, il ne devrait pas passer par des résolutions du Conseil de sécurité ou la CPI, mais plutôt venir sur notre sol pour se battre", a lancé samedi M. Béchir pointant une lance dans les airs lors d’un discours à Khartoum devant des partisans venus du Sud-Soudan.
"Les ONG expulsées sont des voleurs. Elles gardent 99% des fonds pour elles-mêmes et ne donnent qu’un pour cent à la population du Darfour", a encore accusé le président soudanais vêtu d’un costume traditionnel de chef tribal du Sud-Soudan, et coiffé d’un chapeau de plumes.
La décision de Khartoum allait priver de nourriture, d’eau potable et de soins de santé plus d’un million de personnes au Darfour, ont indiqué des responsables onusiens.
La population du Darfour "ne sera pas affectée" par le départ de ces ONG, a affirmé le ministre soudanais de l’Information, Zahaoui Ibrahim Malik, précisant que l’absence d’ONG internationales allait être comblée par des organisations locales.
"Ce n’est pas possible, dans un délai raisonnable, de remplacer la capacité et l’expertise que ces ONG ont fournies sur une longue période", ont néanmoins souligné les agences de l’ONU au Soudan dans un communiqué.
Quelque 85 ONG internationales sont actives au Darfour, mais les 13 expulsées "comptent pour plus de la moitié de la capacité des opérations humanitaires au Darfour", ont regretté ces agences.
En fait, plusieurs ONG mettent en oeuvre des programmes des agences de l’ONU, dont l’américaine Care qui distribue une partie importante de la nourriture acheminée au Darfour par le Programme alimentaire mondial (PAM).
"En expulsant ces organisations, c’est comme si l’on s’attaquait de facto à l’ONU", a déclaré à l’AFP un humanitaire sous le couvert de l’anonymat. La décision de Khartoum accroît à court terme la pression sur les ONG sur le terrain qui devront faire davantage sans bénéficier de plus de moyens.
"C’est une question de jours ou de semaines" avant que la situation n’atteigne un point critique, a affirmé à l’AFP un autre humanitaire.
Des responsables onusiens craignent des mouvements de population massifs dans le Darfour si les services essentiels ne sont pas assurés dans les camps, ce qui pourrait augmenter l’exposition des civils aux combats entre les rebelles et l’armée soudanaise.
Des personnes vivant dans des camps au Darfour pourraient aussi tenter de franchir la frontière avec le Tchad voisin où vivent des centaines de milliers de réfugiés darfouris.
Enfin, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa est arrivé samedi soir à Khartoum pour discuter avec M. Béchir de la marche à suivre "pour faire face à la décision de la CPI", selon son adjoint.

Situation au Soudan : discussions infructueuses au Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité a de nouveau constaté vendredi ses désaccords sur les moyens de faire face à la situation au Soudan, après l’émission d’un mandat d’arrêt contre le président Omar el-Béchir par la CPI et l’expulsion des ONG du Darfour.
Selon les diplomates occidentaux, les membres du Conseil ont exprimé unanimement leur "préoccupation" devant la situation humanitaire très précaire créée au Darfour par l’expulsion de 13 ONG internationales par Khartoum, en réponse au mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre M. Béchir pour crimes de guerre dans cette province.
Mais ils n’ont pu s’entendre sur une déclaration appelant Khartoum à revenir sur cette décision.
"Il n’y aura pas de déclaration", a indiqué à la presse l’ambassadeur de Grande-Bretagne à l’ONU, John Sawers, à l’issue d’une séance de consultations à huis clos, précisant que les cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) n’avaient pu se mettre d’accord.
Selon un diplomate qui a souhaité garder l’anonymat, la Chine a refusé d’approuver un texte demandant à Khartoum de revenir sur sa décision, s’il n’exprimait pas en contre-partie la "préoccupation" du Conseil après l’émission du mandat d’arrêt contre M. Béchir.
La réunion avait été convoquée par la Libye, qui assume ce mois-ci la présidence tournante du Conseil.
Le chargé d’affaires libyen, Ibrahim Dabbashi, a indiqué avoir informé le Conseil de la décision conjointe de l’Union africaine (UA) et de la Ligue arabe d’envoyer une délégation de haut niveau à l’ONU afin de demander à nouveau au Conseil de sécurité de suspendre la procédure de la CPI contre M. Béchir, afin de ne pas compromettre le processus de paix au Soudan.
Le Conseil a en effet la possibilité d’agir ainsi en adoptant une résolution invoquant l’article 16 du Statut de Rome qui a créé la CPI. Mais les partisans d’un tel recours n’ont pas les neuf voix requises au Conseil de sécurité pour adopter une telle résolution, les pays occidentaux y étant opposés au nom de la lutte contre l’impunité.
M. Dabbashi n’a pu dire avec précision quand cette délégation, qui sera de niveau ministériel, viendrait à New York, avançant les dates du 15 ou du 16 mars.
Les craintes d’une catastrophe humanitaire au Darfour étaient vives vendredi après la décision du Soudan d’expulser les ONG, l’ONU avertissant que des milliers de personnes risquaient la mort.

Bachir accuse les ONG de se comporter comme des "voleurs"

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a justifié samedi sa décision d’expulser les ONG de son pays, affirmant que les membres de ces organisations étaient des "voleurs".
Le chef de l’Etat soudanais, objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a participé à une nouvelle manifestation organisée par ses partisans dans la capitale Khartoum.
Bachir avait annoncé, au lendemain de l’émission du mandat d’arrêt mardi, qu’il ordonnait le départ de 13 organisations humanitaires internationales qui opèrent notamment dans la région du Darfour.
"Ces organisations humanitaires sont simplement des voleurs," a-t-il lancé à la foule. "Ils prennent 99% de l’argent et ils n’en laissent qu’un pour cent sur le terrain."
Bachir a également exprimé tout le mépris qu’il pouvait éprouver pour les mesures judiciaires dont il est l’objet de la part de la CPI.
"Si des gens veulent s’en prendre à nous, ils feraient mieux de ne pas adopter des décisions au Conseil de sécurité de l’Onu ou à la CPI. Ils feraient mieux de venir ici et de nous affronter face à face", a-t-il déclaré.
Le ministre soudanais de l’Information a annoncé que Bachir va continuer à rassembler ses partisans avec une visite au Darfour dimanche.
Dans la journée, le parti au pouvoir dans la région semi-autonome du Sud-Soudan avait exhorté le gouvernement de Khartoum à revenir sur sa décision d’expulser les organisations humanitaires.
"Les personnes déplacées au Darfour sont dépendantes de ces organisations humanitaires. Cela pourrait être catastrophique (...) Nous espérons qu’ils vont changer d’avis", a déclaré le porte-parole du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) Yien Matthew.
Le porte-parole du SPLM a précisé que le chef d’Etat soudanais n’avait pas consulté les autorités du Sud-Soudan avant de prendre sa décision mais connaissait leur opposition.
Il s’agit des premiers commentaires d’un parti soudanais sur ces expulsions que de les Occidentaux et les Nations unies ont fermement condamnées en raison des risques d’aggravation de la situation de centaines de milliers de réfugiés.
Après deux décennies de guerre civile, le SPLM est aux affaires dans le Sud semi-autonome et fait partie de la coalition de gouvernement à Khartoum avec le Parti du congrès national de Bachir.
Il avait maintenu jusqu’à lors une position ambiguë sur la procédure engagée par la CPI, affirmant que Khartoum devait coopérer avec l’autorité judiciaire de La Haye, mais sans dire à quel niveau.

Tunis appelle à la suspension du mandat d’arrêt contre le président soudanais

La Tunisie a exprimé samedi son "profond regret" à la suite du mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar El-Béchir, appelant à la suspension de l’application de cette décision.
Dans un communiqué diffusé par l’agence officielle TAP, le ministère tunisien des Affaires étrangères estime qu’une telle suspension devrait ouvrir la voie à la poursuite des efforts déployés à l’échelle internationale et régionale pour "aller de l’avant dans le processus de règlement de la crise du Darfour sur la base du respect de la souveraineté du Soudan et de son intégrité territoriale".
Tunis se dit "préoccupée" par la décision de la CPI qu’elle considère comme "un précédent dangereux pour la souveraineté des Etats et une menace pour la stabilité et la sécurité de ce pays".
La CPI a lancé son mandat d’arrêt contre le président soudanais pour "crime contre l’humanité" au Darfour, une région de l’ouest du Soudan ravagée par une guerre civile depuis plusieurs années.
Trois partis d’opposition tunisiens avaient auparavant dénoncé la décision de la CPI qui, selon eux, est sous-tendue par des "visées colonialistes" et des velléités de "fractionnement" du Soudan.

( Samedi, 07 mars 2009 - Avec les agences de presse )

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