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Une Union pour la Méditerranée entre la vie et la mort

mardi 16 novembre 2010, par La Rédaction

C’était pourtant une belle idée. S’il n’est pas encore mort, le malade est à l’agonie. Lundi, pour la seconde fois, la France et l’Égypte, qui président toutes deux aux destinées de l’Union pour la Méditerranée (UPM), et l’Espagne, puissance invitante du sommet des chefs d’État prévu à Barcelone le 21 novembre, se sont résolues à annoncer son report.
Ce nouveau coup dur était attendu. L’UPM est ce projet ambitieux né le 13 juillet 2008, à Paris, à l’initiative de Nicolas Sarkozy. Le président français est convaincu que le Maghreb est l’arrière-cour de l’Europe et que les deux rives de la Méditerranée sont liées pour le meilleur et pour le pire. À leur arrivée à l’Élysée, Nicolas Sarkozy et son conseiller Henri Guaino avaient donc imaginé qu’en créant un ensemble regroupant les pays du pourtour méditerranéen, on parviendrait à dynamiser la rive sud et à la sortir de ses blocages politiques. La mise en oeuvre de grands projets communs devait créer une nouvelle dynamique économique, revitaliser le dialogue euro-méditerranéen lancé à Barcelone en 1995 et, là était le premier objectif de l’Élysée, faciliter la relance d’un dialogue israélo-arabe.
La réalité a été différente. Nicolas Sarkozy a dû d’abord gérer toute affaire cessante la mauvaise humeur allemande, Angela Merkel - qui n’est pourtant pas méditerranéenne - n’acceptant pas d’être exclue du nouveau club qui compte désormais les 27 pays de l’UE, en plus de la Turquie, d’Israël et de 14 pays arabes. Cette question réglée, comme le furent (plus ou moins) les réticences d’une Turquie inquiète en imaginant que l’UPM n’était qu’un nouvel habillage pour lui faire oublier qu’elle demandait à adhérer à l’UE, restait la plus difficile.
Le principal handicap de l’UPM ? Croire que le partenariat économique pourrait faire oublier aux pays arabes - ou du moins les aiderait à faire passer au second plan - le conflit israélo-palestinien. Tel est le blocage numéro un depuis dix-huit mois et la cause du report du sommet du 7 juin au 21 novembre. Optimistes au début de l’été, Madrid, Paris et Le Caire avaient espéré qu’à l’automne, les négociations entre Israéliens et Palestiniens auraient fait suffisamment de progrès pour que tous acceptent de s’asseoir autour de la même table.
Or la situation empire. Après l’offensive israélienne à Gaza, la nomination d’un ministre israélien des Affaires étrangères d’extrême droite, Avigdor Lieberman, avec lequel les chefs des diplomaties arabes refusent de siéger, et l’arraisonnement de la flottille turque pour Gaza, la reprise des constructions dans les colonies de Cisjordanie a gelé les pourparlers israélo-palestiniens. Rien ne permet d’envisager que la situation change rapidement. Aussi, les projets concrets sur les autoroutes de la Méditerranée, la dépollution, l’eau, l’environnement, etc. peuvent commencer à voir le jour, l’UPM, elle, risque d’y laisser la vie. Comme le processus de Barcelone avant elle.
( Par Mireille Duteil )

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