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Elections en Egypte : nouvelles accusations de fraude, les islamistes vers une déroute

lundi 29 novembre 2010, par La Rédaction

L’opposition islamiste en Egypte s’attendait à être laminée lors des élections législatives, dont le premier tour s’est tenu dimanche dans un climat de fraude et de violence dénoncé dans la presse et par des observateurs.
Le dépouillement s’est poursuivi lundi, avant la publication mardi des résultats dont nul ne doute qu’ils seront très bons pour le Parti national démocrate (PND) du président Hosni Moubarak.
Frères musulmans, principale force d’opposition avec 88 sièges dans l’Assemblée sortante, ont indiqué lundi qu’ils n’auraient pas d’élu au premier tour, et ne comptaient être présents que dans une vingtaine de circonscriptions lors du second tour le 5 décembre.
La confrérie a mis sa déroute annoncée sur le compte d’élections "truquées" par le pouvoir, qui ne cache pas depuis des mois sa volonté d’affaiblir la représentation parlementaire islamiste avant l’élection présidentielle de 2011.
La presse et des observateurs indépendants ont fait état lundi de très nombreux cas de fraude et violences en tous genres lors du premier tour.
Le quotidien indépendant Chourouq citait largement le témoignage d’un juge de la région de Guizeh, près du Caire, affirmant avoir vu des officiers de police remplir eux-mêmes les urnes.
Plusieurs journaux et des observateurs ont fait état de deux à quatre morts dans des affrontements entre militants, ou provoqués par des hommes de main recrutés par des candidats, une pratique fréquente en Egypte.
Des photos de manifestations violentes et de policiers tirant des gaz lacrymogènes étaient en Une de plusieurs titres.
"Ces élections ont un goût de sang et une odeur de poudre. Les citoyens ont été sacrifiés pour que le PND reste au pouvoir", a affirmé la Coalition indépendante pour l’observation des élections.
Cette fédération d’observateurs non-gouvernementaux égyptiens a diffusé un dossier décrivant en détail 83 cas d’irrégularités ou de violences, dans treize des trente gouvernorats d’Egypte. Le PND est mis en cause dans un grand nombre de cas, mais des candidats indépendants ou d’autres partis sont aussi cités.
L’organisation américaine Human Rights Watch a elle aussi dénoncé les conditions dans lesquelles le scrutin s’est tenu.
"L’exclusion répétée de représentants de l’opposition et d’observateurs des bureaux de vote, de même que les informations faisant état de violence et de fraude, suggèrent que les citoyens n’ont pas pu prendre part à des élections libres", écrit un responsable de HRW, Joe Stork, dans un communiqué.
Le ministre de l’Information, Anas el-Fekki, s’est en revanche félicité dans un communiqué du "haut degré de transparence" du scrutin. Il a assuré que les incidents, "limités", n’avaient "pas affecté la conduite générale et l’intégrité de l’élection".
La police a confirmé qu’un homme était mort dans le Sinaï (nord-est), tué par balle dans un bureau de vote par des inconnus, mais assuré que les autres morts rapportées n’étaient pas liées au scrutin.
Sans surprise, le parti du président Moubarak est donné à l’avance largement gagnant de cette élection.
Avant même les premiers résultats, le journal gouvernemental Al-Ahram annonçait lundi que "le PND devance les autres" et Al-Dostour (indépendant) assurait que tous les ministres qui se sont présentés seront élus.
Les Frères musulmans, officiellement interdits, ont présenté des candidats sous l’étiquette d’"indépendants". Ils avaient remporté un cinquième des sièges en 2005.

(Lundi, 29 novembre 2010 - Avec les agences de presse)

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