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L’Union africaine veut un arrêt de la procédure de la CPI contre Omar el-Béchir

lundi 9 mars 2009, par La Rédaction

L’Union africaine, a réaffirmé lundi le président de la Commission de l’UA Jean Ping, souhaite que le Conseil de sécurité des Nations unies interrompe la procédure engagée par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir.
"Assez avec ces gens" de la CPI, a lancé M. Ping au cours d’une conférence de presse à Khartoum, où il s’est auparavant entretenu avec le président el-Béchir.
Pour la première fois de son histoire, la CPI a lancé le 4 mars un mandat d’arrêt international contre un chef d’Etat en exercice, Omar el-Béchir, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour.
De nombreux pays africains ont apporté leur soutien au président soudanais, estimant que le mandat d’arrêt lancé par la CPI risque de déstabiliser un peu plus la région.

Libéré, l’opposant Tourabi affirme son soutien à la CPI contre Béchir

L’opposant islamiste soudanais Hassan al-Tourabi, sitôt libéré de prison, a apporté lundi son soutien à la Cour pénale internationale (CPI) dans son bras de fer contre le président Omar el-Béchir.
"Les rapports internationaux doivent être régis par la justice. On doit accepter la justice internationale que ce soit contre nous ou pour nous", a déclaré à l’AFP Hassan al-Tourabi dans sa résidence de Manshia, en banlieue de Khartoum, au lendemain de sa libération surprise.
"J’ai lu le mémo d’Ocampo (le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo), c’est très substantiel. Je savais qu’il n’allait pas être rejeté complètement" par les juges, a-t-il précisé alors que des dizaines de fidèles se rassemblaient dans sa maison pour saluer le cheikh, barbe et tunique immaculées.
Un mandat d’arrêt a été lancé mercredi dernier par la CPI contre le président soudanais Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre et contre l’humanité, pour son rôle présumé dans les violences au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.
La quasi-totalité de la classe politique soudanaise a dit soutenir le président Béchir dans son combat contre la justice internationale, a l’exception notable de M. Tourabi et des membres de sa formation d’opposition, le Parti du Congrès populaire (PCP).
Tourabi avait été arrêté à la mi-janvier après avoir affirmé à des médias internationaux que le président soudanais, dont il fut un mentor, était "politiquement coupable" de crimes commis au Darfour.
Il avait aussi estimé, ce qu’il a maintenu à sa sortie de prison, que l’homme fort du régime devait se rendre de son propre chef devant la CPI qui siège à la Haye, aux Pays-bas.
La famille de Tourabi a annoncé sa sortie de la prison de Port-Soudan, sur la côte de la mer Rouge, dans la nuit de dimanche à lundi, mais les raisons de sa libération demeurent nébuleuses.
Selon ses proches, la santé du cheikh de 77 ans s’était détériorée depuis une semaine, mais le principal intéressé est apparu radieux, sa voix étant seulement un peu enrouée.
Est-ce le président el-Béchir qui a décrété sa libération ? "Personne ne sait dans ce pays qui prend les décisions. Jusqu’à 21H00 hier (dimanche) soir il n’y avait pas de décision", dit-il, tirant à boulets rouges contre son ancien allié.
M. Béchir a participé depuis une semaine à de grands rassemblements politiques, pourfendant le "néo-colonialisme" occidental dont la Cour pénale internationale est, selon lui, un instrument.
"C’est un spectacle de propagande", rétorque Tourabi, interrogé sur les manifestations d’appui au président. "Nous connaissons exactement le sentiment de la population", affirme-t-il sans plus de précisions.
Hassan al-Tourabi a été emprisonné à plusieurs reprises par le passé, accusé de menées putschistes ou de liens avec Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour.
Le JEM avait mené une attaque sans précédent en mai sur la ville jumelle de Khartoum, Omdurman, mais avait été repoussé par les forces de sécurité soudanaises.

L’Onu doute du Soudan pour remplacer les ONG expulsées

Les Nations unies ont émis lundi des doutes quant à la capacité des autorités soudanaises à prendre le relais des ONG étrangères expulsées par Khartoum en représailles au mandat d’arrestation lancé par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du président Omar al Bachir pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Après ces expulsions, qui visent 13 ONG humanitaires, l’ambassadeur du Soudan à l’Onu avait assuré que son gouvernement n’aurait aucun mal à les remplacer dans la distribution de l’aide.
Tel n’est pas l’avis du secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des Affaires humanitaires, John Holmes, qui a déclaré : "Le système des Nations unies, tout comme les ONG (...) et le gouvernement (soudanais), n’a pas la capacité de remplacer toutes les activités mises en place (au Darfour), certainement pas à court et moyen terme", a-t-il dit à la presse.
C’est pourquoi, a-t-il ajouté, "le défi est si intimidant en cas de confirmation de la décision des autorités de Khartoum".
Selon lui, les 13 ONG chassées par le Soudan représentent environ la moitié des capacités d’aide humanitaire au Darfour.
La semaine dernière, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu, avait prédit que la décision du Soudan, si elle était maintenue, entraînerait "des dégâts irrévocables" dans cette région du nord-ouest du Soudan ravagée par la guerre civile et des exactions où quelque 4,7 millions de personnes dépendent de l’assistance.
Ban, a précisé son porte-parole, envisage d’intercéder personnellement à un moment donné auprès de Bachir pour le prier de revenir sur sa décision d’expulser les ONG.

( Lundi, 09 mars 2009 - Avec les agences de presse )

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