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Enquête Hariri : le Premier ministre libanais face aux pression du Hezbollah

vendredi 10 décembre 2010, par La Rédaction

Le Premier ministre libanais Saad Hariri est confronté à un choix cornélien face aux pressions du puissant parti Hezbollah pour qu’il désavoue le tribunal de l’ONU en charge de désigner les assassins de son père Rafic Hariri, estiment des analystes.
"On lui demande de choisir entre la vérité, le sang de son père, et la stabilité du pays. Sa situation n’est pas du tout enviable", affirme à l’AFP Fadia Kiwane, directrice du département de sciences politiques à l’Université Saint Joseph de Beyrouth.
Propulsé sur le devant de la scène politique après l’attentat contre l’ancien Premier ministre à Beyrouth en 2005, le jeune Saad Hariri, 40 ans, pourrait être amené à faire des choix difficiles, selon les experts.
"Il est dans l’embarras car depuis l’assassinat, il a mobilisé le monde entier pour mettre en place le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), maintenant, on veut qu’il annule la procédure", dit Mme Kiwane.
Le Hezbollah, le plus puissant mouvement armé au Liban, dit s’attendre à être mis en accusation par ce tribunal mis en place par l’ONU en 2007, une possibilité largement anticipée par les médias.
Le greffier du TSL a annoncé jeudi que l’acte d’accusation allait être présenté "très, très bientôt". Au Liban, on craint qu’une mise en cause du mouvement chiite ne déstabilise le pays.
Le "Parti de Dieu" accuse le TSL de faire partie d’un "complot israélo-américain" visant à le détruire et mène une campagne acharnée pour le discréditer. Il affirme aussi que M. Hariri est "le seul" qui puisse empêcher une accusation du Hezbollah.
"C’est vraiment un choix cornélien", affirme à l’AFP une source diplomatique à Beyrouth. "Il est vulnérable tellement sa marge de manoeuvre est limitée".
"On ne peut pas moralement demander à Saad Hariri de faire cette concession, ni de rejeter une décision dont il ignore le contenu. C’est du suicide politique", estime Sahar al-Atrache, analyste à Beyrouth auprès de l’institut de recherche International Crisis Group (ICG).
En même temps, ajoute-t-elle, "s’il ne fait pas de concessions, s’il continue dans cette tactique dilatoire, ce n’est pas certain que cela sera dans son intérêt", précise-t-elle.
Depuis quelques mois, l’Arabie saoudite, qui soutient Saad Hariri, et la Syrie, soutien du Hezbollah, tentent de trouver une "issue" à une situation potentiellement explosive, en vain.
"Non, le Premier ministre ne renoncera pas à la justice. Il s’agit de l’assassinat d’un être cher", assure à l’AFP un responsable proche de M. Hariri.
"Mais il tient également à la paix civile au Liban. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le pays d’être entraîné vers un conflit", souligne-t-il sous couvert de l’anonymat.
"Nous avons enduré et endurons, comme Rafic Hariri, la diffamation, les cris et les insultes, afin de continuer à travailler dans l’intérêt du Liban et ses citoyens", a souligné jeudi le chef du gouvernement.
Parmi les scénarios avancés par la presse, une solution serait de donner des "garanties" au Hezbollah que son arsenal, pomme de discorde au Liban, reste "intouchable" ou encore de qualifier les membres impliqués du Hezbollah d’"indisciplinés".
M. Hariri, qui reste très populaire pour son public, devra préparer ses partisans avant de faire un nouveau compromis, estiment les analystes.
En devenant Premier ministre en 2009, il avait déjà opéré un revirement en enterrant la hache de guerre avec la Syrie, qu’il avait auparavant accusée d’avoir commandité le meurtre de son père.
"Il prendra certainement une décision amère", dit Mme Kiwane. "Soit il claquera la porte, soit il préparera ses partisans psychologiquement", estime Mme Kiwane. "C’est comme un piège qui s’est refermé sur lui".

(Vendredi, 10 décembre 2010 - Avec les agences de presse)

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