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Noir sur blanc

mardi 25 janvier 2011, par La Rédaction

Noir sur blanc
Documentaire de Günter Wallraff, Pagonis Pagonakis, Suzanne ­Jäger et Gerhard Schmidt (Allemagne, 2009). 85 mn. Inédit.
Mardi 25 janvier 2011 à 20h40 sur Arte

Sous le nom de Kwami Ogonno, un immigré somalien maîtrisant bien l’allemand, qu’il aurait appris à l’Institut Goethe de Dar es-Saalam, Günter Wallraff parcourt l’Allemagne. Il se mêle incognito aux fans déchaînés d’une équipe de football, s’efforce de louer un appartement, un jardin ouvrier ou une place de camping, cherche du travail, prend les transports en commun berlinois et invite une femme à danser. Bref, il tente de mener une vie normale dans son pays « d’accueil ». Et bien mal lui en prend dans la plupart des cas ! De la discrimination grossière à la menace physique en passant par tous les registres de l’insulte, le citoyen allemand lambda offre à la caméra cachée de Günter Wallraff une image dévastatrice, pleine de racisme ordinaire et de violence larvée.

***

« L’Afrique est aux singes, l’Europe est aux Blancs. »

A l’entrée de la boîte de nuit bavaroise, Kwami, avec sa peau noire, n’est pas franchement le bienvenu. Pas plus qu’au camping où il veut installer sa caravane, au stade de foot ou parmi les promeneurs du club de randonnée... Kwami, vous le connaissez. C’est Günter Wallraff, ce journaliste spécialiste des « immersions » déguisées. En 1983, déjà, il éprouvait le racisme de la société allemande en se faisant une tête de turc, celle d’Ali, un travailleur sans papiers. Vingt-cinq ans plus tard, il renouvelle l’expérience, sillonnant cette fois-ci l’Allemagne sous les traits d’un réfugié somalien (1).
Maquillage, perruque, lentilles de couleur : la transformation physique, visible au début du documentaire, est spectaculaire. On pense à l’expérience menée par l’Américain John Griffin (Dans la peau d’un Noir) à la fin des années 1950. Equipé d’une caméra cachée dans un bouton de chemise, Kwami-Wallraff subit discriminations, humiliations et surtout préjugés...
De la location d’un appartement à l’achat d’une montre, les séquences de « testing », quelquefois extrêmement brèves, se juxtaposent, telles des tranchettes de vie quotidienne où le racisme s’exprime sans fard. Le journaliste-transformiste ne se livre qu’à de rares commentaires, constats plutôt désenchantés à l’heure du démaquillage de fin de journée. Le carnet de route, parfois un peu décousu, souffre de la piètre qualité des images, tournées pour la plupart à la dérobée. Méthode radicale qui permet de capter, à nu, la xénophobie décomplexée d’une société ruminant encore et toujours ses soupçons à l’égard des étrangers. ( Virginie Félix - Télérama )

(1) Reportage retranscrit dans Parmi les perdants du meilleur des mondes, le dernier livre de Wallraff paru au printemps 2010 (éd. La Découverte).

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