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Jordanie : rupture entre le gouvernement et les islamistes, appel au départ du Premier ministre

samedi 26 mars 2011, par La Rédaction

La rupture semble scellée en Jordanie entre le gouvernement et les islamistes : le Premier ministre les accuse de "recevoir des ordres de l’Egypte et de la Syrie", tandis que le principal mouvement d’opposition appelle à sa chute, après la mort d’un manifestant vendredi.
Par ailleurs, Islamistes, partisans de gauche et le groupe "des jeunes du 24 mars", ont demandé le limogeage du Premier ministre, Maarouf Bakhit.
Cheikh Hamzeh Mansour, chef du principal parti d’opposition, le Front de l’Action islamique (FAI), branche politique des Frères musulmans avait appelé vendredi dans une déclaration à l’AFP au "limogeage de M. Maarouf Bakhit". Il a répété cet appel samedi pendant une conférence de presse.
"Ce gouvernement doit être limogé (...) ceux qui font couler le sang des citoyens perdent leur légitimité", a-t-il dit.
Un appel repris par le groupe des "jeunes du 24 mars".
"Nous demandons que soient limogés le Premier ministre, le chef des Renseignements, le chef de la Gendarmerie et leurs adjoints, et qu’ils soient jugés", a affirmé l’un de leurs représentants, Firas Mahaddine.
La confrérie des Frères musulmans, dont le guide suprême se trouve en Egypte, jouissait historiquement de relations privilégiées avec le pouvoir jordanien, qui lui a assurée une protection dans les années 50 et 80 lorsque ses membres étaient persécutés en Egypte et en Syrie.
En retour, les Frères musulmans avaient fait preuve de loyauté envers les Hachémites, la famille régnante.
Sur un ton inhabituel, le Premier ministre Maarouf Bakhit les a accusés vendredi soir de "recevoir des instructions de dirigeants des Frères musulmans d’Egypte et de Syrie", estimant que leur refus du dialogue signifie leur choix "du chaos" dans le pays.
"Cessez de jouer avec le feu (...), cessez de cacher vos véritables intentions", a-t-il martelé à l’adresse des islamistes, dans des déclarations à la télévision jordanienne.
Ces violences, les premières de ce genre depuis les déclenchement des protestations il y a trois mois, ont fait un mort et 130 blessés, dont trois se trouvent dans un état critique.
Elles sont intervenues au moment où le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates s’entretenait en Jordanie avec le roi Abdallah II.
Le manifestant décédé, Khairy Jamil Saad, âgé de 55 ans, est mort à l’hôpital Hamzeh d’Amman.
Sa famille refuse de l’enterrer avant d’obtenir des excuses officielles et la démission du ministre de l’Intérieur, a déclaré samedi son fils à l’AFP.
Nasser Saad, 34 ans, a expliqué que son père, Khairy Jamil Saad, 55 ans, et lui se trouvaient sur la place du rassemblement des "jeunes du 24 mars" lorsque "la gendarmerie (les) a attaqués". Il a affirmé que son père "avait reçu plusieurs coups sur le corps qui ont mené à son décès", démentant la thèse officielle de la "crise cardiaque".
Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Saad Hayel Srour, a annoncé l’ouverture d’une enquête "pour déterminer les responsables des violences.
La police a démonté vendredi le camp des "jeunes du 24 mars", un groupe rassemblant différentes tendances y compris des islamistes, qui campaient depuis jeudi pour réclamer des réformes.
Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement "ne permettra plus dorénavant des rassemblements qui entravent la circulation, portent atteinte aux libertés des autres et affectent leur gagne-pain".
Après les violences, 15 membres de la Commission de dialogue national, mise en place par le gouvernement pour lancer des réformes politiques et boudée par les islamistes, ont démissionné vendredi. Ils ont accusé le gouvernement de "massacre" et de "manque de sérieux dans son engagement pour les réformes".
Avec ces démissions, qui s’ajoutent à six autres précédemment, le futur de cette Commission, qui ne compte plus que 31 membres sur les 52, apparaît très incertain.

(Samedi, 26 mars 2011 - Avec les agences de presse)

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