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Libye : la coalition « sort » de la résolution de l’ONU

vendredi 15 avril 2011, par La Rédaction

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé qu’avec la tribune publiée vendredi par Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron dans Le Figaro et dans trois autres quotidiens étrangers, l’on était « certainement » en train de sortir de la résolution 1973 de l’ONU sur la Libye, qui « n’évoquait pas l’avenir de Kadhafi ».
« Mais je pense que trois grands pays qui disent la même chose, c’est important pour les Nations unies et peut-être un jour le Conseil de sécurité prendra une résolution », a poursuivi le ministre sur LCI. « Des pays comme la Russie, la Chine ou le Brésil, « vont naturellement traîner des pieds. Mais quel est le grand pays qui peut reconnaître qu’un chef d’Etat peut régler ses problèmes en tirant au canon sur sa population ? Aucun grand pays ne peut le reconnaître », a-t-il conclu.
Alors que Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron exigent à nouveau vendredi le départ du colonel Kadhafi, sa fille Aisha a indiqué jeudi soir qu’une telle demande constituait une « humiliation » et « une insulte pour tous les Libyens ».
« Vous voulez tuer mon père sous prétexte de protéger les civils. Où sont ces civils ? S’agit-il de ceux qui portent des mitraillettes, des RPG et des grenades ? », a-t-elle lancé dans une brève déclaration devant des centaines de jeunes partisans du régime dans la résidence de son père à Tripoli. Professeur de droit, Aisha Kadhafi faisait partie de l’équipe chargée de la défense du dictateur irakien Saddam Hussein après sa chute.
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Otan, réunis à Berlin jeudi, ont laissé apparaître des divergences malgré un objectif commun affirmé la veille à Doha : faire chuter Kadhafi. Paris et Londres, dont les dirigeants se sont rencontrés mercredi soir à l’Elysée, prônent l’intensification des opérations aériennes contre les troupes du colonel. Evoquant les appels lancés par le Conseil national de transition (CNT) pour que la coalition lui fournisse des armes, l’Elysée a fait savoir que la France avait décidé de ne pas y répondre.
Le secrétaire général de l’Alliance, qui doute que le conflit puisse être réglé militairement, a néamoins assuré que l’Otan continuerait à défendre les civils libyens « aussi longtemps que nécessaire ». Anders Fogh Rasmussen a également réclamé quelques avions supplémentaires pour mener les attaques au sol. Le retrait d’une cinquantaine de chasseurs-bombardiers américains le 4 avril n’a toujours pas été complètement compensé. La demande de l’Otan a été soutenue par le Danemark, l’un des six pays participants aux raids.
Mais les Etats-Unis refusent de revenir en première ligne dans l’opération militaire, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l’issue d’un entretien avec la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton. « Ils continueront sur la même ligne, c’est-à-dire fournir des avions pour des interventions ponctuelles lorsque les moyens dont ils disposent sont particulièrement utiles », a déclaré Alain Juppé. « Je lui ai dit qu’on avait besoin d’eux. On aurait souhaité qu’ils reviennent ». De même, le chef de la diplomatie espagnole, dont le pays fournit des avions pour contrôler la zone d’exclusion aérienne et effectuer des repérages, est resté ferme sur la réticence de Madrid à participer aux raids.
Selon la télévision libyenne, Mouammar Kadhafi s’est offert jeudi une sortie dans les rues de Tripoli. Lunettes noires et chapeau, le buste projeté par le toit ouvrant d’une voiture tout-terrain roulant lentement, le colonel Kadhafi a salué les passants en levant les poings, selon les images diffusées par la télévision. Plusieurs véhicules transportant des gardes du corps escortaient sa voiture.
La télévision libyenne a affirmé que cette sortie de Kadhafi avait été effectuée « sous les raids des agresseurs colonialistes croisés ».
Des journalistes sur place ont confirmé que des avions ont survolé jeudi la capitale libyenne, où de fortes explosions ont été entendues, suivies de tirs de défense anti-aérienne. Une forte explosion a notamment été entendue vers 13 heures non loin de la résidence de Kadhafi. La télévision libyenne, citant une source militaire, a affirmé que « des sites militaires et civils à Tripoli, Aziziyeh et Kikla (avaient) été visés il y a peu par des raids des agresseurs colonialistes croisés ».
L’Otan a néanmoins démenti que des bombes ont été lancées sur la capitale jeudi. « L’aviation de l’Otan a touché une batterie anti-aérienne (...) à 40 km au sud de Tripoli », a déclaré la porte-parole de l’organisation. « Nous faisons très attention à la façon dont nous visons (nos cibles) afin de minimiser tout risque pour les civils. Il s’agit donc d’un autre exemple de désinformation (de la part des autorités libyennes), comme nous en avons eu plusieurs cette semaine ».
Au moins 23 personnes, dont trois Égyptiens, ont été tuées et 50 autres blessées jeudi dans une attaque des forces loyales au régime libyen sur le secteur du port de Misrata tenu par les insurgés, à 200 km à l’est de Tripoli, selon un porte-parole de la rébellion. Les troupes fidèles à Kadhafi ont fait pleuvoir dans la matinée au moins 80 roquettes sur un quartier résidentiel, a précisé cette source. De nombreuses femmes et des enfants figurent parmi les victimes. Un autre représentant de la rébellion a affirmé que les tirs se poursuivaient dans l’après-midi.
Une réunion internationale en présence du secrétaire général de l’ONU et de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s’est tenue jeudi matin au siège de la Ligue arabe au Caire, pour examiner les moyens de mettre fin à la crise en Libye. Ban Ki-moon a alors appelé à une solution « politique » et à un « cessez-le-feu immédiat » en Libye. Il avait la veille estimé que 3,6 millions de Libyens, sur une population totale de 6 millions d’habitants, pourraient avoir besoin d’aide humanitaire.

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Libye : "pas d’avenir" avec Kadhafi, estiment Sarkozy, Obama et Cameron

Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron ont jugé "impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi", dans une tribune commune à paraître vendredi dans quatre quotidiens français, américain, britannique et arabe.
"Il ne s’agit pas d’évincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi (...) il est impensable que quelqu’un qui a voulu massacrer son peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen", écrivent les présidents français et américain et le Premier ministre britannique.
Cette tribune paraît alors que l’Otan a "endossé fermement" jeudi l’appel au colonel Kadhafi pour qu’il se retire, lancé la veille par le Groupe de contact chargé du pilotage politique de l’intervention internationale, réuni à Doha.
C’est la première fois que l’Otan se prononce aussi clairement et unanimement sur la nécessité du départ du pouvoir du leader libyen.
Mais les Etats-Unis ont refusé jeudi de revenir en première ligne en Libye, bien que l’Otan se soit engagée à "tout faire" pour protéger les civils libyens. Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a indiqué à la presse qu’il en avait parlé à la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, en marge d’une réunion des chefs de la diplomatie de l’Otan à Berlin.
"Je lui ai dit qu’on avait besoin d’eux. On aurait souhaité qu’ils reviennent", a-t-il précisé.
Mais les Américains, qui ont retiré une cinquantaine de chasseurs-bombardiers des missions d’attaque au sol le 4 avril, ont répondu qu’"ils continueront sur la même ligne, c’est-à-dire fournir des avions pour des interventions ponctuelles lorsque les moyens dont ils disposent sont particulièrement utiles", a expliqué M. Juppé.
Le commandant en chef de l’Otan en Europe, l’amiral James Stavridis, a confirmé aux ministres qu’il avait demandé il y a déjà plusieurs jours aux alliés de lui fournir "quelques avions", a indiqué le secrétaire général de l’Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen.
Un haut responsable américain a relativisé la pénurie de moyens dont souffrirait l’Otan.
"Personne ne nous dit qu’il y a un manque grave", a-t-il souligné, évaluant à "environ huit" le nombre d’avions supplémentaires à mettre en ligne, selon l’amiral Stavridis, et qui seraient déjà "disponibles", selon lui.
Les Etats-Unis soutiennent notamment l’opération Protecteur unifié avec leurs exceptionnels moyens d’écoute et de surveillance, comme l’avion J-Star qui suit les mouvements au sol, selon un responsable de l’Otan.
Des avions ont survolé jeudi la capitale libyenne Tripoli, où de fortes explosions ont été entendues, suivies de tirs de défense anti-aérienne, selon des journalistes de l’AFP.
Lors d’un raid de la coalition, Mouammar Kadhafi a effectué une sortie dans les rues de Tripoli. Lunettes noires et chapeau, à moitié sorti de sa voiture par le toit ouvrant, il a salué les passants en levant les poings, selon les images diffusées par la télévision.
A Ajdabiya, dans l’est de la Libye, un violent échange de tirs a eu lieu entre les forces fidèles à Kadhafi et des combattants rebelles, selon un journaliste de l’AFP, tandis que 13 personnes ont été tuées dans une offensive des pro-Kadhafi sur Misrata (à l’est de Tripoli), selon la rébellion.
Avant la réunion de Berlin, Paris et Londres avaient claironné leur intention de presser les alliés d’"intensifier" les raids aériens en fournissant plus d’avions pour les raids.
Aucun pays européen n’a non plus répondu à cette demande bien que six Etats membres de l’Otan seulement sur un total de 28 autorisent leurs avions à effectuer des frappes air-sol.
M. Rasmussen s’est néanmoins dit "convaincu que des pays (membres de l’Otan) seront au rendez-vous pour fournir ces moyens". L’Italie, dont les avions ne font que repérage, a été citée par un diplomate.
"Nous allons faire tout ce qu’il faut pour protéger les civils, et pas seulement en parole mais aussi en actions", a dit M. Rasmussen, en soulignant que l’Otan avait déjà effectué 2.000 missions depuis qu’elle avait pris en main les opérations le 31 mars.
M. Juppé lui-même a reconnu "une plus grande réactivité ces derniers jours" de l’Otan, après un début un peu "lent".
Les chefs de la diplomatie ont adopté une déclaration en trois points, qui devront être satisfaits avant qu’il puisse être question d’un cessez-le-feu.
Toutes les attaques contre les civils doivent cesser. Les militaires doivent retourner dans leurs casernes et se retirer de toutes les villes où ils sont déployées ou qu’ils assiègent, telles Ajdabiya, Brega, Misrata et neuf autres dans l’ouest comme dans l’est du pays. Enfin, une aide humanitaire doit pouvoir être fournie en toute sécurité à tous ceux qui en auraient besoin.

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Le HCR manque de fonds pour ses opérations en Libye

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a averti vendredi qu’il manquerait bientôt de fonds pour assurer ses opérations en Libye et dans les pays voisins.
Le HCR a déjà dépensé environ 40 millions de dollars (27 millions d’euros) reçus de la part de ses donateurs. Si elle ne reçoit pas de nouveaux fonds rapidement, l’aide qu’elle apporte à des dizaines de milliers de personnes déplacées s’en trouvera affectée, a expliqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a elle aussi fait savoir vendredi qu’elle manquait de fonds pour évacuer environ 8.000 ressortissants étrangers bloqués dans le port libyen de Misrata.
Selon la porte-parole Jemini Pandya, l’OIM a besoin de cinq millions de dollars (3,4 millions d’euros) pour assurer cette évacuation par la mer.

(Vendredi, 15 avril 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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