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La contestation syrienne atteint Damas

vendredi 15 avril 2011, par La Rédaction

Pour la première fois depuis le début de la contestation en Syrie à la mi-mars, des manifestations hostiles au régime de Bachar al Assad se sont déroulées à Damas, la capitale.
Aux cris de "Dieu, Syrie, liberté", les manifestants ont continué d’appeler à la démocratisation du régime du président Assad, au pouvoir depuis onze ans.
Dans la capitale, les forces de sécurité syriennes ont fait usage de bâtons et de grenades lacrymogènes pour empêcher des milliers de manifestants venus des faubourgs de marcher sur la place des Abbassides, la principale de Damas.
Selon un témoin qui accompagnait la foule venue des banlieues de la capitale, des milliers de manifestants ont scandé "Le peuple veut la chute du régime".
La foule a déchiré de nombreux portraits du président Assad placardés sur les murs.
En ce jour de prières, des manifestations ont aussi eu lieu aux quatre coins du pays. Des militants des droits de l’homme en ont signalé à Deir al-Zor (est), à Banias (ouest), à Lattaquié (nord-ouest), à Homs (ouest) et à Deraa (sud-ouest), première ville à avoir connu des troubles dirigés contre le régime.
Un militant a indiqué qu’à Deraa "les manifestations sont parties de toutes les mosquées de la ville" et ont réuni environ 10.000 personnes.
Mercredi, la deuxième ville du pays, Alep, avait été gagnée par le mouvement. Des manifestations y avaient éclaté sur le campus de la plus grande université de Syrie.
Les protestataires, qui s’inspirent des révolutions tunisienne et égyptienne, continuent de défier le régime, en dépit de l’usage de la force, d’arrestations de masse et des accusations que ce sont des groupes armés qui sont à l’origine de la contestation.
Jeudi, le président Assad a nommé un nouveau gouvernement, qui n’a que peu de pouvoirs, et ordonné la libération de tous les détenus, hormis les auteurs de crimes "contre la nation et les citoyens".
Cette décision a été perçue "comme une goutte d’eau dans l’océan" par les militants des droits de l’homme, qui dénoncent le maintien en détention de milliers de prisonniers politiques.
La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné vendredi l’usage de la fore par les autorités syriennes.
"Il est temps que le gouvernement syrien stoppe la répression contre les citoyens", a-t-elle déclaré à Berlin.
Le principal comité syrien de défense des droits de l’homme du pays, baptisé la Déclaration de Damas, estime que 200 militants favorables à la démocratie ont été tués depuis le début des troubles.
Le président syrien fait face à un mouvement de contestation sans précédent dans l’histoire moderne de la Syrie où l’état d’urgence est en vigueur depuis le coup d’Etat orchestré par le parti Baas en 1963.

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Des dizaines de milliers de manifestants pour la liberté dans tout le pays

Des dizaines de milliers de Syriens ont manifesté vendredi contre le régime à travers tout le pays, malgré la libération de manifestants arrêtés depuis le début du mouvement de contestation il y a un mois, et au lendemain de la formation d’un nouveau gouvernement chargé de mener des réformes.

"Entre 2.500 et 3.000 personnes manifestent sur la place al-Saraya dans le centre de Deraa en scandant des slogans en faveur de la liberté et hostiles au régime", a affirmé à l’AFP un militant des droits de l’Homme sous couvert de l’anonymat, en référence à cette ville située à 100 km au sud de Damas où a débuté la contestation.

"Plutôt la mort que l’humiliation", scandaient selon lui les manifestants. D’autres sont "en train de venir des villages voisins", a-t-il dit. Les forces de sécurité n’étaient pas intervenues en milieu de journée.

A Qamishli, dans le nord-est du pays à majorité kurde, près de 5.000 personnes ont manifesté après la prière, a affirmé à l’AFP un autre militant des droits de l’Homme, Hassan Berro.

Elles ont défilé à partir de la mosquée Qasmo en scandant des slogans de solidarité avec les personnes tuées pendant la répression de récentes manifestations à Deraa et Banias (nord-ouest). "De Qamishli au Haurane (région du sud), le peuple syrien ne se laissera pas humilier", ont-elles crié en brandissant des drapeaux syriens.

Dans trois autres localités kurdes, Raas al-Aïn, Amouda et Derbassiyé, près de Qamishli, on a compté quelque 4.500 manifestants, selon M. Berro.

Selon des militants et des témoins, des centaines de personnes ont défilé à Banias aux cris du "peuple veut la liberté".

A Homs (centre), quelque 4.000 autres scandaient "liberté, liberté", a indiqué le militant politique Najati Tayara. Les forces de sécurité sont intervenues au bout d’une heure pour les disperser à coups de matraques.

A Lattaquié, ville côtière où des violences meurtrières avaient éclaté fin mars, un millier de personnes se sont rassemblées dans le centre de la ville, selon un militant des droits de l’Homme.

Une cinquantaine de personnes ont manifesté à Barzé, près de Damas. Elles ont jeté des pierres sur les policiers avec lesquels elles en sont venus aux mains, selon Abdel-Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme.

Ces nouvelles manifestations, auxquelles avaient appelé les contestataires sur Facebook, interviennent au lendemain de la formation d’un nouveau gouvernement.

Ce cabinet dirigé par Adel Safar a pour tâche de mener un programme de réformes comprenant notamment la levée de la loi d’urgence, en vigueur depuis 1963, la libéralisation de la presse et l’instauration du pluralisme politique, autant de mesures réclamées par les manifestants.

Les titulaires des principaux ministères, notamment ceux de la Défense, des Affaires étrangères et du Pétrole restent cependant inchangés. L’ancien gouvernement, dirigé depuis 2003 par Mohammad Naji Otri, avait démissionné le 29 mars.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a annoncé la libération jeudi et vendredi de "centaines" de personnes "arrêtées" lors de manifestations dans plusieurs villes du pays.

L’OSDH fait notamment état de la libération du blogueur Ahmad Hadifa, "arrêté le 23 mars en raison de ses activités sur Facebook", et du poète Mohammad Mahmoud Dibo, arrêté le 19 mars près de Banias.

Jeudi soir, la télévision d’Etat avait annoncé que le président Bachar al-Assad avait décidé de libérer les personnes arrêtées, à l’exception de ceux qui ont commis des "actes criminels".

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi les services de sécurité syriens d’avoir torturé de nombreux manifestants parmi les centaines arrêtés depuis le début du mouvement de contestation. Selon Amnesty International, au moins 200 personnes ont été tuées dans la répression, la plupart par les forces de sécurité ou par des policiers en civil.

Les autorités accusent des bandes "criminelles" ou "armée" d’être responsables des tirs qui ont tué des manifestants et des forces de l’ordre.

(Vendredi, 15 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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