Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Focal > Les absents/présents

Les absents/présents

dimanche 17 avril 2011, par طلال سلمان

Aucun autre peuple n’a été acculé à un choix pareil : annulez votre identité et vous serez reconnus en tant que réfugiés ; oubliez la couleur de vos yeux et de votre teint ; oubliez vos pères et vos ancêtres ; oubliez votre terre que vous évoquez comme votre Patrie et vous serez gratifiés d’une carte de réfugié et d’un peu de riz, de sucre, de farine.

Les juifs, qui nous ont remplacé dans notre patrie, portaient l’identité des pays où ils vivaient et mouraient, et lorsqu’ils ont décidé – avec le soutien du monde entier – d’envahir notre patrie et de nous en chasser pour construire leur Etat sur notre terre, le monde a rayé notre identité qui avait notre terre comme origine et ont forgé à cette terre une fausse identité qu’elle n’avait jamais possédé, pour nous en chasser, pour nous gommer en tant que peuple. Celui qui n’a pas de patrie n’a pas d’identité.

Aujourd’hui, les Palestiniens vivent avec cent identités fortuites qui n’annulent pas leur état de réfugiés ni leur droit à avoir un Etat. Ils ne sont pas des étrangers dans leur patrie. Ils ne sont personne. Israël les considère comme des éphémères, des absents, dont la présence demeure indéfinie et provisoire. Ils ne portent pas l’identité de l’Etat, ni celle d’un autre Etat. S’il leur arrive de porter cette identité, ils ont le sentiment de poignarder leur pays. Présents, ils sont quand même absents, ils sont occultés s’ils se disent Palestiniens.

Aujourd’hui, ils ressemblent à des hordes de tribus en transhumance : les uns, à l’intérieur, sont inexistants, les autres en Jordanie sont les invités du roi, d’autres en Syrie ont le statut de frères et jouissent de tous les droits que possèdent leurs hôtes, sauf l’identité. Au Liban, ils sont des passagers occasionnels, ils troublent l’équilibre fragile de l’Etat qui continue à se référer au recensement de la population de 1932 et où les mères fécondes sont considérées comme des « ravageuses » et des « opposées au système ».

Leur nombre dépasserait les cinq millions. Jusqu’aux accords d’Oslo en 1993, ils étaient des Palestiniens, ils ont ensuite été gommés de tous les recensements.

Auparavant, ils étaient des feddayin en devenir, sur le chemin du retour.

Après Oslo, les routes leur ont été barrées, leur identité leur a été retirée de nouveau. Présents, ils sont devenus quand même absents. Ils sont présents même dans l’absence, ils appartiennent à ces « nations diverses » qui vivent leur patrie dans leurs rêves. Ils sont contraints à la garder dans leur cœur et dans leur mémoire de peur que sa trop flagrante présence ne vienne à menacer leur propre existence.

Vous devez vivre en tant que réfugiés sans identité spécifique, sinon vous perdez la Palestine. Vous existez en n’existant pas !

Traduction :
Rania SAMARA

Supplément mensuel au quotidien Assafir :
« Palestine », avril 2011

***

الغائبون الحاضرون
طلال سلمان

لم يسبق أن تعرض شعب لمثل الخيار البائس المفروض على الفلسطينيين : ألغوا هويتكم فنعترف بكم كلاجئين. انسوا ألوان عيونكم وسمرة جباهكم، انسوا آباءكم وأجدادكم، انسوا أرضكم التي تدعون أنها كانت وطنكم، فنحنُّ عليكم ببطاقة لاجئ وبعض الأرز والسكر والطحين.

حتى اليهود الذين صاروا « بدلاءنا في وطننا » كانوا مواطنين يحملون هويات البلاد التي يعيشون ويموتون فيها... وعندما قرروا ـ بمساندة العالم كله ـ اجتياح وطننا وطردونا من جنته كي يقيموا « دولتهم » فوق « أرضنا »، شطب العالم هويتنا التي مصدرها أرضنا وزوّر لها هوية لم تكن لها في أي يوم، ليخرجنا منها... ليلغينا كشعب. من لا وطن له لا هوية له.

يعيش الفلسطينيون الآن بمئة هوية طارئة أو مستجدة، لا تلغي كونهم « لاجئين » وتنفي حقهم بدولة. ليسوا أغراباً في وطنهم. إنهم لا أحد. إسرائيل تعاملهم كطارئين، كغائبين حضورهم هيولي وموقت، لا لهم « جنسيتها »، ولا هم يملكون جنسية دولة أخرى، فإن امتلكوا مثل تلك الهوية كانوا كمن يغتال وطنه.

إنهم غائبون في حضورهم، ومغيبون إذا ما انتسبوا إلى فلسطين.

إنهم الآن أشبه بشتات من القبائل المهاجرة : بعضها داخل الداخل لكنهم لا وجود لهم، وبعضهم في الأردن ضيوف طامعون في الملك، وفي سوريا أخوة أعزاء في زيارة مفتوحة لهم فيها حقوق المضيف جميعاً ما عدا هويته، وفي لبنان طارئون يخلون بالتوازن الهش في الدولة التي تعتبر الأم الولود فيها « هدامة » و« معادية للنظام » الذي ما زال يعتمد إحصاء « رعاياه » الذي كان في العام 1932.

في التقديرات أن عددهم يتجاوز الخمسة ملايين... وهم كانوا حتى اتفاق أوسلو (1993) « فلسطينيين »، لكنهم بعد ذلك شطبوا من أي إحصاء.

قبل ذلك كانوا مشاريع فدائيين يحلمون بأن يحملوا دماءهم على أكفهم، على طريق العودة.. بعد أوسلو سدت الطرق وأسقطت عنهم الهوية مجدداً فصاروا غائبين في حضورهم، برغم أنهم حاضرون حتى في الغياب.إنهم « أمم شتى »، يعيشون وطنهم في أحلامهم، ولكنهم يجدون أنفسهم مضطرين إلى حفظه في قلوبهم أو في الذاكرة حتى لا يشاغب عليهم حضوره فيهدد حضورهم. تعيش لاجئاً بلا هوية محددة أو تخسر فلسطين، فتكون بأن لا تكون !هذا العدد من « فلسطين » عن الوطن الذي فقد أهله ففقدوه... لكنهم ما زالوا وسيبقون من فلسطين ولها حتى آخر نفس.

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2