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Syrie : la loi d’urgence sera abolie dans une semaine maximum, affirme Assad

samedi 16 avril 2011, par La Rédaction

Le président syrien Bachar al-Assad a promis samedi que la loi d’urgence, dont l’abrogation est l’une des principales revendications des contestataires, serait abolie dans "une semaine maximum", alors que la pression de la rue et de l’étranger monte.

"La commission juridique sur la loi d’urgence a élaboré une série de propositions en vue d’une nouvelle législation. Ces propositions seront soumises au gouvernement qui promulguera des lois (...) dans une semaine maximum", a dit M. Assad, qui présidait le premier conseil des ministres de son nouveau gouvernement formé jeudi.

La loi d’urgence en vigueur depuis 1963 réduit les libertés publiques, impose des restrictions sur la liberté de réunion et de déplacement, et permet l’arrestation de "suspects ou de personnes menaçant la sécurité".

Le président, au pouvoir depuis 2000, a exprimé sa "peine" pour les personnes mortes et blessées durant les manifestations contre le régime depuis le 15 mars, début d’un mouvement de contestation sans précédent qui a été durement réprimé.

Dans son discours retransmis par la télévision, il a assuré que "le sang versé nous fait beaucoup de peine (...). Nous regrettons la mort de toutes les personnes, civils ou forces armées".

Selon Amnesty International, au moins 200 personnes ont été tuées, la plupart par les forces de sécurité ou par des policiers en civil. Les autorités accusent des bandes "criminelles" ou "armées" d’être responsables des tirs qui ont tué manifestants et forces de l’ordre.

Bachar al-Assad était intervenu publiquement pour la première fois depuis le début des troubles, le 30 mars, dénonçant avec force une "conspiration" contre son pays. La "conspiration est toujours présente", a-t-il déclaré samedi.

Mais il a appelé à un "dialogue approfondi" dans le pays. "Nous avons constaté ces derniers jours un fossé entre le citoyen et les institutions de l’Etat, ce fossé doit être rapidement comblé", a-t-il reconnu.

Le chef de l’Etat a aussi énuméré une série de problèmes qui ont conduit selon lui les gens à manifester, notamment le chômage et la corruption. "La corruption est une menace pour l’avenir du pays et son développement", a-t-il dit.

Alors que le pays souffre d’un chômage élevé, il a estimé que lorsque "les gens ont le sentiment que leur horizon est limité, cela peut conduire au désespoir", et plaidé pour un "rôle important" de l’Etat dans ce domaine.

Sur le terrain, des milliers de personnes ont participé à Banias (nord-ouest) aux obsèques d’un homme ayant succombé après avoir été blessé par balles le 10 avril, selon des témoins et des militants des droits de l’Homme.

Elles ont scandé des slogans pour les libertés, contre le parti Baas au pouvoir depuis près de 50 ans, et appelant à la chute du régime, selon ces sources.

Quelque 2.000 femmes ont ensuite manifesté dans le centre-ville en scandant : "Dieu, liberté et c’est tout" et "l’armée et le peuple ensemble", selon le président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme, Abdel Karim Rihaoui.

Des manifestations avaient rassemblé vendredi des dizaines de milliers de personnes à travers tout le pays, l’une des mobilisations les plus importantes depuis le début du mouvement.

Jeudi, M. Assad avait décidé de libérer "tous les détenus" arrêtés dans le cadre des manifestations, "sauf ceux qui ont commis des actes criminels". Mais de "nombreux militants" sont toujours détenus, notamment l’écrivain et journaliste Fayez Sara, a affirmé samedi la Ligue syrienne pour les droits de l’Homme dans un communiqué.

Des centaines de personnes ont été arrêtées dans tout le pays depuis un mois selon Human Rights Watch qui accuse les services de sécurité d’avoir torturé nombre d’entre elles.

A l’étranger, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait exhorté vendredi le régime à cesser la répression. "Il est temps que le gouvernement syrien cesse de réprimer ses citoyens et commence à satisfaire leurs aspirations", a-t-elle dit. L’ONU a aussi appelé les autorités à "stopper immédiatement" la "répression brutale".

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Assad s’exprime alors que la contestation du régime s’étend

Le président syrien Bachar al-Assad devait s’exprimer samedi alors que son régime est confronté à une extension du mouvement de contestation et à des pressions internationales pour que cesse la répression brutale contre les manifestants.

Par ailleurs, l’agence officielle Sana a annoncé samedi qu’un policier avait été tué la veille lors d’une manifestation à Homs, dans le centre du pays.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a exhorté vendredi le régime à cesser la répression. "Le gouvernement syrien n’a pas répondu aux exigences légitimes du peuple syrien. Il est temps que le gouvernement syrien cesse de réprimer ses citoyens et commence à satisfaire leurs aspirations", a dit Mme Clinton.

L’ONU a aussi appelé les autorités à "stopper immédiatement" la "répression brutale".

C’est dans ce contexte que le président syrien va "présider la première séance du Conseil des ministres" samedi, a indiqué à l’AFP un responsable sous couvert de l’anonymat. Bachar al-Assad "prononcera un discours devant les membres du gouvernement" et cette intervention sera diffusée à la télévision "dans l’après-midi", a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat s’était exprimé devant le Parlement le 30 mars, deux semaines après le début du mouvement de contestation sans précédent du régime. Il avait alors dénoncé une "conspiration" contre son pays, mais n’avait rien dit sur la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1963, une des mesures réclamées par les manifestants.

Un nouveau gouvernement a été formé jeudi en Syrie, avec pour tâche d’entreprendre un programme de réformes. Dirigé par Adel Safar, ancien ministre de l’Agriculture, il doit notamment s’atteler à la levée de la loi d’urgence, ainsi qu’à la libéralisation de la presse et l’instauration du pluralisme politique.

Les opposants exigent la suppression de l’article 8 de la Constitution qui stipule que "le parti Baas est le dirigeant de l’Etat et de la société". Ils réclament aussi la fin de la corruption qui mine l’administration en Syrie.

Face à la répression et à l’absence de réponse concrètes aux revendications de la rue, les manifestations ont gagné vendredi presque toutes les villes syriennes : de Deraa dans le sud, où a débuté la contestation, au nord du pays à majorité kurde, en passant par Homs dans le centre et les villes côtières de Lattaquié et Banias.

Une manifestation rassemblant quelque 2.000 personnes a même eu lieu à Jobar, une localité proche de Damas. Elle été dispersée par des tirs de gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants de pénétrer dans la capitale, selon un militant des droits de l’Homme.

L’ONG Human Rights Watch accuse les services de sécurité syriens d’avoir torturé de nombreux manifestants parmi les centaines arrêtés depuis le début de la contestation il y a un mois. Selon Amnesty International, au moins 200 personnes ont été tuées dans la répression, la plupart par les forces de sécurité ou par des policiers en civil.

De leur côté, les autorités accusent depuis le début des bandes "criminelles" ou "armées" d’être responsables des tirs qui ont tué manifestants et forces de l’ordre.

Jeudi le président Assad avait décidé de "libérer tous les détenus" arrêtés dans le cadre des manifestations, "à l’exception de ceux qui ont commis des actes criminels envers la patrie et les citoyens". Mais de "nombreux militants sont toujours détenus", notamment l’écrivain et journaliste Fayez Sara, a affirmé samedi la Ligue syrienne pour les droits de l’Homme dans un communiqué.

(Samedi, 16 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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