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Fermetures de Beit Ommar

samedi 16 avril 2011, par Mousa Abu Maria

23-2-2011
L’après-midi du mercredi 23 mars 2011, les forces de défense israéliennes (IDF Israeli Defence Forces) ont fermé l’entrée principale de Beit Ommar, après que deux colons aient été blessés dans une confrontation avec quelques villageois. Des militaires et policiers israéliens se sont installés sur les deux côtés de la route 60, en vérifiant des papiers d’identité et en fouillant les véhicules. Ils ont aussi arrêté Saddam Hussein Za’aqwwq, 32 ans, un chauffeur de taxi local.
Vers 17 heures, une unité spéciale de militaires armée et habillée en civil est entrée dans le village dans un camion blanc avec des plaques d’immatriculation palestiniennes. Ces militaires ont commencé à tirer des grenades lacrymogènes et des balles couvertes de caoutchouc. Ils étaient suivis par sept véhicules des IDF (des jeeps et transports de troupes armés) qui sont venus de l’ouest. Quelques minutes plus tard, un détachement de sept véhicules identiques sont venus de l’est. Les deux forces ont approché du centre ville, là ils ont arrête deux hommes : Sohil Brigheth, 27ans, et Nabil Hamad Humeidan Abu Maria, 28 ans. Sohil Brigeth a été blesse par les soldats des IDF sur la route 60, et arrêté quand il a essayé de rentrer chez lui. Quand toutes les arrestations ont été terminées, les militaires ont quitté le village.
Des membres du Palestine Solidarity Project (PSP) ont agi pour recueillir des informations sur les mouvements des forces militaires et policières encore sur la route 60. Un volontaire international a été détenu et gardé au poste de police à Karmei Zur ; il a été libéré deux heurs plus tard.
Vers 20 heures 30, les IDF ont ouvert la porte du village, mais ils l’ont refermée deux heures plus tard. Policiers et soldats sont restés près de l’entrée du village tout au long de la nuit.

24-3-2011
Le matin de jeudi 24 mars, policiers et militaires israéliens ont ferme les entrées les plus importantes de Beit Ommar. Les véhicules pouvaient toujours passer entre des blocs en ciment près du cimetière, mais pendant l’après midi, ce passage était également fermé. Le soir venu, il ne restait qu’une route ouverte pour rejoindre le village, ce qui supposait un détour de 45 minutes à travers le village de Suref.
Les forces de défense israéliennes et des policiers israéliens sont restés près de la porte principale sur la Route 60, en regardant des papiers d’identité et les véhicules sous la pluie. Un groupe de villageoises a été forcé d’attendre deux heures et demie pendant que leurs identités étaient ostensiblement vérifiées.
Jusqu’au 26 mars, les portes du village sont restées fermées.
En raison de l’engagement du Comité national de collecter des nouvelles et d’assurer leur diffusion auprès des médias appropriés, l’organisateur du Comité national à Nabi Saleh, Basim Tamimi, était arrêté avant la visite du Consul de France.

26-3-2011
Samedi 26 mars, des activistes internationaux et israéliens se sont joints aux villageois de Beit Ommar pour manifester contre les fermetures des routes, maintenant pour le troisième jour. A peu près cinquante participants et une vingtaine de journalistes se sont rassemblés près du cimetière du village, où les forces de défense israéliennes (IDF Israeli Defence Forces) ont fermé la rue avec des grands cubes de ciment. Les plus forts du groupe ont commencé à pousser un de ces blocs, en essayant de le bouger pour que des voitures puissent passer. Des soldats sont arrivés et les ont regardés jusqu’au moment où les activistes ont commencé à utiliser un grand poteau de fer comme levier.
A ce moment là, un soldat s’est approché et a confisqué le poteau. Un activiste israélien a été arrêté, mais il a été libéré une heure plus tard.
Des manifestants ont essayé de passer entre les blocs et ont continué à marcher vers la route 60. Cependant, ils ont été arrêtés par les soldats qui ont produit des papiers, déclarant que tout ce qui est hors des limites du village est une « zone militaire fermée ». Quand il a été clair que les IDF ne permettraient à personne de passer, la manifestation s’est déplacée vers une autre rue près de la porte principale et de la tour de guet militaire.
Cette route était aussi bloquée par des cubes de ciment. Quand la manifestation a essayé de continuer au delà des cubes de ciment, les soldats, une nouvelle fois, sont intervenus, en citant les papiers indiquant que tout ce qui se trouvait au delà des blocs était une « zone militaire fermée ». Des activistes israéliens ont discuté avec les soldats pendant vingt minutes avant que la manifestation se déplace une dernière fois vers la porte principale de Beit Ommar.
De nouveau, les IDF ont bloqué le chemin. Pendant des discussions entre les soldats et des activistes israéliens, les militaires ont ouvert la porte. Ils n’ont permis à personne de passer, et l’ont fermée à clé dans les cinq minutes. Les manifestants sont restés devant l’armée pendant une demi- heure en agitant des drapeaux, en parlant avec les médias et en demandant la fin du blocus, avant de se disperser pacifiquement.

27-3-2011
Le dimanche 27 mars, les forces armées et de police israéliennes ont commencé à appliquer plus strictement la zone déclarée récemment « zone militaire fermée » autour de Beit Ommar. Alors que quelques villageois étaient encore autorisés à passer, beaucoup maintenant sont régulièrement détournés à la hauteur des blocs de béton près de la tour de contrôle, les emprisonnant effectivement à l’intérieur du village. Il reste à voir, si les véhicules d’urgence pourront passer.
Les forces israéliennes sont en train d’envisager un blocus permanent. Dans les plans actuels, la porte principale serait repoussée à l’intérieur du village, et les barrières en ciment ainsi que les barrières reliées par des chaînes seraient remplacées par des murs permanents. Le Palestine Solidarity Project (PSP) a aussi entendu parler de plans d’encerclement de tout le village avec un mur d’isolement. En réponse à la tentative de séparer Beit Ommar du reste de la Cisjordanie, le PSP se prépare à une bataille juridique pour arrêter la construction de ce mur.
La « zone militaire fermée » autour de Beit Ommar était déclarée le samedi 26 mars alors que les barrières ont bloqué le village depuis le mercredi 23 mars.

02-04-2011
Le samedi 2 avril, de l’ordre de vingt-cinq activistes internationaux se sont joints à un nombre équivalent de résidents de Beit Ommar pour manifester contre les fermetures prolongées du village. La porte principale a été ouverte par des forces de sécurité israéliennes assez tard dans la soirée de vendredi, mais les autres chemins sont toujours bloqués par des barrières en ciment.
Les manifestants ont marché, en agitant des drapeaux, vers la porte principale de Beit Ommar. Avant d’arriver à la porte, des soldats les ont bloqués. Les soldats ont produit des papiers indiquant que la zone autour de Beit Ommar était toujours une « zone militaire fermée » et ils ont menacé d’arrêter tous ceux qui essaieraient de passer. Un activiste israélien a essayé de négocier avec les militaires mais il a été arrêté. Les soldats ont lancé des grenades lacrymogènes et assourdissantes vers les manifestants qui étaient encore là. Dans la confusion qui en a suivi, les militaires ont arrêté encore deux activistes israéliens. Tous les trois ont été libérés quelques heures plus tard.
Quand le gaz lacrymogène s’est dispersé, les manifestants se sont regroupés et ont de nouveau approché la ligne des FDI. Les soldats ont fermé la porte à clé, et puis ont menacé d’arrêter tous les activistes internationaux encore présents. Un soldat a exigé que les activistes internationaux partent par la porte principale, pendant qu’un autre insistait pour qu’ils rentrent dans le village. La confusion semblait venir d’une description du territoire ambiguë dans l’ordre de « zone militaire fermée » : c’est au moins le territoire entre le village et la route 60, mais cela peut être autant Beit Ommar dans son entier. Pendant que les soldats en discutaient entre eux, la manifestation s’est dispersée pacifiquement et à sa propre initiative.
Plusieurs heures après la fin de la manifestation, vingt-trois activistes israéliens solidaires sont arrivés à la porte principale. Ils ont manifesté contre sa fermeture jusqu’au moment où les soldats les ont approchés et ont commencé de leur donner des coups de poing et de pied. Tous les vingt-trois ont été par conséquent arrêtés. Quinze étaient libérés quelques heures après, les huit autres sont restés en prison à Qiryat Arba.

Mousa Abu Maria
Palestine Solidarity Project,
Beit Ommar, Palestine

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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