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Quatre morts en Syrie près de Homs au lendemain des promesses d’Assad

dimanche 17 avril 2011, par La Rédaction

Au moins quatre personnes ont été tuées dimanche par les forces de sécurité à Talbisseh, près de Homs (centre), ont indiqué des témoins au lendemain de la promesse du président syrien Bachar al-Assad d’abroger d’ici une semaine la loi d’urgence, emblématique du régime.

Les services de sécurité "ont ouvert le feu sur une foule composée de milliers de personnes" qui participaient aux obsèques d’un Syrien tué la veille dans la localité, ont indiqué à l’AFP des témoins par téléphone.

"Quatre personnes au moins ont été tuées mais le bilan pourrait être plus élevé. Il y a eu aussi plus de 50 blessés", a affirmé l’un des témoins.

Selon la télévision d’Etat, "un policier a été tué et 11 autres blessés par des tirs d’une bande criminelle armée à Talbisseh".

A Soueida, bastion des druzes syriens dans le sud du pays, trois personnes ont été blessées dans la dispersion d’une manifestation en faveur de la liberté et deux autres lors d’un rassemblement dans un village voisin pour les célébrations des 65 ans d’indépendance de la Syrie, ont affirmé des militants.

La Syrie est en proie depuis le 15 mars à une contestation inédite du régime du président Bachar al-Assad.

L’opposition avait appelé à manifester dimanche à l’occation du 65e anniversaire de l’indépendance du pays.

"Le peuple syrien a défini son objectif. Le jour de l’indépendance, c’est le jour de la liberté dans tous les gouvernorats", ont affirmé sur une page Facebook les organisateurs des manifestations.

Cet appel a été suivi notamment à Lattaquié (nord-ouest), premier port de Syrie, où environ 10.000 personnes ont défilé après des funérailles d’un manifestant qui avait été tué vendredi, Banias (nord-ouest) où quelque 2.500 personnes ont manifesté et Deraa (sud) où 4.000 personnes, dont d’anciens détenus politiques et des dignitaires religieux, se sont rassemblés, selon des militants des droits de l’Homme.

D’autre part, l’agence de presse officielle Sana a fait état de la saisie dimanche par les douanes syriennes d’armes et de munitions cachées dans un camion en provenance d’Irak au point de passage frontalier de Tanaf, ajoutant que des armes avaient aussi été saisies récemment aux frontières avec la Turquie et le Liban.

Dans un discours samedi, Bachar al-Assad a annoncé que la commission juridique sur la loi d’urgence avait "élaboré une série de propositions en vue d’une nouvelle législation". Ces propositions seront soumises au gouvernement qui promulguera des lois (...) dans une semaine maximum".

"C’est un pas qui n’est pas suffisant", a estimé l’avocat syrien et défenseur des droits de l’Homme Haytham Maleh, arrêté en octobre 2009 et libéré le mois dernier. "L’intervention des services de sécurité dans la vie des gens doit cesser, et il faut laisser les protestataires manifester", a-t-il ajouté.

Il a demandé la libération de tous les détenus politiques et de conscience. Pour M. Maleh, l’article 8 de la Constitution stipulant que le parti Baas est le dirigeant de la société et de l’Etat doit aussi "être annulé".

Le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, Rami Abdel-Rahmane, a pour sa part estimé dimanche que l’abrogation de l’état d’urgence devait être "complétée par l’abolition des tribunaux d’exception et l’annulation de la loi qui interdit de sanctionner les agents de sécurité".

Au moins 200 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation il y a un mois, la plupart par les forces de sécurité ou par des policiers en civil, selon Amnesty International.

Saluant l’annonce de réformes "nécessaires et urgentes", le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a appelé le gouvernement syrien "à faire en sorte que les responsables des morts de civils rendent compte de leurs actes".

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La contestation contre le régime d’Assad s’amplifie en Syrie

Au lendemain d’un discours du président Bachar al Assad promettant la levée imminente de l’état d’urgence en vigueur depuis 48 ans en Syrie, des milliers de Syriens ont continué dimanche à manifester leur hostilité au pouvoir du Baas.

"Le peuple veut la liberté", ont scandé des centaines de personnes devant la tombe du leader indépendantiste Ibrahim Hananou à Alep, la seconde ville du pays, épargnée jusqu’à il y quelques jours par le vent de contestation qui souffle sur le monde arabe.

Des centaines de manifestants sont également descendus dans les rues de la ville méridionale de Soueïda, au coeur du pays druze, scandant "Dieu, la Syrie, la liberté, c’est tout !" avant d’être pris à partie par des miliciens fidèles à Assad, rapporte une manifestante.

A Hirak, 33 km au nord-est de Deraa, ville de l’extrême-sud du pays d’où est partie il y a un mois la contestation du régime, des milliers de manifestants ont crié : "Liberté !, Liberté ! Bachar dehors !", ont rapporté par téléphone des participants.

Ces slogans, les plus violemment anti-Assad depuis le début de la contestation ont été scandés à l’occasion des funérailles d’un soldat de 20 ans, Mohamed Ali Radouane al Komane, qui, selon la version officielle, est mort accidentellement d’électrocution dans son unité près de Damas.

Mais, d’après un de ses proches qui souhaite rester anonyme, la recrue présentait des signes de torture confirmés par des médecins d’un hôpital local.

A Banias, dans l’ouest, quelque 1.500 manifestants sont descendus dans les rues, confirmant que l’agitation qui touche la Syrie, un des pays les mieux "verrouillés" de la région, ne s’essouffle pas.

Selon des témoins, des milliers de protestataires se sont rassemblés dimanche sur la principale place de Deraa, en réclamant "la chute du régime" - slogan inspiré des révolutions tunisienne et égyptienne - sans que les forces de sécurité n’interviennent.

Vendredi, l’agitation avait gagné pour la première fois Damas. Dans la capitale, les forces de sécurité syriennes ont fait usage de bâtons et de grenades lacrymogènes pour empêcher des milliers de manifestants venus des faubourgs de marcher sur la grande place des Abbassides.

Selon le principal comité syrien de défense des droits de l’homme, la répression du mouvement pour la démocratie a fait environ 200 morts depuis près d’un mois.

L’agitation persiste donc en dépit du discours prononcé la veille par le président Assad promettant la levée de l’état d’urgence dès la semaine prochaine au profit d’une législation antiterroriste qui ne laissera aucune liberté d’action "au chaos et aux saboteurs".

Au pouvoir depuis la mort de son père Hafez, il y a 11 ans, Bachar al Assad a ignoré dans son discours les revendications populaires en faveur d’un démantèlement du régime sécuritaire strict qui régit le pays depuis la prise de pouvoir du Baas.

Assad a souligné que, dans le contexte des révoltes qui soufflent sur le monde arabe, la stabilité de la Syrie restait sa priorité et a précisé que, si des réformes étaient nécessaires, c’était pour "renforcer le front intérieur" face à la vague actuelle de contestation de son pouvoir.

"Les Syriens sont civilisés. Ils adorent l’ordre et n’accepteront pas le chaos et le règne de la populace. Nous ne serons pas tolérants envers le sabotage", a déclaré le président de 45 ans. L’opposition considère ses tergiversations comme destinées à maintenir les restrictions aux libertés de réunion et d’expression.

Le raïs n’a fait aucune allusion aux exigences des dizaines de milliers de manifestants qui réclament depuis plusieurs jours la fin de la mainmise des puissants services de sécurité sur la vie quotidienne des Syriens, la libération des milliers de prisonniers politiques et la fin du monopole du Baas sur la vie publique.

Assad a reconnu que la corruption était un problème en Syrie, mais il a ajouté : "Nous ne voulons pas nous précipiter. Toute réforme doit être fondée sur le maintien de la stabilité interne."

Le chef des services de renseignement allemands, Ernst Uhrlau, a déclaré au journal Hamburger Abendblatt que la longévité de la dynastie Assad - Hafez al Assad a régné 30 ans sur son pays - montrait que le régime syrien était peu susceptible de tomber aussi aisément que ceux de Tunisie ou d’Egypte.

Il a rappelé notamment que Hafez al Assad n’avait pas hésité à écraser dans le sang une révolte islamiste en 1982 à Hama, dans le centre du pays, au prix de quelque 30.000 morts.

(Dimanche, 17 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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