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Tunisie : non-lieu dans l’affaire Bouazizi à l’origine de la chute de Ben Ali

mardi 19 avril 2011, par La Rédaction

Le tribunal de première instance de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest tunisien, a prononcé un non-lieu mardi dans l’affaire de l’agent municipal Sédia Hamdi, qui était accusée d’avoir maltraité et giflé Mohamed Bouazizi, dont l’immolation par le feu à la mi-décembre a déclenché la révolte populaire et entraîné la chute du régime Ben Ali.
La décision a été prononcée à la suite du retrait de la plainte par la famille Bouazizi, selon l’agence de presse officielle TAP.
Le frère de la victime, Salem Bouazizi, a justifié le retrait de la plainte par "un esprit de pardon et de tolérance". "Tout l’argent du monde ne peut pas remplacer la perte de Mohamed qui s’est sacrifié pour la liberté et la dignité. Nous sommes fiers de lui", a-t-il déclaré au téléphone à l’Associated Press.
"Nous sommes heureux que la vérité ait enfin éclaté grâce à une justice qui a montré qu’elle est désormais indépendante", a réagi quant à lui le frère de l’accusée Faouzi. Selon lui, la décision de la justice a provoqué une "grande satisfaction dans tout Sidi Bouzid dont la population est aussitôt descendue dans la rue pour manifester sa joie". "Ce n’est que justice parce que tout le monde savait que ma soeur a été accusée à tort d’avoir giflé Mohamed Bouazizi que Dieu lui accorde sa miséricorde", a-t-il martelé.
Persuadée que sa cliente était "innocente", l’avocate de Fédia, Me Basma Nasri a salué ce "jugement équitable". Elle a évoqué lors d’un entretien téléphonique avec l’AP, les témoignages en faveur de l’agente municipale apportés au cours de l’instruction par de nombreux habitants de Sidi Bouzid présents lors de l’incident.
Selon elle, tous ont affirmé que Fédia n’avait pas giflé le défunt Bouazizi, à l’exception de deux proches parents du vendeur dont elle a qualifié les témoignages de "non crédibles".
D’après elle, la plainte n’avait pas été déposée à l’initiative de la famille Bouazizi, mais par un de ses confrères Lotfi Tlili, qui avait déposé plainte au nom de la famille, "on ne sait pas à l’instigation de qui".
"Le verdict est une gifle à Ben Ali et à son système qui fonctionnait par des instructions et en même temps un avertissement à tous ceux qui à l’avenir seraient tentés d’user des mêmes procédés", a lancé l’avocate.
Mohamed Bouazizi était un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes de 26 ans qui s’est immolé par le feu le 17 décembre devant la préfecture de Sidi Bouzid pour protester contre la confiscation de sa marchandise par la police. Il a succombé à ses blessures le 5 janvier.
D’autres suicides ont suivi ainsi que des manifestations de grande ampleur réprimées dans le sang, provoquant finalement la chute du président Zine el Abidine ben Ali le 14 janvier, après 23 ans de pouvoir autoritaire.
Le mouvement de contestation s’est ensuite étendu à plusieurs pays arabo-musulmans, dont l’Egypte, où le président Hosni Moubarak a démissionné le 11 février, à quelques mois de totaliser 30 ans de règne.

(Mardi, 19 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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