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Syrie : 13 morts lors de funérailles de victimes, démission de deux députés

samedi 23 avril 2011, par La Rédaction

Au moins treize personnes ont été tuées par balles lors de funérailles samedi de victimes de la répression meurtrière la veille de manifestations hostiles au régime du président syrien Bachar al-Assad et deux députés ont démissionné pour protester contre ces violences.
Selon les militants des droits de l’Homme, la répression des manifestations a coûté la vie vendredi à plus de 80 personnes et samedi à au moins onze.
En signe de protestation, deux députés "indépendants", Nasser Hariri et Khalil Rifaï, ont affirmé samedi en direct à la télévision al-Jazira avoir démissionné du Parlement. Tous deux sont élus de la région de Deraa où est né le mouvement de contestation.
"J’appelle instamment le président (Bachar al-Assad) à intervenir", a notamment déclaré M. Hariri.
Samedi, cinq personnes ont été tuées dans la région de Deraa (100 km au sud de Damas), cinq à Douma (à 15 km au nord de Damas) et trois à Damas, alors que des dizaines de milliers de Syriens participaient aux obsèques des victimes de la veille.
A Douma, cinq personnes ont été tuées par des tireurs embusqués postés sur des immeubles au passage d’un cortège funèbre qui se rendait de la mosquée au cimetière, selon un témoin et un militant des droits de l’Homme sur place joints au téléphone par l’AFP.
Dans la région de Deraa, où la plupart des boutiques étaient fermées en signe de deuil, cinq personnes ont été tuées "par les forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles sur les habitants se rendant vers Ezreh pour assister aux funérailles ainsi que devant l’hôpital de Deraa", a indiqué un autre militant.
Selon des militants, au moins trois personnes ont par ailleurs été tuées par des tirs des forces de sécurité dans le quartier de Barzeh, à Damas.
Dans la capitale et ses environs, les funérailles de neuf personnes devaient avoir lieu après la prière, selon Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme.
La journée du "Vendredi saint" telle qu’appelée par des groupes de l’opposition a été l’une des plus sanglantes depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars contre le régime de Bachar el-Assad et a vu une mobilisation inédite des protestataires.
Au lendemain de la levée de l’état d’urgence, la Sécurité a ouvert le feu pour disperser les dizaines de milliers de manifestants, le gouvernement ayant mis en garde contre toute manifestation organisée sans autorisation.
Au moins 82 personnes ont été tuées et des centaines blessés, dont des enfants et des personnes âgées, selon des militants et des témoins.
Le Comité syrien des droits de l’Homme, basé à Londres, a évoqué de son côté samedi une liste nominative de 112 morts pour hier, dont une minorité n’a pas été authentifiée.
La journée la plus sanglante jusque-là avait été le 23 mars à Deraa où plus de 100 personnes avaient péri.
"Les forces de sécurité ont commis un massacre terrifiant contre le peuple héroïque syrien qui a manifesté pacifiquement pour obtenir ses droits légitimes à la liberté et la justice", a dénoncé le Comité des martyrs de la révolution du 15 mars.
Les "comités de coordination en Syrie", un groupe de militants qui organise les manifestations, ont fait assumer à l’Etat "la responsabilité" des violences, appelant à "la dissolution des services de sécurité".
De Washington à Bruxelles, en passant par l’ONU, les Occidentaux ont également exprimé leur indignation appelant le régime à cesser de recourir à la violence. La Russie a appelé à une accélération des réformes en Syrie, pays avec lequel elle entretient de longue date des liens étroits.
Les pays arabes n’ont en revanche pas réagi.
Le président américain Barack Obama a estimé que le "recours révoltant à la violence pour lutter contre des manifestations (devant) cesser immédiatement", accusant M. Assad de chercher l’aide de Téhéran pour cette répression.
Les autorités syriennes ont dit "regretter" les propos de M. Obama qui "ne sont pas basés sur une vision objective des faits".
Selon la version officielle, les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau uniquement pour empêcher des heurts "entre manifestants et citoyens" et "protéger des biens privés". L’agence officielle Sana a fait état de dix morts dont des membres des forces de sécurité.
Deux membres des services de sécurité tués vendredi à Homs et à Madamiyé près de Damas, par "les tirs de groupes criminels armés" ont été enterrés samedi, selon Sana.
Depuis le 15 mars, plus de 310 personnes ont péri dans les violences en Syrie, selon Amnesty International.

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Plus de 70 morts lors des manifestations

Plus de 70 personnes ont été tuées vendredi et des centaines blessées par les forces de sécurité qui ont tiré sur des manifestations hostiles au régime dans plusieurs villes de Syrie, selon des militants et des associations syriens des droits de l’Homme.
"Les forces de sécurité syriennes ont commis des massacres dans plusieurs villes et régions aujourd’hui en Syrie faisant jusqu’à présent 72 morts et des centaines de blessés", a annoncé le Comité syrien de défense des droits de l’Homme, basé à Londres, dans un communiqué parvenu à l’AFP.
Plusieurs militants syriens des droits de l’Homme ont publié des listes nominatives recensant plus de 70 morts dans l’ensemble du pays.
Ammar al-Qourabi, chef de l’organisation nationale des droits de l’Homme en Syrie, a fait état dans une déclaration à l’AFP "de 49 morts et de 20 personnes portées disparus".
Selon les militants et ONG des droits de l’Homme, 15 personnes ont péri à Ezreh, dans la province de Deraa (au sud de Damas), où la contestation est née le 15 mars, et 15 autres ont été tuées à Homs, dans le centre du pays.
Environ 30 personnes ont été tuées dans des localités de la banlieue proche de Damas, ont ajouté ces sources, soulignant que les autres morts avaient été recensés dans d’autres villes du pays.
De son côté, l’agence officielle syrienne Sana a fait état de "huit morts et 20 blessés dont des membres des forces de sécurité dans une attaque de groupes criminels à Ezreh" et "de deux policiers tués et 11 blessés à Homs et à Damas par des bandes armées".
Selon la version officielle syrienne, les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau uniquement pour empêcher des heurts "entre certains manifestants et citoyens" et "pour protéger des biens privés".
Le ministère de l’Intérieur a rappelé qu’en vertu de la nouvelle législation, toute manifestation devait obtenir "une autorisation préalable des parties concernées", a ajouté l’agence officielle Sana.
La France appelle les autorités syriennes à "renoncer à l’usage de la violence contre leurs citoyens" et à mettre en oeuvre les réformes, a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères, après la mort d’au moins 70 personnes lors de manifestations en Syrie.
"Les autorités syriennes doivent renoncer à l’usage de la violence contre leurs citoyens", a indiqué dans un communiqué la porte-parole adjointe du ministère, Christine Fages.
"Nous les appelons à nouveau à engager sans délai un dialogue politique inclusif et à mettre en oeuvre les réformes qui répondent aux aspirations légitimes du peuple syrien. La levée de l’état d’urgence doit se traduire dans les faits", a-t-elle poursuivi.
Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a quant à lui jugé vendredi "inacceptable" la répression violente contre des manifestants en Syrie qui a fait de nombreux morts, et appelé à la libération de tous les prisonniers politiques.
Depuis le début du mouvement de contestation, le pouvoir en Syrie accuse "des gangs criminels armés" d’être à l’origine des violences.

(Samedi, 23 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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