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Syrie : la pression s’accentue sur le régime, démission de 30 membres du Baas

mercredi 27 avril 2011, par La Rédaction

La pression internationale s’est accentuée mercredi sur le régime syrien, confronté également à des démissions collectives au sein du parti au pouvoir et mis en demeure par l’opposition de mener de véritables réformes sous peine d’être renversé par une "révolution".

"Les services de sécurité ont démoli les valeurs sur lesquelles nous avons grandi. Nous dénonçons et condamnons tout ce qui s’est passé et annonçons sans regret notre retrait du parti", ont affirmé une trentaine de membres du parti Baas, originaires de la région de Banias (nord-ouest), dans un texte parvenu à l’AFP.

"Les pratiques des services de sécurité à l’encontre des citoyens sans armes à Banias et des villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti" Baas, disent-ils, en évoquant "les perquisitions dans les maisons, les tirs à balles réelles sans discrimination sur les gens, les maisons, les mosquées et les églises".

Le communiqué dénonce aussi la manière dont "les médias (syriens) parlent des manifestants tués, blessés ou torturés en les traitant de +gangs criminels armés+".

Par ailleurs, plus de 150 opposants syriens — dont le nom de la plupart d’entre eux a été gardé secret pour des raisons de sécurité — ont mis en demeure le régime de mener de véritables réformes ou d’être renversé par une "révolution".

"Le régime au pouvoir a le choix entre deux seules alternatives ; soit il conduit lui-même le changement vers la démocratie, soit les protestataires mènent une révolution populaire qui renversera le régime", ont-ils averti, dans un communiqué intitulé "Initiative nationale pour le changement".

"Pour introduire des réformes politiques radicales, il est nécessaire de commencer à élaborer une nouvelle Constitution qui garantisse les droits essentiels des citoyens et assure une totale séparation entre les pouvoirs législatif, juridique et exécutif, et de mettre en oeuvre une réforme radicale du système judiciaire miné par la corruption", affirment-ils.

Parmi leurs autres revendications : "la libération de tous les détenus politiques" et "le vote d’une loi moderne sur les partis politiques", la presse et les élections.

Selon eux, "l’armée est la seule institution à même de conduire ce changement", en négociant notamment avec l’opposition.

Les militants accusent essentiellement les forces de sécurité d’être responsables de la répression meurtrière du mouvement de contestation, et non pas l’armée.

Depuis le début du mouvement le 15 mars, au moins 453 personnes ont été tuées, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Parallèlement, la communauté internationale multipliait les initiatives : les représentants des 27 pays de l’Union européenne se réuniront vendredi à Bruxelles pour discuter d’éventuelles sanctions et le Conseil des droits de l’homme de l’ONU tiendra ce jour-là une session spéciale sur la Syrie à la demande des Etats-Unis.

"Nous attendons des membres du Conseil des droits de l’Homme qu’ils appellent le gouvernement de Syrie à assumer sa responsabilité de protéger sa population et de stopper ces attaques", a déclaré à l’AFP l’ambassadrice américaine auprès du Conseil, Eileen Donahoe.

Plusieurs pays européens, dont la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Allemagne, ont par ailleurs décidé de convoquer mercredi les ambassadeurs de Syrie pour leur signifier leur condamnation de la répression.

L’ambassadeur de Syrie, Bachar Jaafari, a rejeté pour sa part toute idée d’enquête internationale dans son pays. "Nous regrettons ce qui se passe, mais vous devez convenir que ces troubles et ces émeutes, dans certains de leurs aspects, masquent des intentions cachées", a-t-il dit.

Des tirs étaient toujours entendus par intermittence mercredi à Deraa (sud), où plus de 30 personnes avaient été tuées lundi et mardi, après l’entrée dans la ville de l’armée, appuyée par des chars et blindés, pour mater la contestation.

Les tirs visaient en particulier des réservoirs d’eau, a indiqué un militant des droits de l’homme, Abdallah Abazid. "Les autorités mènent une campagne pour nous affamer et nous priver d’eau", a-t-il dit.

Les autorités, qui accusent "des gangs criminels armés" d’être à l’origine du mouvement, affirment que l’armée est entrée à Deraa "à l’appel des habitants" pour en chasser "les groupes terroristes extrémistes".

Une figure de la contestation à Banias, cheikh Anas Aïrout, a dit craindre un assaut contre cette ville, où des milliers de personnes avaient défilé mardi pour réclamer des réformes.

(Mercredi, 27 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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