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Assad confronté à un début de mouvement de dissidence en Syrie

jeudi 28 avril 2011, par La Rédaction

Le président syrien Bachar al Assad se trouve confronté à un début mouvement de dissidence avec la démission de 200 membres de son parti et un sentiment de mécontentement au sein de l’armée après la violente répression des manifestations pro-démocratie.
Deux cents membres du parti Baas au pouvoir en Syrie ont démissionné dans la province de Deraa et les régions voisines mercredi après le déploiement de tanks pour réprimer la contestation dans la ville de Deraa, berceau des manifestations, située dans le Sud à la frontière avec la Jordanie.
Au moins 35 personnes ont été tuées lors de l’assaut, selon les organisations de défense des droits de l’homme.
Des diplomates rapportent que des signes de mécontentement émergent au sein de l’armée où la majorité des soldats sont sunnites et la plupart des commandants sont issus de la minorité alaouite, une branche du chiisme, du président Assad.
Le chef de l’Etat, qui a succédé en 2000 à son père Hafez, au pouvoir pendant 30 ans, a envoyé lundi à Deraa la quatrième division mécanisée, une unité ultra-loyale commandée par son frère, Maher.
Selon des figures de l’opposition et des habitants de la ville, plusieurs soldats d’une autre unité ont refusé d’ouvrir le feu sur les civils, une information qui n’a pas pu être confirmée de source indépendante.
"Les plus grandes funérailles organisées jusqu’à présent en Syrie ont été celles de soldats qui ont refusé d’obéir aux ordres de tirer sur les manifestants et qui ont été sommairement exécutés sur place", a déclaré un haut diplomate.
Selon un autre diplomate, une unité de l’armée a affronté la police secrète ce mois-ci pour l’empêcher de tirer sur des manifestants.
"Personne ne dit qu’Assad est en train de perdre le contrôle de son armée mais dès que l’on commence à utiliser l’armée pour massacrer son propre peuple, c’est un signe de fragilité", a-t-il estimé.
Des coups de feu ont retenti à Deraa dans la nuit de mercredi à jeudi. L’eau, l’électricité et les communications restent coupés et les produits de première nécessité commencent à manquer, rapportent des habitants.
"Les martyrs ont été placés dans des camions réfrigérants utilisés en temps normal pour transporter des marchandises. Nous avons versé de l’alcool sur les corps pour diminuer les odeurs", a indiqué l’un des habitants.
Selon l’organisation syrienne de défense des droits de l’homme Saousiah, la répression des manifestations en faveur de la démocratie par les forces de sécurité a fait au moins 400 morts en six semaines.
Les manifestations ont commencé mi-mars après l’arrestation de plusieurs personnes dont des adolescents, qui avaient taggé sur les murs de la ville le slogan des révolutions arabes réclament le renversement du régime.
Sur le plan diplomatique, l’initiative européenne en faveur d’une condamnation de la répression a échoué mercredi soir au Conseil de sécurité de l’Onu en raison de l’hostilité de la Russie, de la Chine et du Liban.
Le projet rédigé par l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Portugal avait été mis en circulation lundi.
Après la résolution autorisant le recours à la force en Libye pour protéger les civils, la Chine et la Russie se sont opposées à ce que le Conseil de sécurité se saisisse d’un autre conflit interne qui relève, selon elles, des affaires intérieures du pays.
"Leur tolérance à l’égard des initiatives européennes et américaines pour protéger des civils au Moyen-Orient semble épuisée", a commenté un représentant de l’Onu.

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Les troubles en Syrie pourraient déstabiliser le Liban

Les troubles qui secouent actuellement la Syrie pourraient attiser des tensions religieuses susceptibles de franchir la frontière et de déstabiliser le Liban voisin où Damas compte autant d’ennemis que d’alliés.
La situation est d’ores et déjà tendue au Liban où le mouvement chiite du Hezbollah, soutenu par l’Iran et la Syrie, est en conflit ouvert avec le Premier ministre Saad Hariri, soutenu par l’Occident et l’Arabie saoudite sunnite.
Mosaïque de 18 communautés religieuses, le Liban, s’est progressivement transformé en champ de bataille pour les conflits des pays de la région.
La Syrie, qui a mis fin en 2005 à 29 années de présence militaire au Liban, conserve toujours une grande influence sur son voisin.
"Nous avons des parties ici qui sont liées à la Syrie et d’autres qui en sont l’ennemies, ce qui pourrait nous faire plonger dans la crise. Dieu nous en garde mais le Liban n’est pas à l’abri, quelque chose pourrait se produire ici", déclare l’analyste Nabil Bu Monsef.
Le soulèvement populaire en Syrie, où 400 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis la mi-mars selon une organisation syrienne de défense des droits de l’homme, met aux prises le président Bachar al Assad, issu de la minorité alaouite (une branche du chiisme), à une population majoritairement sunnite.
Les alaouites, fidèles au régime baassiste d’Assad, occupent des fonctions stratégiques au sein de l’armée et les postes clés de l’appareil de sécurité sont aux mains de membres du clan du chef de l’Etat.
"S’il y a une tension religieuse entre les alaouites et les sunnites en Syrie, elle va de toute évidence déborder sur le Liban", estime un analyste libanais, faisant référence à des affrontements qui ont opposé par le passé alaouites et sunnites dans le nord du Liban.
"D’un côté, nous avons de plus en plus de sunnites radicaux, c’est évident, et c’est le cas dans l’ensemble du Moyen Orient, et de l’autre nous avons des chiites qui se radicalisent en raison du conflit entre l’Iran et les Etats du Golfe. Tout cela prend de l’ampleur, nous devrions donc avoir peur. Nous ne sommes pas à l’abri."
"Lorsque la situation dans ces pays est stable, nous payons un prix élevé en raison de leur ingérence, alors imaginez maintenant s’il y a des troubles. Nous payerons un prix encore plus élevé."
Pour des raisons de sécurité, la plupart des analystes libanais ont refusé de s’exprimer ou d’être nommés.
Signe de la tension grandissante, un petit groupe inconnu d’activistes sunnites a organisé vendredi une manifestation hostile à Assad dans la ville de Tripoli, dans le nord du Liban et ont réclamé l’instauration d’un califat islamique.
Certains analystes ont indiqué que le Hezbollah pourrait être tenté de renforcer ses relations avec les hommes politiques fortunés libanais s’il observait des signes d’affaiblissement du régime de son allié syrien.
Après quinze ans de guerre civile (1975-1990), de nombreux Libanais estiment que la justice n’a pas été rendue et conservent des armes à portée de main, dont des fusils d’assaut AK-47 et des lance-roquettes.
"Il y a déjà de nombreuses tensions au Liban et les troubles en Syrie vont compliquer les relations au Liban, notamment entre le Courant du Futur (sunnite) dirigé par Hariri et le Hezbollah", note un professeur de sciences politiques d’une université libanaise.
Les autorités syriennes, qui tentent de réprimer cinq semaines de contestation sans précédent, accusent un député du parti d’Hariri, Jamal al Jarrah, d’attiser les manifestations et de fournir des armes aux manifestants.
"Le Liban est stable lorsque la Syrie est stable. Il n’y a pas de sécurité au Liban sans sécurité en Syrie", a déclaré le député du Hezbollah, Nawaf al Mussawi lors d’une conférence de presse.
Le président de la chambre des députés et chef du mouvement Amal (chiite), Nabih Berri, proche de la Syrie, a indiqué mardi que le Liban devait "se soucier de la sécurité en Syrie et de la stabilité davantage encore que les Syriens eux mêmes".
"Nous mettons en garde contre toute tentative d’exporter des conflits et le chaos en Syrie parce que cela déclencherait un incendie dans le Proche Orient qui ne pourrait pas être maîtrisé", a-t-il ajouté.
"Je pense que dans les semaines qui viennent la Syrie va se battre en accentuant la pression sur ses opposants au Liban, en passant par ses alliés pour tenter de contenir l’opposition libanaise", prévoit Nicholas Noe, un analyste basé à Beyrouth.
Le gouvernement de Saad Hariri s’est effondré en janvier après la démission de ministres proches du Hezbollah, opposés au tribunal de l’Onu chargé d’enquêter sur l’assassinat de Rafic Hariri en 2005.
Saad Hariri a accusé les autorités syriennes d’avoir tué son père et malgré un timide rapprochement avec Damas en 2009, les relations entre les deux pays restent tendues.
"Comme si le Liban n’avait pas suffisamment de problèmes, les troubles en Syrie vont agir comme une étincelle pour de nombreux problèmes qui sont restés enfouis ces deux dernières années", prédit un autre commentateur politique.

(Jeudi, 28 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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