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Les Frères musulmans appellent à manifester en Syrie

vendredi 29 avril 2011, par La Rédaction

Les Frères musulmans appellent les Syriens à descendre dans les rues vendredi, jour de grande prière, et à venir en aide aux habitants de la ville assiégée de Deraa, dans le sud du pays, où 50 civils ont été tués selon une organisation des droits de l’homme.
C’est la première fois que ce mouvement, interdit en Syrie et dont la direction vit en exil, appelle directement à manifester depuis le début du mouvement de contestation du régime du président Bachar al Assad qui a succédé en 2000 à son père, Hafez, au pouvoir pendant trente ans.
"Ne laissez pas le régime harceler vos compatriotes. Lancez d’une seule voix un appel à la liberté et à la dignité. Ne laissez pas le tyran vous asservir. Dieu est grand", disent les Frères musulmans dans une déclaration envoyée à Reuters.
Les autorités syriennes voient dans cette contestation sans précédent la main des islamistes tandis que les Frères musulmans accusent le pouvoir de vouloir déclencher une guerre civile et de chercher à saper les appels lancés par la communauté internationale en faveur des libertés politiques et de la lutte contre la corruption.
Selon l’organisation syrienne de défense des droits de l’homme, Souasiah, la répression des manifestations par les forces de sécurité a fait au moins 500 morts depuis le 18 mars.
Jeudi, Assad a renforcé sa main mise sur la capitale, Damas, et sa périphérie, en déployant forces de sécurité et unités de la police secrète à Erbir et Tel et à Douma, ont rapporté des témoins et des militants des droits de l’homme.
Lundi, la quatrième division mécanisée, une unité ultra-loyale commandée par son frère, Maher, avait été déployée à Deraa, le berceau de la contestation.
Ce déploiement a réveillé le souvenir de la répression du soulèvement mené par les Frères musulmans dans la ville de Hama, en 1982, qui avait fait entre 10.000 et 30.000 morts.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins 50 civils ont été tués à Deraa et les produits de première nécessité commencent à manquer dans cette ville située près de la frontière avec la Jordanie.
La répression sanglante des manifestations a déclenché une vague de condamnations en Occident et les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils examinaient la possibilité d’adopter des "sanctions ciblées" contre le pouvoir syrien.
Les ambassadeurs de l’Union européenne ont prévu de se réunir à Bruxelles vendredi pour discuter de l’éventuelle adoption de sanctions à l’encontre de Damas.
Parmi les mesures envisageables figurent un gel des avoirs, une restriction de déplacement des responsables syriens et le gel des 43 millions d’euros d’aide financière accordée chaque année à Damas.

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU tient une session spéciale

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se réunit vendredi pour une session extraordinaire sur la Syrie, à la demande des Etats-Unis qui souhaitent qu’une résolution sur les violences commises lors de la répression soit adoptée.
Cette réunion spéciale des 47 Etats membres de l’organisation basée à Genève a été convoquée mercredi par les Etats-Unis. Quinze autres pays ont signé la demande de session, dont la France, l’Angleterre, l’Espagne, le Japon, la Pologne, la Suisse, le Mexique, la Zambie et le Sénégal.
Cette session intervient alors que le Conseil de sécurité n’est pas parvenu mercredi à se mettre d’accord sur une déclaration pour condamner la répression en Syrie et que les représentants des 27 pays de l’Union européenne (UE) doivent se réunir vendredi à Bruxelles pour discuter d’éventuelles sanctions contre Damas.
La session du Conseil doit démarrer à 11H00 (09H00).
"Nous attendons des membres du Conseil des droits de l’homme qu’ils appellent le gouvernement de Syrie à assumer sa responsabilité de protéger sa population et de stopper ces attaques", a relevé l’ambassadrice américaine auprès du Conseil, Eileen Donahoe.
"La communauté internationale a été choquée par les centaines de civils tués dans le cadre des manifestations politiques pacifiques la semaine dernière", a-t-elle ajouté.
La répression des manifestations hostiles au régime du président syrien Bachar el-Assad en Syrie a fait au moins 107 morts entre vendredi et dimanche, selon le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, qui a demandé l’ouverture d’une enquête sur ces événements.
L’ONU a communiqué aux médias un premier projet de résolution établi par les pays qui ont demandé la tenue de la session, demandant "l’envoi urgent d’une commission d’enquête indépendante et internationale pour enquêter sur les violations présumées des droits de l’homme en Syrie".
Le Conseil des droits de l’homme se réunit rarement en sessions extraordinaires mais celles-ci aboutissent en général à l’adoption d’une résolution commune, comme le 25 février concernant la Libye.
Pour les ONG, cette attention portée sur la Syrie risque de mettre à mal la récente candidature syrienne au Conseil des droits de l’homme.
Début mars, Damas a en effet officiellement lancé sa candidature à l’un des sièges disponibles au sein du Conseil des droits de l’homme, installé à Genève et composé de 47 membres.

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Le régime inflexible, nouveaux appels à manifester vendredi

Le régime syrien est déterminé malgré les protestations internationales à réprimer la contestation tandis que l’opposition a appelé à manifester massivement vendredi.
"Les autorités sont déterminées à restaurer la sécurité, la stabilité et la tranquillité des citoyens", a affirmé jeudi à l’AFP le ministre syrien de l’Information, Adnane Mahmoud.
Mais les protestataires refusent de lâcher prise et les "jeunes de la révolution syrienne" ont appelé sur Facebook à un "vendredi de la colère" en solidarité avec Deraa.
"Aux jeunes de la révolution, demain nous serons sur toutes les places, dans toutes les rues (...), nous serons au rendez-vous", ont écrit les militants.
A Deraa, dans le sud du pays, la situation humanitaire se dégrade après l’offensive militaire sans précédent pour mater la révolte dans ce berceau de la contestation contre le régime du président Bachar al-Assad, selon des militants.
"La situation empire, nous n’avons ni médecins ni médicaments, ni lait pour enfants. L’électricité est toujours coupée et nous n’avons pas d’eau non plus", a dit Abdallah Abazid sur place, joint au téléphone par l’AFP à Nicosie.
La répression à Deraa a coûté la vie à 42 personnes depuis lundi, selon le "Comité des martyrs du 15 mars", proche des opposants. Depuis six semaines, au total 502 personnes ont trouvé la mort dans tout le pays, selon la même source.
"A Deraa, l’armée est intervenue à la demande de la population pour rétablir la sécurité", a déclaré M. Mahmoud.
Un militant de l’opposition, Abdallah Abazid a assuré que certains soldats "de la 5e compagnie se sont joints aux habitants de Deraa pour les défendre face aux services de sécurité". Le ministre de l’Information a réfuté cette information.
Pour sa part, l’agence officielle Sana a rapporté que deux membres des forces de sécurité avaient été tués et sept blessés par balles à Deraa et à Tell Kalakh, à la frontière avec le Liban.
Dans cette dernière ville, des heurts ont éclaté jeudi et des centaines de Syriens, pour la plupart des femmes et des enfants, ont fui au Liban voisin, selon un correspondant de l’AFP.
Le ministre de l’Information a par ailleurs indiqué que plus de 50 soldats et des dizaines de policiers avaient été tués depuis le début de la révolte. La télévision syrienne diffusait jeudi en boucle des images de funérailles de soldats et policiers et les "aveux" de deux jeunes gens présentés comme "des terroristes".
Un diplomate américain a été brièvement détenu à Damas le week-end dernier, suscitant une protestation de Washington.
"Un membre de l’ambassade américaine (à Damas) a été arrêté, puis relâché le week-end dernier. Nous avons protesté", a déclaré jeudi à l’AFP un responsable du département d’Etat.
Mercredi, les quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont échoué à se mettre d’accord sur une condamnation de Damas.
La France a regretté l’absence de consensus après le blocage de la Russie et la Chine, qui ont mis en garde contre une "ingérence extérieure" pouvant causer "une guerre civile". Paris a toutefois espéré une déclaration "prochainement" du Conseil de sécurité.
Les Européens envisagent une série de sanctions contre Damas, allant du gel des aides à la coopération à des gels d’avoirs de responsables et à un embargo sur les armes, ont indiqué à l’AFP des sources diplomatiques en faisant référence à un document dont doivent discuter vendredi les ambassadeurs des 27 Etats de l’UE.
La Turquie, acteur régional influent, a décidé de son côté l’envoi d’un émissaire pour inciter le régime à mettre en oeuvre des réformes, tandis que le chef de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, déplorait "le grand nombre" de victimes et appelait à la retenue.
Trois influents sénateurs américains ont par ailleurs demandé au président Barack Obama de déclarer que son homologue syrien n’avait plus aucune légitimité et devait démissionner.
Londres a décidé à sa manière de punir Damas en retirant l’invitation de l’ambassadeur de Syrie au mariage du prince William et de Kate Middleton.

(Vendredi, 29 avril 2011 - Avec les agences de presse)

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