Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Libye > Kadhafi ne partira pas, appelle Paris et Washington à négocier

Kadhafi ne partira pas, appelle Paris et Washington à négocier

samedi 30 avril 2011, par La Rédaction

Mouammar Kadhafi a affirmé qu’il ne renoncerait pas au pouvoir et appelé Paris et Washington à négocier une sortie de crise, alors que Tripoli a menacé d’attaquer tout navire entrant dans le port de Misrata assiégé depuis deux mois et invité les rebelles à se rendre.
L’Otan "doit abandonner tout espoir d’un départ de Mouammar Kadhafi. Je n’ai pas de fonction officielle pour y renoncer. Je ne quitterai pas mon pays et je m’y battrai jusqu’à la mort", a déclaré le dirigeant libyen dans une allocution dans la nuit de vendredi à samedi. Selon la télévision d’Etat, elle était retransmise en direct.
Les rebelles libyens, les Etats-Unis et l’Union européenne réclament le départ du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, mais celui-ci a répété que son peuple l’"aime", affirmant qu’il était pour eux "plus sacré que l’empereur du Japon ne l’était pour son peuple".
Il s’exprimait lors d’une cérémonie marquant le centenaire d’une bataille contre les forces d’occupation italiennes en Libye.
"Nous sommes prêts à négocier avec la France et les Etats-Unis mais sans condition", a encore dit le dirigeant libyen dans sa première apparition publique depuis le 9 avril. "Nous ne nous rendrons pas mais je vous appelle à négocier. Si vous voulez le pétrole, nous passerons des contrats avec vos compagnies, ce n’est pas la peine de mener une guerre".
La France et les Etats-Unis, avec la Grande-Bretagne, avaient mené les premières opérations militaires en Libye lancées le 19 mars en vertu d’une résolution de l’ONU. Le commandement des opérations est passé à l’Otan fin mars.
"Nous pouvons régler nos problèmes entre Libyens sans nous battre, retirez vos flottes et vos avions", a lancé le leader libyen à l’adresse de l’Otan.
De son côté, son fils Seïf al-Islam, a affirmé lors d’une visite aux blessés dans un hôpital de Tripoli, "nous allons combattre l’Otan 40 ans, et nous ne nous rendrons pas".
combats "L’Histoire se répète, l’Italie revient avec ses alliés occidentaux bombarder la Libye et détruire comme elle a détruit Misrata, la plus importante ville industrielle et commerciale" du pays, a-t-il dénoncé à propos de la participation de l’Italie à l’intervention étrangère en Libye.
Sur le terrain, deux explosions ont été entendues à l’aube samedi dans le nord de Tripoli après des survols pendant plusieurs heures des avions de l’Otan, a rapporté une correspondante de l’AFP.
A l’est de Tripoli, les combats se sont poursuivis jusqu’aux premières heures de samedi à Misrata reprenant vers 08H30 (06h30 GMT) de façon intense dans le secteur de l’aéroport, selon des journalistes de l’AFP.
De violents combats avaient eu lieu vendredi autour de l’aéroport, situé à deux kilomètres au sud-ouest de la troisième ville de Libye (200 km de la capitale) et avaient fait 18 morts et 83 blessés à 19H00 GMT, selon des sources médicales.
Samedi matin, de violentes explosions quasi continues et des tirs de mitrailleuses lourdes étaient audibles dans le secteur. Au moins quatre chars pro-Kadhafi qui avançaient vendredi sur la ville à partir de l’aéroport ont été détruits pendant la journée et dans la nuit par les forces rebelles, mais d’autres ont été signalés dans la zone, selon des sources rebelles.
Un porte-parole du gouvernement a fait savoir vendredi que le ministère de la Justice appelait "tous les groupes armés à Misrata à déposer les armes en échange d’une amnistie", précisant que l’offre tient jusqu’au 3 mai.
Il a également confirmé la menace de frapper les navires entrant dans le port, comme l’avait annoncé auparavant la télévision libyenne.
Tout bateau "tentant d’entrer au port (...) sera frappé avec force", a indiqué la télévision, affirmant que l’armée avait "mis hors service" le port, seule voie de ravitaillement, et que l’acheminement des aides devrait désormais se faire "par les voies terrestres" sous la supervision de l’armée.
Des navires de l’Otan ont neutralisé des mines posées par les forces loyalistes dans le port de Misrata, selon le général britannique Rob Weighill.
Dans un communiqué, l’Otan "a prévenu les autorités portuaires de Misrata, qui ont temporairement fermé l’installation portuaire", entraînant l’annulation des déplacements de deux bateaux d’aide humanitaire.
"Les forces de l’Otan sont maintenant activement lancées dans la neutralisation de la menace que représentent les mines, afin d’assurer que la circulation de l’aide continue", a déclaré l’amiral italien Rinaldo Veri, cité dans le communiqué.
Selon le Croissant-Rouge, les violences à Misrata ont fait environ 1.500 morts, habitants et rebelles, en deux mois. Selon le procureur local, les pro-Kadhafi ont aussi enlevé plus de 500 habitants.
Plus à l’ouest, les insurgés tenaient toujours vendredi le poste-frontière tuniso-libyen de Dehiba, reconquis la veille.
Selon un correspondant de l’AFP, des habitants et des rebelles ont rapporté des frappes aériennes dans des zones où sont positionnées les troupes de Kadhafi.

***

Les insurgés rejettent l’offre de Kadhafi

Les insurgés libyens ont rejeté samedi la proposition de cessez-le-feu et d’ouverture de négociations formulée par Mouammar Kadhafi en échange d’un arrêt des bombardements de l’Otan.
"Le régime de Kadhafi a perdu toute crédibilité", a réagi dans un communiqué Abdel Hafiz Ghoga, porte-parole du Conseil national de transition (CNT) formé par les insurgés.
"Le temps du compromis est révolu. Le peuple libyen ne peut envisager ni accepter une Libye future dans laquelle le régime de Kadhafi jouerait le moindre rôle", a-t-il ajouté, en rappelant que le dirigeant libyen avait déjà proposé des cessez-le-feu par le passé tout en continuant de violer les droits de l’homme.
Dans une allocution télévisée, Mouammar Kadhafi a proposé un cessez-le-feu tout en excluant de quitter le pouvoir, comme l’exigent les insurgés et les pays occidentaux.
Porte-parole militaire des insurgés, le colonel Ahmed Bani a lui aussi rejeté cette proposition. "Il n’est pas honnête. Nous ne croyons pas en lui et nous n’avons pas confiance en lui", a-t-il dit à l’agence Reuters.

(Samedi, 29 avril 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2