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Retrait militaire de Deraa, mais la répression continue en Syrie

jeudi 5 mai 2011, par La Rédaction

L’armée a commencé jeudi à se retirer de la ville de Deraa, place forte de la contestation en Syrie, mais poursuit sa campagne d’arrestations avec les forces de sécurité, notamment à Saqba, près de Damas, où 300 personnes ont été arrêtées selon un militant. En dépit de la poursuite du siège d’autres villes et des arrestations massives, les opposants au régime de Bachar el-Assad ont appelé à de nouvelles manifestations vendredi. "Vendredi du défi, le 6 mai 2011, Syrie, la liberté approche, le peuple veut faire tomber le régime", titre le site "The Syrian Revolution 2011" créé par de jeunes militants.
À Deraa, 350 soldats à bord d’une vingtaine de camions suivis d’une vingtaine de transports de troupes ont quitté la ville située à une centaine de kilomètres au sud de Damas. "Nous avons entamé notre départ après avoir accompli notre mission", a affirmé le général Haddad, directeur du département politique de l’armée, précisant : "L’armée se sera complètement retirée de Deraa d’ici la fin de la journée. Nous n’avons pas affronté les manifestants, nous poursuivions des bandes terroristes cachées dans plusieurs endroits. En tant qu’armée, nous n’avons jamais affronté les manifestants, nous n’avons jamais utilisé des armes lourdes, sauf des armes automatiques."
25 militaires ont été tués et 177 autres blessés selon lui durant le siège de la ville, débuté le 25 avril. Le mouvement de contestation sans précédent du régime est né à Deraa à la mi-mars. La répression a fait quelque 600 morts dans le pays, en majorité à Deraa, selon des ONG, alors que le nombre de personnes "détenues ou disparues pourrait dépasser les 8 000", a déclaré mardi Wissam Tarif, directeur exécutif de l’organisation de défense des droits de l’homme Insan.
L’armée syrienne avait affirmé que son intervention à Deraa visait à pourchasser des "groupes terroristes extrémistes", "en réponse aux appels au secours lancés par les habitants". À Saqba, près de Damas, "plus de 300 personnes ont été arrêtées" jeudi matin, "dont plusieurs dignitaires religieux, par les services de sécurité appuyés par l’armée", a indiqué un militant. Sur la place centrale de la ville, baptisée "Place des martyrs", les services de sécurité "ont arraché un panneau portant cette inscription et déchiré des photos de martyrs qui y étaient collées", a ajouté le militant. Sept habitants ont été tués à Saqba depuis la mi-mars, selon lui.
Par ailleurs, des dizaines de chars et blindés et d’importants renforts de troupes se massaient jeudi à Sahm Al-Bahar, à 10 km au sud de Banias (nord-ouest), ville encerclée par l’armée depuis plus d’une semaine, a indiqué un militant. "Il semble qu’ils s’apprêtent à attaquer la ville comme ils l’ont fait à Deraa", a affirmé un autre.
À Alep (nord), deuxième ville de Syrie, des partisans du régime ont dispersé par la force un sit-in d’étudiants, selon des militants. Les étudiants, qui se trouvaient dans la faculté de la ville, demandaient la libération de leurs collègues arrêtés récemment. Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l’état d’urgence, la libération des détenus et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime. Bachar el-Assad a levé, le 21 avril, l’état d’urgence en vigueur depuis près de 50 ans, mais la répression a continué, suscitant des condamnations internationales.
Les États-Unis et l’Italie appellent Damas à "cesser les violences et reprendre la voie du dialogue", a déclaré jeudi le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini à l’issue d’un entretien à Rome avec la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton. Il a également évoqué des "sanctions" contre la Syrie, notamment "la suspension des négociations avec l’Union européenne en vue d’un accord de coopération".
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait réaffirmé mercredi que la France voulait voir le président Assad sanctionné par l’Union européenne et estimé qu’il serait évincé si la répression perdurait. À Damas, une centaine de manifestants portant des tee-shirts à l’effigie du président se sont rassemblés jeudi dans le calme devant l’ambassade de France pour protester contre les déclarations "enflammées" d’Alain Juppé.

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L’armée se masse autour des villes contestataires, les militants ne cèdent pas

En dépit de la poursuite des arrestations massives et du siège de villes, l’opposition syrienne appelle jeudi à des manifestations le lendemain. "Vendredi du défi, le 6 mai 2011, Syrie, la liberté approche, le peuple veut faire tomber le régime", titre le site The Syrian Revolution 2011 créé par de jeunes militants. "Ce vendredi du défi, nous défierons l’injustice, nous défierons l’oppression, nous défierons la peur, nous nous libèrerons", écrivent-ils.
Le régime syrien a déployé, mercredi 4 mai, des dizaines de chars aux abords de deux places fortes de la contestation et maintenu le siège d’autres villes sans parvenir à briser la détermination des opposants à poursuivre leur "révolution".
Alors qu’une organisation des droits de l’homme a fait état d’environ 8 000 "détenus ou disparus" en Syrie depuis le 15 mars, date du début du mouvement de contestation sans précédent, la France a appelé à des sanctions contre le président Bachar Al-Assad et Washington a dénoncé une répression "barbare".
A Deraa, épicentre de la contestation, assiégée depuis le 25 avril, l’armée a dit être "sur le point d’achever sa mission après avoir atteint la plupart de ses objectifs", sans plus de précisions. Les autorités accusent des "gangs criminels armés" ou des "groupes terroristes" d’être à l’origine des violences.
"Depuis trois jours, l’armée envoie des renforts à l’entrée nord d’Al-Rastan, place forte de la contestation, a également indiqué un militant. Les renforts continuent d’être déployés et, selon des estimations, il y aurait une centaine de tanks et de transports de troupes, sur l’autoroute entre Homs et Hama."
Ce déploiement est intervenu à la suite du refus des habitants de livrer une centaine d’hommes en échange d’un maintien des chars hors de la ville. Les mêmes habitants avaient, il y a quelques semaines, déboulonné une statue de l’ancien président Hafez Al-Assad, père de l’actuel président qui lui avait succédé en 2000.
Le siège de la ville de Baniyas a également été aussi renforcé par les forces de sécurité, lesquelles ont procédé à de nombreuses arrestations aux barrages érigés à l’entrée de la ville et confisqué des camions chargés d’aide humanitaire destinée aux habitants, ont indiqué un militant et un témoin.
"Nous poursuivrons notre révolution et nos manifestations pacifiques à travers la Syrie jusqu’à ce que nous obtenions notre liberté", ont affirmé dans un communiqué les comités de coordination des manifestations dans plusieurs villes, dont Baniyas, Douma (près de Damas), Homs et Deraa. Ils ont dénoncé la répression et les récentes arrestations massives de contestataires, faisant état d’au moins cinq cents arrestations par jour à travers le pays.
"Le régime perd la raison car, en dépit du siège et de la brutalité dont sont victimes plusieurs villes, et les arrestations de centaines de personnes, les manifestations prennent de l’ampleur chaque jour", ont-ils souligné. Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l’état d’urgence, la libération des détenus et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime.

(Jeudi, 05 mai 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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