Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Syrie > Arrestation du dirigeant de l’opposition syrienne à Damas

Arrestation du dirigeant de l’opposition syrienne à Damas

vendredi 6 mai 2011, par La Rédaction

Les forces de sécurité ont arrêté vendredi à Damas le chef de l’opposition, Riad Seïf, lors d’une manifestation antigouvernementale dans le quartier de Midan, ont annoncé sa fille et des défenseurs des droits de l’homme en Syrie. "Mon père a été poussé dans un bus en compagnie d’autres protestataires arrêtés lors de la manifestation aux abords de la mosquée Al Hassan", a déclaré Djoumana Seïf. "Il a été arrêté après la prière du vendredi à proximité de la mosquée al-Hassan dans le quartier Midane", a affirmé le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel Rahmane.
Plusieurs chars ont pénétré vendredi à Homs, la troisième ville de Syrie, où au moins cinq manifestants auraient été tués vendredi. Selon un militant des droits de l’homme à Homs, importante cité industrielle à 160 km au nord de Damas, les chars qui ont pénétré dans la ville ont pris position dans divers endroits du centre et plusieurs quartiers périphériques, dont Baba Amr et Deir Baalba. Plusieurs milliers d’opposants au régime de Bachar el-Assad manifestaient dans différents villes du pays, bravant l’interdiction édictée par le ministère de l’Intérieur.
Les services de sécurité, à l’aide de haut-parleurs placés sur des camionnettes, appelaient les habitants ayant participé à des manifestations à se rendre dans le commissariat de leur quartier, "s’ils ne veulent pas être arrêtés et punis". Ils sommaient également les commerçants de rentrer chez eux et les habitants de ne pas sortir. Selon Najati Tayara, un autre militant à Homs, "des dizaines de personnes ont été arrêtées dans la nuit de jeudi à vendredi dans plusieurs quartiers de la ville".
D’après des militants, des manifestations réunissant plus de 2 000 personnes chacune ont par ailleurs commencé en milieu de journée à Qamishli, Amouda et al-Dirbassiyeh, dans les régions à majorité kurde du nord du pays, en dépit de l’interdiction énoncée par les autorités. Le ministère de l’Intérieur a appelé vendredi les Syriens à "s’abstenir de participer à tout sit-in ou manifestation", mettant en avant "la nécessité de participer activement au rétablissement de la stabilité et de la sécurité et d’aider les autorités à accomplir leurs missions", selon un communiqué diffusé par l’agence officielle Sana.
Un nouvel appel à manifester a été lancé sur Internet pour une journée baptisée "vendredi du défi". "C’est un message à tous ceux qui sont conscients de la situation. Nous ne bougerons pas. Nous nous sacrifierons pour la liberté, la dignité et la fierté. Pour elles, nous défions le monde", affirme un texte posté sur le site The Syrian Revolution 2011, créé par de jeunes militants. Au sud de Damas, l’armée poursuivait dans le même temps son retrait de la ville de Deraa, épicentre de la contestation contre le régime, a indiqué un haut responsable de l’armée.
"Durant toute la nuit, elles se sont retirées de Deraa et cela se poursuit aujourd’hui. Le départ des troupes se fait graduellement", a déclaré le général Riad Haddad, directeur du département politique de l’armée.
L’armée avait investi la ville le 25 avril pour mater la contestation qui avait commencé le 18 mars. Le retrait avait commencé jeudi matin avec le départ de 350 militaires à bord d’une vingtaine de camions suivis d’une vingtaine de transports de troupes. "Les habitants étaient satisfaits du déploiement de l’armée qui a ramené la sécurité" à Deraa. "Les (snipers) postés sur les toits tiraient sur les gens", a ajouté le général Riad Haddad. Il a fait état de l’arrestation par les autorités de quelque 600 personnes à Deraa depuis l’entrée de l’armée le 25 avril.
Depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars, au moins 8 000 personnes ont été interpellées en Syrie, selon l’organisation Insan. Le ministère de l’Intérieur a affirmé vendredi "avoir libéré 361 personnes qui s’étaient rendues à la police". Lundi, il avait demandé "aux citoyens qui ont participé ou commis des actes contraires à la loi comme le port d’armes, l’atteinte à la sécurité ou la propagation d’informations trompeuses de se rendre d’ici le 15 mai et de remettre leurs armes aux autorités compétentes". À Bruxelles, l’Union européenne était appelée de son côté à trancher sur des sanctions visant directement ou non le président syrien, un point qui fait encore débat entre les 27 États membres, selon des diplomates. "Un point n’est pas encore tranché : la présence ou non de Bachar el-Assad" sur la liste des personnes visées par des gels d’avoirs et des interdictions de visa, qui comporterait une quinzaine de noms, a expliqué un diplomate européen.

(Vendredi, 06 mai 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2