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Libye : le régime s’insurge contre le plan d’aide international aux rebelles

vendredi 6 mai 2011, par La Rédaction

Le régime libyen s’est insurgé vendredi contre le plan d’aide international aux rebelles qui prévoit l’utilisation de ses fonds gelés et a répété que Mouammar Kadhafi n’avait aucune intention de quitter le pouvoir, au lendemain de la réunion du Groupe de contact à Rome.
Près de trois mois après le début du conflit lancé le 15 février par une révolte contre le pouvoir autoritaire de M. Kadhafi et l’intervention militaire internationale le 19 mars, les combats entre insurgés et pro-Kadhafi semblent marquer le pas notamment dans la région stratégique de Misrata (ouest).
La France, premier pays à reconnaître le Conseil national de transition (CNT), organe représentatif de la rébellion basé à Benghazi (est), a déclaré "persona non grata 14 ex-diplomates libyens", leur donnant "de 24 à 48 heures" pour quitter son territoire.
Dans l’attente d’une solution politique ou militaire au conflit, le Groupe de contact sur la Libye a mis en place jeudi un "fonds spécial" pour le CNT, qui sera alimenté par des dons et des prêts notamment arabes, puis en partie par les avoirs libyens gelés aux Etats-Unis et en Europe.
Le fonds, sous supervision internationale, sera "opérationnel dans les prochaines semaines", a indiqué le chef de la diplomatie française Alain Juppé. Le Koweït a déjà promis 180 millions de dollars, le Qatar 400 à 500 millions.
Il servira "en premier lieu à payer les salaires, acheter des médicaments et des vivres, et pour des frais médicaux", ainsi que pour la reconstruction, a expliqué le Premier ministre du Qatar Hamad Ben Jassem Al-Thani.
"La Libye est toujours, selon le droit international, un Etat souverain, et toute utilisation des fonds gelés est comme de la piraterie en haute mer", a répliqué le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaïm lors d’une conférence de presse à Tripoli.
Les fonds gelés de M. Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, et de ses proches sont estimés à 60 milliards de dollars dans le monde, dont plus de la moitié aux Etats-Unis.
Outre l’aide financière, les moyens de parvenir le plus vite possible à un cessez-le-feu ont été discutés à la réunion de Rome, le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini estimant "réaliste" qu’il puisse intervenir "d’ici quelques semaines".
Le mouvement de contestation sans précédent du régime s’est vite transformé en guerre civile et des milliers de personnes ont péri dans le conflit selon le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, qui compte demander trois mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité en Libye.
Malgré l’intervention d’une coalition internationale le 19 mars sous mandat de l’ONU pour mettre fin à la répression sanglante puis la prise des commandes par l’Otan, la situation militaire semble bloquée sur le terrain avec des risques d’aggravation de la crise humanitaire.
"La meilleure chose à faire pour Kadhafi est de cesser sa violence brutale et de quitter le pouvoir", a dit la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, présente à Rome.
Mais le régime ne veut rien entendre. "Ils disent aux Libyens : ’Vous ne savez pas ce qui est bon pour vous. Nous allons vous retirer le mauvais choix et vous laisser le bon’ (...) Ce n’est pas moral, pas légal et pas logique de conditionner le choix des Libyens", a dit le porte-parole, Moussa Ibrahim.
Le CNT se présente comme l’alternative dans l’immédiat. L’un de ses leaders Mahmoud Jibril a détaillé à Rome une "feuille de route" prévoyant une élection présidentielle six mois après un départ de Kadhafi. "Notre propos est de donner davantage de crédibilité à nos orientations pour une démocratie authentique".
Entretemps, peu d’informations filtraient depuis mercredi sur la situation à Misrata, grande ville côtière à 200 km à l’est de Tripoli assiégée depuis plus de deux mois par les pro-Kadhafi et où se focalisent les combats.
Le président du Comité militaire des chefs d’état-major de l’Otan, l’amiral Paolo Di Paola, a fait état de progrès contre les pro-Kadhafi malgré des "difficultés". "Le port de Misrata, malgré toutes les difficultés, est ouvert. C’est la planche de salut pour la survie de Misrata. Et l’Alliance fait des progrès en frappant systématiquement les forces de Kadhafi qui attaquent".
Cinq Nigérians avaient péri dans un bombardement des forces loyalistes mercredi du camp de réfugiés près du port, seul accès pour évacuer les blessés et les étrangers et décharger l’aide humanitaire.
Un bateau affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), bloqué au large plusieurs jours en raison des menaces sur le port, avait néanmoins pu embarquer ce jour-là quelque 1.300 passagers -réfugiés africains et Libyens-, dont une quarantaine de blessés graves.
Dans l’Ouest, 14 obus sont tombés jeudi soir sur le sol tunisien sans faire de victimes à quelques kilomètres de la frontière avec la Libye, selon la police tunisienne. Ces obus proviennent de l’artillerie des pro-Kadhafi affrontant les rebelles à proximité.

(Vendredi, 06 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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