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Tunis : 15 journalistes frappés par des policiers dans des manifestations

vendredi 6 mai 2011, par La Rédaction

Quinze journalistes travaillant pour des médias internationaux et tunisiens ont été frappés par les forces de l’ordre lors la couverture de manifestations jeudi et vendredi à Tunis, a déclaré le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

Le syndicat avait annoncé auparavant que 14 journalistes avaient été battus par la police.

"Des dizaines de policiers en uniforme et en civil ont frappé d’une manière cruelle des journalistes bien qu’ils savaient qu’ils étaient journalistes et ils ont cassé des appareils photos et poursuivi des journalistes jusqu’à l’entrée du journal La Presse", écrit le SNJT dans un communiqué parvenu à l’AFP.

"Mohamed El-Hammi de l’agence EPA, Marwa Rkik de Radio Kalima, Hassan Dridi de l’agence de presse américaine Associated Press (AP), Hamza Elaouini de l’agence de presse TV, trois journalites de la chaîne du Qatar Al-Jazeera - Lotfi Hajji, Mohamed Amin Ben Nejma et Anass ben Salah", ont ainsi été frappés, selon le syndicat.

Parmi les journalistes figurent également "Abdelfattah Belaid de l’Agence France-Presse (AFP) et du journal tunisien La Presse, Chaffya Ibrahim du journal arabophone Echourouk, Zoubeir Essouissi de l’agence britannique Reuters, Houssem Hamed de la radio privée tunisienne chems FM, Nizar Elhajbi du journal La Presse et Ahmed Elfouli et Monia Abdallah de la chaine de tv privée tunisienne Hannibal ainsi que Massoud Kawach du journal arabophone El-Sahafa", ajoute le syndicat.

Le photographe de l’AFP, Abdelfattah Belaid, a raconté vendredi avoir été "agressé par 4 policiers dans l’escalier du journal La Presse". "Ils m’ont pris 2 appareils photo et un ordinateur portable et m’ont frappé sur la tête avec des barres de fer", a-t-il dit.

Le SNJT, qui qualifie ces violences de "crime contre la liberté de la presse", dénonce "les pratiques oppressives des agents de police à l’encontre des journalistes".

Les forces de l’ordre tunisiennes ont violemment dispersé jeudi et vendredi des manifestations anti-gouvernementales dans le coeur de Tunis, ne faisant pas de différence entre manifestants et journalistes qui couvraient ces manifestations.

Les policiers ont ensuite procédé à des interpellations violentes, notamment en frappant à coup de pied et de matraque des manifestants, dont certains étaient à terre. Le nombre des personnes interpellées n’a pas été communiqué.

Ces violences "commises par les agents de la police ont pour but de "verrouiller les médias et de priver l’opinion publique des réalités" en Tunisie, selon le SJNT, qui met en garde contre les menaces "de faire retourner le pays sous l’oppression" qu’il a connu sous l’ancien régime du président déchu Ben Ali.

Le SJNT estime que le gouvernement provisoire est "entièrement responsable de la protection des journalistes" et a le devoir de "leur fournir les conditions adéquates pour exercer leurs fonctions".

Des internautes mobilisés sur Facebook avaient appelé à la tenue vendredi d’une manifestation de soutien à l’ancien ministre tunisien de l’Intérieur Farhat Rajhi, qui a suscité un vif émoi en dénonçant la préparation d’un "coup d’Etat militaire" en cas de victoire électorale des islamistes.

Ses déclarations ont été condamnés par le gouvernement transitoire qui a dénoncé "une atteinte à l’ordre publique".

Jeudi, environ 300 manifestants pro-Rajhi avaient été dispersés par la police à Tunis où les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et procédé à des arrestations parfois très musclées.

(Vendredi, 06 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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