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Libye : des chefs de tribus appellent à une amnistie générale

samedi 7 mai 2011, par La Rédaction

Des chefs de tribus réunis à Tripoli, bastion du régime de Mouammar Kadhafi, ont appelé à une amnistie générale pour mettre fin à la guerre civile, alors que les combats entre rebelles et forces gouvernementales marquent le pas, près de trois mois après le début du conflit.

La Conférence nationale des tribus libyennes veut "travailler à une loi d’amnistie générale qui inclut tous ceux qui ont été impliqués et ont pris les armes" depuis le début du soulèvement contre le colonel Mouammar Kadhafi mi-février.

Une telle loi "ouvrira la voie à une ère de paix et de pardon", ajoute la déclaration publiée tard vendredi soir, sans autre détail sur la loi ni sur son calendrier.

La conférence qualifie les insurgés de "traîtres" et s’engage à ne pas "abandonner" Mouammar Kadhafi.

Elle appelle aussi "les tribus libyennes voisines des villes et des cités dont se sont emparé des groupes armés à lancer des marche pacifiques et populaires pour libérer ces villes en désarmant les rebelles".

Fin avril, les chefs ou représentants de 61 tribus avaient affirmé leur volonté de construire "une Libye unie", "une fois le dictateur (Kadhafi) parti", dans une déclaration rédigée à Benghazi (est), fief de la rébellion.

Sur le terrain, la situation semblait s’enliser et les combats se focaliser sur Misrata (200 km à l’est de Tripoli), troisième ville du pays assiégée depuis plus de deux mois par les pro-Kadhafi.

Selon Souleiman Fortiya, un représentant de Misrata au Conseil national de transition (CNT), l’organe représentatif des rebelles, actuellement à Benghazi, les troupes gouvernementales sont massées à Zliten, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Misrata.

"Je suis sûr qu’il va y avoir beaucoup de combats au sol dans l’avenir. Misrata s’inquiète de cela, car (Kadhafi) est en grands préparatifs pour marcher sur Misrata", a-t-il assuré. Les troupes vont venir de Zliten, et elles seront vraisemblablement en civil".

Des combats ont fait vendredi de nombreuses victimes des deux côtés autour de Misrata et à Abou Roueya, à l’ouest de la ville, selon M. Fortiya, mais aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat.

Il a par ailleurs indiqué que le port de Misrata, seul accès pour évacuer les blessés et les étrangers et décharger l’aide humanitaire, avait été "calme" vendredi. Mercredi, cinq Nigérians avaient péri dans un bombardement des forces loyalistes sur le camp de réfugiés près du port.

Selon Amnesty International, le siège de Misrata pourrait revenir à un crime de guerre.

"L’intensité des attaques acharnées des forces de Kadhafi pour intimider les habitants de Misrata depuis plus de deux mois est vraiment effroyable", a déclaré l’ONG.

"Cela montre une totale indifférence pour la vie des gens ordinaires et cela constitue une violation claire des règles humanitaires internationales", poursuit-elle.

"La communauté internationale doit apporter tout le soutien possible —financier, légal et pratique— à ceux qui essaient de mener devant la justice les responsables de possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Misrata et ailleurs en Libye", affirme Amnesty.

Le conflit a déjà fait des milliers de morts, selon le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, qui compte demander trois mandats d’arrêt pour des crimes contre l’humanité commis en Libye.

Les violences ont par ailleurs poussé à la fuite des dizaines de milliers de personnes.

Outre ceux qui quittent la Libye via le poste-frontière de Dehiba avec la Tunisie, aux mains des rebelles, d’autres optent pour la mer.

Des centaines de personnes à bord de deux bateaux ont ainsi débarqué samedi sur l’île italienne de Lampedusa, ont annoncé les garde-côtes de l’île où des milliers de Libyens sont déjà arrivés ces dernières semaines.

Jeudi, le Groupe de contact sur la Libye avait réaffirmé son aide à la rébellion en créant un "fonds spécial" pour le CNT, qui sera alimenté par des dons et des prêts notamment arabes, puis en partie par les avoirs libyens gelés aux Etats-Unis et en Europe.

Vendredi, le régime libyen s’est insurgé contre ce plan et réaffirmé que le colonel Kadhafi n’entendait nullement céder le pouvoir.

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Des représentants du CNT empêchés par l’Arabie saoudite de se rendre au Qatar
Le ministre des Affaires étrangères du Conseil national de transition libyen a annulé une visite au Qatar, allié stratégique de la rébellion : l’Arabie saoudite ne l’a pas autorisé à emprunter son espace aérien.
D’après des responsables de l’aéroport du Caire qui ont souhaité rester anonymes, Ali al-Issaoui et trois autres représentants du Conseil national de transition ont attendu pendant 20 heures à l’aéroport avant de regagner samedi par avion l’est de la Libye.
Ils ont expliqué qu’ils ne connaissaient pas le motif du refus saoudien.
L’opposition au régime de Moammar Kadhafi a été reconnue sur le plan diplomatique par le Qatar, qui a mobilisé des avions pour se joindre à l’opération militaire de l’OTAN dans le pays. Le Qatar a également aidé les rebelles contrôlant les installations pétrolières à vendre le brut.

(Samedi, 07 mai 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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