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Nouvelle manifestation anti-gouvernementale à Tunis

samedi 7 mai 2011, par La Rédaction

Pour la troisième journée consécutive, des centaines de manifestants se sont rassemblés samedi devant le ministère de l’Intérieur à Tunis en scandant des slogans hostiles au gouvernement, a-t-on constaté sur place.
Cette agitation fait suite aux déclarations de l’ex-ministre de l’Intérieur Frahat Rajhi qui avait déclaré que les militaires prendraient le pouvoir au cas où les islamistes venaient à gagner les élections prévues le 24 juillet prochain. Les propos de M. Rajhi, qui ont suscité un tollé sur Internet, dans les médias et dans la rue, ont été qualifiés d’"irresponsables et sans fondement" par le gouvernement et plusieurs partis politiques.
"Nous voulons une deuxième révolution et un gouvernement d’union nationale", ont notamment scandé samedi les manifestants, en grande majorité des jeunes. Après plusieurs tentatives d’apaisement de responsables de la sécurité, les forces de l’ordre ont chargé, tirant des grenades lacrymogènes et pourchassant les manifestants dans les rues adjacentes à l’avenue Bourguiba. Plusieurs d’entre eux ont été frappés à coup de matraque et la police a procédé à de nombreuses interpellations.
Les jours précédents, une quinzaine de journalistes ont été malmenés et les appareils de plusieurs photographes ont été confisqués. Le ministère de l’Intérieur a présenté ses excuses pour ces "abus" et promis d’ouvrir une enquête administrative pour en délimiter les responsabilités.

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Deux ans ferme pour le neveu de l’épouse de Ben Ali
Imed Trabelsi, neveu de l’épouse de l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, a été condamné samedi à deux ans de prison ferme et à une amende de 2.000 dinars (un peu plus de 1.000 euros) pour consommation de stupéfiants, a-t-on appris de source judiciaire.
Contrairement à la précédente audience, les journalistes ont été interdits d’accès à la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis. Tout en considérant le jugement comme étant "dans la normalité du droit", la peine encourue dans ce genre d’affaire allant d’un an à cinq ans de prison, l’avocat Mokhtar Trifi s’est interrogé sur les raisons de la désignation du juge Lassaâd Chammakhi pour juger cette affaire.
"Ce juge est le même qui avait blanchi Imed Trabelsi dans l’affaire des yatchs volés en France et falsifié les procès-verbaux du procès en mentionnant que le prévenu était présent alors qu’il ne l’était pas", a déclaré à l’Associated Press le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme.
Une affaire de vols de luxueux yachts en 2005 et 2006 dans le sud de la France avait vu le tribunal correctionnel d’Ajaccio condamner en septembre 2009 cinq des prévenus à des peines de prison ferme.
Commanditaires présumés, les frères Imed et Moez Trabelsi avaient échappé à ce procès en vertu d’un accord de coopération judiciaire franco-tunisien. En janvier 2010, Imed était blanchi, alors que Moez écopait d’un an avec sursis.
Lors de sa comparution le 20 avril dernier, Imed Trabelsi, considéré comme un symbole du clan mafieux de l’ancien régime, avait été conspué et insulté par le public dans une ambiance quasi-hystérique. Selon plusieurs sources judiciaires, il serait impliqué dans plusieurs autres affaires de malversation, d’escroquerie et de trafic de vestiges historiques.
C’est le second procès intenté contre des proches de l’ancien régime. Le 11 mars dernier, Mohamed Naceur Trabelsi, frère de Leïla Ben Ali, avait été condamné à deux mois de prison et une amende de 45 millions de dinars (près de 23 millions d’euros) pour deux infractions douanières.

(Samedi, 07 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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