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Le chef rebelle libyen nie un accord d’armes avec l’Italie

dimanche 8 mai 2011, par La Rédaction

Le chef des rebelles libyens a contredit samedi une information d’un porte-parole de la rébellion qui indiquait qu’un accord avait été trouvé avec l’Italie pour la livraison d’armes.
"Nous n’avons reçu aucune arme, ni d’Italie ni d’aucun autre pays", a déclaré Abdel Fattah Younes à la chaîne d’information Al Djazira.
"Peut-être qu’un de nos frères ne s’est pas bien exprimé (...) Nous présentons nos excuses à l’Italie au nom de tous les frères du Conseil national", a-t-il poursuivi.
Un peu plus tôt samedi, un porte-parole de la rébellion, Abdel Hafiz Ghoga, avait annoncé à Benghazi, bastion des opposants au régime de Mouammar Kadhafi, un accord bilatéral entre Rome et les insurgés aux termes duquel l’Italie leur fournirait toutes les armes nécessaires.
Les rebelles réclament depuis des semaines des armes pour tenir tête à l’armée régulière de Kadhafi.
L’Italie a également réfuté tout accord de livraison d’armes aux rebelles.
"Il n’existe pas d’accord pour leur fournir des armes", a déclaré à l’agence Reuters le porte-parole du ministère italien des Affaires étrangères.
Le porte-parole italien s’est borné à indiquer que son pays n’a offert à la rébellion que "du matériel d’autodéfense" comme convenu lors de la rencontre en avril à Doha du "groupe de contact" sur la Libye.

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L’Italie va fournir des armes aux rebelles

L’Italie va fournir "très bientôt" des armes aux insurgés libyens pour les aider à se défendre face aux forces fidèles au dirigeant Mouammar Kadhafi, qui ont infligé samedi de lourdes pertes à la rébellion dans l’ouest du pays.

Les Italiens "vont nous fournir des armes et nous allons les recevoir très bientôt", a déclaré à des journalistes Abdel Hafiz Ghoga, le vice-président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion.

A Rome, des sources au ministère des Affaires étrangères ont précisé que l’Italie allait fournir "du matériel d’auto-défense" aux rebelles, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. L’Italie ne fournira pas d’armes d’assaut, ont ajouté ces sources, sans plus de précision.

Les rebelles réclament régulièrement des armes pour faire face aux forces gouvernementales, qu’elles combattent depuis la mi-février.

Tout comme la France et le Royaume-Uni, l’Italie a déjà envoyé une poignée de conseillers militaires à Benghazi (est), siège du CNT, pour aider les rebelles à s’organiser. Selon M. Gogha, le nombre de combattants rebelles engagés à travers le pays ne dépasse cependant pas 3.000 personnes.

Le vice-président du CNT a aussi assuré que les attaques des pro-Kadhafi s’intensifiaient, signe selon lui que la pression internationale porte ses fruits. "Il semble que plus Kadhafi est désespéré, plus il se déchaîne contre son peuple", a-t-il dit.

Les insurgés ont perdu au moins neuf de leurs combattants samedi lors de violents combats près de Zenten, dans les montagnes berbère au sud-ouest de Tripoli. Une cinquantaine d’autres ont été blessés, dont plusieurs très grièvement, selon un correspondant de l’AFP et des sources médicales.

Dans la matinée, des centaines de rebelles sont partis avec quelques chars, en pick-up ou à pied pour repousser les pro-Kadhafi, qui s’étaient approchés jusqu’à une quinzaine de kilomètres à l’est de Zenten, principale ville de cette région proche de la Tunisie.

Après de violents combats qui ont duré toute la journée dans une localité vidée de ses habitants à une trentaine de kilomètres à l’est de Zenten, les pro-Kadhafi ont finalement dû reculer, abandonnant des véhicules et quelques prisonniers.

Au poste-frontière de Dehiba, un peu plus à l’ouest, au moins six obus libyens sont tombés samedi sur le sol tunisien sans faire ni victime ni dégât, portant à 24 le nombre de projectiles tombés côté tunisien depuis une semaine. Le gouvernement tunisien a haussé le ton, annonçant qu’il prendrait les dispositions "nécessaires" pour "préserver l’intégrité de son territoire", selon l’agence TAP.

Depuis un mois, plus de 50.000 personnes, essentiellement des habitants de la région, ont franchi la frontière à Dehiba pour échapper aux combats.

Toujours dans l’Ouest, les pro-Kadhafi ont bombardé le port de Misrata, la grande ville côtière rebelle à 200 km à l’est de Tripoli assiégée depuis plus de deux mois, et touché plusieurs dépôts de carburant, selon Ahmed Omar Bani, porte-parole militaire du CNT.

"Ils veulent priver la révolution de carburant", a-t-il dénoncé.

Selon Souleiman Fortiya, un représentant de Misrata au CNT, les troupes gouvernementales sont en train de se masser à Zliten, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Misrata. Kadhafi "est en grands préparatifs pour marcher sur Misrata", a-t-il assuré vendredi soir.

Samedi, les rebelles ont accusé les pro-Kadhafi d’avoir utilisé des hélicoptères marqués de l’emblème de la Croix-Rouge pour larguer des mines jeudi et vendredi dans les eaux du port de Misrata, seul lien avec le reste du monde pour la ville assiégée.

L’Otan a simplement confirmé que des hélicoptères avaient survolé Misrata jeudi, en violation de la zone d’exclusion aérienne.

D’après M. Gogha, les pro-Kadhafi ont aussi continué leur attaques éclairs contre des villes-oasis du sud du pays. Samedi, deux convois ont ainsi attaqué Jalo et Ojla.

Et selon un membre du conseil militaire d’Al-Koufra, six rebelles ont été tués vendredi dans des affrontements avec des pro-Kadhafi à un poste de contrôle installé entre Jalo et Al-Koufra.

Le conflit libyen a déjà fait des milliers de morts, selon le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, qui compte demander trois mandats d’arrêt pour des crimes contre l’humanité.

Pour tenter d’apaiser les rebelles, le ministère libyen de la Justice prépare un projet de loi d’amnistie réclamé vendredi soir par les centaines de chefs tribaux réunis à Tripoli, a annoncé le Premier ministre, Baghdadi Mahmoudi.

Selon M. Mahmoudi, les chefs tribaux "sont désormais responsables du dialogue national". Mais cette médiation semble mal partie dans la mesure où le communiqué final des chefs tribaux qualifie les insurgés de "traîtres".

(Dimanche, 08 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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