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Palestine : Israël critiqué pour ses sanctions

mercredi 11 mai 2011, par La Rédaction

La décision de Benyamin Nétanyahou de mettre l’Autorité palestinienne en état de cessation de paiements est dénoncée de toutes parts, y compris en Israël. Cette sanction prise au début du mois s’est traduite par le gel du transfert de 60 millions d’euros, correspondant aux droits de douanes et de TVA prélevés mensuellement sur les marchandises destinées aux Palestiniens, qui transitent par les ports israéliens.
Pour Nétanyahou, il s’agit de l’application du « principe de précaution » après l’accord de réconciliation scellé la semaine dernière entre le Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, et les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza. Ce rapprochement, censé aboutir à la formation d’un nouveau gouvernement composé de personnalités « indépendantes », a porté « un coup fatal à la paix », estime le premier ministre.
« Désormais, avant de débloquer les fonds, nous devons nous assurer qu’ils ne seront pas versés sur un compte commun pour financer les activités terroristes du Hamas », explique Youval Steinitz, le ministre des Finances. Les Palestiniens ont aussitôt dénoncé cet « acte de piraterie » qui les prive de 70% de leurs recettes budgétaires. Salam Fayyad, le premier ministre sortant, a lancé un cri d’alarme. Selon lui, la paye des 150.000 fonctionnaires palestiniens n’a pas pu être assurée pour la première fois depuis trois ans.
Son message est d’autant mieux passé à l’étranger qu’il jouit de toute la confiance du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale, des Européens et des Américains pour avoir remis de l’ordre dans les comptes de l’Autorité palestinienne.
La Commission européenne s’est ainsi empressée d’accorder une enveloppe supplémentaire de 85 millions d’euros pour assurer la paye des fonctionnaires travaillant dans les secteurs vitaux tels que les médecins, les infirmières et les enseignants. La France a, elle aussi, fait un geste en annonçant une convention d’aide de 10 millions d’euros.
Au sein même du gouvernement israélien, le gel est loin de faire l’unanimité. Ehoud Barak, le ministre de la Défense, estime qu’Israël s’est mis dans son tort. « C’est une erreur, nous pouvons très bien suivre à la trace l’usage de l’argent et nous assurer qu’il n’est pas transféré au Hamas sans nous empresser d’imposer un gel », explique Barak, tout en rappelant qu’Israël prélève ces droits de douane « parce que nous avons empêché les Palestiniens de construire un port à Gaza ».
Malgré ces critiques, Nétanyahou résiste pour le moment. Le premier ministre estime que cette sanction, déjà imposée dans le passé par Ariel Sharon contre Yasser Arafat, constitue un moyen de pression efficace.
Ses objectifs sont clairs : faire échouer l’alliance entre le Fatah et le Hamas, qui refuse de reconnaître l’existence d’Israël. Et surtout donner un avant-goût des mesures de rétorsion qu’Israël pourrait prendre si Mahmoud Abbas s’obstinait à demander en septembre, à l’Assemblée générale des Nations unies, de reconnaître un État palestinien de façon unilatérale.

(Mercredi, 11 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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