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Yémen : deux manifestants tués, marches sur des bâtiments publics

mercredi 11 mai 2011, par La Rédaction

Deux manifestants ont été tués par balles mercredi à Taëz, au sud de Sanaa, alors que des milliers de protestataires ont tenté de marcher sur des bâtiments publics à Sanaa et dans d’autres villes, selon des témoins et une source médicale.
Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour déloger des manifestants qui observent depuis dimanche soir un sit-in sur la principale avenue de Taëz, la deuxième plus grande ville du Yémen, à quelque 250 km au sud de Sanaa.
Deux manifestants ont été tués et cinq autres blessés par balles, selon une source médicale à l’hôpital de campagne installé par les protestataires qui campent sur une place de Taëz depuis février pour réclamer le départ du président contesté Ali Abdallah Saleh. Un premier bilan faisait état d’un seul tué.
Au total, sept contestataires ont été tués depuis dimanche à Taëz, deuxième ville du pays, devenue un foyer de la contestation contre le président Saleh.
Des milliers d’habitants sont descendus dans les rues de Taëz après la mort du premier manifestant, marchant sur plusieurs bâtiments officiels dans la ville, selon des témoins.
Ils ont notamment pris d’assaut le siège de la Compagnie yéménite du pétrole, qu’ils ont fermée à l’aide de cadenas, et ont apposé à l’entrée du bâtiment une pancarte proclamant "Fermé par décision du peuple", d’après ces témoins.
A Sanaa, des milliers de manifestants, rassemblés sur la place du Changement, épicentre de la contestation, ont dénoncé la répression sanglante à Taëz.
"Par nos âmes, par notre sang, nous nous sacrifierons pour Taëz", ont répété les manifestants, dont des centaines ont brièvement marché sur certains bâtiments publics, situés dans les environs.
En outre, des heurts ont opposé manifestants et forces gouvernementales dans plusieurs villes du sud du Yémen où un appel à la grève générale a été lancé par les organisateurs de la contestation populaire.
A Aden, principale ville du sud, deux manifestants ont été blessés par balles lorsque des militaires ont ouvert le feu sur la foule, qui bloquait l’accès à certaines artères de la ville par des blocs en ciment, selon des témoins.
Les commerces ont baissé leurs rideaux dans la plupart des quartiers d’Aden où des tirs étaient entendus par intermittence jusqu’en milieu de journée, a rapporté un correspondant de l’AFP.
La grève était bien suivie dans la province voisine de Lahej, selon des habitants.
A Ibb, également dans le Sud, des centaines de protestataires ont pris d’assaut le siège du gouvernorat et placardé sur la façade du bâtiment "Fermé par décision du peuple", ont indiqué des témoins.
La répression du mouvement de protestation réclamant le départ de M. Saleh a fait au moins 160 morts depuis fin janvier, selon un bilan établi par l’AFP à partir de différentes sources.
Les nouvelles violences interviennent alors que les dirigeants des monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) réunis mardi soir à Ryad ont exhorté le président yéménite à signer leur plan de sortie de crise.
Cet accord, accepté par l’opposition et le régime yéménite mais que le président Saleh refuse de signer, est "l’unique et le meilleur moyen de sortir de la crise et d’épargner au Yémen davantage d’insécurité et de divisions politiques", a déclaré le secrétaire général du CCG, Abdellatif Zayani.
Le plan prévoit la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard de M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, en échange de son immunité, puis une élection présidentielle dans les 60 jours.

(Mercredi, 11 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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