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Syrie : deux manifestants tués, déploiement massif des forces de l’ordre

vendredi 13 mai 2011, par La Rédaction

Deux manifestants ont été tués vendredi par des tirs des forces de l’ordre à Homs, dans le centre de la Syrie, alors que de nombreux soldats et membres des services de sécurité avaient été déployés dans les foyers de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad.

Malgré la répression — qui a fait au moins 700 morts et des milliers d’arrestations depuis le début du mouvement de contestation mi-mars, selon des organisations de défense des droits de l’Homme —, l’opposition avait lancé un appel à la mobilisation sur la page "The Syrian Revolution 2011".

Dans l’après-midi, le ministre de l’Information, Adnane Mahmoud, a annoncé qu’un "dialogue national allait être engagé dans les jours qui viennent" dans le pays.

Fouad Rajab, 40 ans, a été touché d’une balle à la tête lorsque les services de sécurité ont ouvert le feu pour disperser l’une des manifestations à Homs, a affirmé à l’AFP un militant des droits de l’Homme, Nawar al-Omar.

Un deuxième manifestant a été tué par les tirs à Homs, mais ce militant n’était pas en mesure de fournir son identité.

Selon Louaï Hussein, un écrivain et opposant, le président Assad avait pourtant donné instruction aux forces de l’ordre de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants.

Une conseillère du président, "Bouthaïna Chaabane, m’a affirmé lors d’une conversation téléphonique que des ordres présidentiels stricts avaient été donnés de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants", a annoncé M. Hussein sur sa page Facebook.

D’autres manifestations ont réuni des milliers de personnes à Deraa (sud), Qamichli, Derbassyié et Amouda (nord-est), à Saqba, près de Damas et à Hama à 210 km au nord de la capitale.

"Les forces de sécurité tirent en l’air à l’arme automatique à Deraa pour disperser des milliers de manifestants", a déclaré à l’AFP un militant de cette ville du sud, où le mouvement de contestation est né à la mi-mars.

A Qamichli, à majorité kurde, près de 3.000 personnes ont manifesté après la prière, selon un autre militant. "Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour Deraa", ont scandé les manifestants, selon une vidéo diffusée sur Youtube.

Les manifestants portaient également un immense drapeau syrien sur lequel était écrit +Azadi+ ("liberté", en kurde), selon la vidéo.

En outre, des centaines de personnes ont manifesté à Jdaidet-Artouz, à 11 km au sud de Damas, "appelant à la chute du régime", a déclaré un autre militant.

Un millier de manifestants ont également défilé à Saqba, près de la capitale, où "d’importants renforts sont entrés", selon des militants.

Dans la ville de Hama, la police a dispersé plusieurs manifestations à coups de bâton, gaz lacrymogène et canon à eau. L’une des manifestations a eu lieu devant le siège de la mairie, où les manifestants ont déchiré le portrait du président Bachar al-Assad avant d’être dispersés par les forces syriennes, selon un militant.

Dans tous les foyers de la contestation, "il y a un important déploiement des agents des forces de sécurité", a affirmé à l’AFP un militant.

Interrogé dans la matinée, un militant de la ville côtière de Banias (nord-ouest) avait déclaré que "plus de 2.000 soldats" étaient déployés sur la place où les habitants manifestaient.

Mais le ministre de l’Information a affirmé dans l’après-midi que l’armée avait commencé à se retirer de cette ville côtière, où elle avait pénétré samedi.

Selon un des militants, les arrestations se poursuivaient également à travers le pays, de Deir Ezzor (est) à Lattaquié (nord-ouest) et de Qamichli à Deraa. Mercredi, 19 civils avaient été tués par les forces de l’ordre à Deraa et à Homs, selon une ONG.

Le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme s’est dit "extrêmement préoccupé" par les informations d’ONG faisant état de 700 à 850 morts parmi les manifestants et a appelé Damas à cesser d’essayer de "faire taire les opposants".

Le ministère britannique des Affaires étrangères a annoncé qu’il avait convoqué l’ambassadeur de Syrie, menaçant de "nouvelles sanctions". Et l’Australie a dit qu’elle allait durcir ses sanctions financières contre Damas.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, n’avait pas exclu la veille que les sanctions prises à l’encontre de 13 membres du régime puissent être étendues au président Assad.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a en revanche mis en garde contre une intervention étrangère, appelant l’opposition syrienne à ne pas répéter le "scénario libyen", selon les agences russes.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé de son côté qu’il était "trop tôt" pour dire si le président Assad devait partir.

(Vendredi, 13 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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