Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Syrie > Syrie : deux mois de contestation, au moins quatre tués par des tirs (...)

Syrie : deux mois de contestation, au moins quatre tués par des tirs syriens

dimanche 15 mai 2011, par La Rédaction

La répression du mouvement de contestation contre le président syrien Bachar al-Assad a fait au moins quatre morts dimanche, dont une Syrienne au Liban, touchée par des tirs venant de Syrie.

Ces violences sont survenues alors que le mouvement de contestation, débuté le 15 mars, entre dans son troisième mois.

Par ailleurs, l’une des principales figures de l’opposition, Riad Seif, a été libéré dimanche sous caution en attendant son procès.

Les nouveaux morts ont eu lieu dans les environs de la ville syrienne de Tall Kalakh (centre) : trois hommes ont été tués dans cette localité-même et une femme au Liban voisin, selon un témoin et une source au sein des services de sécurité.

"Bassam al-Khatib, Mohamad Sajid Akkari et Ghasoub al-Hassan ont été tués alors qu’ils quittaient la mosquée Othman Ibn-Affan dans le centre de Tall Kalakh", a expliqué le témoin, joint par téléphone, en précisant que les tireurs "étaient des membres des services de sécurité".

"La situation est très mauvaise, des chars ont été déployés dans plusieurs quartiers", a dit cet homme qui paraissait terrifié. Alors qu’il parlait, on pouvait entendre derrière le bruit de tirs.

"Il y a beaucoup de gens blessés dans les rues et nous ne pouvons pas aller les chercher", a-t-il déploré.

Par ailleurs, une Syrienne a été tuée et cinq personnes blessées — une Libanaise, un soldat libanais et trois Syriens — au poste-frontière d’Al-Boqayaa dans le nord du Liban par des tirs syriens, selon une source de sécurité libanaise.

Les tirs ont eu lieu alors que des Syriens fuyaient à pied vers la localité frontalière de Wadi Khaled, selon cette source et un correspondant de l’AFP.

Depuis samedi matin, des centaines d’habitants de Tall Kalakh, encerclée par les forces de l’ordre, fuient vers le Liban.

Le maire de Moqaibleh, dans la zone frontalière, Rami Khazaal, a estimé à près d’un millier le nombre de Syriens ayant passé la frontière samedi.

Certains d’entre eux présentaient des blessures par balles. L’un est décédé samedi à l’hôpital de Qobbayyate, suite à des blessures à la poitrine, a indiqué une source hospitalière.

D’après le témoin, trois autres personnes ont été tuées samedi à Tall Kalakh, au lendemain d’une manifestation contre le régime qui avait réuni des milliers de personnes.

De son côté, le journal Al-Watan, proche du régime, a affirmé que des hommes armés avaient fui Banias (nord-ouest) et Homs, et trouvé refuge à Tall Kalakh.

"De lourds combats ont eu lieu hier (samedi) soir entre l’armée syrienne et des groupes armés, qui ont pris position à Tall Kalakh", a-t-il assuré, précisant que des "combattants" étaient venus du Liban pour apporter un soutien aux groupes armés.

Le ministre de l’Information, Adnane Mahmoud, avait annoncé vendredi l’ouverture d’un dialogue national pour sortir de la crise, de même que le retrait graduel de l’armée des foyers de la contestation, Banias (nord-ouest) et Deraa (sud).

Mais un militant a indiqué qu’à Banias, les chars s’étaient retirés du centre, mais que "les soldats et les forces de sécurité (y) étaient toujours présents".

La répression a fait en deux mois quelque 700 morts et entraîné des milliers d’arrestations à travers la Syrie, suscitant de vives critiques au niveau international.

Le pape Benoît XVI a appelé dimanche à mettre un terme à l’effusion de sang, estimant qu’il était "urgent de restaurer une cohabitation marquée par la concorde et l’unité".

Par ailleurs, le responsable de la Ligue syrienne des droits de l’Homme, Abdel Karim Rihawi, a indiqué à l’AFP qu’une cour d’appel avait confirmé la décision de relâcher Riad Seif, sans préciser le montant de la caution versée.

M. Seif, qui souffre d’un cancer, avait été inculpé le 8 mai pour avoir enfreint l’interdiction de manifester, selon l’avocat Khalil Maatouk.

L’opposant, âgé de 64 ans, a purgé une peine de deux ans et demi (janvier 2008-juillet 2010) pour avoir appelé à la démocratie. Déjà en 2001, il avait été condamné à cinq ans de prison sous l’accusation d’avoir voulu "changer la Constitution d’une manière illégale".

Le mouvement de contestation en Syrie a débuté à Damas le 15 mars, à l’appel d’une page Facebook, avant de s’étendre à d’autres villes.

Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l’état d’urgence et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime.

(Dimanche, 15 mai 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2