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Nétanyahou promet de « défendre les frontières »

dimanche 15 mai 2011, par La Rédaction

Les Israéliens s’étaient préparés à des troubles dans les Territoires palestiniens. Ce sont les frontières qui se sont enflammées. À l’occasion du jour de la Nakba, où les Palestiniens commémorent la catastrophe que fut pour eux la création de l’État d’Israël en 1948, des manifestants ont tenté de pénétrer en Israël depuis le Liban, la Syrie et la bande de Gaza. Ils ont été accueillis par les tirs des gardes frontières israéliens, qui auraient fait au moins douze morts et plusieurs dizaines de blessés.

Les Israéliens ont été pris par surprise. L’armée et les forces de police avaient renforcé leur dispositif en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où éclatent généralement les incidents. Et la police israélienne, nettement mieux préparée qu’il y a une dizaine d’années à faire face aux manifestations palestiniennes par des moyens non létaux, était prête à empêcher que ne dégénèrent les affrontements qui l’opposent régulièrement aux chebab, les jeunes Palestiniens.

Mais les manifestants sont apparus là où on ne les attendait pas. Le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967 et annexé unilatéralement depuis 1981, est d’habitude l’un des secteurs les plus calmes de toutes les frontières israéliennes. Les carcasses de chars qui rouillent dans les hautes herbes depuis 1973 remontent à la dernière tentative syrienne pour reprendre ce plateau qui surplombe la Galilée. Dimanche, plusieurs milliers de Palestiniens, arrivés par bus depuis l’intérieur de la Syrie se sont rassemblés devant la clôture, qu’ils ont fini par franchir au niveau du village druze de Majd al-Chams, sur les contreforts du mont Hermon. Ce village a longtemps été célèbre pour sa « Vallée des cris », où des familles séparées par la frontière venaient échanger des nouvelles par haut-parleurs de part et d’autre d’un ravin.

Les gardes-frontières israéliens ont ouvert le feu sur les manifestants, tuant au moins quatre d’entre eux, et en blessant un nombre indéterminé. Jusqu’à la fin de l’après-midi, les forces de sécurité israéliennes ont donné la chasse à quelques manifestants qui avaient réussi à s’infiltrer dans les villages voisins.

Presque au même moment, d’autres manifestants palestiniens se sont rassemblés le long de la frontière libanaise au niveau du village de Maroun al-Ras, arrivés par bus en provenance des camps de réfugiés de tout le Liban. Malgré les tentatives de l’armée libanaise pour les empêcher d’atteindre la frontière, des dizaines d’entre eux ont attaqué à coup de pierres les gardes-frontières israéliens, qui ont riposté en ouvrant le feu à balles réelles. La fusillade aurait fait entre six et dix morts et plusieurs dizaines de blessés.

À Gaza, une autre manifestation palestinienne a marché en direction du point de passage d’Erez. Ce terminal fortifié et le dernier point par lequel les personnes autorisées peuvent entrer et sortir de Gaza à destination d’Israël. Les forces israéliennes ont ouvert le feu vers les manifestants, « tirant dans les jambes » selon le communiqué de l’armée israélienne. D’après les sources médicales palestiniennes, ces tirs auraient fait entre quarante-cinq et soixante blessés. Un jeune garçon aurait été tué dans l’après-midi dans les faubourgs Est de Gaza, mais sans que l’on soit certain des circonstances de sa mort.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou a annoncé dimanche soir qu’il espérait voir le calme revenir, mais a affirmé que son gouvernement était prêt à « défendre ses frontières contre toute intrusion ». Nétanyahou a insisté sur le fait que les manifestations n’avaient rien à voir avec les frontières de 1967, mais « visaient directement l’existence d’Israël ».

Le brigadier général Yoav Mordechaï, l’un des porte-parole de l’armée israélienne, a affirmé, quant à lui, que l’Iran était derrière ces manifestations. « Nous assistons à des provocations orchestrées par l’Iran sur les frontières syriennes et libanaises, pour tenter d’exploiter les commémorations du jour de la Nakba », a-t-il assuré.

À Tel-Aviv, un camionneur palestinien a jeté son véhicule contre un bus et des voitures, faisant un mort et plusieurs blessés, sans que l’on sache très bien si son geste était directement lié aux manifestations palestiniennes.

Cette attaque mise à part, les manifestations aux frontières d’Israël représentent un phénomène préoccupant pour les services de sécurité israéliens. Rassemblés via Facebook et autres réseaux sociaux, ces mouvements non armés sont beaucoup plus délicats à contrer que les tirs de roquettes, attentats et attaques d’organisations telles que le Hezbollah ou le Hamas, dont la violence justifie les mesures de représailles israéliennes.

(Dimanche, 15 mai 2011 - Avec les agences de presse)

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