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Syrie : l’armée envoie ses chars au nord-ouest, manifestations vendredi

jeudi 16 juin 2011, par La Rédaction

L’armée syrienne a déployé jeudi des chars aux entrées d’une nouvelle ville du gouvernorat d’Idleb (nord-ouest) où elle mène une vaste opération pour réprimer les protestataires, le pouvoir restant sourd aux appels internationaux demandant des enquêtes indépendantes.
"Des dizaines de chars, de blindés, des transports de troupes et des camions militaires ont été déployés aux entrées de Khan Cheikhoun, et les soldats ont commencé à entrer" dans cette ville proche de Hama (nord), a précisé jeudi le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme Rami Abdel Rahmane, basé à Londres.
Mais, trois mois après son lancement et en dépit de la répression, le mouvement de contestation ne fléchit pas.
Les militants pro-démocratie ont appelé à de nouvelles manifestations vendredi, pour une nouvelle journée de mobilisation contre le régime du parti unique Baas qui sera dédiée à Saleh al-Ali, un héros de la révolte contre le mandat français.
Et des manifestations nocturnes anti-régime continuent d’avoir lieu à travers le pays, notamment dans la périphérie de la capitale, et à Hama, 210 km au nord de Damas, où des dizaines de milliers de personnes ont défilé la nuit dernière.
Dans le gouvernorat d’Idleb, où l’armée a envoyé de nouveaux renforts, les habitants de Khan Cheikhoun, sur la route Alep-Hama, "ont commencé à fuir vers la vallée Al-Ghab, par l’entrée ouest qui n’est pas bloquée par l’armée", explique M. Abdel Rahmane, précisant que l’armée a coupé la route Alep-Damas érigeant des barricades.
Le 5 juin, "deux chars de l’armée syrienne avaient été brûlés par des habitants de Khan Cheikhoun", a indiqué à l’AFP un militant qui a requis l’anonymat.
Le régime du président Bachar al-Assad a lancé la semaine dernière une campagne militaire et sécuritaire dans le gouvernorat d’Idleb, à 330 km au nord de Damas, où l’armée poursuit son ratissage, notamment dans les localités d’Ariha et Maaret al-Nomaan, dans les environs de Jisr al-Choughour, selon un militant des droits de l’Homme.
Parallèlement, le régime a multiplié les initiatives médiatiques pour faire pièce à la contestation. Une manifestation pro-Assad a eu lieu mercredi à Damas. Des milliers de manifestants se sont rassemblés autour du "plus grand drapeau syrien" posé au sol et long de 2.300 mètres.
En outre, les autorités ont montré mercredi aux journalistes une fosse commune lors d’un voyage qu’elles ont organisé à Jisr al-Choghour, désertée par ses 50.000 habitants et reprise dimanche par l’armée au terme d’une offensive lancée trois jours plus tôt.
C’est la deuxième fosse commune découverte depuis le début de la contestation le 15 mars, selon les autorités qui accusent "les groupes armés" des violences.
Selon un communiqué de l’Union de coordination de la Révolution syrienne, "les dépouilles sont celles de soldats syriens et d’élements ayant refusé les ordres d’ouvrir le feu sur les manifestants pacifiques".
Les restrictions imposées aux médias, aux enquêteurs de l’ONU et aux organisations humanitaires empêchent toute vérification indépendante.
La répression a coûté la vie à 1.200 personnes et entraîné l’arrestation de quelque 10.000 autres, selon des ONG et l’ONU. Plus de 8.500 Syriens ont par ailleurs trouvé asile en Turquie et 5.000 autres au Liban.
La Turquie a décidé de venir en aide aux milliers de réfugiés se trouvant du côté syrien de la frontière. "Il y a actuellement plus de 10.000 personnes juste en face de notre frontière, derrière les barbelés (...)
Nous avons décidé de venir en aide à nos frères syriens pour subvenir à leurs besoins urgent en alimentation", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu à Ankara.
Maher al-Assad, frère cadet du président Bachar al-Assad, est perçu par des experts comme le symbole de la répression. Lieutenant-colonel âgé de 43 ans, il est à la tête de la Garde Républicaine et de la quatrième division de l’armée, en charge de la sécurité de Damas.
Sa réputation de militaire impitoyable s’est affirmée encore plus depuis le déclenchement de la contestation. Même le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré dans une interview télévisée que Maher al-Assad "traite (les gens) avec sauvagerie".

(Jeudi, 16 juin 2011 - Avec les agences de presse)

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