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La Musique (22/30)

samedi 23 juillet 2011, par La Rédaction

La musique arabe désigne un ensemble de musiques issues du monde arabe c'est-à-dire une zone géographique allant du Proche-Orient à l'Atlantique. Elle constitue les branches d'une même famille musicale ayant évolué dans les foyers culturels du Proche-Orient et du Moyen-Orient mais également dans des contextes différents.

En dépit de leurs multiples apparences, ces musiques, qui proviennent toutes de la tradition orale, présentent certaines caractéristiques communes, sous le couvert de la musique savante et de l'art d'interpréter le maqâm, bien que des particularités régionales soient marquées. Les formes traditionnelles de cette musique associent généralement des interprétations vocales et instrumentales, souvent en alternance.

Les termes « musique arabe » peuvent prêter à certaines équivoques : ils sont justifiés si l’on désigne par là l’expression historique d’une civilisation dont la langue arabe et la culture islamique constituent les deux axes fondamentaux (mais ils sont impropres si l’on entend par « musique arabe » les formes d’un art inhérent aux Arabes et à l’Arabie définis ethniquement et géographiquement). Cet art couvre en fait des réalités esthétiques et ethnomusicologiques variées et parfois fort éloignées, mais marquées du sceau unificateur de l’islam et de ses conquêtes à partir du monde arabe. De plus, il existe au sein même des pays arabes des musiques non arabes issues de communautés ou d'ethnies diverses (kurde, berbère, kabyle...).

Les multiples sources d'influences de cette musique remontent aux Perses et aux Grecs. Réciproquement, les traditions majeures forgées en Arabie se développèrent et subirent les influences d'anciennes cultures des différents pays où l’islam et la civilisation arabe s'imposèrent, notamment en Perse, en Anatolie, au Proche-Orient et au Maghreb.

La civilisation arabo-musulmane propage l’arabe du Golfe arabo-persique à l’Atlantique et au Pacifique. Il se crée en conséquence une identité ambiguë entre « arabe » et « islamique » : musique « arabe » et du « monde musulman » sont soit confondues, soit considérées comme deux cultures musicales tout à fait distinctes [...].

Aux débuts de l'ère islamique, les Arabes musulmans reléguèrent souvent la pratique musicale aux esclaves et aux captifs (comme les chanteuses appelées Qayna), ce qui favorisa notamment les influences persanes. Toutefois, elle devient très vite l'objet de rencontres entre musiciens de divers horizons attachés à des Cours (tel Ziryab) et la plupart des grands penseurs musulmans, dont Farabi fut le plus dévoué, s'attachent à son étude scientifique en publiant de nombreux ouvrages à son sujet. C'est aussi grâce à ce foisonnement intellectuel hérité des Grecs, que la culture musulmane se propage au moyen de l'Arabe. De là, vient sa rencontre avec le monde turc.

L’Empire ottoman prend le relais des empires arabes, et la « musique arabe » se mélange à la « musique turque » héritée elle de l'Asie centrale. Il devient dès lors presque impossible de définir ce qui vient de l'un ou de l'autre, et aujourd'hui encore, bien qu'il y ait des différences notables, les pays arabes pratiquent une musique assez similaire à celle des pays turcophones, sous le nom de maqâm.

À la fin de l’Empire ottoman, la « musique arabe » proprement dite, connut une renaissance au XXe siècle, sous les effets conjugués de la politique (nationalisme), de certaines techniques musicales et l'introduction d'instruments occidentaux, et de la volonté grandissante de sauvegarder le patrimoine musical arabe.

L’Égypte notamment vit l'éclosion d'immenses talents, compositeurs ou chanteurs, comme Mohammed Abdel Wahab, la chanteuse Asmahan ou encore Oum Kalsoum qui a emprunté d'ailleurs son nom à la poésie arabe préislamique et dont la carrière avait commencé dès 1932 en incarnant l'ambition d'un retour à la grandeur première de l’Islam. À la fin des années 1960, elle élabore un nouveau style qui trouva aussi ses aficionados.

Bibliographie

  • La Musique arabe, PUF (collection que sais-je), 1971
  • Lodge, David and Bill Badley. "Partner of Poetry". 2000. In Broughton, Simon and Ellingham, Mark with McConnachie, James and Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 1: Africa, Europe and the Middle East, pp 323-331. Rough Guides Ltd, Penguin Books. ISBN 1-85828-636-0
  • Shiloah, Amnon. Music in the World of Islam. A Socio-Cultural Study 2001. ISBN 0-8143-2970-5
  • Julian Ribera y Tarrago. La musica arabe y su influencia en la española (1985). ISBN 84-8191-357-X
  • Barrios Manuel, Gitanos, Moriscos y Cante Flamenco, Séville, RC 1994.
  • Benabdeljalil Abdelaziz, Madjal ilâ târîj al-mûsîqâ al-magribiyya (Introduction à la musique marocaine), Casablanca, s. éd., 2000.
  • Chailley Jacques, Histoire musicale du Moyen Âge, Paris, PUF, 1950.
  • Cortes García Manuela, Pasado y Presente de la Música Andalusí, Sevilla, Fundación El Monte, 1996.
  • Fernandez Manzano Reynaldo, De las Melodias Nazari de Granada a las Estructuras Musicales Cristianas, Diputación Provincial de Granada, 1985.
  • García Barriuso Patrocinio, La Música hispano-musulmana en Marruecos, Madrid, Publicaciones des Instituto General Franco, 1950.
  • Guettat Mahmoud , La Musique classique du Maghreb, Paris, Sindbad, 1980.
  • Christian Poché, La Musique arabo-andalouse, Paris, Cité de la musique / Actes Sud, 1998.
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