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La Musique (25/30)

mardi 26 juillet 2011, par La Rédaction

Photo : Muwashshah: Law Kana Qalbi Ma'i - ( If I had control over my heart )
Anonymous Andalusian song rearranged by Rahbani Brothers
 
It I had control over my heart, I would have chosen none but you,
and would have accepted no other one to be my love.
But my heart desires
the one who is tormenting it
and would accept no blame or reproach.

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Au cours des siècles, des pratiques musicales locales distinctes se développèrent, en se forgeant une identité culturelle particulière à chaque société. Il existe ainsi, dans des villes du Maghreb telles que Fez, Tétouan, Tlemcen et Tunis, des versions distinctes de nûbas, qui font partie intégrante de la culture musicale locale.

Des modes mélodiques légèrement différents portent le même nom en Syrie, en Égypte, en Irak et dans les pays d'Afrique du Nord. Les modes rythmiques de ces musiques peuvent être articulés différemment, et leurs interprétations varient. La poésie populaire chantée change aussi en fonction du dialecte local.

Le maqâm irakien n'est pas simplement un mode mélodique mais une suite de pièces dans un mode particulier. Ce terme y a une signification plus proche de celle de waslah ou de nawbah (nubah) que de celle du maqâm dans d'autres régions arabes.

Du fait de l'absence de partitions de musique écrites jusqu'au XXe siècle, il est impossible de dater les mélodies avec exactitude. Certains genres mélodiques, en particulier ceux du Muwashshah andalou ou syrien. Ce type de poème en langue arabe est distinct de la qasidah à une seule rime et autorisant une plus grande subtilité et possibilités de création et de composition musicale. Le poème est composé en larges versets monorythmiques. Selon García Gómez, à la fin du IXe siècle, un poète arabe anonyme emprunta certaines de ces chansons à un poème arabe intitulé « moajaxa », qui lui donna une structure strophique particulière.

Des centaines de traditions musicales locales et folkloriques coexistent dans le monde arabe, qui portent souvent les traces des pratiques musicales de peuples avec lesquels les populations arabes se sont trouvées en contact. Ainsi, la pratique du tambour dans les États du Golfe persique pourrait s'expliquer par les relations avec les commerçants africains. La tradition gnawa tirerait son nom des esclaves de l'Afrique noire amenés au Maroc. La musique nubienne, en Égypte, fait appel à un système mélodique particulier utilisant une gamme pentatonique (à cinq notes) et intégrant des rythmes distincts.

La musique populaire arabe contemporaine emprunte à la fois au style traditionnel et au style classique arabes. Les claviers électroniques accordés pour les maqamat et les tambours accompagnent généralement les chanteurs de poésies et de chansons populaires. Dans certains cas, les chanteurs adaptent leur style vocal ou leur langage au public non arabophone, tout en s'efforçant de préserver en partie la tradition musicale arabe. Le raï, venu des faubourgs d’Oran en Algérie, a su associer le rock, le funk et le reggae à la musique arabo-andalouse traditionnelle.

La tradition de la musique arabe côtoie d'autres traditions musicales en Turquie, en Iran et en Asie centrale. Des points communs existent parmi les systèmes à prédominance mélodique du dastgâh persan, du mugham azéri, du makam turc, du maqôm ouzbèke et ouïghoure. Les traditions de récitation coranique et de chants religieux originaires des régions arabes sont partagées par l'ensemble des communautés musulmanes, par exemple en Indonésie et au Pakistan. De même, les traditions de musique religieuse des Églises chrétiennes du Proche-Orient, en particulier celles de l’Église maronite en Syrie ou au Liban et de l’Église copte égyptienne, peuvent être rattachées à la tradition musicale arabe.

Cette diversité n’a pas épargné la musique savante de l’Islam elle-même dans la mesure où le substrat ethnique, si présent dans les musiques populaires, marqua de son empreinte l’évolution du langage musical dans les trois grandes aires ethnolinguistiques de l’Islam traditionnel, surtout au niveau des formes et de la pratique : ce qui justifie qu’aujourd’hui on distingue et analyse séparément les musiques dites arabe, turque et persane.

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Le muwashshah (double ceinture en cuir enrichie de paillettes ou d'incrustations de pierres précieuses) désigne un poème à forme fixe arabe ou hébreu de cinq (au maximum sept) strophes à rimes variées. Le genre fut inventé en al-Ándalus, en Espagne médiévale musulmane, par le poète aveugle de Cabra, Muqaddam ibn Mu'afa al-Qabrí, au XIe siècle. Jusqu'ici la poésie orientale, qasida et ghazal, était monorimique, c'est-à-dire elle ne connaissait ni rimes variées ni strophes[1]. Ce genre de composition fut aussi imité et continué par les poètes judéo-espagnols, comme par exemple Juda Halevi. De nos jours encore, on retrouve le muwashshah, chanté dans le répertoire de la nouba.

Muwashshah est parfois transcrit en mouachah, en muwassah ou en moaxaja (sa forme hispanisée).

 

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