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Tunisie : l’ex-chef de la sécurité acquitté, prison pour proches de Ben Ali

vendredi 12 août 2011, par La Rédaction

Ali Seriati, l’ancien chef de la sécurité du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, a été acquitté vendredi par la justice qui le jugeait pour complicité et falsification de passeport aidant à la fuite de Ben Ali et de sa proche famille.
Le tribunal a prononcé des peines de prison allant de quatre mois à six ans contre 25 membres de la famille Ben Ali et de son épouse Leïla Trabelsi, dont 22 étaient présents à ce procès pour tentative de fuite et possession illégale de devises.
Homme clé de la sécurité sous l’ancien régime, le général Sériati fait l’objet par ailleurs de poursuites pour des chefs d’inculpation beaucoup plus graves tels que complot contre la sécurité intérieure de l’Etat, incitation à commettre des crimes et provocation au désordre, pour lesquels il sera jugé ultérieurement.
Un neveu de Leïla Trabelsi, Moez, a été condamné par contumace à six ans de prison, deux de ses soeurs, Jalila et Samira, ont été condamnées respectivement à dix-huit et quatre mois d’emprisonnement.
Imed, le neveu préféré de l’ex-première dame, déjà condamné à quatre ans de prison pour détention de drogue, a écopé de deux ans de prison. Sa mère Najia Jridi a été condamnée à huit mois de prison.
Un des frères de Leila, Moncef, a été condamné à 18 mois de prison.
Outre le général Sériati, six inculpés ont bénéficié d’un acquittement, dont la veuve de Moncef Ben Ali, frère aîné de l’ex-président condamné en France en 1992 pour trafic de drogue dans l’affaire dite "couscous connection".
Durant le procès ouvert le 26 juillet, les prévenus ont nié les faits qui leur étaient reprochés. Le procureur avait demandé l’application de la "peine maximum", allant de six mois à cinq ans de prison.

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Ramadan sans Ben Ali en Tunisie : liberté de culte retrouvée ou activisme islamiste ?

Le premier ramadan sans Ben Ali a été marqué par un regain de pratique religieuse en Tunisie, où les mosquées et les écoles coraniques n’ont jamais connu autant d’affluence, un phénomène qui fait craindre un activisme islamiste, à un peu plus de deux mois des élections.
Chaque jour après l’iftar, repas unique de rupture du jeûne, les mosquées brillant de mille feux se remplissent et débordent sur la rue pour les prières de "tarawih", non obligatoires mais accomplies assidûment jusqu’au 27e jour du ramadan, qui commémore pour les musulmans le début de la révélation du Coran au prophète Mahomet par l’archange Gabriel.
"L’accès de religiosité s’explique par un retour du refoulé. L’ancien régime exerçait de fortes pressions et une surveillance policières très stricte des mosquées", explique à l’AFP l’anthropologue Iqbal al-Gharbi. Selon elle, il s’agit donc de "l’expression d’une liberté retrouvée".
Sous le règne de Zine El Abidine Ben Ali, renversé en janvier après 23 ans de pouvoir sans partage, seuls les plus courageux ou les personnes âgées participaient à ces prières collectives sévèrement surveillées et parfois filmées par la police.
Ceux qui se rendaient à la prière de l’aube, notamment les jeunes, étaient l’objet d’enquêtes ou de convocation au ministère de l’Intérieur, qui avait la charge de désigner les imams et décidait du contenu des prêches de la prière hebdomadaire du vendredi.
"A bas la tyrannie, vive la liberté", lance Mohamed, un imam de 47 ans interdit de diriger les prières sous Ben Ali à cause de la tonalité de sa voix "trop belle" risquant d’attirer les foules.
Mais pour l’universitaire Saloua Charfi, auteur de l’ouvrage "Les islamistes et la démocratie", "tout ça est purement politique et procède d’un mouvement islamiste rampant".
Ce nouvel activisme salafiste a motivé le lancement d’une campagne d’ONG et partis pour "un Ramadan sans violence". Jusqu’à présent, aucune attaque n’a été enregistrée.
Partisan de la laïcité, l’avocat Abdelaziz Mzoughi, minimise les craintes : "Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, après tant d’années de répression il est normal que les gens soient plus nombreux à fréquenter la mosquée durant le ramadan".
Témoin du regain de la pratique religieuse, la multiplication des écoles coraniques, qui étaient sous haute surveillance et qui ont poussé comme des champignons dans la Tunisie d’après Ben Ali.
"Cette année on a vu des gens assoiffés d’apprendre, auparavant la liste des inscrits devaient être validées par le ministère de l’Intérieur", explique Foued Bouslimi, président d’un centre islamique, évoquant un record d’étudiants, entre 1.000 et 1.200 personnes de tous âges.
Le régime du président déchu avait longtemps été soutenue par l’Europe et les Etats-unis qui voyaient en lui un rempart contre le terrorisme et l’extrémisme islamiste.
"Le regain de pratique est certainement en rapport avec la conjoncture politique. Ce rapport entre le fait politique et le fait religieux a déjà été constaté dans le monde musulman à la faveur des moments d’effervescence politique", analyse l’anthropologue, Mme al-Garbi.
"Il y a des gens qui viennent pour Allah et d’autres pour la propagande, (mais) la mosquée doit rester un lieu de méditation et de prière", commente un pratiquant apolitique de la Cité populaire Ettadhamen (ouest de Tunis).
Et de s’interroger : "Est-ce la charité recommandée par l’islam durant le ramadan, ou une pré-campagne islamiste en vue de l’élection" de l’Assemblée Constituante du 23 octobre ?
Le parti islamiste Ennahda est donné par les sondages comme le grand favori de ce scrutin capital.

(Vendredi, 12 août 2011 - Avec les agences de presse)

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