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Plus de télévision au procès Moubarak, reprise le 5 septembre

lundi 15 août 2011, par La Rédaction

Le juge qui préside le procès d’Hosni Moubarak a interdit lundi les retransmissions télévisées des débats jusqu’au verdict final, suscitant la fureur des adversaires du président déchu qui entendent contester cette décision par des manifestations dans le centre du Caire.

Hosni Moubarak est le premier chef d’Etat renversé durant les révoltes du "printemps arabe" à comparaître en justice et la couverture télévisée de son procès passionne les foules du Proche-Orient. Un procès public répondait à une exigence clé des manifestants qui ont réoccupé la place Tahrir du Caire pendant des semaines en juillet pour accélérer le processus judiciaire.

"Grotesque !", a lancé Cherif Mohamed, ingénieur qui suivait le procès à l’extérieur du tribunal du Caire. "Cette affaire est une nécessité pour l’opinion publique. Ne pas la diffuser signifie qu’il y a un accord avec Moubarak."

"A Tahrir, c’est là que je vais dès maintenant. Le pouvoir du peuple est plus fort que les gens au pouvoir", a dit Mohamed Ali, 35 ans.

Hosni Moubarak est jugé pour corruption, détournement de fonds publics et homicides avec préméditation durant la répression du mouvement de contestation de janvier et février qui a provoqué sa démission et a fait environ 850 morts. Il avait comparu en première audience le 3 août.

Le juge Ahmed Refaat a ajourné le procès au 5 septembre en annonçant qu’il serait traité conjointement avec celui de l’ex-ministre de l’Intérieur Habib el Adli et de six autres personnes, dans le souci d’alléger les procédures.

Des échauffourées ont éclaté aux abords du tribunal, partisans et opposants de Moubarak échangeant insultes et jets de pierres malgré des centaines de policiers anti-émeutes. Hosni Moubarak, acheminé par hélicoptère, a comparu de nouveau dans une cage métallique et sur une civière.

"Juge, réveille-toi ! Moubarak a tué mes frères ! Exécutez l’assassin !", lançait-on d’un côté. "C’est un Egyptien jusqu’à la mort", "Moubarak n’est pas Saddam", criait-on d’un autre par allusion à l’ex-président irakien jugé et exécuté en 2006.

L’air austère et calme, l’ancien "raïs", pull-over bleu et mains jointes sur la poitrine, a échangé quelques mots avec ses fils Alaa et Gamal, également jugés, et a répondu "présent" lorsque le juge Ahmed Refaat a prononcé son nom. Il ne portait pas l’uniforme blanc réglementaire des prisonniers.

Evincé le 11 février, Moubarak avait quitté Le Caire pour la station balnéaire de Charm el Cheikh. Selon les bulletins de santé publiés après son hospitalisation en avril, il souffrait de troubles cardiaques, de dépression et de pertes de connaissance.

"Je tiens à ce que les gens s’instruisent de leur histoire et sachent ce que ce grand homme a fait pour nous. Il a assuré la stabilité de l’Egypte. Il a été humilié mais il traverse les intempéries avec honneur", a déclaré Ehab Sameh, 30 ans.

Des générations durant, les dirigeants arabes ont gouverné à vie en se voyant rarement demander des comptes. S’il est jugé coupable, Hosni Moubarak encourt en théorie la peine capitale.

Le juge a fixé l’audience au 5 septembre parce que l’avocat de Moubarak, Farid al Dib, a réclamé un délai supplémentaire pour examiner tous les documents présentés à la justice.

Les avocats étaient partagés sur la question de suspendre la couverture télévisée du procès. L’audience de lundi a été marquée par des échanges très vifs entre les dizaines d’avocats qui se bousculaient pour formuler leurs exigences.

"Le public égyptien a besoin d’un procès transparent au stade actuel. S’il ne voit pas ce qui se passe, des rumeurs vont circuler et le flou qui entourera le procès s’aggravera", a déclaré un avocat de plaignants, Mahmoud el Khoudary.

"Il est compréhensible qu’on supprime la retransmission directe de ce procès à sensation", a répondu Ahmed Hamraoui, avocat d’autres plaignants. "Il y a des avocats qui se soucient plus d’apparaître devant les caméras que d’avancer un bon argument (...) Maintenant, les audiences seront plus concentrées et moins chaotiques."

Vu le nombre des témoins, des avocats, des plaignants et la diversité des accusations, le procès pourrait durer des mois et même des années. Les dossiers des accusés sont liés entre eux et chacun pourrait accuser son supérieur d’avoir ordonné de tirer, ce qui affaiblirait le dossier à charge contre Hosni Moubarak, fait valoir Essam Soltan, l’un des avocats des plaignants.

Le 3 août, des avocats avaient demandé à entendre le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays, l’ex-chef des services de renseignement Omar Souleimane et 1.600 autres témoins.

Les avocats de la défense estiment qu’un témoignage de Mohamed Tantaoui sur le rôle de Moubarak face au soulèvement pourrait décider du sort de l’ex-président, âgé de 83 ans.

Tantaoui a été ministre de Défense pendant deux décennies avant de prendre la tête du CSFA après la chute du "raïs".

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Le procès de Moubarak reprend devant un tribunal du Caire

Le procès pour meurtre de manifestants et corruption de l’ex-président égyptien Hosni Moubarak, le premier d’un dirigeant du Moyen-Orient depuis le début du "printemps arabe", reprend lundi au Caire sous haute sécurité.
L’ancien chef d’Etat, contraint à la démission le 11 février par un soulèvement populaire sans précédent, sera présent dans la salle d’audience, a indiqué son avocat Farid al-Dib au quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom. Contacté par l’AFP, ce dernier était injoignable dans l’immédiat.
Le 3 août, alors que l’écrasante majorité des Egyptiens se disait convaincue qu’il serait absent, M. Moubarak s’était présenté à l’ouverture de son procès, allongé sur une civière, et avait plaidé non coupable.
Son apparition dans le box grillagé, la première depuis sa chute, avait frappé les esprits en Egypte et dans le monde entier.
L’ex-président risque la peine de mort s’il est reconnu coupable d’avoir ordonné de tirer à balles réelles sur les manifestants. Il est aussi accusé de corruption et d’avoir permis la vente de gaz égyptien à Israël à des prix inférieurs à ceux du marché.
Près de 850 personnes ont été tuées lors de la révolte populaire de janvier-février.
Ses fils Gamal et Alaa, qui s’étaient tenus à son chevet tout au long de la première audience, sont jugés à ses côtés pour corruption.
Depuis le 3 août, M. Moubarak, 83 ans, se trouve au Centre médical international, près du Caire. Il avait été admis en avril à l’hôpital international de Charm el-Cheikh (sud) pour des problèmes cardiaques et y était resté jusqu’à l’ouverture de son procès.
L’état de santé de l’ex-président est "quasi stable" et une équipe médicale le suit en permanence, a affirmé l’agence officielle Mena en citant une source médicale.
Le procès se déroule sous haute protection policière à l’académie de police, en banlieue du Caire, qui portait avant la révolte le nom de M. Moubarak.

(Lundi, 15 août 2011 - Avec les agences de presse)

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